Tome II
celle dune autre femme morte à 5 mois. Chez la première l'enfant fut extrait vivant, et chez toutes deux l'autopsie prouva que les organes génitaux étaient restés intaas , ce qui ne se comprendrait guère si les orifices de la matrice ne subissaient, comme les autres sphincters, un relâchement considérable, par le fait de la mort.
Mais il n'est pas indispensable, pour réussir, que la mort soit réelle, ni même apparente : Belluzzi et Romei, opéram sur des femmes agonisantes, ont amené, sans trop de peine et sans déchirer le col utérin, des enfants vivants, l'un à terme, l'autre à 7 mois. Tallinucci a réussi dans trois cas et dans l'un de ces cas la mort n'était qu'apparente. Golinelli et Finizzio ont été beaucoup plus heureux encore, puisqu'ils ont ensuite pu rappeler les mères à la vie et à la santé.
De l'avis de tous ceux qui en ont fait l'essai , l'accouchement forcé post mortem, ou chez la femme agonisante, est beaucoup plus facile et plus prompt qu'on ne te supposerait a priori et les résultats obtenus prouvent qu'il faut au moins l'essayer sérieusement , avant d'en venir à l'opération césarienne. On a d'autant plus de chances de succès que la grossesse est plus avancée, et ces chances augmentent encore lorsque la femme a succombé pendant l'accouchement même.
Si l'on échoue, avant de procéder à la gastro-hystérotomie, on doit s'assurer que la mort est bien réelle et , malgré cette précaution, opérer avec les mêmes soins que si la femme vivait. On ne doit pas oublier que , si quelques observations récentes sont exactes, la suspension des bruits du coeur, même pendant i5 à 20 minutes, ne serait pas un signe certain de mort, comme M. Bouchut le soutient.
Les faits que nous venons d'emprunter aux accoucheurs italiens suffiraient à eux seuls pour prouver qu'il est parfois diticile de reconnaître si la mort est réelle ou seulement apparente. La difficulté se présente surtout lorsque la femme succombe brusquement et des hommes du plus haut mérite ont pu s'y tromper : Peu était un accoucheur célèbre de son temps, Mery était chirurgien de l'Hôtel-Dieu, et il est arrivé à l'un et à l'autre de voir des signes de vie se manifester sous leur bistouri (Cangiamila, p. 59). Baudelocque cite des faits analogues. Ceux de Van Swieten et de Rigaudeaux se trouvent reproduits dans la plupart des traités de médecine légale.
DE L OPERATION CÉSARIENNE
2= CAS. L'enfant étant mort, il ne faut recourir à l'opération césarienne que quand on ne peut absolument pas faire autrement, c'est-à-dire, quand l'emploi du transfora leur, précédé au besoin de la symphyséotomie, est jugé impossible ou trop dangereux.
3* CAS. La mère et l'enfant étant vivants, et ta grossesse, parvenue à terme, si la version, le forceps, le levier et la pubiotomie sont insuffisants, il ne reste que l'opération césarienne pour sauver l'enfant.
MANUEL OPÉRATOIRE. Les procédés opératoires pour frayer au fœtus une voie artificielle, sont fort nombreux. La figure ci-contre (F!G, io2.) indique les principaux points du ventre que l'on a proposé d'inciser.
i" Méthode ancienne. Elle consiste a pratiquer, en dehors du muscle droit, une incision longitudinale, parallèle au muscle ou oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Dans ce dernier cas, I incision peut être droite ou courbe.
Cette ini-ision se fait à droite ou a gauche, selon que le fond de la matrice est incliné dans l'un ou l'autre sens : donc, le plus souvent à droite. L'incision en cet endroit a l'avantage de tomber sur le milieu de la paroi antérieure de la matrice et d'éviter la vessie. Mais elle peut blesser l'artère épigastrique et, quand l'utérus se rétracte, sa plaie ne reste pas exactement en rapport avec celle des parois abdominales, surtout si l'incision est oblique.
2° Méthode transversale ou de Lauverjat. L a u v e r j a t pratiquait à i3 ou 14 centimètres en dehors de l'ombilic, une incision transversale s' étendant vers le flanc. Son but était d'éviter l'anère épigastrique ; de tomber sui- le fond de l'utérus ; d'avoir un angle de la plaie dans un point déclive, double circonstance
i64 DIFFICULTÉS PROVENANT DU CANAL A PARCOURIR
qu'il croyait favorable à l'issue des liquides, soit par Torifice utérin, soit par la plaie ; enfin, de rendre la suture inutile, en inclinant la malade du côté de Tincision. Mais cette incision tombe sur un des côtés du viscère, en un point où les vaisseaux sont très-volumineux ; le rapport des deux plaies disparaît bientôt par le retrait et l'abaissement de la matrice et le moindre mouvement de la femme pousse les intestins au dehors.
