‹ Cours complet de pharmacieChapitre 99 sur 103 · DES ÉLECTUAIRES , DES CONFECTIONS ET DES OPIATS · texte numérisé non relu

DES ÉLECTUAIRES , DES CONFECTIONS ET DES OPIATS

ou en porcelaine garnis de leurs couvercles, et dans des lieux secs et frais, afin qu’elles ne puissent ni s’humecter ni se dessécher, les masses pilulaires elles-mêmes, pour ne les diviser qu’au fur et à mesure du besoin.

Des Electuaires , des Confections et des Opiats.

On donne le nom d’électuaire, de confection, ou d’opiat, à des médicaments de consistance de pâte molle, essentiellement formés de poudres, que lient du miel, du sirop, ou tout ensemble du miel et du sirop, parfois même du sucre et de l’eau, ou quelque autre liquide également capable de s’y associer. On y fait entrer, mais en quelque sorte secondairement, des pulpes, des extraits, des sels, etc., etc.

Les dénominations d’électuaire, de confection, dérivées des mots latins eligere choisir, conficcre confectionner, témoigneraient du soin que leurs auteurs apportaient au choix des matières employées à leur préparation, ainsi qu’à l’exécution fidèle des formules j alors même que les épithètes pompeuses dont ils se plaisaient à les décorer, celles de bénit, de céleste, de sublime, de catholicum (xaÇoAom, universel), d’hierapicra (Ispos, saint et p<h, amer), de triphera (Tpu<pspoç, délicieux), de prœstantius (parfait, excellent), de thériaque (e^/cv, bête venimeuse), parce qu’elle passait pour un remède souverain contre les morsures de serpents), ne prouveraient pas surabondamment, l’extrême importance dont ils étaient !à leurs yeux.

Ils réservaient le nom d’opiat, pour les mélanges qui contenaient de l’opium.

Les auteurs du Codex de 1818, employant les mots confection, électuaire, comme substantifs, et le mot opiat comme adjectif, nommaient simplement électuaire ou confection, les médicaments de ce groupe qui ne contenaient pas d’opium, électuaire opiat, ou confection opiate, ceux, au contraire, qui en contenaient.

Ils disaient : Electuaire opiat. .

Confection opiate.

| diascordium.

Mais les dénominations d’électuaire, de confection, d’opiat.

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ont été si fréquemment appliquées sans règles précises, et presque comme synonymes les unes des autres, témoin :

L’opiat mésentérique, exempt d’opium ;

La confection japonaise et l’élecluaire diascordium, dont l’opium est un des ingrédients; que le mieux est, ce me semble, de conserver à chacun de ces médicaments, la désignation consacrée par un long usage, et de faire abstraction des conséquences que l’on en pourrait tirer, relativement à sa composition.

Des matières employées à leur

préparation.

Il en est de très simples :

L’électuairc d’année, par exemple, ne renferme autre chose que :

De îa poudre de racine d'aunée ,

Du sucre ,

Et de l’eau distillée d’aunée ;

Celui de roses, que :

De la poudre de pétales de roses rouges ,

Du sucre ,

Et de l’eau distillée de roses;

mais le plus grand nombre offre une composition singulièrement complexe. Il n’est, pour ainsi dire, en effet, aucune des matières médicamenteuses connues aux époques où leurs formules furent imaginées, que leurs auteurs n’aient cru devoir y faire entrer celles-ci pour augmenter ou modifier favorablement les effets thérapeutiques de la masse, celles-là, uniquement pour diviser les matières actives, telles que la terre sigillée de la thériaque; les émeraudes, les grenats et les hyacinthes delà confection de ce nom. La formule de îa thériaque renouvelée de Galien, ne contient pas moins de 84 substances différentes; ce qui a fait dire, qu’on la pouvait considérer comme une sorte de sommaire de la matière médicale de cette époque.

En accumulant ainsi les matières premières, les anciens médecins, pensaient accumuler aussi les propriétés thérapeutiques qui distinguent chacune d’elles, et, par exemple, conserver aux matières âcres îa faculté d’attirer les humeurs répandues dans tout le corps vers le tube digestif, afin que les drastiques pussent ensuite les en expulser.

De leur Leur préparation est toujours des plus faciles :

préparation. pour les électuaires d’aunée et de roses, on délaie les pou-

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