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DES EXTRAITS

tiges, les bois , les écorces, les feuilles, les fleurs , les fruits, les semences d’un très grand nombre de plantes, ou bien encore l’opium, l’aloës, le cachou , le suc de réglisse , etc., etc.

Un assez grand nombre de solutions , obtenues en traitant ces mêmes matières ou leurs analogues par l’alcool hydraté à des degrés variables, à 56° centésimaux (21° Cartier) pour la plupart, spécialement pour :

Les feuilles sèches de ciguë,

— — d’aconit,

— — de belladone,

— — dejusquiame,

— — de digitale,

— — de rue ,

— - — de sabine;

Les fleurs sèches d’arnica,

— — de houblon ;

Les écorces de quinquina gris,

— de racine de grenadier ; Les racines de cainça,

— de colchique ,

— de columbo ,

— d’ipécacuanha.

Les racines de salsepareille ,

— de valériane,

— de polygala,

— d’ellébore noir,

— de jaîap ,

— de scille ;

La coloquinte.

Le safran ,

La myrrhe ,

La noix vomique,

Les semences de stramonium ,

— dejusquiame,

— de belladone , Les cantharides.

à 93° centésimaux (38° Cartier) pour la racine d’ipécacuanha, quand on veut obtenir l’espèce d’extrait connu sous le nom

d’émétine impure.

Quelques solutions dont le vinaigre ,

les sucs non fermentés ,

De baies de sureau,

— — de belladone ,

De raisin ,

le suc fermenté de nerprun , les sucs dépurés à chaud :

De ciguë ,

— belladone,

— jusquiame,

— stramonium ,

— chicorée ,

— pissenlit ,

véhicule est i’éther , le vin ou le

De groseille,

— brou de noix ,

— concombre sauvage.

De fumeterre,

— trèfle d’eau ,

— d’ortie ,

— cochléaria,

— cresson.

les sucs non dépurés :

De ciguë, J

— belladone, f par suite d’un

— jusquiame, l double emploi.

— stramonium, )

D’aconit , D’anémone,

De laitue vireuse , — rhus radicans.

la bile, parmi les fluides animaux,

servent notamment à la préparation des extraits.

Des solutions employées i leur préparation.

I)e leur classification.

De leur composition.

380 23e LEÇON.

Nous les diviserons en 8 groupes , correspondant à chacun des véhicules qui les peuvent fournir, à savoir:

En extraits aqueux ,

hydro-alcooliques ,

— éthérés ,

— vineux,

— acétiques ,

En extraits avec les sucs , non fermentés de fruits , f ou fermentés, — avec les sucs des plantes herbacées,

Avec la bile.

non dépurés ou dépurés,

Bien qu’empyriquc, cette classification me semble de beaucoup préférable à celles qui auraient pour point de départ la composition chimique des extraits. Leur composition est trop imparfaitement connue, pour qu’elle puisse servir de base à des classifications vraiment satisfaisantes.

La constitution des extraits, qu’à défaut d’expériences précises, il nous faut envisager d’un point de vue purement théorique, doit varier: et suivant la nature des matières médicamenteuses mises en traitement , 'et suivant la nature des dissolvants employés à ces traitements, et suivant les conditions dans lesquelles s’est exercée l’action dissolvante.

On conçoit, en effet, que des extraits préparés : les uns avec de la scille ou de la gentiane, les autres avec de la noix vomique ou du cachou ; les uns avec de l’eau, les autres avec du vin blanc; ceux-là avec de l’opium et de l’eau froide, ceux-ci au contraire avec de l’opium et de l’eau bouillante, ne sauraient être identiques.

Toutes circonstances égales d’ailleurs, leur composition sera d’autant plus compliquée, que les matières premières seront plus complexes , que les véhicules mis en contact avec elles, auront exercé une action dissolvante plus profonde et plus étendue.

A l’exclusion du ligneux, que nous savons être insoluble dans tous les liquides connus, et n’y pouvoir devenir soluble à la faveur d’aucun corp , les extraits seront, à la rigueur, susceptibles de renfermer tous les principes immédiats végétaux que contiendraient les p’ antes ou les parties de plantes, les sucs, la bile, ou toutes autres matières employées à leur préparation. Il n’est aucun de ces principes, qui ne puisse être dissous par

quelqu’un des dissolvants précités, il n’en est aucun surtout qui ne puisse y devenir soluble à la faveur de quelque autre.

