Tome II
ANOMALIKS DKS KORCKS I:XPULTR[CP:S
Outre l'elfet mccanique, rert^ot exerce parfois sur l'enfant un ctfct toxique : nous avons reçu des enfants qui présentaient une raideur tétanique des membres : Tun d'eux ne put ni avaler ni pousser un cri pendant deux heures ; il était cependant plein de vie au moment où le médicament fut donné, pour remédier a une suspension des douleurs, et il ne resta pas soumis plus de 3o minutes à son influence. (2es svmptomes d'absorption s'observent rarement et se dissipent rapidement. Des relevés statistiques ont été faits pour établir que, depuis l'introduction de ce médicament dans la pratique , la mortalité des nouveau-nés s'était notablement accrue. De là le dicton : pulvis ad partum, piilvis ad nccem prolis. Mais la base et les conclusions de ces recherches ont été contestées. On a fait remarquer, avec raison, que l'ergot de seii;le s'administrant dans les accouchements lents ou dithciles, on lui attribuait parfois les résultats lacheux qui n'étaient dûs qu'à la lenteur ou aux dirlicullés du travail lui-même. L'ergot est si souvent emplox'é, et ses indications réelles sont si rares, qu'on peut allirmer, à priori, qu'on abuse étrangement du moyen et que cet abus doit amener des conséquences fâcheuses. Ce que nous avons vu ne nous laisse aucun doute sur ce point.
Hoffman a donné un relevé de 45 cas d'accouchements provoqués avant terme au moyen de seigle ergoté. Or, sur les 38 entants dont le sort est mentionné, i5 sont nés morts et parmi les 2 3 nés vivants, il en est 5 dont le sort ultérieur n'est pas indiqué et des 18 restants, 12 n'ont pas vécu au-delà de 3ô heures. Donc, au moins 27 morts sur 38 !
Pour la mère, le seigle ergoté, lorsqu'il est réellement indiqué, peut être considéré comme exempt de danger (1). Dans les 700 cas recueillis par Villeneuve il n'a été question ni de gangrène, ni d'autres phénomènes d'ergotisme.
D'après M. Arnal, quand une dose considérable d'ergot est prise en peu de temps, sa majeure partie passe dans les selles.
(1) Cu/rack dit bien lavoir vu proviuirc, à la i.io>c lic 1 12 gramme, lie la stupeur et lies épistaxis, chez trois femmes; KleetwnoJ-Cli u rc h i 1 1 dit aussi avoir observé plusieurs fois île la céphalalgie, du sous-délire, de la stupeur cl un ralentissement irès-notablc du pf>uls, à la buite de son emploi à la dose ilc 3 grammes, donnée par tiers d heure en heure; entin I. e \ r a t-P e r ro to n cite un ca>. de gangrène des extrémités, survenu chez wnc temme qui en avait pris yliisicurs ^''l'os pendant soîi accouchement ; mais les laits de ce genre sont si rares qu'on les considère ctimme lout-à-fait exceptionnels.
D'après \'anhengel les femmes soumises au seigle ergoté pendant laccouchemcnl redeviendraient plus vite grr)s-^es !