3° Méthode allemande, ou de Stein. Stein conseillait de diriger l'incision d'un peu au-dessous des fausses côtes, vers la branche horizontale du pubis opposé, à droite ou à gauche, selon la direction de l'utérus. Sa méthode a tous les inconvénients de la méthode ancienne.
40 Gastro-Elytrotomie. Pour faire échapper une femme aux dangers de la plaie utérine, Baudelocque, neveu, a imaginé deux procédés dont le principal mérite est d'être fort ingénieux. Dans le premier, la gastro-élytrotomie, il propose d'inciser la paroi abdominale, de l'épine du pubis au-delà et au-dessus de l'épine iliaque antéro-supérieure, du côté gauche dans le cas d'obliquité droite, et vice-versa ; de décoller le péritoine jusqu au vagin ; d'ouvrir celui-ci ; d'accrocher le col de la matrice et de l'attirer vers la plaie, en même temps qu'on refoule le fond de l'organe en sens opposé ; de laisser ensuite agir la nature ou de dilater, au besoin, l'orifice utérin pour faire l'extraction de l'enfant.
L'auteur lui-même, après un essai, a dû abandonner sa méthode.
Le D"" Physick a modifié ce procédé en pratiquant l'incision transversalement et directement au-dessus de la symphyse pubienne. C'est du neuf, ce n'est pas du mieux. La situation des artères cpigastriques et de la vessie ; les rapports de celle-ci avec le vagin ; l'impossibilité de reporter le fond de la matrice directement en arrière, constituent des dangers et des difficultés auxquels ce praticien n'a sans doute pas assez réfléchi.
5" Elyti'o-Gastrotomie. Baudelocque ne s'est pas laissé ilccouragcr par un premier insuccès et, en i85o, pour remplacer l« giiîtlro-élytrotoniic, il proposait l'éljtro-gastrotomie.
hillc consiste ;^ taire« à la partie supérieure de la paroi poHloricurc du vagin, une incision transversale ; à attendre le paKuagc de Tentant dans l'abdomen et enfin, lorsque ce passage
DE L'OPÉRATION CÉSARIENNE l65
s'est effectué, à diviser la ligne blanche pour amener Tenfant au jour. Cette seconde innovation est-elle plus heureuse que la première ? La plaie du vagin en elle-même est sans doute moins dangereuse que celle de la matrice, mais est-il bien sûr que les intestins ne s'y glisseront pas après l'opération?
D'une autre part, pour extraire l'enfant, il faut faire une incision, non au-devant mais au-dessus de l'utérus, et il est bien à craindre que les intestins, en s'y engageant, ne causent un grand embarras. Enfin, en admettant que l'enfant vive au moment où il est expulsé de l'utérus et qu'on saisisse sûrement le moment de son passage dans l'abdomen, il faudra se hâter singulièrement si on veut l'extraire vivant, car le décollement du placenta, résultat du retrait de la matrice, lui devient bientôt funeste. La méthode serait à peine applicable dans le cas où le fœtus mort ne pourrait être extrait par l'embryotomie.
6^ Méthode de la ligne blanche, dite de Mauriceau . C'est la méthode la plus suivie et, à cause des avantages qu'elle présente, c'est véritablement celle qui mérite la préférence. Elle consiste à ouvrir la paroi abdominale et l'utérus sur la ligne médiane. L'incision n'intéresse ni muscles ni artères ; elle divise la matrice dans une direction parallèle à celle de ses principales fibres; elle tombe sur la ligne médiane où le péritoine adhère le plus intimement à la matrice et où les vaisseaux, qui pénètrent dans l'utérus par ses côtés, viennent s'anastomoser et sont le moins volumineux ; enfin elle est suivie de la plaie la moins étendue, puisque c'est dans le sens de sa hauteur que l'utérus revient le plus sur lui-même en se vidant (i).
En comparaison de ces avantages, les inconvénients reprochés à la méthode sont de peu de poids. Elle expose, dit-on, à la lésion de la vessie. Pour éviter cet accident, il faut avoir soin de vider préalablement l'organe et d'arrêter l'incision à 5 centimètres des pubis. On a dit encore que les tissus de la ligne Hanche étaient peu favorables à la cicatrisation : l'expérience a répondu à cette objection. Il est vrai cependant que les opérées restent prédisposées aux hernies ventrales, si l'on n'a pas soin ^e leur faire porter une ceinture bien faite.
