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DES SINAPISMES

le sinapisme chaud, ou de l’additionner de vinaigre, il faudrait, avant l’addition de l’eau bouillante ou celle de l’acide, faire macérer la farine de moutarde , dans une petite quantité d’eau froide, durant 15 à 20 minutes.

Au moyen de cette précaution, l’addition ultérieure de l’eau bouillante ou du vinaigre serait sans inconvénient, parce que l’huile volatile, une fois produite, n’est en rien altérée soit par le vinaigre, soit par l’eau bouillante.

Il ne faudrait pas substituer à la farine de moutarde noire la farine de moutarde blanche; car, outre que celle-ci renferme moitié plus d’huile fixe inerte (30 p. 0/0), ce qui tend déjà à diminuer son action, elle ne renferme pas de myronate de potasse.

Ce sel y est remplacé, par la sinapisine de MM. Ossian Henry, et Garot; laquelle, sous l’influence aussi de l’eau et d’une matière albumineuse, identique à la myrosine de la moutarde noire, produit, au lieu d’huile volatile, une matière âcre, fixe, toute différente , et beaucoup moins active.

La préexistence admise par quelques chimistes, dans la semence de moutarde noire, d’une certaine quantité de sinapisine, amène, à n’en pas douter, de sa part, dans la préparation des sinapismes, la production d’un peu de matière âcre; mais le rôle de cette madère âcre est tout à fait secondaire , comparé à celui de l’huile volatile. (Bussy, Fauré, Guibourt, Fremy, Hesse.)

Il ne faudrait pas non plus, sans indication spéciale, remplacer la farine provenant de la division pure et simple des semences, par celle que la pression aurait privée d’huile fixe, suivant le conseil qu’en a depuis longtemps donné M. Robinet.

En effet, la farine privée d’huile fixe, renferme, sous un même poids, une plus forte proportion de principes actifs; partant, elle communiquerait au sinapisme une activité plus grande que celle sur laquelle on compterait; or, cette activité est déjà telle, que parfois il est nécessaire de la mitiger par l’addition d’une certaine quantité de farine de lin.

La moindre activité que l’on observe dans la farine provenant de semences de moutarde encore imprégnées d’eau de végétation.

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comparée à celle que fournissent des semences parfaitement dessécbées ; la perte d’activité que l’on observe également dans lés farines de moutarde conservées dans des lieux humides, s’expliquent aisément, en considérant que, dans ces deux conditions, il se produit de l’huile volatile qui se dissipe au fur et à mesure de sa production.

D’un autre côté, on conçoit aisément qu’une farine de moutarde placée dans un lieu trop échauffé, ou longtemps exposée à l’action directe du soleil, puisse devenir impropre à la préparation des sinapismes. La chaleur agit sur la myrosine comme sur le ferment, elle les prive du pouvoir de favoriser , celle-là les évolutions des éléments de l’acide myronique, celui-ci les évolutions des éléments du sucre.

XXIXe LEÇON.

pluies et lies flols, lies €onfections , îles Cleeluaires

et îles €>pittts .

Hes Püsiles et des Bols.

Pour rendre plus facile l’emploi à l’intérieur des matières médicamenteuses pulvérulentes, de celles surtout dont la saveur ou l’odeur déplaisent au plus grand nombre, ou que toute autre considération prescrit de laisser peu de temps en contact avec les parois intérieures de la bouche, l’idée s’est naturellement présentée, de les associera quelque substance liquide ou molle, susceptible de lier leurs particules, et de donner au mélange une

forme et une consistance telles, qu’il fût possible de l’avaler sans qu’il se dissociât dans la bouche.

De là, des médicaments de consistance de pâte ferme, de volume variable quoique toujours peu considérable, de forme plus ou moins sphérique, que l’on désigne sous les noms de pilules., de bols, dérivés du mot latin pilula et du mot grec Go A o<, qui tous les deux signifient petite boule ou balle.

