‹ Cours complet théorique et pratique de dictée musicaleChapitre 4 sur 83 · ENSEIGNEMENT INDIVIDUEL · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT INDIVIDUEL

Le plus souvent, on n'entreprend l'étude de la dictée qu'après s'être déjà exercé quelque peu au selfègt, dont elle n'est alors, en quelque sorte, que le complément, où pour mieux dire, la contre-partie. C'est la meilleure façon de procéder, la plus simple et la plus logique.

Toutefois, il peut se faire que la dictée ait à subvenir à elle seule à toute l'éducation musicale élémentaire, lorsque, par exemple, l'élève est entièrement aphone, privé de voix, ou s’il entreprend, pour une raison quelconque, l'étude de la musique pendant l'époque de la mue; il arrive aussi quelquefois que la voix est fausse et l'oreille juste; il y à alors tout avantage à substituer totalement l'étude de la dictée à celle du solfège, car l'élève se fausse l’oreille en chantant.

Dans ces divers cas, heureusement rares, le mieux est de commencer tout simplement par les tableaux de la 1" Partie, et de continuer, en tenant compte des indications placées en tête de chaque section, jusqu'à la fin de la 2 Partie, à moins que le professeur ne trouve plus profitable, pour une raison quelconque, de renverser cet ordre, en commencant par la 2% Partie pour continuer par la {re,

Cette interversion, d’ailleurs prévue, n’entraine avec elle aucun inconvénient ; en effet, quoique la 1 Partie traite spécialement de lintonation et la 2% du rythme, ces deux éléments constitutifs et indispensables de la musique moderne ne sont jamais entièrement séparés; 1l m'aurait paru illogique, je dirai même anti-musical, de présenter à l'élève, fût-ce pour les exercices les plus élémentaires, des sons sans durée ou des durées sans son.

Seulement, dans la Partie consacrée à l’intonation, les rythmes sont d’une simplicité extrême, ne contiennent que peu de notes (de 2 à 7), et, de plus, sont constamment semblables pendant toute la durée d’une section. Il en résulte que l'élève, tout en appliquant son attention à saisir et à noter la hauteur des sons, se familiarise à son insu avec les rythmes très simples qui, plus tard, deviendront la base du travail de la 2% Partie.

Réciproquement, un parti pris analogue mais inverse, est adopté dans la partie affectée à l'étude des rythmes; là, les sons se succèdent iuvariablement de la facon la plus facile à percevoir, par degrés conjoints, ascendants ou descendants, sans aucune modulation, ce qui a pour effet de développer inconsciemment chez l'élève le sentiment de la tonalité, pendant que son esprit est occupé à discerner et à transcrire les différentes combinaisons rythmiques.

C'est cette double disposition qui permet au professeur de choisir à son gré, et en raison des aptitudes personnelles de son élève, celle des deux premières Parties par laquelle il convient de commencer les études, sans que de cette interversion purement apparente puisse résulter le moindre préjudice en quoi que ce SOIL.

Ce travail préliminaire accompli, l'élève se trouve rentrer dans la catégorie la plus fréquente, celle des élèves qui possèdent déjà quelques notions de solfège et de théorie avant d'aborder la dictée.

Pour ceux-là, tout l'intérêt est dans le choix des exercices qu'on doit leur présenter, car c’est de la gradation à établir entre ces exercices que dépend, en très grande partie au moins, la rapidité de leurs progrès.

Au point de vue des aptitudes diverses, il n'existe pas deux élèves semblables; cette gradation doit done varier selon chaque nature d'élève, c’est-à-dire à l'infini. C’est pour cette raison que je n'ai pas cherché à établir un ordre rigoureusement progressif dans les leçons qui suivent, convaineu que je n'y pourrais jamais arriver, ce qui serait progressif pour un éléve ne l'étant pas pour un autre.

J'espère que la classification méthodique à laquelle je me suis arrêté, après bien des essais de groupements divers, paraïtra suffisamment claire, et que ceux

Le) I ) ( ,

de mes collègues qui voudront bien adopter cel ouvrage y trouveront toujours l'objet cherché, aussi facilement qu'on trouve un mot dans un dictionnaire.

La question est maintenant de savoir exactement ce qui convient de préférence

à tel ou tel élève. Voici, à mon sens, la règle qui doit guidee constamment dans le choix des exercices :

L'élève le mieux organisé a toujours un côté relativement faible.

L'élève le moins bien organisé présente toujours un point moins faible que les autres.

L'habileté du professeur consiste à savoir les discerner et à diriger son enseignement de telle façon qu'il ait toujours pour appui les qualités, et pour objectif les défauts à redresser. En tout cas, lorsqu'on a déterminé chez un élève un défaut prépondérant, on doit s'y attacher d'une façon exclusive, et le combattre avec persistance, par tous les moyens possibles, jusqu'à ce qu’il soit déraciné, ou tout au moins jusqu'à ce qu'on ait obtenu une amélioration très marquée, en négligeant pour cela les défauts secondaires, sur lesquels on reviendra en temps voulu, lorsque, par la disparition de celui qui dominait primitivement, ils seront devenus à leur tour les principaux.

Quelques exemples donneront à cette idée une forme plus précise :

4er ÉLÈVE.— Fautes d'intonation dès qu'il se présente une modulation ; en dehors de cela il y en a très peu. La mesure est en général bien comprise.

