DES MATIÈRES ANIMALES
nourrissent sur les végétaux de tel pays, ou sur ceux tout différents de tel autre. Les cires de Bretagne, sont en général plus difficiles à blanchir que celles du Midi ; certaines même, qu’on tire du Brésil, ne peuvent être obtenues blanches.
Ces mêmes abeilles, en Bretagne, là où croit en abondance le blc noir ou sarrazin, fournissent un miel coloré, d’odeur et de saveur désagréables, abstraction faite des débris de cire et d’abeilles mortes, qu’y laisse d’ordinaire le défaut de soin des personnes chargées de le recueillir. Aux environs de Narbonne, là où les labiées, les ombellifères, et plus généralement les plantes aromatiques sont très répandues, le miel est blanc, d’odeur et de saveur agréables.
Sur les bords méridionaux du Pont-Euxin, Vazalis pontica ; au Brésil, suivant M. Jaumes St-Hilaire, plusieurs apocynées communiquent à ce produit des propriétés vénéneuses.
Les bœufs et les vaches nourris de plantes vertes, pendant les longs étés de nos climats, fournissent un suif plus consistant que ne l’est celui des mêmes animaux nourris en Russie, pen» dant neuf ou dix mois de l’année, de fourrages secs.
La bile de bœuf offre, dans sa transparence, sa couleur, son odeur, sa densité, des différences qui correspondent, à n’en guère douter, à des modifications de composition,
L’urine de chiens nourris exclusivement de substances animales, renferme une énorme proportion d’urée; ce principe disparaît presqu’en entier de l’urine des mêmes animaux alimentés avec des substances non azotées.
Le lait de vaches , nourries presque exclusivement de cosses de pois à l’époque où les marchés en offrent des masses considéra bles, est, au rapport de MM. Idt et Chevalier, à la fois très sucré et d’une difficile clarification.
La quantité, la qualité du lait varient, suivant qu’on donne aux vaches, aux ânesses, telle ou telle nourriture , ainsique l’ont fait voir Deyeux, Parmentier, MM. Peligot, Henry, Chevalier, Quevcnne, etc., etc.
D’après MM. Boussingauît et Lebel , les différences signalées par ces observateurs dépendraient de ce que, sous un même
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poids., des aliments différents contiennent des proportions différentes de substances véritablement nutritives ; de telle sorte, qu’en ayant égard aux équivalents nutritifs, ou, pour mieux dire, azotés, le lait fourni par une vache quelconque, pendant des temps égaux, se trouverait être sécrété en même quantité, et présenter une même composition.
Mais ces dernières observations ne tendent pas moins que les autres, à faire ressortir l’influence du mode de nourriture sur la composition chimique des produits animaux, partant, sur la constitution des animaux eux-mêmes- par suite, à expliquer comment les substances alimentaires très nutritives, les vesces, les gesses, les féveroîes, dont on nourrit presque exclusivement les chevaux dans le Boulonnais, la Picardie, la Beauce, les épis de blé, glanés par les moutons sur les chaumes de la Beauce et de la Brie, peuvent déterminer chez ces animaux, toutes.îes maladies qui se rattachent à la pléthore sanguine ; contrairement, comment les aliments pauvres en principes nutritifs, ceux composés de plantes aqueuses, étiolées, de bas-pré, ceux vieillis dans les magasins ou en meules ; comment encore les fourrages verts gorgés d’eau de végétation, les prédisposent à contracter toutes les maladies qui se rattachent à la débilitation de l’organisme, la morve, le farcin,le charbon, etc.(I>ELAFOND.)
La qualité et la quantité des matières alimentaires étant supposées convenables, il ne faudrait pas perdre de vue , d’une part, que la variété est un des éléments indispensables à l’assimilation des principes nutritifs, h tel point qu’un animal exclusivement nourri d’une seule et même matière, quelque substantielle qu’elle soit, finirait par mourir en présentant tous les symptômes de l’inanition; d’autre part, que l’individualité de l’animal peut encore faire varier les résultats définitifs, puisque des animaux placés dans les mêmes conditions profitent d’ordinaire très inégalement.
De l’état de Enfin, puisque la maladie entraîne nécessairement l’altéra-
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tion des organes des animaux et de leurs produits, il est évident qu’il faut avoir grand soin de n’employer que les matières provenant d’animaux sains. On devra, pour ce motif, rejeter l’axonge des porcs atteints de ladrerie, les poumons des veaux
3e ET 4e LEÇONS. — DU DEVELOPPEMENT DES VEGETAUX. 39
atteints de phthisie pulmonaire, leurs poumons devenant alors le siège de tubercules gorgés de pus.
Sans doute, l’influence qu’exercent sur la constitution des animaux, et par suite sur celle de leurs produits, l’âge, le mode de nourriture, l’état de santé et les autres conditions de la vie, ne se fait pas toujours sentir d’une manière prononcée ; mais il est plus que probable, qti’elle ne parait moins sensible chez quelques-uns, que parce qu’on s’est moins occupé d’en constater les effets.
Les notables différences qui se remarquent entre le musc Tonquin et le musc Thibet, entre le castoreum du Canada et le castoreum de Sibérie, la sécrétion plus abondante du castoreum et du musc à l’époque du rut chez les animaux qui les produisent, de la civette chez les vivera civetta et zibetha nourris d’une cer • laine manière , pourraient au besoin en fournir la preuve.
De tout ce qui précède, nous devons donc tirer la conséquence, que le pharmacien doit s’attacher à n’employer, que des animaux ou des produits animaux récoltés dans des conditions identiques.
IIIe ET IVe LEÇONS.
notions fl/ment aires