Dans la carotte, le principe colorant insoluble dans l’éther à l’état de pureté, s’y trouve rendu soluble par des matières grasses. (Yauquelin.)

Dans la racine de Colombo , le principe actif plus soluble dans l’alcool concentré que dans l’alcool faible, lorsqu’il est pur , doit à la présence simultanée d’une matière animale soluble dans l’eau, d’être plus soluble dans le second que. dans le premier. (Planche.)

Dans le poîygala de Virginie ou polygala sénéca, la sénégine, bien que complètement insoluble dans l’eau, peut faire partie du décodé.

Dans le suc de carotte existe en même temps qu’une matière solide, particulière, insoluble dans l’alcool et dans l’eau, une matière sucrée qui la rend très soluble dans l’eau; tandis que, par contre, elle rend cette même matière sucrée, insoluble dans l’alcool faible. (Vauquelin.)

Les matières gommeuses de la coque du Levant, tout insolubles qu’elles sont dans l’éther , s’y dissolvent en notables proportions quand on traite cette coque par l’éther. (Pelletier etCouerbe.)

Dans le bois de Campêche, M. Chevreul a rencontré une matière insoluble dans l’éther et dans l’eau, susceptible, à la faveur du principe colorant (hématine), de devenir soluble dans ces deux véhicules.

Dans la rhubarbe , le rhubarbarin rend très soluble dans l’eau une matière brune particulière, par elle-même complètement insoluble dans ce liquide. (Caventou.)

Le gluten, principe éminemment insoluble dans l’eau, doit à la présence des matières amylacées et sucrées de l’orge , de faire partie des décoctés de cette substance. (Berzélius.)

Toutefois il est évident, que les extraits devront plutôt être formés des principes naturellement solubles dans le véhicule employé , que de ceux que des circonstances plus ou moins exceptionnelles peuvent seules y rendre solubles.

382 23e leçon.

De i’exiractif a longtemps admis avec Fourcroy, dans les extraits pré-

parés avec Peau ou l’aîcool faible^ l'existence d’un principe particulier que Pon appelait du nom d’extractif, et que l’on caractérisait : par sa solidité, sa couleur brune, sa saveur prononcée toujours acide, quoique du reste amère, âcre ou acerbe; sa solubilité dans l’eau et dans l’alcool faible, son insolubilité dans l’alcool anhydre et dans l’éther, les propriétés d’être séparé de sa dissolution aqueuse par l’albumine, au moment où la chaleur coagule celle-ci, d’être précipité de cette même dissolution et par le sulfate d’alumine, et par le chlorure d’étain, et par beaucoup d’autres sels métalliques, en se combinant avec leurs bases; d'en être encore précipité par le chlore , de teindre en brun fauve la laine, le coton, et le fil alunés , de donner de F acétate d’ammoniaque à la distillation, enfin et surtout, de se transformer par le concours prolongé de la chaleur et de l’air , en un corps tout différent, insoluble dans l’eau et dans l’aleooj faible, l’extractif oxygéné. Mais depuis que M. Chevreul a démontré, que dans tous les extraits obtenus au moyen de l’alcool faible ou de l’eau, existent :

1° Des principes colorants auxquels on peut rapporter la couleur brune, la propriété de teindre les étoffes, etc. ;

2° Des matières azotées, à la présence desquelles peut à son tour être attribuée la faculté de précipiter par le chlore, de fournir de l’ammoniaque à la distillation, etc.;

3° Des acides libres qui communiquent leur saveur au mélange ;

4° Une sorte de combinaison de principes colorants, azotés, acides, dans laquelle on retrouve au plus haut degré, les propriétés d’être précipitée de sa dissolution aqueuse, par la plupart des sels métalliques , de devenir insoluble au contact prolongé de la chaleur et de Pair.

Depuis aussi, que les expériences de Saussure on fait voir de que l’insolubilité acquise au contact de la chaleur et de l’air, par certains principes ou plutôt par certaines réunions de principes, existants dans les solutions aqueuses végétales, ne provient pas purement et simplement de la fixation de l’oxygène , attendu que la transformation s’accompagne d’une production d’eau ou

d’acide carbonique, aux dépens de la matière organique ; l’on a cessé d’admettre l’existence de l’extractif.

