VICES DU BASSIN
qu'il se produit alors des courbures compensatrices, — est d'auplus marquée ; i) que le mal de Poit a siégé plus bas ;
2) que la déviation vertébrale est plus prononcée ;
3) que le sujet était plus jeune quand la carie s'est produite. Le bassin est en entonnoir parce que le sacrum a perdu
de sa courbure en même temps que sa base a basculé en arrière et son sommet en avant, et parce que les os iliaques ont subi un mouvement qui a écarté leurs ailes et rapproché les ischions. Les crêtes iliaques ont perdu de leur courbure en S et leurs épines postéro-supérieures sont rapprochées tandis que les antérieures sont déjetées en dehors.
Les pubis sont à peu près au niveau du promontoire de sorte que l'axe ou détroit supérieur est devenu vertical et que l'ouverture vulvaire se trouve regarder en avant.
On donne le nom de barrure à l'étroitesse de l'arcade pubienne : elle ne s'observe guère que sur des bassins ostéomalaciques.
Le diamètre bis-ischiatique -est allongé dans certaines luxations des rémurs, et quelquefois, mais beaucoup moins, dans le rachitisme.
Les différents diamètres du canal pelvien peuvent être rétrécis par des tumeurs qui se développent soit à la surface des os, soit dans l'épaisseur des parties molles. Les principales sont le cal osseux difforme, l'ostéosarcome et l'exostose.
L'exostose inira-pelvienne est si rare que la plupart des accoucheurs, même les plus occupés, ne l'ont jamais rencontrée. Les exostoses peuvent se développer sur tous les points du bassin mais la paroi postérieure est leur siège de prédilection (FIG. 66).
On les atteint dans ce cas le plus facilement par le rectum. On les reconnaît à leur fixité, à leur dureté et parfois à leur rudesse. Leur cause ordinaire, mais non exclusive, est la syphilis.
L'ostéosarcome est plus rare encore que l'exostose : il s'en distingue par ses inégalités , par la dépressibilité de ses points ramollis et quelquefois par une crépitation parcheminée caractéristique.
Nous avons rencontré plusieurs fois des cals difformes faisant saillie dans Tintérieur du bassin. — Ils sont le résultat de la consolidation * irrégulière de fractures survenues à la suite de violences extérieures ou de tractions excessives sur le forceps. — Ils siègent presque toujours à la paroi antérieure du bassin sur la branche horizontale ou descendante du pubis et se reconnaissent à leur dureté, à leur fixité et à la tumeur qu'ils forment sur Tos. Nous possédons un bassin où un cal osseux difforme réduit à 27 millimètres la ligne sacro-cotyloïdienne d'un côté.
Causes des vices du bassin.
On ne s'explique bien la genèse des malformations de la ceinture pelvienne qu'à la condition de bien connaître d'abord son évolution normale.
D'après M. Gavarret, le développement régulier du bassin dépend essentiellement de la forme cunéiforme du sacrum. Dans un mémoire intitulé u Mécanisme du développement du bassin et de la production de ses principales anomalies » (Mém. de Facad. royale de méd. de Belgique, t. IV, i856) mon père a combattu la théorie du professeur de Paris et démontré que le sacrum n'agit pas à la façon d'un coin; que ses surfaces articulaires lui permettraient de tomber en avant s'il n'était pas retenu par les ligaments sacro-iliaques; et que ceux-ci s'opposent, non-seulement à cette luxation, mais encore à l'écartement des os coxaux en arrière. Nous renvoyons à ce mémoire dont nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici les démonstrations mathématiques, ceux de nos lecteurs qui désirent approfondir la question et que les calculs n'effraient pas. Nous nous nous bornerons à en citer les principales conclusions :
lo La cause essentielle du développement du bassin réside dans une force expansive, organique, résultant .du travail de nutrition.
20 Les diamètres transverses s'allongent par l'évolution horizontale du sacrum et de la partie postérieure des os iliaques, les antéro-postérieurs par celle des os iliaques seuls (i).
30 Des influences mécaniques, consistant en pressions ou
(I) L'étendue des diamètres transverses, ajouterons-nous, est en rapport avec la courbure des os illaques et cette courbure, conime le fait remarquer Se h rôder, est influencée par les tractions que subissent les deux extrémités de l'arc osseux : en arrière par les ligaments sacro-iliaques, en avant par la symphyse pubienne qui empêche les os de s*écarter Tun de Tautre.
tractions, modifient, à des degrés divers, la forme que les os prendraient ou conserveraient sans leur concours.
4** Les déformations sont plus ou moins prononcées, selon la direction , l'intensité et la durée d'action des forces qui les produisent; selon que celles-ci s'exercent sur des os en voie de développement ou déjà développés, mais plus spécialement encore, selon que les os sont ramollis ou non.
La forme |et les dimensions normales du bassin sont donc sous la dépendance d'influences diverses. — D'abord une force expansive ou de croissance qui conserverait au canal la forme infantile, si elle était égale dans toutes lès directions et si elle était seule en jeu. Puis, en sens inverse de ce mouvement expansif, s'exercent : la poussée du poids du tronc d'un côté, la contre-poussée des fémurs de l'autre, et l'action de ligaments fort puissants et peu extensibles qui maintiennent les rapports des diverses pièces osseuses entre-elles, |notamment les ligaments sacro-iliaques auxquels le sacrum est véritablement suspendu et les ligaments sacro-sciadques (FIG. schématiques 67 et 68) Enfin, des muscles nombreux viennent prendre point d'attache aux ^ os pelviens, exercent des tractions sur les surfaces d'insertion, agissent sur les os comme sur des bras de levier, et maintiennent l'équilibre du tronc (i).
Fig. 67. Fig. 68.
(1) L'enseignement de SchrOder (Man. d*Âccouchcmcnts, traduit par M. Charpentier, 1875) diffère peu de celui de mon père. Les trois facteurs, dit-il, qui agissent sur les modifications de forme du bassin sont : 1^ la pression du poids du tronc, 2^ la traction que chaque os iliaque exerce sur Tautre dans la symphyse qui est fermée, et 3^ la contrepression latérale des f<5murs.
Pour expliquer scientifiquement les déformations dans un cas donné, il faut tenir compte de tous ces agents : des maladies qui ont pu modifier les conditions normales, enrayer la croissance, changer les conditions de l'équilibre et altérer la consistance des os.
Les causes de malformations se divisent donc naturellement en causes organiques et en causes mécaniques, et les effets de celles-ci seront dautant plus marqués qu'elles auront agi sur des os moins résistants et pendant plus longtemps.