‹ Cours complet de pharmacieChapitre 86 sur 103 · DES ALTERATIONS DES SIROPS · texte numérisé non relu

DES ALTERATIONS DES SIROPS

l’appareil sous forme de globules d’éclat métallique ; solubles daus l’acide azotique, etc., etc. (Orfila.)

On s’exposerait à commettre des erreurs, si l’on se croyait en droit de conclure la présence du mercure, de ce que la lame d’or se serait recouverte de taches blanches disparaissant par la chaleur ; du sirop, ou tout autre liquide qui contiendrait du sel marin ou quelque autre chlorure, produirait des effets semblables. Le chlorure serait décomposé par la pile, de telle sorte que son métal se porterait sur l’or , et le chlore sur l’étain , de là du chlorure d’étain , lequel à son tour décomposé par l’action toujours agissante de la pile , laisserait son métal se porter sur l’or qu’il blanchirait. Mais, alors, la tache quoique disparaissant par la chaleur, parce qu’elle pénétrerait la lame d’or, ne se volatiliserait pas; en outre, elle disparaîtrait dans l’acide chlorhydrique, qui dissout bien l’étain, quoiqu’il ne dissolve pas le mercure.

Quant aux dépôts , après les avoir parfaitement desséchés, od les calcinerait avec du carbonate de potasse pur et sec, dans un long tube fermé par l’une de ses extrémités, effilé par l’autre. La potasse fixerait le chlore, et le mercure mis en liberté, se volatilisant, viendrait se condenser surla partie effilée, en meme temps qu’une petite quantité d’huile empyreumatique provenant de la décomposition ignée des matières organiques. On laverait cette partie du tube avec un peu d’essence de térébenthine, destinée à dissoudre les produits pyrogénés qui masqueraient les globules métalliques, dès lors ceux-ci apparaîtraient avec des caractères extérieurs qui les feraient reconnaître. Pour plus de sûreté, dissous dans l’acide azotique à chaud , ils lui communiqueraient tous les caractères d’une solution mercurielle au maximum. On pourrait aussi les traiter par l’eau régale bouillante. La matière organique serait détruite, et le mercure dissous; en sorte qu’en évaporant presque à siccité, et reprenant par l’eau, le résidu privé de la presque totalité de l’acide en excès, on aurait également une dissolution de bioxyde de mercure.

Le sirop renferme- t-il des matières organiques autres que le sucre? Les altérations qui atteindront ces matières seront sem~

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blablesà celles dont nous aurons à étudier les produits, lorsqu’il s’agira de la conservation des végétaux et des animaux 5 dans ce cas, les altérations dont le médicament serait susceptible sous d’autres rapports, se pourraient compliquer de tous les phénomènes qui accompagnent la fermentation putride.

C’est parce que, toutes circonstances égales d’ailleurs, les altérations y sont d’autant plus rapides et plus profondes, qu’ils renferment des principes organiques en plus grand nombre, du sucre en moindre proportion ;

C’est parce que les matières azotées, susceptibles de jouer le rôle de ferment, sont généralement insolubles;

C’est parce que la présence de l’air , de l’eau et de la chaleur, favorise les réactions de tous genres;

Que, dans la préparation des sirops, il faut s’attacher :

1° A prévenir, autant que possible, la dissolution des principes immédiats organiques, qui ne seraient pas essentiels à leur bonne constitution.

On trouve à les éliminer d’autant plus d’avantages, que les principes actifs, contenant en général un excès d’hydrogène, de carbone ou d’oxygène, sont plus stables que les principes inertes dans lesquels l’hydrogène et l’oxygène sont dans les proportions nécessaires pour former de l’eau, et par cela même plus disposés à des réactions qui résultent, après tout, d’un changement d’équilibre entre les éléments.

2° A débarrasser les véhicules des matières organiques qui n’y seraient qu’en suspension;

3° A faire entrer dans les sirops la proportion de sucre qu'ils doivent contenir, ni plus, ni moins.