En supposant que les mêmes matières premières aient été traitées par des véhicules différents, les extraits préparés au moyen de l’eau, seront en général d’une composition plus compliquée que les autres 5 et parce que l’eau est de tous les dissolvants connus, celui dont le pouvoir est le plus étendu, ainsi que du reste nous l’avons établi en traitant de la solution, et parce qu’elle peut déterminer des réactions, que ni l’alcool, ni l’éther, ni le vinaigre ne paraissent susceptibles de produire. Les extraits aqueux pourront de préférence contenir :

Des sels,

Des acides organiques,

• Des bases salitiables organiques en combinaison avec des acides,

Des principes gommeux des genres arabine et cerasine,

— sucrés ,

Du tannin,

De la matière amylacée , si l’on a fait réagir Peau bouillante ,

De l’albumine végétale soluble, si Sa température s’estmaintenueinférieureà70°,

De la pectine.

Des principes colorants,

ils devront au contraire ne pas contenir, ou ne contenir qu’en très minimes proportions :

Les stéaroptènes et leurs analogues les élaioptènes,

Les principes gras,

— résineux,

— gommeux du genre bassorine ,

Comme pour les solutions aqueuses, alcooliques et autres, en consultant les analyses des matières premières, et tenant compte de la solubilité ou de l’insolubilité dans l’eau, à différentes températures, des principes divers qui s’y rencontrent, l’on se pourra former à priori l’idée de la composition probable de ces médicaments.

Par exemple, de ce que parmi les nombreux principes constituants de l’opium (voir sa composition à laSl'leçon) il, n’en est que 12, à savoir : les méconates acides de morphine et de codéine, la narcotine, la méconine, la narcéine, la para et la pseudomorphine, l’acide brun, 1 .1 gomme, les sulfates de morphine, de codéine et de potasse, qui se dissolvent plus ou moins

23e LEÇON.

De la

composition des extraits liydroalcooliques.

aisément dans l’eau; il est grandement à présumer, que ceux-là seuls feront partie de l’extrait aqueux.

Toutefois, il se pourrait qu’ils fussent plus complètement enlevés par l’eau bouillante que par l’eau froide; par contre, que celle-ci fût moins favorable à l’entraînement en quelque sorte mécanique, des principes insolubles; même que la proportion d’eau employée ne fût pas sans influence. La preuve en est, précisément, qu’unsolute d’opium brut très concentré, se trouble quand on l’étend d’eau et laisse précipiter des flacons en grande partie formés de matières huileuses et résineuses. La présence d’une forte proportion de principes solubles, ayant tout d’abord amené leur solution.

M. Pelletier, qui a déterminé par expérience la composition de l’extrait aqueux d’opium, préparé par le procédé du Codex, s’est assuré qu’il contenait toutes les substances que les prévisions théoriques portaient à y supposer , à l’exclusion presque complète des autres. Du moins n’y a-t-il rencontré que des traces d’huile grasse, de résine et de principe vireux.

Nous verrons, en traitant des médicaments à base de auinquina, que ses extraits offrent également une composition chimique, en harmonie avec les indications de la théorie, bien qu’elle varie avec leur mode de préparation.

À la suite des extraits aqueux considérés du point de vue tout spécial sous lequel nous les envisageons en ce moment , viendront se placer les extraits hydroalcooliques. L’alcool a 56° centigr , possédant un pouvoir dissolvant fort analogue à celui de l’eau.

La plupart des sels, des acides organiques libres, des bases salifiablcs en combinaison avec des acides, les principes sucrés, le tannin, bon nombre de principes colorants semblent notamment pouvoir en faire partie.

Biais les principes gommeux, aquelque genre qu’ils appartiennent, les principes amylacés, l’albumine végétale, la pectine, les stéaroptènes et les élaioptènes, les principes gras et résineux, le gluten, l’acide pectique; que l’alcool faible ne dissout pas, ceuxci, parce qu’ils sont aussi bien insolubles dans l’alcool faible que dans l’eau ; ceux-là, parce que la présence de l’alcool, même

en petite proportions, suffit pour annihiler le pouvoir dissolvant de l’eau, semblent devoir en être exclus.

Les extraits éthérés doivent renfermer un petit nombre de principes; le tannin, les stéaroptènes et les éîaioptônes; les principes gras et résineux.

