DES SIROPS
Leurs propriétés physiques varient singulièrement. Le sirop pj^és de sucre est incolore; celui d’œillet, amarante; celui de coquelicots, rouge; celui de nerprun, brun; celui de rhubarbe, jaune rouge.
Le sirop de gomme est de saveur à la fois mucilagineuse et sucrée ; le sirop de sulfate de quinine, amer; le sirop d’écorce de grenade, astringent; le sirop de vinaigre, acide.
Les sirops de cannelle et de fleurs d’oranger sont aromatiques; ceux de valériane et de foie de soufre, d’odeurs fétides; ceux de gomme et de sucre, sans odeur.
Presque tous offrent une transparence parfaite, sinon lorsqu’ils sont concentrés, parce qu’il peut alors arriver que les rayons lumineux ne les puissent traverser (les sirops de salsepareille et de chicorée composés , très chargés de principes extractifs, sont spécialement dans ce cas), du moins lorsqu’on les étend d’eau ; mais, quelques-uns offrent une transparence imparfaite, une teinte opaline, tel le sirop de sulfate de quinine, certains môme sont complètement opaques, tel, le sirop d’amandes ou d’orgeat
Il n’est pas jusqu’à leur densité, qui n’offre demotables différences, témoin le sirop de quinquina au vin, beaucoup moins dense que ne l’est le sirop de sucre, lequel à son tour est moins dense que le sirop de salsepareille composé.
On peut, à l’aide de réactifs convenablement choisis, signaler dans quelques-uns la présence ou l’absence de principes essentiels ; par exemple :
L’ammoniaque, la potasse et la soude caustiques, signaleraient dans un sirop donné pour contenir les principes solubles de la rhubarbe , l’absence de ces principes , en ne le colorant pas fortement en rouge.
Les mêmes réactifs font nettement virer au vert le sirop de violettes bien préparé, et ne communiquent qu’une teinte vert pâle, au sirop de fleurs de pensées sauvages artificiellement coloré en bleu par de la teinture de tournesol. Le mélange de la teinte jaunâtre que prend, sous l’influence des alcalis, le principe colorant des pensées, avec la teinte bleue du tournesol qu’ils n’altèrent pas, donne naissance à une teinte mixte.
Dans le sirop de quinquina, le tannin forme des précipités de tannate de quinine et de cinchonine ; l’oxalate d’ammoniaque, un précipité d’oxalate de chaux : ils ne troublent ni l’un ni l’autre, les sirops de gentiane ou d’aloës qu’on a parfois tenté de lui substituer.
Le sirop do grenades, doit à la présence d’une petite quantité de tannin ou d’acide gallique, que ne renferment ni le sirop de groseilles, ni le sirop de cerises, de prendre, au contact du sulfate de fer au maximum, une légère teinte noire. 5 à 6 gouttes de sirop de salsepareille, simple ou composé , ajoutées à 2 onces environ d’eau distillée, doivent à la saponine, de communiquer au liquide la propriété de mousser fortement par l’agitation, et de fournir des bulles persistantes $ rien de semblable n’a lieu avec le sirop de salsepareille mal préparé. (Soubeiran.)
L’action des réactifs sur les sirops, est toutefois tellement sujette à être profondément modifiée par des circonstances accidentelles , qu’elle ne mérite qu’une confiance secondaire. Aussi l’opinion d’un praticien exercé serait-elle souvent préférable à celle d’un chimiste, s’il s’agissait de prononcer sur les qualités d’un sirop. En pareil cas, en effet, le mieux à faire serait d’ordinaire d’apprécier la couleur, l’odeur, la saveur, la transparence, la densité du médicament, etc., etc.
Les sirops se pouvant préparer avec les sucres de qualités différentes que nous offre le commerce , les véhicules qui en font partie, étant de nature variable , ces véhicules et le sucre qu’ils dissolvent, ne se trouvantpas dans tous associés en mêmes proportions; il importe, avant d’aller plus loin, que nous nous formions une idée des avantages ou des inconvénients que peuvent offrir les principales sortes de sucre, sous le double point de vue de la qualité et de la quantité du produit, des procédés à l’aide desquels on se procure leurs différents véhicules, des proportions variables, dans lesquels s’effectue l’association des uns et des autres.