SUITE DES DEUX PRÉCÉDENTES SUR LES SIROPS
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De la préparation des sirops médicamenteux composés.
La préparation des sirops composés, offre beaucoup d’analogie avec celle des sirops simples; il n’en saurait être autrement, puisque les véhicules qui en font partie, sont aussi, dans le plus grand nombre de cas , des macérés, des digeslés, des infusés, des décoctés, ou des eaux aromatiques.
Cependant on remarque, contrairement à ce que nous avons vu se pratiquer pour les sirops médicamenteux simples, que l’on fait quelquefois servir l’albumine à leur clarification, et que parfois aussi le sucre s’y trouve associé au miel.
La forte proportion de principes extractifs qu’ils renferment, permet de négliger la minime portion qu’en entraîne l’albumine en se coagulant; et d’un autre côté, leur disposition prononcée à la fermentation, rend nécessaire l’accumulation du principe essentiellement conservateur.
Il faut ajouter : 1° qu’en général on applique avec succès à leur clarification au moyen d’un blanc d’œuf, le procédé par descensum précédemment indiqué d’après M. Salles (page 136); 2° que leur filtration souvent très lente au travers de chausses ou de bîanchets en laine, s’opère rapidement au travers de toiles, et de manière cependant à les débarrasserde toutes les matières tenues en suspension, quand on a le soin d’y délayer à l’avance, quelque peu de papier non collé, suivant la méthode de M. Desmarets, également relatée (page 133); 3° et enfin, que la dépuration du véhicule par l’intermédiaire d’une pctilequantité de blancd’œuf, avant l’addition du sucre ou du miel ? et ce, sans préjudice d«
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la dépuration qui devrait être faite ultérieurement du sirop luimême , facilite singulièrement l’opération.
Le petit nombre de sirops composés qu’on emploie habituellement, va nous permettre de passer en revue, les différents modes de préparation applicables à chacun d’eux. ( Voir aux tableaux des pages 403, 404,105 et 406, ce qui concerne la préparation de leurs véhicules.)
Sirop de mou Faire fondre à feu nu, dans le digesté aqueux du mou de veau et des autres matières premières, la quantité de sucre prescrite, clarifier au blanc d’œuf, concentrer à 31° bouillant, passer. Sirop des cinq Aîouter à un poids donné de sirop de sucre, le produit de la
FcicinfSi ^ y l
seconde infusion des racines apéritives, concentrer le mélange jusqu’à ce qu’il ait perdu assez d’eau pour qu’on lui puisse ajouter, sans le décuire au-dessous de 35° à -]- 15°, le produit plus aromatique de la première infusion ; laisser refroidir en partie, ajouter celui-ci et passer.
^pareille com- Commencer par concentrer ie liquide aqueux chargé par décocposé. tion, des principes actifs de la salsepareille, par infusion, des principes actifs des fleurs de bourrache, des roses pâles, des feuilles de séné, de l’auis ; y faire fondre la proportion de sucre et de miel voulue, clarifier au blanc d’œuf ; passer à la chausse, quand le sirop marque 25<q remettre sur le feu et cuire à 32° bouillant.
La grande proportion de principes extractifs que renferme ce sirop, sa disposition prononcée à fermenter, oblige à le commenter au delà du degré ordinaire. D’un autre côté, la viscosité considérable du sirop cuit à 32°, oblige à passer avant que le liquide soit convenablement concentré, sirop de chico- Ajoutez à du sirop de sucre, le produit de l’infusion et plus Iet Comi ' tard celui de la digestion, faites évaporer à 30° bouillant, passez dans un bain-marie, au fond duquel seront placés, enveloppés dans un nouet en linge, le santal citrin et la cannelle concassés; couvrez le bain-marie, au bout de 12 heures retirez le nouet, et s’il en est besoin filtrez.
Sirop d’érysr D’une part, préparez avec l’eau distillée aromatique et deux mum composé p0-s gon p0ids de sucre, un sirop par solution à vase clos, comme s’il s’agissait de sirop de fleur d’oranger.
D’autre part, préparez pav coçticm, avec le liquide de la eu-
curbite, le sucre et le miel, un sirop que vous clarifierez au blanc d’œuf et concentrerez à 30° bouillant. Àjoutez-y, quand il sera presque entièrement refroidi, le sirop aromatique.