Le peu d’étendue du pouvoir dissolvant de l’éther, est cause qu’on l’emploie rarement à la préparation des extraits; mais le même motif fait qu’on s’en sert avec infiniment de succès, pour obtenir, dans un état de liberté favorable à leur action physiologique, les principes actifs qu il est susceptible d’enlever aux matières organiques complexes.

Quant aux extraits vineux et acétiques, ils semblent, à très peu près, devoir offrir la même composition que les extraits aqueux et hydroalcoofiqties correspondants. Le pouvoir dissolvant du vin et du vinaigre, se rapprochant beaucoup de celui de l’alcool faible et de l’eau.

Toutefois, il importe de remarquera leur sujet, que l’alcool, l’éther, l’eau, volatils, qu’ils sontsans résidu, ne peuvent rien introduire dans les extraits, qui provienne d’eux-mêmes ; tandis que le vin et le vinaigre, chargés de matières fixes, doivent les faire obtenir mélangés de ces matières, et qui plus est, de celles qui résulteraient de leur réaction sur les principes abandonnés aux liquides par les racines, les bois, les écorces, etc.

Notons que l’on ne saurait considérer comme de véritables extraits par le vinaigre, ceux que l’on prépare, d’après la méthode de M. Caventou, en exposant la ciguë, la belladone, la jusquiame ou l’aconit, au-dessus de diaphragmes percés de trous, à l’action de la vapeur d’eau additionnée de vinaigre, jusqu’à ce que ces plantes aient perdu toute leur odeur vireuse ; les pilant, les exprimant, puis évaporant.

Ici, le vinaigre ne fait nullement fonction de dissolvant; il ne paraît servir qu’à favoriser la modification du principe vireux, ou plutôt sa volatilisation.

Dans la préparation des extraits, la première chose à faire, est de se procurer, dans les meilleures conditions possibles de limpidité , de concentration et d’inaltérabilité des principes mé- Tom. ï. 25

De îa

composition des extrait»

éthérés, vineux, acétiques.

De leur préparation.

23e LEÇON.

dicamentéux, îes sucs de fruits ou de plantes, les solutions, ou

la bile.

De l’obtention des liquides propres à leur préparation.

Bile.

Sues de fruits.

Sucs de plantes.

La seconde, de procéder à l’évaporation, de manière à préserver le plus possible de toute altération, ces mêmes principes.

De là, deux séries d’opérations tout à fait distinctes.

La bile de bœuf, est extraite de sa vésicule, puis filtrée au travers d’une chausse en laine, afin de séparer la petite quantité d’albumine coagulée ou de matière muqueuse, qu’elle renferme presque toujours.

Les sucs de fruits, sont obtenus par les procédés que nous avons précédemment décrits, dépurés par le repos, et, s’il eu est besoin, passés au travers d’un tissu, ou mieux encore d’un filtre en papier.

Seul, le suc de nerprun subit la fermentation.

Les sucs de plantes herbacées seront également obtenus par les procédés connus, puis, tantôt on se contentera de les passer au travers de toiles, tantôt on les dépurera au moyen de la chaleur, en complétant leur dépuration par la filtration au papier 5 selon qu’il s’agira d’y conserver on d’en éliminer la fécule verte, véritable mélange d’albumine végétale et de chlorophyle.

Solution

aqueuses.

Les solutions aqueuses chargées des principes extractifs :

Des racines de réglisse,

— bardane ,

Des racines d’aunée,

— de patience ,

— bistorte ,

— ratanhia,

— > gentiane,

— chiendent ,

•— persil ,

— quassia amara ,

— ■ saponaire ,

— po reira brava ,

Des tiges de douce-amère ,

De l’écorce de saule ,

— de quinquina gris ,

destiné à la préparation de l’extrait sec

Des feuilles d’absinthe,

— armoise ,

— chamœdris,

— chardon bénit,

— digitale ,

— bourrache,

— pensée sauvage;

Des fleurs de camomille ,

— de petite centaurée , etc. ,

Des feuilles de séné,

— ciguë ,

— belladone ,

— jusquiame,

— stramonium,

— aconit,

— • anémone ,

seront obtenues, en humectant les poudres demi-fines, avec la moitié de leur poids d’eau distillée froide j laissant macérer 12 heures, afin qu’elles s’imprégnent de liquide, introduisant la

masse pâteuse entre les diaphragmes d’un appareil à déplacement, l’y tassant modérément, et lessivant avec de l’eau distillée à-)- 15 ou-j- 20° de température, tant que les liqueurs passeront très denses, très colorées; passé ce terme, on arrêtera les affusions d’eau , on réunira les liqueurs, on les chauffera au bain-marie, et finalement on les débarrassera, par filtration, des dépôts qui s’y seraient formés. On se conformera, d’ailleurs, à toutes les précautions pratiques recommandées en traitant de la lixiviation.