(0 Après raccouchement l'utérus perd environ 20 à 25 centimètres en hauteur et i5 à 20 en largeur.
DIFFICULTES PROVENANT DU CANAr, A PARCOURIR
Nous décrirons Topération teUe que nous la pratiquerions, L'opérée ne pouvant Être transportée sans graves inconvénients, il importe d'abord de disposer le lit de façon à ce que l'on puisse, sans trop déplacer la malade, enlever tous les linges ternis. Nous préparerions ensuite tout l'appareil nécessaire pour l'incision, rhémostasîe, la suture et le pansement. Puis, après avoir vidé le rectum et la vessie, nous percuterions soigneusement le ventre et nous refoulerions les anses intestinales, qui parfois se glissent uu-devant de l'utérus, et nous replacerions l'organe sur la ligne médiane s'il en était dévié. Un aide est chargé de la chloroformisation, mais il doit suspendre les inhalations au moment de l'ouverture de l'utérus : la partie la plus douloureuse de l'opération est passée et l'anesthésie poussée loin prédispose à l'hémorrhagie ute'rine.
Deux aides appliquent les mains sur le ventre : leur rôle Lst de maintenir l'utérus sur la ligne médiane, de tendre la |ieau pendant l'incision et, surtout, d'empêcher par une douce l^rcssion que les intestins ne viennent faire hernie au dehors. Nous inciserions alors la peau sur la ligne blanche, couche par couche, jusque sur le péritoine, depuis 2 ou 3 centimètres iiii-dessous de l'ombilic jusqu'à 3 centimètres au-dessus des pubis. Il peut être nécessaire de jeter quelques ligatures sur de petits vaisseaux, ou de les saisir par des pinces hémostatiques, et nous .inondrions toujours, pour ouvrir le péritoine sur la sonde caneléc ou sur le doigt, que tout écoulement soit tari. La matrice fait saillie dans l'entrebâillement des lèvres de la plaie : nous l'inciscrions couche par couche, jusque sur l'œuf et à ce moment, l'oar empêcher sûrement tout épanchement de liquide amniotique dans le péritoine, nous recommanderions aux aides d'exercer une doacc pression sur le ventre et nous romprions la poche des eaux par le vagin.
Si le bistouri rencontre le placenta, nous croyons qu'il vaut mieux inciser l'organe que le décoller . comme on le conseille.
Les parties du fa-tus qui correspondent à la plaie, ne tardent Huèie A s'y cn)î.i(;cr. Si ce sont les pieds , on tire doucement de.ssiis et on dégage le tronc ci la tête, comme on le ferait d'une vulve bciuiic. Si c'est la tète, on va, au besoin, accrocher une .liscllc CI l'extraction est plus facile encore, car la matrice tend \ expulser son contenu ii>.
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DE l'opération Césarienne 167
Le retrait du viscère étant alors considérable, les aides doivent veiller à ce que les intestins ne glissent pas vers l'intérieur.
DÉLIVRANCE. Nous préférerions pousser le placenta décollé dans le vagin que l'extraire par la plaie.
Il faut ensuite combattre l'hémorrhagie, et attendre toujours qu'elle soit arrêtée de quelque temps, avant de procéder au pansement. Si nous pouvons nous en rapporter à ce que nous avons vu, les aspersions froides, les styptiques mêmes, l'eau vinaigrée, ieau de Pagliari ne jouissent pas d'une bien grande efficacité contre la perte. Le contract de l'air, l'application des doigts sur l^s vaisseaux qui donnent, la compression des lèvres de la plaie, quelques inspirations profondes, nous ont paru produire de meilleurs résultats.
Avant de procéder au pansement, nous chasserions les gros caillots de l'utérus dans le vagin, avec la main ou au moyen ^ un^ injection d'eau tiède. Puis enfonçant la main, la face dorsale ^Qurnée en arrière , vers le sacrum , nous épongerions dans la T^uine et entre les doigts, comme le fait M. Kœberlé, les liquides qui auraient pu s'échapper dans le péritoine.
L'utérus revenant sur lui-même diminue de beaucoup l'étendue ^^ la plaie, mais comme il peut très-bien se relâcher, et alors verser du sang dans le péritoine, nous croyons qu'il est indiqué ^^ réunir la plaie utérine par deux ou trois fines sutures en ^ élastique.
L'expérience des ovariotomistes, et les recherches de Spiegelberg et de Waldeveyer, ont démontré qu'on pouvait abandonner de semblables ligatures dans l'abdomen sans amener de graves accidents. Les ligatures de Catgut phéniquées, proposées ^^^ Lister, et qui finiraient par s'identifier avec les tissus, , ^^^^'aîent mieux encore si leurs nœuds n'étaient pas très-exposés ^^ défaire sous l'effet des resserrements et des relâchements ^'"^^tife de la matrice.
