DES PROCÉDÉS DE PREPARATION DU SIROP DE SUCRE
des liquides qu’on y place se • maintienne davantage. Sa partie inférieure est garnie d’un robinet À ? et à l’opposé ou même sur le côté, est pratique un trou avec lequel un tube BBr vient s’aboucher. Le robinet est destiné à l’écoulement des liquides, l’ouverture B et le tube qui la prolonge, à îasortie de l’air intérieur, qui, sans lui, serait obligé de se frayer un passage au travers de la masse charbonneuse et d’en déranger la symétrie. Un couvercle mobile s’adaptant sur la base D permet de prévenir le refroidissement et l’évaporation.
Veut-on le faire fonctionner; on introduit au fond delà pyramide un diaphragme E percé de trous, que des pieds élèvent audessus de la naissance du robinet; on étend sur ce diaphragme un linge humide, on le recouvre jusqu’à une certaine hauteur de charbon animal, à l’avance imprégné d’un 6Tue environ de son poids d’eau, destinée à la faciliter la filtration, et que l’on a passé au tamis de manière à l’obtenir en grains de la grosseur de ceux de la poudre à canon. (La difficulté qu’il présenterait au passage du liquide empêche de l’employer en poudre fine, quoique sous cet état il dût mieux opérer la décoloration.) On le tasse modérément au moyen d’une espèce de truelle; on le maintient à l’aide d’un second diaphragme G placé en-dessus ; puis, ouvrant le robinet, et soulevant le couvercle on verse le sirop bouillant dans la partie de l’appareil restée vide de charbon.
Le sirop traverse successivement toutes les couches de charbon, chassant devant lui l’eau qui les imprégnait, s’écoule bientôt plus ou moins décoloré; s’il en est besoin, est reversé sur les filtres, afin que sa décoloration s’y complète, et reste en partie dans le charbon, dont une affusion d’eau le déplace à son tour.
Onobtient ainsi, d’abord de l’eau à peu près exempte de sirop, puis du sirop pur; puis enfin du sirop légèrement étendu d’eau, ce qui oblige à recueillir séparément, les liquides du début, du milieu et de la fin de l’opération.
•25e LEÇON.
De l’action décolorante du charbon.
XXVe LEÇON*
SUITE DE LA PRÉCÉDENTE
Les belles expériences de MM. Bussy, Payeu et Desfosses, ont démontré que l’action du charbon sur les dissolutions qu’il décolore, est le résultat de l’union de son carbone avec leurs principes colorants. En effet, que l’on filtre, sur du charbon animal en poudre, une dissolution à peu près neutre d’indigo, dans l’acide sulfurique , l’on en opérera la décoloration ; puis en lessivant avec’Jdc l’eau légèrement alcaîisée, le charbon de l’opération précédente, on redissoudra l’indigo que l’on restituera au liquide. Le charbon pourra de nouveau le lui reprendre, après qu’on aura saturé l’alcali, en sorte que la matière colorante passera alternativement du liquide dans le charbon, du charbon dans le liquide, et de celui-ci encore dans le charbon.
Un effet semblable serait produit , en substituant au sulfate d’indigo, de la mélasse. Le charbon décolorerait son soluté aqueux, et l’eau tiède, légèrement alcaîisée, enlèverait au charbon la matière colorante qu’il aurait absorbée.
Ce qui prouve que la décoloration est le fait de l’action spéciale du carbone, et non celui des matières qui l’accompagnent, soit dans le charbon végétal, soit dans le charbon animal, c’est qu’aucun des sels qui constituent les cendres du charbon végétal, c’est que ni le phosphate, ni le carbonate de chaux, ni les sulfures de calcium et de fer , ni l’azote que renferme le charbon animal, isolément ou réunis, ne possèdent la propriété décolorante 5 tandis que le carbone pur, celui notamment qu’on obtient en décomposant à chaud le carbonate de soude par le phosphore, et lessivant la masse, la possède à un haut degré.
Mais tous les charbons ne jouissent pas d’un égal pouvoir décolorant. Le charbon végétal décolore moins bien que le charbon animal , celui-ci moins bien que le charbon provenant de