Certaines substances qu’on ne peut, pour des motifs divers , traiter par lixiviation, seront traitées ainsi qu’il va être dit.

La rhubarbe , L’agaric ,

La coloquinte,

grossièrement divisés, seront laissés en macération pendant 24 heures dans quatre fois leur poids d’eau. Au bout de ce temps, on exprimera légèrement, on versera sur le résidu cinq autres parties d’eau froide; on exprimera de nouveau après 24 heures de contact, on soumettra le résidu à l’action de la presse, après quoi, les liqueurs réunies seront filtrées au papier.

L’opium, sera coupé par tranches ; l’on versera dessus 6 fois son poids d’eau distillée froide; après 12 heures de macération, on malaxera la masse pâteuse entre les mains ; 1 2 heures après, on jettera le tout sur une toile, on exprimera, on soumettra le marc à une seconde macération, dans la même quantité d’eau que précédemment; on passera avec forte expression, et définitivement, les solutions seront abandonnées au repos, décantées, et s’il en est besoin, passées au travers d’un linge à tissu serré.

Les baies de genièvre légèrement contusées avec un pilon en bois, seront, à deux reprises, mises à digérer dans 3 parties d’eau distillée à-j- 30° chaque fois. Après un contact prolongé, 12 heures, on passera avec expression, et l’on filtrera au travers d’une chausse.

On traiterait de la même manière la matière pulpeuse de la casse, mélange de pulpe réelle , de semences et de cloisons intérieures, que l’on aurait à l’avance extraite au moyen d’une spatule., des fruits ouverts dans le sens de leur longueur.

Seulement, afin de ne pas attaquer les cloisons très chargées de tannin, au lieu d’eau tiède, on emploierait l’eau froide.

Pour l’extrait de cachou, lequel n’est, à vrai dire, que le cachou du commerce purifié, on verse sur une partie de cachou concassé, 6 parties d’eau bouillante ; on laisse digérer 24 heures, en ayant le soin d’agiter fréquemment, et l’on décante le liquide séparé parle repos des matières indissoutes.

Pour les extraits de réglisse et d’aloës, qui ne sont aussi que les produits de la purification des sucs de réglisse et d’aloës fournis par le commerce; on divise ces sucs concrets, on les place au-dessus d’un diaphragme, dans un vase contenant assez d’eau froide pour qu’ils en soient complètement baignés, et quand le liquide a exercé toute son action dissolvante, au moyen d’un robinet adapté à la partie inférieure, on soutire la solution, que l’on verse sur une étoffe en laine.

Enfin, l’écorce de quinquina gris, destinée à la préparation de l’extrait mou, et le bois de gaïae, seront mis à bouillir à 2 reprises différentes : l’écorce pendant 1/2 heure, le bois pendant 1 heure au moins; la première, dans 12 fois, le second, dans 20 fois son poids d’eau.

L’on décantera, l’on exprimera le résidu, et les liqueurs seront passées, sans qu’il ait été besoin de les abandonner âu repos, si l’on opère sur le quinquina; après un repos obligé de douze heures, si Ton opère sur le gaïae.

Les auteurs du nouveau Codex se sont attachés à ne faire réagir sur les matières médicamenteuses que l’eau froide, ou tout au plus l’eau tiède. La raison en est, que celles-ci les épuisant de leurs principes solubles, aussi bien que le ferait l’eau bouillante, ont sur elle l’avantage de ne pas introduire dans les solutions, et plus tard, dans les extraits, les combinaisons solubles qui se pourraient former sous l’influence d’une haute température, pour se détruire ou se précipiter plus tard; de ne modifier en rien, les matières organiques ; en définitive, de fournir après l’évaporation, un produit qui représente plus fidèlement l’ensemble des principes solubles préexistans dans les végétaux mis eu expérience.

S’ils se sont départis de cette règle , pour le quinquina

gris et pour le bois de gaïac, c’est que l’eau froide épuise fort; mal le premier et n’enlèverait pas au second la matière résinoïde qui doit faire partie de son extrait.