Il n'y a pas à hésiter. Le point d'appui est le rythme, le côté faible le sens tonal. Donc les rythmes périodiquement semblables de la 1'° partie, en simplifiant la perception, permettront à l'élève, d’ailleurs prévenu qu'il s’agit de modulation, de concentrer toute son attention sur les changements de tonalité, et s’il

n'a pas l'oreille fausse, ce qui parait bien à craindre, le mieux sera pour lui:

1e PARTIE. — Section V. 4" Série } 9e

= =. Een

—— — SE

(modulations aux tons voisins).

—= —= # = Section VI, n°% de 347 à 394 (récapitulation des précédentes). puis cnsu {€ :

4° PARTIE. — Section |, 4° Série (dictées spéciales pour les modulations). Si le défaut persiste encore, revenir aux dictées de la 1" partie, Section V (dictées modulantes); les quatre premières séries, en les transposant et en se servant des variantes, puis enfin :

3° PARTIE. — Section I en entier (dictées mélodiques faciles).

(modulations aux tons éloignés).

2 ÉLÈVE.— Écrit exactement presque loutes les notes, mais n'a pas la moindre idée du rythme.

2° PARTIE (étude du rythme) en entier.

L'intonation des notes, qui procèdent de part pris par mouvement conjoint, et dont le nombre est facile à compter, servira de guide pour la notation rythmique.

Ensuite :

4 PARTIE, Section II (étude spéciale des difficultés rythmiques).

Te : de 5 0 2 :

9° ELEVE.— Confond fréquemment les mesures binaires et ternaires, écrit d== pour où fnver- (e Æ

sement.

Saisit mal les intervalles éloignés.

4° PARTIE. — Section Il. 4" Série, avec les exercices spéciaux d'analyse rythmique. puis ensuite :

#° partie. Section 1, 6° Série (dictées spéciales pour l'emploi fréquent des intervalles composés).

4° ELEVE;— Ne sait pas discerner, au début de la dictée, si le mode esl majeur ou mineur. S'aperçoil de son erreur dans le courant du travail, mais ne sa't pas la réparer. IL est moins à son aise dans les tons bémolisés que dans les tons diésés *, #° PARTIE. — Section I, avec l'exercice spécial qui y est indiqué. puis plus tard :

3 PARTIE. — Section |, 4e série, groupes C et E; — — 2e série, — HetK; — — ]1, 2% série } .

st dE Fee | dictées de moyenne force dans les tons bmolisés.

ÿ ELEVE.— Ecrit bien tous les commencements de fragments, el se trompe vers la fin, surtout quand il y a beaucoup de notes.

Les erreurs sont aussi bien dans le rythme que dans l’intonalion.

Ici, c'est la mémoire qui manque, celte sorte de mémoire instantanée qui doil faire conserver dans l'esprit l'ensemble d’un fragment jusqu’au moment où

il est entièrement écrit.

d’abord :

Are panTIE. — Seclion VI en entier (fragments de 5, 6 et 7 notes.) ensuite :

2 partie. —— Section VI, l'e série (résumé des difficultés rythmiques) ;

-—- — V, 2% série; — — V, 3 série:

6e ÉLÈVE.— Presque jamais de fautes d'intonation. Les erreurs les plus fréquentes sont des silences oubliés, des contrelemps pris pour des syncopes, des cenfusions entre des triolets et des groupes de trois notes binaires maïs inégales. d'abord :

4e parTIE. — Section Il, 6° série (silences); = — 2 série (syncopes) ; — — 3e série (contretemps) ; — = 4° série (syncopes et contrelemps) ;

5 D Eee :

= ml tee ensuite :

2% pArTIE. — Section LIL (silences) ; — — IV, 3 série (silences et contretemps) ; —= — NV, 1" série, groupe A = — — B }triolets dans les mesures simples. 2e paRTIE. — Section V, 2 série, groupe A »

= — — — B } triolets dans les mesures composées. Si après cela les défauts persistent encore, ce qui est peu probable : 2e PARTIE. — Section IV, {re série (syncopes égales);

= = 2e série (syncopes inégales) ;

— — 3e série (contretemps égaux);

= — 4° série (contretemps inégaux) ;

— — VI 1% série (résumé des difficultés rythmiques).

* Cela se rencontre fréquemment chez les élèves violonistes ou violoncellistes, tandis que les tonalités bémolisées sont plus familières aux élèves qui cultivent les instruments à vent. (Toutes ces observations ont été prises sur des élèves faisant partie de ma classe.)

Ici le point d'appui est pris alternativement sur le rythme et sur l'intonation, aucun de ces deux sens ne paraissant totalement oblitéré.

IL me parait inutile de poursuivre plus loin ces exemples. Ce que j'ai tenu à bien établir, c'est qu'à l'exception d’un seul cas, celui où l'élève ne sait encore absolument rien, on ne doit pas se croire obligé, comme cela aurait lieu dans une méthode progressive, à suivre l'ordre numérique des leçons, groupes, séries, sections ou parties; mais fout au contraire considérer que ces diverses divisions de l'ouvrage n’ont d'autre but que celui de faciliter les recherches utiles, et d'aider à établir, pour chaque élève, la gradation spéciale qui convient.

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