Les pilules, dont les bols ne diffèrent véritablement qu’en ce que leur volume est plus considérable, ce qui leur fait quelquefois donner une forme plutôt ovoïde que sphérique, afin que les malades les puissent plus aisément avaler, étaient en effet dans l’origine, exclusivement composées de particules médicamenteuses pulvérulentes, unies, cimentées par des matières inertes, liquides ou molles ; mais l’usage s’étant peu à peu introduit, de donner une forme analogue à des matières médicamenteuses molles, susceptibles par elles-mêmes de la prendre et de la conserver, et aussi à des liquides médicamenteux, à la faveur de poudres inertes; il en est résulté, que le nom de pilule ou de bol ne peut guère aujourd’hui désigner autre chose, qu’un médicament sous forme de petite boule. En général, on donne le nom de bols à ceux de ces médicaments dont le poids excède 6 grains,

(0gr325) celui de pilule à ceux dont le poids est inférieur.

Voyons quelles matières premières peuvent faire partie des pilules ; quels moyens permettent de leur donner la forme obligée, alors qu’elles ne peuvent la prendre par elles-mêmes; quelles réactions peut déterminer le contact des corps mis en présence.

Tl n’est, pour ainsi dire, aucune matière médicamenteuse Des matières

u u , * 5 employées a la

qu’on ne puisse faire servir à la préparation des pilules. Les ma- préparation^ tièresmolles et consistantes, en raison de leur mollesse et de leur des bols, consistance; les matières pulvérulentes, à l’aide de matières molles ou liquides qui les cimentent; les matières liquides, à

l’aide de solides qui les absorbent.

Mais toutes les matières molles ne présentent pas une consistance telle, qu’elles puissent sans operation préalable, prendre

et conserver la forme sphérique.

La plupart des résines sont trop consistantes; les térébenthi-

nés ne le sont pas assez : d’un autre côté, les particules pulvérulentes ne peuvent être également bien agglomérées par tous les liquides, par toutes les matières molles.

C’est ainsi que des particules de fécule ne pourraient être cimentées par des huiles fixes, des particules de résine par de l’eau, qui ne les mouilleraient pas ; et si un mucilage de gomme adragante lie très bien des particules féculentes, il a le grand inconvénient de fournir des pilules tellement dures, après leur dessiccation, que leur disgrégation dans l’estomac est extrêmement lente, et pourrait, par leur long séjour sur un point déterminé de la membrane muqueuse, occasionner des accidents.

Enfin, toutes les matières solides ne sont pas également propres à la solidification des liquides, à l’augmentation de consistance des subtances molles.

Le baume de copahu, par exemple, exige pour sa solidification une proportion considérable de sang-dragon ou de cubèbes, et comparativement, peu de magnésie ou de carbonate magnée sique.

ïî faut donc tout d’abord chercher à déterminer, d’une part, quels sont les meilleurs moyens d’augmenter ou de diminuer la consistance des matières médicamenteuses trop consistantes ou trop molles, pour qu’on en prépare immédiatement des pilules ; d’autre part, quels intermédiaires permettent le mieux de cimenter les poudres, d’absorber les liquides.

Les matières médicamenteuses très molles comme les électuaires, les extraits, les pulpes, etc., etc,, sont généralement amenées en consistance convenable par l’addition de poudres.

Dans les pilules de Méglin, notamment, les extraits mous de valériane et de jusquiame noire, sontassociés à de l’oxyde de zinc.

Le baume de copahu et la térébenthine, sont d’ordinaire solidifiés, au moyen d’un poids égal au leur de carbonate de magnésie- il semble alors se produire entre l’oxyde et les principes résineux, une combinaison dont le propre est d’absorber plus d’huile essentielle, que ne le font séparément ses composants. Les térébenthines de Strasbourg et de Venise exigent, pour être amenées au même état de solidité, une plus forte proportion de carbonate que la térébenthine de Bordeaux; ce que Ton a peu-

des pilules et des bols. 477

dant longtemps attribué à ce qu’elles contiennent plus d’huile essentielle, mais à tort, car si la térébenthine de Strasbourg en contient en effet plus, latérébenthinede Yenise en contient moins. (Guibourt.)

Les différentes sortes de copahu exigent également, parfois, des proportions variables de carbonate de magnésie ou de magnésie caustique ; il en est même quelques-unes qu’on ne peut amener en consistance pilulaire, qu’en leur ajoutant à la fois de la magnésie et de la térébenthine de Bordeaux.

