‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 51 sur 165 · I. Excitants divers · texte numérisé non relu

I. Excitants divers

La plupart ont été abandonnés pour cause d'insuffisance : les purgatifs, le galvanisme, la stimulation des seins, etc. D'autres ne sont conservés qu'à titre de moyens préparatoires : la saignée, les bains, les injections : ou à titre d\idjuvants : les frictions abdominales, les titillations du col, l'ergot de seigle. On s'est demandé cependant si l'ergot de seigle ne pouvait pas être employé comme agent provocateur principal ou exclusif. Examinons cette question.

(. i) Sur 33 entants nés spontanémeMU à 7 mois, 11 ont présenté le pelvis. 2 Tcpaulc ; tanJis quà S mois, il n'y a plus quunc présentation non céphaliquc sur (), et à terme 1 sur i<> à 2'>. 'Noies prises au cours de P. Dubois'.

D'après le> f)bser\ations de \'eit et Je 1 1 u £;e n be rizc r à 7, 8 et 9 mois l'enfant se présente par la léte 7').! lois >ur 100: ki.o p. 00 par le pelvis et 3,7 p. o o par le tronc tandis que de ? à ("> mois la présentation céphalique nesi que de 34.<"» p. o o ; la pelvienne est de 40,3 et la transversale 5 p. 0 0.

Quoiqu'en dise Cazeaux (i), il est établi que, chez une femme arrivée à sept mois de grossesse, si Ton iorce les doses de Tergot de seigle (2), on provoque réellement les contractions de la matrice et on atteint ainsi le but immédiat qu'on se propose dans Tespéce. Mais avec quels résultats? Nous avons dit que, d'après les relevés de M. Joulin, la mortalité dans l'accouchement prématuré serait d'environ 5 p. 0/0 pour la mère et de 48 pour l'enfant. Mais les résultats sont tout autres si au lieu de prendre les faits collectivement, on ne considère que les cas où le seigle ergoté a été mis en usage. A priori on croirait que chez une femme dont le bassin est rétréci, il doit être dangereux d'exciter des contractions utérines comme celles que ce médicament produit d'ordinaire. Eh bien ! il n'en est pas ainsi et dans les quarante-cinq observations réunies par Hoffman, toutes les femmes ont eu des couches normales. Malheureusement les résultats sont désastreux pour l'enfant et pour lui la mortalité s'élève à 71 pour 100. EUe a été plus effrayante encore dans la pratique particulière de Ramsbotham : sur 26 cas il a perdu 22 enfants (=84,6 pour cent) tandis que par la rupture des membranes — qui est cependant encore un des moyens le plus dangereux pour le fœtus — il n'en a perdu que 18 sur 37 (ou 48,6 pour 100), ce qui donne une différence de 36 pour 100.

On peut donc conclure que, de tous les agents employés jusqu'à ce jour, l'ergot de seigle est à la fois le plus inoffensif pour la mère et le plus meurtrier pour l'enfant. Or, quand on est appelé à provoquer l'accouchement avant terme pour un vice du bassin — et c'est le cas le plus ordinaire — les enfants qui ont précédé sont presque toujours morts et l'on tient, par conséquent, d'autant plus à conserver celui que la femme porte dans son sein. Ce n'est donc pas au seigle ergoté qu'on aura recours puisqu'ici, plus que jamais, on peut dire de lui : pulvis ad partum, pulvis ad necem.,. prolis.

Si on l'emploie dans le cas supposé, ce ne sera qu'à la fin du travail et pour donner plus d'énergie aux contractions provoquées

(0 Traité d'accouchements^ 6® édition, page 864.

(3) Il exige, pour produire des effets dans ces conditions, de très-fortes doses : faites infuser seigle ergoté i5 grammes

dans eau 720 »

ajoutez : sirop simple 3o »

A prendre 60 grammes toutes les 3 heures.

par d'autres moyens. Il ne remplira donc que le rôle d'auxiliaire et encore re'clamera-t-il, comme tel, la même réserve que dans un accouchement à terme.

\S électricité^ proposée par Schreiber constitue un moyen très-douloureux et d'une efficacité douteuse.

La stimulation des seins par la ventouse ou la vésicatoire ne produit guère que de la douleur.

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