Trop peu chargés de sucre, ils fermenteraient aisément; trop chargés, l’excès de sucre se séparerait, et ses cristaux, entraînant avec eux une portion de celui que le liquide eût retenu s’il n’y avait pas eu cristallisation , feraient encore qu’il ne serait pas saturé.

4° A les enfermer dans des bouteilles parfaitement sèches, autrement , la petite quantité d’humidité qui tapisse les parois des bouteilles humides, gagne la surface du sirop , et par suite

DES MËLLITES. 439

décnif ses couches supérieures, beaucoup plus qu’elle ne l’eût fait, si elle se fût mélangée avec la masse tout entière ;

5° A remplir les bouteilles complètement; à les fermer de bons bouchons en liège et à les mastiquer; tout à la fois, pour que l’air ne puisse pénétrer au travers des pores du liège, et pour que l’humidité de l’atmosphère ne puisse déterminer autour des bouchons, la formation de moisissures qui pourraient finir par altérer la saveur du sirop;

6° A conserver les bouteilles dans des lieux secs ci frais.

Si, malgré ces précautions, les sirops venaient à fermenter, les auteurs recommandent de les étendre d’une petite quantité d’eau, de les porter sur le feu , afin de dissiper tout l’alcool, tout l’acide carbonique qui s’y seraient développés, et de les y maintenir jusqu’à ce qu’ils soient ramenés à leur état primitif de concentration.

On ne peut évidemment appliquer ce mode de traitement aux sirops avec îcs vins, les eaux distillées, et les sucs acides. Quant aux autres, si l’ébullition replace dans son premier état le sirop de sucre, dans lequel la fermentation n’a produit que de l’alcool, de l’acide carbonique, n’a détruit que du sucre, il en est autrement des sirops médicamenteux.

Pour ceux-ci donc, le mieux serait de les rejeter, dès qu’ils auraient manifesté quelques symptômes d’altération.

Des AKellites.

Les melîites sont des espèces de sirops dans lesquels le miel remplace le sucre. On les peut donc définir, des médicaments liquides, formés de véhicules amenés au moyen du miel, en consistance telle, qu’ils coulent lentement.

En réservant pour les autres le nom générique de melîites, on désigne sous celui d’oxv melîites (de o'goî, vinaigre), ceux d’entre eux qui ont pour véhicule le vinaigre, ou un vinaigre médicamenteux.

L’eau conmune, des infusés de roses de Provins, de scille, de colchique; les sucs dépurés de mercuriale, de bourrache et de buglosse ; le vinaigre blanc de bonne qualité, et suffisament ri-

Des matières employées à leur

préparation.

De leur

Du mellite simple.

che en acide réel, pour qu’il détruise 10 pour cent de carbonate de potasse sec ; le vinaigre ou le vin chargés par macération de principes médicamenteux, y servent habituellement de dissolvants au miel.

Quant à celui-ci, il doit être choisi exempt de cire, qui gênerait sa clarification ; peu coloré, peu grenu, afin que les mellites soient moins colorés, moins disposés à candir. De là, vient que l’on préfère au miel de Narbonne le miel du Gâtinais. Il faut surtout qu’il ne renferme aucune matière étrangère, notamment pas d’amidon, pas de sirop de fécule.

On y renconnaîtrait :

L’amidon, en traitant le miel par une petite quantité d’eau froide, qui ne dissoudrait pas la fécule amylacée, ou bien encore, en le triturant avec quelques gouttes de teinture d’iode, qui colorerait en bleu le mélange.

Le sirop de fécule, soit encore au moyen de la teinture d’iode,* car il est rare que toute la matière amylacée ait été dénaturée assez profondément, pour avoir perdu la faculté de bleuir au contact de l’iode ; soit au moyen de l’alcool faible, qui dissout le miel pur, et laisse pour résidu une matière gommo-amylacée, au cas où il contient du sirop de fécule; soit enfin, au moyen des sels solubles de baryte ou de l’oxalate d’ammoniaque; car la saturation par la craie, de l’evcès d’acide sulfurique employé en fabrique, à la conversion de l’amidon en sucre de raisin, introduit dans les liqueurs du sulfate de chaux, qui, plus tard cristallise avec le sucre lui-même.