A de très rares exceptions, les solutions hydroalcooliques seront préparées, en réduisant les matières premières en poudre demi-fine, les humectant avec la moitié de leur poids d’alcool au degré prescrit ; après 12 heures de contact, introduisant le tout dans l’appareil à déplacement, l’y distribuant aussi uniquement que possible, l’y tassant modérément, et lessivant. Une partie de matières exige d’ordinaire trois fois et demie son poids d’alcool, sinon pour son épuisement complet, du moins pour que passé ce terme, bon n’obtienne plus que des solutions très étendues.

Quand les dernières portions d alcool ont pénétré îa poudre, on verse à la surface de îa masse, une couche d’eau destinée à chasser l’espèce de teinture alcoolique qu’elle retient, et l’on cesse de recueillir la liqueur qui s’écoule, aussitôt qu’elle trouble celle obtenue antérieurement, L’eau précipite les parties résinoïdes ou grasses enlevées par l’alcool.

Ce mode de traitement s’applique notamment :

Aux feuilles d’aconit ,

— — de belladone ,

— fleurs d’arnica ,

— — de houblon ,

— écorces de quinquina ,

Aux écorces de racine de grenadier ,

— racines d’ipécacuanha ,

— — de salsepareille,

— ■ — de jalap ,

Aux cantharides,

Mais les squammes sèches de scilie, la coloquinte, Je safran, la myrrhe, la noix vomique, les semences de stramonium, de jusquiame et de belladone ne peuvent que très difficilement être traitées dans l’appareil à déplacement, même par l’aîcool.

Il vaut infiniment mieux les traiter par macération.

On les met en contact pendant 3 à 4 jours, dans un vase clos, et à la température de l’atmosphère, avec une quantité d’alcool telle, qu’elles en soient entièrement imprégnées, on exprime, et l’on répète à quatre à cinq reprises ces opérations successives.

Les solutions éthérées pourront toutes être obtenues au moyen de la lixiviation, sans même qu’il soit nécessaire de la faire précéder d’une macération, attendu que l’éther n’a pas

Solutions

hydroalcoll

ques.

Solutions

éthérées.

390 23e leçon.

comme l’alcool faible, comme l’eau surtout, l’inconvénient de gonfler les poudres, par suite, de gêner le passage des liquides qui les doivcut traverser. De même d’ailleurs, que dans le traitement par l’alcool, les dernières portions de teinture seront déplacées au moyen de l’eau.

tkm1 desP5qui- Les solutions médicamenteuses obtenues, il reste à les évapodàSfomm? rer, sinon, dans le vide au-dessus de matières absorbantes, des extraits. qUCqqUe ce qc beaucoup le meilleur mode d’évaporation,

pour les raisons déjà exposées en traitant de l'évaporation, du moins, dans les conditions pratiques les plus capables de prévenir les réactions de la chaleur et de l’air.

Les exemples suivants fourniront des preuves incontestables de ces réactions.

Sous l’influence d’une température de quelques degrés seulement supérieure à 100°, le sucre cristallisable de la betterave et de la canne se transforme en sucre incristallisable, et pour peu qu’un acide intervienne, en sucre de raisin.

Les principes laxatifs de la rhubarbe et de la casse, à la suite d’une longue ébullition dans l’eau, ont acquis des propriétés astringentes.

Même, à la température ordinaire, le tannin absorbe l’oxygène de l’air, et se convertit en acide gallique, en eau, et en acide carbonique. (Pclouze.)

Dans les mêmes conditions, les sucs de rhus radicans , de brou de noix, l’absorbent également, noircissent, et changent complètement de nature ;

La matière particulière que M. Braconnot a retirée du brou de noix, d’incolore et d’àcre qu’elle était, devient noire et tout à fait insipide.

Par leur ébullition prolongée au contact de Pair, les solutions aqueuses d’opium, produisent des dépôts essentiellement formés de résine et d’huile grasse, retenant des traces de morphine et de narcotine ;

Celles de quinquina, des dépôts formés d’amidon, de rouge cinchonique insoluble, avec traces de quinine et de cinchomne$

Celles de rhubarbe, des dépôts formés de résine et de rhubarharin.