Dans quelques circonstances, la térébenthine est solidifiée en la faisant bouillir avec de l’eau, jusqu’à ce que, la versant dans l’eau froide, elle s’y prenne en masse solide, adhérant peu aux doigts. On la malaxe ensuite en tous sens, afin de rendre la masse homogène, et d’en expulser toute l’eau interposée. Dans cette opération , la matière térébenthineuse change de nature, elle perd la majeure partie de son huile volatile, laisse l’autre s’oxygéner, et se charge de l’acide particulier, nommé colophonique par Unverdorben, Cet acide parait être le résultat de l’altération par la chaleur et par l’air, des principes résinoïdes.

Les matières médicamenteuses molles, et cependant trop consistantes encore pour qu’on en puisse immédiatement former des pilules, sont ramollies tantôt à l’aide de la chaleur, tantôt à l’aide d’un liquide qui, en s’y combinant, en diminue la consistance.

Dans ce but, les résines et les gommes-résines sont d’ordi naire battues dans des mortiers en fonte, préalablement échauffés par le séjour de l’eau bouillante, puis parfaitement essuyés; d’autres fois, plongées pendant quelques instants dans l’eau chaude; d’autres fois encore, imprégnées d’huile volatile ou d’alcool qui s’y associent parfaitement.

Les extraits secs et ceux très rapprochés , sont triturés dans un mortier avec quelque peu d’eau, de sirop, de mellite ou d’oximellite.

A leur tour, les matières liquides sont solidifiées au moyen de matières pulvérulentes très diverses, en observant que, toutes circonstances égales d’ailleurs, celles-ci produiront d’autant mieux la solidification des liquides, et par suite l’augmentation

De la

térébenthine

cuite.

Leur

préparation.

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de consistance des corps demi-solides , demi-liquides, qu’elles absorberont, sous un même poids, une plus grande quantité de liquide.

Sous ce rapport, les poudres minérales sont de beaucoup in-» férieures aux poudres végétales , puisque celles-ci absorbent comparativement beaucoup plus de liquide, et par suite augmentent infiniment moins, en pure perte pour les propriétés du médicament, la masse pilulaire.

Les poudres de réglisse et de guimauve sont le plus fréquemment employées.

Enfin, relativement à l’agglomération des particules pulvérulentes on observera, que les liquides ne peuvent utilement servir à cet usage, qu'a niant qu’ils sont visqueux ou produisent, en s’unissant aux particules solides, un composé visqueux.

Les sirops déterminent l’accolement des particules pulvérulentes de la cannelle, de la valériane et de leurs analogues, en raison de leur propre viscosité.

Les huiles volatiles très fluides, l’alcool, déterminent l’accolement des poudres résineuses, les premières en reconstituant avec elles une sorte de térébenthine, l’alcool en dissolvant une portion de résine, et produisant par suite une dissolution visqueuse.

Les huiles fixes réunissent les particules savonneuses, tout à la fois en les ramollissant et en formant à leur surface un enduit visqueux.

Si donc, les formulaires n’avaient pas prescrit d’avance l’emploi de tel ou tel excipient spécial, celui

Du vinaigre , pour les pilules de Bontius ,

Du baume de soufre anisé , — de Morton ,

De l’oximel scillitique, — descille,

Du sirop d’opium , — de cynoglosse,

— d’absinthe, — antécibum,

De l’oxyde de zinc, — de Méglin,

on devrait, dans la préparation des masses pilulaires, se diriger d’après ces indications.

Souvent leur préparation se fait dans des mortiers en fonte, qui permettent de battre fortement le mélange, sans pouvoir se briser ; cependant, les mortiers en marbre sont les plus propres

à la confection des pilules composées de substances d’une mixtion facile, telles que celles qui résultent de l’association d’une poudre avec une conserve, un extrait mou, etc.;

Les mortiers en porcelaine ou en verre, sont à leur tour employés de préférence à la confection de celles qui renferment des chlorures de mercure, susceptibles de réagir profondément sur les mortiers en métal, et d’imprégner les pilons en bois de substances vénéneuses qu’on n’en pourrait enlever.