Le Codex prépare :

Le mellite simple ou sirop de miel, en faisant dissoudre à chaud 3 parties de miel, dans 1 partie d’eau commune, donnant quelques bouillons, écumant, et passant au blanchet.

Le miel de bonne qualité se clarifie seul par l’ébullition, ce que ne fait pas le sucre; et, tandis que 2 parties de celui-ci saturent à froid 1 partie d’eau , lui communiquent assez de densité pour que, bouillante, elle marque 30° à l’aréomètre de Baumé, on n’obtient les mêmes résultats qu’avec 3 parties de miel.

A défaut de miel blanc, les miels colorés seraient blanchis en ajoutant à leur soluté 60 gr, environ de poudre de charbon

DES MELLITES.

Uï

animal préalablement lavé, par chaque kilogramme de miel , plus, un blanc d'œuf battu dans l’eau j donnant un ou deux bouillons, enlevant les écumes et passant au travers d’une chausse en laine.

Les miels contenant de la cire , seraient clarifiés en délayant dans le soluté d’un kil. de miel 12 gr. de craie, destinée à former avec elle un composé insoluble et infusible j faisant bouillir 2à 3 minutes, ajoutant 1/2 blanc d’œuf, laissant bouillir en core quelques instants, versant dans un vase, laissant déposer, décantant le liquide clair et le concentrant à 30° bouillant. (Thierry.)

Le Codex encore, prépare :

Le mellite de roses ou miel rosat ,

— • de scille — scillitique, — de colchique— colchique,

de mercuriale — mercurial,

Îavec les infusés de pétales secs de roses de Provins, de bulbes sèches de scille et de colchique, passés avec expression, puis dépurés par le repos.

!avec le suc non dépuré de la mercuriale annuelle, à l’exclusion de celui , beaucoup plus purgatif, de la mercuriale vivace.

— de mercuriale composé ou sirop de longue vie,

L’oxy mellite simple ,

— de scille,

— de colchique ,

Iavec le macéré dans le vin blanc, de la racine fraîche d’iris commun , de la racine sèche de gentiane et les sucs dépurés de mercuriale, de bourrache et de buglosse.

| avec le vinaigre blanc.

i avec les vinaigres colchique et sciliij tique.

Préparation des médités médicamenteux.

On dissout dans ces différents véhicules, des proportions déterminées de miel, l’on rapproche à 31° bouillant et l’on passe an blanchet.

Au cas où l’on n’aurait pas à sa disposition du miel de première qualité, on lui pourrait substituer le sirop de miel, de même qu’on substitue souvent au sucre, pour les sirops médicamenteux, le sirop simple. Plusieurs pharmacoîogisies emploient, au lieu de sucs dépurés, des sucs non dépurés, afin de faire servir leur albumine végétale à la clarification, comme dans la préparation des sirops correspondants. D’un autre côté, MM. Boullay et de Mazy, dans le but de prévenir l’altération, que le vinaigre, le miel, et les principes actifs de la scille et du colchique, peuvent éprouver sous l’influence d’une ébullition

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prolongée, proposent d’augmenter assez la proportion de miel , dans les molli tes scillitique et colchique, pour que l’évaporation ne soit plus nécessaire. Si cette modification, tout à fait rationnelle, était adoptée, il faudrait substituer aux vinaigres colchique ou scillitique, préparés suivant les anciennes formules des macérés plus chargés , sans quoi, la proportion des principes actifs qu’y concentre l’évaporation, y diminuerait.

Des altérations Les mellites proprement dits, sont susceptibles d'éprouver des mellites. [0Utes les altérations qu’éprouvent les sirops correspondants. Les

oxymellites à leur tour peuvent éprouver les altérations dont les sirops ayant le vinaigre pour véhicule, sont susceptibles- sauf celle qui consiste dans la transformation du sucre de canne en sucre de raisin ; en effet, des deux principes sucrés qui composent le miel, l’un ne diffère en rien du sucre de raisin - l’autre est un sucre incristallisable, sans doute isomère avec le précédent, ne leur La conservation de ces médicaments exige toutes les précanconservation. (j0DS indiquées au sujet des sirops. Elle les exige même plus

impérieusement encore, attendu que le miel est plus disposé à fermenter que ne l’est le sucre.

il sera bon de remarquer que tous les mellites participent plus ou moins des propriétés laxatives du miel.

g Appendice aux mellites. — Miel escharotique ou onguent

ægyptiac.

