DES DIFFÉRENTES SORTES DE SUCRE DU COMMERCE
Des différentes sortes de sucre du commerce.
On trouve dans le commerce plusieurs sortes de sucre. Les unes, proviennent des fabriques de sucre indigène ou des raffineries établies en France ; les autres sont importées de l’étranger.
Les premières , en les rangeant suivant l’ordre de leur plus grande richesse en sucre cristallisable , sont:
Le sucre royal ou raffinade, Les bâtardes,
Le sucre 4 cassons , Êt les vergeoises.
Les lumps ,
Le sucre royal, en pains de 5 à 6 kil., d’une blancheur égale dans toute sa masse, d’une texture cristalline prononcée, d’un grain serré, très dur, ressemble tout à fait à la variété de chaux carbonatée , nommée par les minéralogistes marbre des statuaires ou cbaux carbonatée saccharoïde. Il rend , quand on le frappe, un son net et distinct, devient phosphorescent dans l’obscurité, quand on le frotte.
Le plus beau, dit sucre surfin ou Raguenais, du nom du fabricant qui , le premier, est parvenu à l’obtenir sous cet état remarquable de pureté, est souvent en pains tronqués à leurs sommets.
Le sucre quatre cassons ainsi nommé de ce que les épiciers sont dans l’usage de diviser ses pains en quatre fragments à . peu près égaux, dans le sens de leur grand axe, est en pains de 5 à 6 kih, moins blanc, moins brillant, moins serré , moins dur que le précédent dont il ne diffère toutefois, qu’en ce qu’il a été moins habilement raffiné. Il provient aussi d’une première cristallisation, a subi un même nombre de terrages, a de même été séché à l’étuve.
Les lumps , sont en pains de 10 à 20 kil., toujours tronqués à leurs sommets, parfois tachés en brun par un peu de mélasse, dans une étendue plus ou moins considérable , d’une texture cristalline prononcée, mais lâche, mais poreuse ; d’où vient qu’elles offrent peu de solidité et se fondent aisément dans l’eau. Elles proviennent de la concentration et de la cristallisation des
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liqueurs qui, dans uue première opération , avaient fourni le sucre royal ou le sucre quatre cassons 5 du reste, elles ont été terrées, même étuvées.
On conçoit que, provenant delà cristallisation de sirops dans lesquels la proportion du sucre cristaliisable est faible, par rapport à celle du sucre incristaîlisable , elles offrent une texture poreuse.
Les bâtardes sont aussi en pains de 10 à 20 kil. , toujours tronqués à leurs sommets , et de texture semblable à celle des lumps; mais elles sont constamment colorées, et plus ou moins humides. Ce sont , à proprement parler , des lumps qui ont subi moins de terrages ou ont été moins bien terrées , et qui , déplus, n’ont point été étuvées.
Les vergeoises , sont en pains de 20 à 30 kil. j leur defaut de cohésion, leur couleur brune, leur saveur prononcée de mélasse, les fait singulièrement ressembler à des masses de cassonade brune, que l’on aurait fortement tassées dans des formes à sucre.
Elles proviennent des sirops dont on a retiré les sucres royal et quatre cassons par une première cristallisation, les lumps ou les bâtardes par une seconde , et n’ont subi ni terrage ni étuvage.
Le liquide qui s’en écoule constitue la mélasse, espèce de .sucre incristaîlisable, que les importantes recherches de M. Pe~ louze et autres , ont démontré provenir de l’altération du sucre cristaliisable, et ne préexister ni dans la canne à sucre, ni dans la betterave, etc.
Quant aux sucres importés de l’étranger , leurs sortes les plus répandues dans le commerce , sont :
Le sucre de l’Inde ou de Benarès, Le sucre brut Martinique,
— ■ — Bourbon , — terré.
Le sucre de l’Inde, devenu assez rare depuis quelques années, nous arrive en balles du poids de 75 à 100 kil., formées de deux toiles, l’une intérieure en coton, l’autre extérieure en fil, et le plus ordinairement maintenues, ficelées par des tiges de rotin.