On opère le mélange sur des tablettes en verre, eu marbre, et à l’aide de couteaux en fer, en argent, en ivoire, etc., quand, la masse étant peu considérable, on risquerait d’en laisser la majeure partie adhérante aux parois du mortier ou du pilon.

De quelque manière qu’elle ait été obtenue, quand la masse de consistance de pâte ferme, à peine adhérante aux doigts, présente une coupe bien homogène, ne laisse apercevoir dans son intérieur, ni stries, ni grumeaux, ni teintes sans uniformité; ou bien l’on en forme des magdaléons que l’on enveloppe de parchemin huilé, destiné à prévenir sa dessiccation, ou mieux, on la tasse dans un pot en faïence, pour, plus tard, la diviser en pilules, après l’avoir au besoin ramollie en la battant avec une petite quantité de liquide approprié, ou bien encore on en forme immédiatement des pilules.

Cette opération s’exécute à l’aide d’un instrument particulier nommé pilulier, essentiellement composé :

lo D’une tablette A, plane dans toute la partie B B B, présentant une série de cannelures en fonte vers la partie P P, creusée dans celle CC;

2° D’une règle B cannelée en dessus, plane en dessous.

Après avoir étendu sur la tablette une petite quantité de poudre destinée à prévenir l’adhérence de la masse pilulaire, et frotté de la même poudre la partie plane de la règle, on roule entre ces deux surfaces la masse pilulaire, de manière à lui donner la forme d’un cylindre, de diamètre parfaitement égal dans toute son étendue, et dont la longueur correspond

à un nombre déterminé de divisions de la règle ou de la tablette ^ on porte ce cylindre sur la partie cannelée dupilulier., et alors, en la comprimant légèrement entre celle-ci, et la paroi correspondante de la règle que l’on fait glisser à sa surface, en lui imprimant un mouvement d’avant en arrière, et d’arrière en avant, jusqu’à ce que les cannelures formant par leur réunion un cylindre complet, se trouvent en rapport; on la partage en pilules de grosseur égale, et d’un diamètre répondant à celui des cylindres.

Si les pilules devaient être plus grosses, que ne peut les faire la juxtaposition des deux moitiés de cylindre, on se contenterait d’indiquer sur la masse pilulaire formée en rouleau, au moyen de la règle B, des divisions égales; on achèverait de la diviser à l’aide d’un couteau ; puis enfin, on les formerait en pilules, en roulant chaque petite masse entre le pouce et l’index.

Dans l’un et dans l’autre cas, les pilules devront être roulées dans une poudre inerte, destinée à les empêcher d’adhérer les unes aux autres, ou recouvertes d’une mince feuille d’or ou d’argent, en leur imprimant un mouvement de rotation parfois interrompu par un mouvement en sens contraire, dans une sphère creuse à deux compartiments, contenant une certaine quantité de feuilles d’or ou d’argent battu.

Les poudres de réglisse, de guimauve, et de préférence encore le lycopode, plus ténu, moins avide d’eau, partant moins capable de produire la dessiccation, serviront au premier de ces usages. Quant aux feuilles d’or et d’argent qui, non-seulement, préviennent l’adhérence, mais encore masquent parfaitement l’odeur et la saveur désagréables du médicament, elles ne peuvent s’appliquer sur des pilules contenant des sels mercuriels ou descomposés sulfureux qui réagiraient sur le métal. En outre, elles demandent que les pilules soient d’une bonne consistance : trop molles, elles prendraient trop de métal et resteraient ternes; trop dures, elles refuseraient de s’en recouvrir.