La plupart des pharmacoîogistes, placent à la suite des mellites ou plutôt des oxymellites, pour le motif que l’on fait servir à sa préparation du miel et du vinaigre, un médicament tout particulier, qui diffère des véritables oxymellites : et par sa consistance 1/2 solide, et par la présence de matières minérales, les unes dissoutes, les autres simplement suspendues, et par ses usages, employé qu’il est exclusivement à l’extérieur comme * détersif.

Ce médicament est le miel escharotique, plus vulgairement appelé onguent ægyptiac. Pour le préparer, on prend : miel blanc, 440 gr.j vinaigre fort, 220 gr.; verdet en poudre, 160 gr.j on mélange ces substances dans une bassine en cuivre non étaraée, de grande capacité $ l’on chauffe en remuant continuellement,

de l’onguent ægyptiac. 4*4-3

jusqu’à ce que la niasse ait acquis une couleur rouge briquetée, une consistance de mie! , et l’on coule dans un pot.

L’acéîate neutre et le sous-acétate de cuivre que contient le verdet, le miel, se dissolvent tout d’abord dans le vinaigre , et produisent une liqueur à peu près limpide et d’un beau vert; mais, bientôt, les éléments combustibles du miel réagissent sur l’oxyde, et de là, de l’acide carbonique, de l’eau; en même temps que l’acide, sous l’influence prolongée de la chaleur, convertit partiellement le miel en acide ulmique. (Malagutti.)

Le gaz carbonique, de l’eau à l’état de vapeurs, de l’acide acétique, se dégagent en produisant une boursouflure considérable. Le cuivre ramené à l’état métallique, peut être une portion indécomposée d’acétate de cuivre, l’acide ulmique formé, restent dans le mélange; celui-ci suspendu, ceux-là dissous. Aussi, vient-on à abandonner ce mcîlite au repos, on le voit se partager , en un liquide épais que colore en noir l’acide ulmique, une portion de miel ramenée à l’état de caramel, et en une matière pulvérulante, rougeâtre, qui en gagne le fond, et n’est autre que du cuivre métallique très divisé.

Avant de s’en servir, on l’agite pour rétablir l’homogénéité du mélange.

De leur

Conserves de cochléaria, cresson, etc.

XXVIIe LEÇON.

33>es Cotiafrucâ, ©clccs, jpâtfs, Saccljûnu'câ , ®ieo-

saciljorureg.

Des Conserves.

Les conserves sont des médicaments de consistance variable, les uns mous, les autres solides, résultant de l’association du sucre avec des matières médicamenteuses essentiellement altérables (principalement des pulpes, des tiges fraîches de plantes herbacées) qu’il sert à conserver.

On voit, d’après cette définition, qu’à l’encontre des pharmacoîogistes, qui rangent parmi les conserves, les mélanges de poudres d’aunée ou de roses rouges, avec le sucre et les eaux distillées de ces substances aromatiques, nous assimilons ces médicaments et leurs analogues aux électuaires. Les poudres d’aunée et de roses, prises isolément, sont en effet moins altérables, qu’elles ne le deviennent après leur mélange avec le sucre et l’eau.

Les conserves se préparent par trois procédés , dont deux spécialement applicables à celles dans la composition desquelles entrent des pulpes, sont, à vrai dire, de simples modifications l’un de l’autre.

Ajoutons, que les pulpes que l’on destine à cet usage sont obtenues en broyant, avec les matières premières, une portion du sucre qui doit faire partie de la conserve, afin de faciliter l’opération.

Les conserves de cochléaria, de cresson et leurs analogues, que Tintervention de la chaleur pourrait altérer, se prépareront :

En triturant îa pulpe avec la portion de sucre en poudre

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