‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 152 sur 165 · RUPTURES DU VAGIN · texte numérisé non relu

RUPTURES DU VAGIN

Nous considérerons surtout ici les ruptures de la partie supérieure du vagin en rapport .avec le péritoine. Elles sont peut-être aussi communes que celles de la matrice, du moins pendant l'accouchement. Elles peuvent être, le résultat des efforts naturels ou des manœuvres obstétricales.

Lorsque la tête est arrêtée par un obstacle, la paroi postérieure du vagin peut se déchirer seule ou en même temps que la paroi postérieure du col de la matrice. Quarrive-t-il alors? Le bord supérieur de la déchirure, tiré en haut par la contraction de la paroi postérieure de la matrice, remonte peu à peu sur le tronc du fœtus pour glisser au-dessus, puis au devant de lui ; de sorte que Tenfont se trouve hors de l'utérus qui dès lors peut revenir à peu près complètement sur lui-même.

Loritice utérin n'étant pas suffisamment dilaté, si on veut le franchir de vive force, on peut le déchirer et déchirer en même temps la paroi vaginale qui sy insère. Lorsqu'on pratique la version sans avoir soin de bien soutenir la matrice, soit au moment où Ion pénètre dans son col, soit au moment où Ion fait effort pour atteindre les pieds de l'enfant, on soulève tout le viscère et on peut le détacher du vagin, surtout en arrière. Cest là un des grands dangers de la version pratiquée longtemps après la rupture des membranes et lorsque lutérus est comme moule sur lenfant.

Laccoucheur téméraire et coupable qui applique le levier ou le forceps au détroit supérieur sans insinuer les doigts dans le col de la matrice, s*expose à se fourvoyer dans la rainure utcn»*aginalc et s'il emploi la force, à pénétrer dans le péritoine. il y a quelques années un praticien anglais fut condamné p^r

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les tribunaux, pour avoir, étant ivre, produit un accident semblable avec le levier.

Les signes et les accidents de ces déchirures vaginales sont ceux des ruptures utérines, mais ils sont moins marqués et moins graves. La douleur, beaucoup moins aiguë, peut être confondue avec celle de la contraction utérine ou avec celle qu'occasionne la manœuvre. L'hémorrhagie est souvent fort légère et les phénomènes qui s'y rattachent directement sont, en conséquence, bien moins prononcés. Le sang se versant à l'extérieur et non dans le péritoine, la péritonite et ses suites sont moins à redouter. L'enfent reste plus souvent dans la matrice, quoiqu'il puisse cependant en sortir et passer dans le ventre. Or, s'il reste dans la matrice, tout l'accident peut se borner à une simple plaie du vagin.

Il est toutefois une complication très-commune et grave : c'est la descente des intestins dans le vagin. Elle est pathognomonique. Lorsque le fœtus est passé dans l'abdomen, le cordon ombilical descend de la cavité utérine pour remonter dans le ventre par la plaie vaginale. N'est-il pas surprenant qu'un signe de cette valeur, et qui ne peut faire défaut, ne soit pas signalé par les auteurs? Il a permis à mon père de reconnaître immédiatement qu'il s'agissait d'une déchirure du vagin, et non d'une rupture de la matrice, chez une femme auprès de laquelle il fut un jour appelé en consultation.

TRAITEMENT. Il faut terminer l'accouchement par le vagin toutes les fois que la chose est possible. L'application du forceps, la version ou les tractions, sur les pieds, sont les moyens à employer selon les circonstances.

Si l'enfant est en dehors de l'utérus, il faut le ramener par la plaie qui lui a livré passage. Malheureusement cela n'est pas toujours possible, surtout si un vice du bassin aggrave la situation. Nous croyons que porter des embryotomes sur un fœtus passé dans le péritoine, c'est s'exposer à blesser les intestins et pratiquer une opération plus difficile et plus dangereuse encore que la gastrotomie. L'opération césarienne faite sans retard peut sauver l'enfant et, celui-ci eut-il succombé, elle nous paraît encore indiquée toutes les fois que la version ou le forceps ne parviennent pas à délivrer la femme.

Si les intestins font hernie dans le vagin, il faut les ^réduire et tâcher de les reporter assez haut avant d'opérer l'extraction

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du fœtus. Lorsque la hernie ne se manifeste qu'après Taccouchement , il faut encore la réduire et reporter les intestins audessus de Tutérus. Mais comment les maintenir réduits? Uutérus appliqué contre la paroi postérieure du bassin a quelquefois opéré une contention suffisante, comme dans les observations de M. Hyernaux, Poupart &. (i) Mais Torgane est trop mobile pour qu'on puisse compter sur l'efficacité de ce moyen. Dans un cas de ce genre, nous élèverions le bassin autant que possible; nous appliquerions un bandage de corps assez serré pour maintenir l'organe immobile ; nous sonderions la femme et nous lui recommanderions d'éviter les mouvements du tronc pendant quelques jours. Quant au tamponnement, il a plus d'un inconvénient, car il détermine la rétention des lochies et il peut tenir les bords de la plaie écartés. Nous n'y aurions donc recours qu'en cas d'insuffisance des autres moyens et nous donnerions la préférence à la vessie de Gariel, qu'on peut déglonfler de temps en temps pour laisser les lochies s'échapper, ou pour les entraîner par une injection. On profite de ces moments pour constater l'état des choses.

La paroi postérieure du vagin peut aussi se déchirer vers sa partie moyenne , mais l'accident ne se reconnaît guère qu'après l'expulsion du fœtus. Il présente généralement peu de gravité, car la marche du travail n'en est presque jamais entravée et, à ce niveau, le rectum, situé de côté et encore mobile, ne se trouve point intéressé.

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