On masque plus sûrement encore leur odeur ou leur saveur désagréables, soit en les recouvrant d’une couche de sucre et d’amidon à l’instar des dragées, soit en les enveloppant d’une feuille de pain azyme légèrement humecté et les faisant sécher.

soit en les introduisant dans des capsules de gélatine, soit au moyen de l’ingénieux procédé de M. Garot. Il les pique à l’extrémité de longues aiguilles, les trempe dans un soluté préparé avec 30 grammes de gélatine pure et autant d’eau, leur imprime un mouvement de rotation qui recouvre la totalité de leur surface d‘une couche de ce soluté, fiche Taiguille et la pilule qu’elle supporte dans une pelote ou dans une pâte 5 quand l’enduit est sec, approche horizontalement de la flamme d’une bougie, l’extrémité à laquelle est piquée la pilule, nuis saisissant celle-ci entre les doigts, il retire l’aiguille, aussitôt que sa partie échauffée a suffisamment ramolli la portion de gélatine la plus voisine, pour qu’elle puisse lermer la petite ouverture qu’y laisse l’aiguille, après son départ. Au besoin on recouvrirait les pilules d’une deuxième couche de gélatine, en répétant l’opération.

La préparation des pilules ne donne lieu, en général, qu’à des mélanges ; c’est notamment le cas de la préparation :

Des pilules écossaises,

— bénites de Fuller ,

— antéciburn ,

— de Morton ,

— de cynoglosse ;

parfois cependant, elle donne lieu à de véritables réactions.

Quand, par exemple, pour obtenir les pilules toniques de Bâcher, on prépare avec la racine d’ellébore noir, le carbonate de potasse, l’alcool à 18°, et le vin blanc, un soluté que l’on réduit par l’évaporation en consistance d’extrait ; en même temps que le sel à base d’ammoniaque naturellement contenu dans la racine d’ellébore, est décomposé par le carbonate de potasse, une autre partie de celui-ci, réagit sur les acides mafique et acétique libres, sur le bitartrate du vin; de telle sorte, que les produits de ces réactions se retrouvent dans les pilules. L’excès de carbonate de potasse indécomposé, l’acétate de potasse formé, deviennent même la cause de la tendance prononcée, que possède le médicament, à s’emparer de i’humidité de l’air.

Par exemple encore, lorsque l’on prépare ies pilules angéliques, en faisant dissoudre l’aloës succotrin dans les sucs de rose pâle, de chicorée et de bourrache, ajoutant à la solution

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évaporée en consistance d’extrait, les poudres de rhubarbe et d’agaric 5 très probablement, les sucs réagissent les uns sur les autres et aussi sur i’aloës; car il est d’observation, que les propriétés médicales de celui-ci se trou vent alors sensiblement modifiées :

Dans les pilules chaîybées avec le fer porphyrisé, l’aloës succotrin, la cannelle, et le sirop d’armoise 3

Dans les pilules martiales avec le fer porphyriséf et l’extrait d’absinthe, le fer s’oxyde aux dépens de l’air et de Peau; et de ce que l’oxyde formé absorbe plus d’eau que n’en absorbait le fer métallique qu’il remplace, résulte l’augmentation de solidité du mélange;

Dans les pilules emménagogues du docteur Lugoî, avec le proto-iodure de fer, l’amidon et le sirop de gomme, une portion de Piode finit par être mise en liberté, sous l’influence de l’oxygène de Pair ;

Suivant M. Guibourt, dans les pilules majeures d’Hoffmann, composées d’eau distillée, de mie de pain et de deutochlorure de mercure, le gluten de la mie de pain ferait peu à peu passer le deutochlorure à l’état de protochlorure , ou peut-être s’y combinerait sans décomposition, ainsi que le fait l’albumine, pour former avec lui un composé insoluble.

M. Pagenstecbne, au contraire, met la mie de pain au nombre des substances organiques qui ne décomposent pas le deulochlorure, et ne se combinent pas avec lui.

Les pilules altérantes de Plumer, donnent nécessairement lieu à la double décomposition de protochlorure de mercure et de soufre doré d’antimoine, signalée précédemment, au sujet de la poudre de même nom.

Les pilules que MM. Henri et Guibourt ont prescrit de préparer avec :

Protosulfate de fer cristallisé et pur, c’est-à-dire,

exempt de cuivre et d’arsenic 16 grammes.

Bicarbonate de potasse cristallisé. ........ 16

Gomme arabique. . . .

