ERGOT DE SEIGLE
De celte propriété de faire resserrer les vaisseaux et la matrice, découlent les indications thérapeutiques obstétricales de Tergot de seigle.
L'action de Tergot se manifeste très-rapidement ; au bout de 10 à 3o minutes il provoque des contractions utérines énergiques, rapprochées, tétaniques et, dans leurs intervalles, il maintient la matrice dans un état de contracture, ou tout au moins de tension, permanente. Au bout d'une demi-heure, les contractions s'affaiblissent mais elles reprennent immédiatement et énergiquement si l'on rend alors une nouvelle dose d'ergot.
Pour bien comprendre Futilité et aussi les dangers du médicament, examinons les effets de ces resserrements violents et soutenus sur la mère et Venfant.
Les efforts redoublés et incessants que le seigle provoque, déterminent bientôt chez la femme, la turgescence de la face, la fréquence du pouls, la chaleur, la sueur, puis, comme il n'y a pas de détente complète, on voit survenir l'agitation et parfois le sous-délire. Nous ne nous arrêterons pas à la gangrène des extrémités, ni aux convulsions, phénomènes d'ergotisme qui ne s'observent qu'après des doses toxiques.
L'enfant ne peut pas rester longtemps soumis aux contractions déterminées par Fergot sans succomber. En effet, l'utérus en revenant sur lui-même comprime les vaisseaux inter-utéro-placentaires : la circulation utérine, la circulation placentaire et, par contre-coup, la circulation fœtale sont donc troublées, si non interrompues. La circulation peut même se trouver définitivement arrêtée dans l'enfant, si la cause qui a suspendu son cours persiste ; or, nous savons qu'après l'emploi de l'ergot il n'y a pour ainsi dire pas relâchement.
Le danger est surtout sérieux si les eaux sont écoulées et si le cordon n'est pas bien abrité contre la compression.
est hyposthénisant ; s'il réveille et active les contractions utérines, c'est en dégorgeant le viscère et en fafsant cesser l'état congestif qui s'opposait à la régularité de son jeu. ïl faut remarquer cependant qu'il produit souvent de l'excitation et de l'agitation et qu'il n'agit pas comme le ferait une déplétion sanguine puisque, même dans l'intervalle des douleurs, il maintient l'utérus dans un état de tension continue, ce que ne fait pas la saignée.
D'après Boreischa l'ergot produit :
1° Accélération des pulsations cardiaques par paralysie du pneumo-gastrique et excitation des fibres accélératrices {contra Rabuteau); 2° chute de la pression sanguine par affaiblissement du cœur et du tonus vasculairc ; 3** contractions utérines dues moins aux modifications vasculaircs qu'à une action directe sur les plexus moteurs de l'utérus (Revue d'Hayem. 1877}.