En facilitant la déperdition des principes volatils (élaioptènes, stéaroptènes , acides acétique, valérianique, phocénique, etc.), la coagulation de l’albumine végétale, avec laquelle un grand nombre de principes produisent des espèces de laques insolubles, la chaleur, même abstraction faite de Pair, peut encore influencer défavorablement la constitution chimique des produits.

Jusqu’à présent, dans les laboratoires des pharmaciens, Pon n’a d’ordinaire fait servir à la préparation des extraits, que l’une ou l’autre des méthodes évaporatoires suivantes :

La première, que le Codex prescrit d’employer pour l’évaporation des sucs non dépurés de plantes herbacées, ainsi que pour l’achèvement de l’extrait sec de quinquina, consiste à étendre le liquide en couches de deux à trois lignes d’épaisseur, dans des assiettes en porcelaine, à porter celles-ci dans des séchoirs que parcourt un courant d’air, à une température de — j— 35 à -|- 40°, à les y abandonner, après les avoir recouvertes de toiles ou de tissus métalliques, destinés à préserver les matières qu’elles contiennent, de la chute des impuretés que transportent les vents, sans cependant gêner l’action toute mécanique de l’air, jusqu’à ce que l’évaporation soit complète.

Dans les sucs de plantes, évaporés suivant cette méthode recommandée par Storck, avec tant de raison, l’albumine n’est pas coagulée, et les principes qui l’accompagnent ont éprouvé si peu d’altération, que les extraits ont conservé leur odeur, leur saveur, leur couleur verte ; ils sont solubles dans l’eau, sans résidu sensible.

L’inconvénient que pourrait offrir le contact d’un volume d’air considérable, est à peu près nul, quand on a le soin de rendre la marche de l’opération aussi rapide qu’elle peut l’être, en multipliant l’étendue des couches du liquide, en renouvelant fréquemment ses surfaces par l’agitation, en prévenant l’abaissement de température, etc., etc.

Le second procédé d’évaporation, appliqué par le Codex à la préparation de tous les extraits, autres que ceux avec les sucs non dépurés de plantes herbacées, s’exécute au moyen des appa-

23e LEÇON.

reiis précédemment décrits, d’après MM. Henry, Bernard, Derosne et Hausse, et à la description desquels nous renverrons pour tout ce qui concerne les détails de l'opération. Nous devons nous rappeler, que dans ces appareils, le liquide à évaporer ne peut dans aucun cas dépasser 100% et ne les atteint pas, lorsqu’il est susceptible de bouillir à une température inférieure, ainsi que le font les solutions hydroalcooliques 5 tant que l’alcool n’est pas entièrement vaporisé.

On l’y maintient jusqu’à ce qu’il ait acquis la consistance sirupeuse, pour en achever l’évaporation à l’étuve ou mieux dans le séchoir, au cas où l’intention serait d’obtenir un extrait sec.

Au contraire, lorsqu’on veut préparer un extrait ordinaire, on F v laisse jusqu’à ce que le produit ait acquis la consistance du miel, cesse de mouiller le papier non collé à la surface duquel on l’étend, parfois même, d’adhérer au dos de la main qui le frappe. Les extraits cle jusquiame, de belladone et leurs analogues, singulièrement disposés à s’humecter aux dépens de Pair, auront spécialement besoin d’être plus rapprochés que les autres.

S’il arrivait durant l’évaporation, que l’extrait se grumelât, par suite d’un départ de matières résineuses, salines ou autres, vers la fin, on le délaierait avec un peu d’alcool destiné à redissoudre les résines, ou d’eau destinée à redissoudre les sels, et Pou continuerait l’évaporation, en ayant le soin d’agiter constamment pour prévenir la formation d’un nouveau dépôt.

Si, dans Pintention de séparer certaines matières plus ou moins inertes, et comparativement moins solubles dans l’eau que les autres, ainsi que cela se pratique pour l’extrait d’opium, il avait été prescrit de traiter par Peau froide, le produit d’une première évaporation, de filtrer, d'évaporer de nouveau; on ne négligerait pas cette très utile précaution.

Lorsque les extraits sont convenablement rapprochés, on les enlève du vase évaporaloirc pendant qu’ils sont encore chauds, et qu’ils ont conservé une mollesse qu’ils ne peuvent que perdre en refroidissant; on les enferme dans des pois en faïence, ou en porcelaine ; dans des flacons à larges goulots susceptibles d’être hermétiquement bouchés, s’ils offrent une tendance pro-

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