Racine de guimauve. .

j en poudre J \

renferment au début du sulfate de potasse et du carbonate double de potasse et de protoxyde de fer, provenant de la mutuelle dé-

composition des sels; mais bientôt, Pair fait passer le protoxyde de fer à l’état de peroxyde, en sorte que le produit de leur traitement par l’eau, qui d’abord précipitait en blanc par l’addition d’une quantité d’acide chlorhydrique seulement capable de neutraliser l’alcali, plus tard précipite en rouge, ou pour mieux dire, donne avec tous les réactifs, des indices de l’existence d’un sel de fer au maximum d’oxydation.

La préparation de ces pilules, donne lieu à d’assez curieux phénomènes. Au moment où Pou triture le sulfate de fer et le bicarbonate alcalin, le mélange se liquéfie : le sulfate de potasse formé, retenant moisis d’eau de cristallisation que n’en renfermait le sulfate de fer, et par suite, une portion de celle primitivement contenue dans ce dernier sel , se trouvant mise en liberté; mais bientôt le contraire a lieu , le mélange acquiert une grande consistance ; c’est qu’alors le carbonate de fer formé, agit comme poudre absorbante, s’hydrate et solidifie de Peau. Ajoute-t-on la gomme ; de nouveau il y a liquéfaction : la gomme très avide d’eau, l’enlève à P hydrate pour produire un mucilage plus ou moins liquide ; enfin, l’addition de la poudre de guimauve amène à son tour la solidification, parce qu’elle agit purement et simplement, à la manière des absorbants.

Toutes les pilules qui renferment de l’oxyde de fer ou un sel de fer au minimum d’oxydation, éprouvent de la part de Pair, une altération semblable à celle qui vient d’être signalée; aussi, s’est-on occupé de trouver un procédé capable, sinon de la prévenir indéfiniment, du moins de la retarder beaucoup. Un des meilleurs est sans contredit le procédé suivant, dû à M. Vallet,

Il dissout à chaud, dans de Peau chargée de sucre et préalablement bouillie, d’une part, du carbonate de soude pur, d’autre part, du protosulfate de fer ; il mélange les deux dissolutions dans un flacon à l’émeri, de capacité telle, qu’elles le remplissent presque entièrement ; laisse déposer, décante; lave le précipité de protocarbonatc de fer, dans le flacon même avec de l’eau tiède bouillie et sucrée, jusqu’à ce que les eaux de lavage cessent de faire effervescence avec les acides et d indiquer la présence du fer; jette le magma sur un linge à l’avance imprégné de sirop de sucre; exprime rapidement et fortement; introduit

Pilules de Vallet.

De leur conservation.

îa masse encore humide dans une capsule; i’y délaie avec une quantité déterminée de miel fondu sans eau et passé ; et, par une évaporation aussi rapide que possible, au bain-marie, amène le mélange en consistance pilulaire.

La présence du sucreet du miel, les précautions prises pour soustraire le protoxyde à l’action de l’air, tant qu’il est hydraté et très divisé, empêchent la suroxydation.

Ne terminons pas ce qui concerne les changements de composition et d état, dont les pilules sont susceptibles, sans faire ob server, qu’une étude plus approfondie que celle que l’on en a faite jusqu’ici, permettrait sans doute d’apercevoir des signes certains de réactions, qu’il était à peu près impossible de prévoir.

Nous en trouvons la preuve dans ces curieuses observations deM. Flanche.

Un mélange de sagapenum et de résine animée ne tarde pas à présenter une consistance demi-liquide ;

Un semblable mélange :

De sang de dragon , D’assaJœtida ,

— résine de gaiac, De galDanum;

acquiert une consistance pilulaire;

L’assa fœtida, La résine animée ,

Le galbanum , Le baume de Tolu,

-- sagapenum, — mastic,

masquent entièrement l’odeur du camphre ;

Tandis que :

La gomme gutte , La résine de jalap ,

L’euphorbe, — scammonée,

Le bdellium, — sandaraque,

F exaltent singulièrement.

Les pilules de térébenthine cuite et leurs analogues, formées de térébenthine ou de copahu, solidifiés au moyen de la magnésie caustique ou carbonatée, se conservent au milieu de l’eau froide destinée à les empêcher de s’accoler. Les autres , se conservent entourées des poudres dans lesquelles on les a roulées pour les arrondir, ou bien encore, argentées. ïl vaudrait infiniment mieux conserver en magdaîéons, dans des vases en faïence

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