Faites par solution, à vase clos, avec deux fois son poids de sucre et l’eau distillée aromatique, un premier sirop.
Faites avec le résidu de la distillation et le restant du sucre prescrit, un second sirop ; clarifiez au blanc d’œuf, cuisez à 30° bouillant, ajoutez, après refroidissement presque complet, le premier sirop.
D’une part, faites à vase clos, avec le produit distillé et 1 fois 1/2 son poids de sucre concassé ( sa nature alcoolique s’oppose à ce qu’il en dissolve davantage) un sirop •
D’autre part , faites avec le liquide aqueux retiré de la cu~ curbite et le restant du sucre , un autre sirop que vous clarifierez au blanc d’œuf. Concentrez à 31° bouillant , et laissez presque entièrement refroidir. Alors vous ajouterez le premier sirop au second, et vous les mélangerez.
Quelques praticiens se contentent de concentrer suffisamment le sirop par coction, et d’y ajouter le produit distillé. Ce procédé, qui , de même que le précédent , réunit dans le médicament les principes extractifs et les principes volatils des matières premières , tant ceux qui , semblables aux huiles volatiles de la cannelle et de l’écorce d’orange, existaient tout formés dans les matières employées, que ceux qui, semblables aux huiles volatiles de cochléaria, de cresson, de raifort , se sont produits pendant l’opération , réussit également bien.
La préparation de ce sirop donne lieu à trois observations assez curieuses :
La première, c’est que le produit de la distillation quoique trouble , parce que le liquide n’est pas assez alcoolique pour dissoudre complètement les huiles volatiles , n’en fournit pas moins un sirop parfaitement transparent. La présence du sucre facilite la dissolution des huiles volatiles.
La seconde , c’est que le sirop par solution et le sirop par coction, quoique tous deux parfaitement transparents , produisent un mélange légèrement louche. L’alcool du premier Tom. I. 2§
Sirop d'armoise composé.
Sirop aatiscorbutique.
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tend à précipiter les matières amylacées et gommeuses du second.
La troisième, c’est que les huiles volatiles sulfurées fournies par les plantes crucifères, réagissant sur le plomb, que renferme presque toujours l’étain employé à rétamage des alambics ,
Des aitéra’ions du sulfure de plomb qui noircit ces appareils,
des sirops. Les altérations que les sirops sont susceptibles d’éprouver ,
peuvent porter, ou sur le sucre, ou sur le dissolvant, ou sur les principes médicamenteux, tenus en dissolution dans ce dissolvant.
Lorsque l’altération porte sur le sucre, elle a pour résultat, presque inévitable, de produire de l’alcool, qui leur communique une saveur vineuse; de l’acide carbonique, qui leur communique une saveur aigrelette; et, de plus, la propriété d’exercer en tous sens une forte pression à l’intérieur des vases qui les renferment, par suite, de mousser quand on débouche ces vases.
Tous les sirops sont susceptibles d’éprouver ce genre d’altération , parce que tous, sans en excepter le sirop simple, renferment des traces de matières, susceptibles de jouer le rôle de ferment. Mais ils l’éprouvent d'autant plus rapidement, d’autant plus profondément, toutes circonstances égales d’ailleurs, qu’ils contiennent une moindre proportion de sucre, un sucre moins bien raffiné, des principes organiques plus disposés à faire fonction de ferment , et un dissolvant moins conservateur.
Aussi le sirop de sucre fermente-t-il moins aisément que les sirops médicamenteux ; aussi, parmi ceux-ci, les sirops avec le vinaigre et le vin, fermentent-ils moins aisément que ceux avec l’eau , et ceux de gentiane et de quinquina , moins aisément que celui de mou de veau.
Il importe de remarquer, que, dans les sirops acides, la fermentation alcoolique est d'ordinaire accompagnée de la transformation du sucre de canne en sucre de raisin , par suite de la fixation de l’eau ou de ses éléments. Les acides tartrique et citrique produisent principalement cet effet; il n’est pas rare de voir les sirops de groseilles, de limons, de cerises, de framboises, laisser déposer au fond des vases qui les contiennent, des masses blanchâtres mamelonnées , lesquelles, lavées à 2 ou 3