II. Excitants du col
i« TITILLATION. La titillation du col ne peut guère être assez prolongée ou assez répétée pour mettre sérieusement le travail en train et c'est à peine si l'on y a recours pour donner plus d'énergie aux douleurs provoquées par quelque autre moyen.
2« TAMPONNEMENT DU VAGIN. Si le tampon est solide et sec, il irrite trop fortement les parties et il est mal supporté ; s'il est graissé, ou s'il est formé par une vessie remplie d'air ou de liquide, il est très-sujet à ne pas atteindre le but.
30 CAUTÉRISATION DU COL. Il n'est pas facile de la pratiquer dans la juste mesure. Superficielle, elle reste le plus souvent, sans action ; profonde, elle peut causer une inflammation qui entrave la marche de l'accouchement ou devienne le point de départ d'une métro-péritonite puerpérale. Notre excellent collègue M. Wasseige, a cependant voulu l'essayer et nous savons qu'après en avoir obtenu quelques succès, il l'a vu échouer à peu près dans un même nombre de cas, ce qui démontre, une fois de plus, que l'irritabilité de l'utérus varie beaucoup selon les sujets et que quelques faits ne suffisent pas pour établir la valeur d'un procédé.
40 DILATATION ARTIFICIELLE DU COL. On a employé pour dilater le col de la matrice des dilatateurs métalliques et des corps solides susceptibles de se gonfler en s'humectant. La meilleure dilatation, selon nous, est celle qui est opérée lentement^ graduellement et par un corps non irritant,
a) Les instruments métalliques ne remplissent pas la première de ces conditions, puisqu'on ne les laisse pas en place et (]u'ils doivent produire tout leur effet au moment de leur application. Cet effet se borne donc à une excitation momentanée résultant de la distension mécanique brusque des fibres du col.
b) IS éponge préparée (i) agit, jusqu'à un certain point, de la même manière, puisqu'elle prend rapidement tout le volume qu'elle est susceptible d'acquérir. Mais, à cette excitation, produite également par la distension des fibres du col, succède une irritation de la muqueuse, occasionnée par la présence d'un corps étranger plus ou moins rugueux, et cette irritation ne tarde pas à devenir très-vive et parfois dangereuse, parce que les mucosités dont l'éponge s'imbibe s'altèrent rapidement : l'odeur infecte qui s'en exhale au moment des pansements ne peut pas laisser de doutes sur ce point.
c) Le bâtonnet de laminaria digitata s'applique comme le cône d'épongé préparée (i). Très-élastique il offre l'avantage d'opérer une dilatation lente et graduellement croissante pendant douze heures ; il acquiert un volume proportionnellement plus considérable et qu'il conserve mieux que l'éponge, de sorte qu'en le renouvelant de douze en douze heures on obtient un effet incessamment processif.
Nous ne dirons pas qu'il ne s'imprègne pas des mucosités qui l'assouplissent, mais il le fait incomparablement moins que l'éponge préparée et, si l'on répète le pansement deux fois par jour, comme nous le proposons, cette imprégnation ne présente plus aucun inconvénient sérieux.
(1) Voici comment on applique ïéponge préparée :
K 1 u g e commence par ordonner pendant plusieurs jours des bains tièdes, des frictions de temps à autre sur le fond de Tutérus, et des injections tièdes avec Tinfusion de camomille. La femme ainsi préparée est couchée sur le bord d'un lit. Kluge porte alors deux doigts de la main gauche ^ous le col et il introduit sur ces doigts, au moyen d'une longue pince, un cône d'épongé préparée, long de 61/2 à 6 centimètres, épais de 4 à 5 millimètres au sommet et de 6 à 7 à la base. Un 61 est attaché à la base de ce cône qui est maintenu dans le col au moyen d'une éponge ordinaire, poussée dans le vagin et également munie d'un fil. Un emplâtre agglutinatif fixe les extrémités libres de ces fils à la partie supérieure de la cuisse. Le lendemain, si le travail n'a pas commencé, on enlève le cône d'épongé pour le remplacer par un autre plus volumineux.
Il conviendrait, nous semble-t-il, de proportionner d'emblée le volume de l'éponge à l'état du col et de découvrir celui-ci au moyen d'un spéculum.
Le procédé de Kluge a été longtemps le plus employé; cependant il a plus d'une fois déterminé des métrites plus ou moins graves et il ne tardera probablement plus guère à tomber en désuétude.
(1) La racine de gentiane a été employée en 1721, comme agent de dilatation par Ben e vol i qui] s'est aussi servi de la moelle de hêtre comprimée.