On réunit ensuite la plaie abdominale par une suture mé-
. *^Vie profonde enchevillée, et une suture superficielle entor-
^^^- Pour la suture profonde l'aiguille s'enfonce à 10 centi-
^^^^s des bords de la plaie, arrive obliquement vers les
^^i^s profondes où elle traverse les tissus de la ligne blanche
^^ssort au-dessus du péritoine qu'elle ne touche pas. Pour-
^ ^^ en effet traverser inutilement le péritoine qu'on sait si
^ceptible? Faut-il laisser béante, pour l'écoulement des liquides
r68 DIFFICULTÉS PROVENANT DU CANAL A PARCOURIR
^panchi^s, \a partie inférieure de la plaie ? Mais ces liquides ne déborderont jamais par là. Un seul avantage résulte de la voie laissée ouverte , c'est qu'elle permet au besoin .
l'aspiration des liquides , comme la pratique M. Kœberlé.
Cet éminent chirurgien de Strasbourg, a proposé, en 1874, un nouveau procédé de suture abdominale qui nous paraît avantageux. Les ligures cicontre (io3 et 104) montrent le trajet des tils dans la plaie.
Un linge fenêtre enduit de cérat. et une couche d'ouate recouvrent la plaie : un bandage de corps lé gèrement serré maintient le tout.
L'opération terminée, on enlève, sans trop fatiguer la femme, les linges ternis et on lui prescrit une potion " . ' opiacée.
LM^KM» . » •Diurr •Hp.'iËHriic cmnniiin . ,fi lutuic Pour prévenir et proTomir ne «>m|>r<-nnni 1"^ '« " " 'i™ «!>"■" '''^1= combattre Ics Bccidents i>->i n ir f. i>rrii»inr •iiTrnntrr nhrcniriii— .w nunic inHammatoircs on a *""■ conseillé l'application
continue de l'eau froide pendant 3 ou u jours. Les compresses d'eau ont l'inconvénient de s'échauffer vite et de mouiller le lii. Nous leur préférons, quand la réaction est bien établie, des sacs en caoutchouc remplis de glace pilée : par leur poids ils exercent une certaine compression, par leur température ils reserrent les vaisseaux et calment la circulation.
DE L'OPÉRATION CÉSARIENNE
Fig. io5.
Quand on se sert des sutures métalliques, au second jour les fils ont produit tous les effets qu'on en peut attendre ; ils commencent à irriter les tissus et bientôt à y déterminer une inflammation suppurative. Il y a donc tout intérêt à les enlever, sauf à les remplacer, jusqu'à consolidation parfaite de la cicatrice, par d'autres moyens contentifs n'offrant pas les mêmes inconvénients.
A cet effet, après avoir rapidement lavé la peau avec un peu d'éther, Kœberlé fixe solidement, avec du coUodion, une série de fils parallèles des deux côtés de l'abdomen, puis il réunit les bouts libres de quelques-uns, qu'il tord en cordon, pour les nouer avec ceux de l'autre côté (FIG. io5).
Il agit ensuite de la même façon avec les autres fils, et obtient ainsi cinq ou six ligatures prenant leur point d'appui sur une large surface et nouées au niveau de la plaie. (FIG. io5).
Les deux femmes auxquelles j'ai vu pratiquer Tovariotomie par M.
Kœberlé, ont été pansées comme je viens de le dire : le huitième jour après l'opération, il ne restait de la plaie abdominale qu'une cicatrice linéaire. L'angle inférieur de la plaie, laissé ouvert, avait seul donné du pus.
M. Van Aubel, de Liège, croit qu'on pourrait détacher le péritoine avec une couche du tissu musculaire sous-jacent, puis pratiquer la suture de Gély qui, mettant la membrane séreuse en contact avec elle-même, produirait une réunion prompte et annihilerait les chances d'épanchement dans l'abdomen. Il y a malheureusement là une dissection délicate et longue à pratiquer. Après avoir fait l'incision abdominale, M. Hyernaux passe les ligatures à travers les bords de la plaie et il en fait relever les bouts et le milieu vers l'épigastre , pendant qu'il continue son opération. La suture est ensuite plus prompte et l'on a beaucoup moins à lutter contre la tendance . qu'ont les intestins à s'engager d^ns la plaie.
Un chirurgien de Rouen a proposé de passer un fil à travers chacun des bords de la plaie utérine et de la plaie abdominale, pour fixer la matrice et diminuer ainsi les dangers àt l'épanchement intra-péritonéal. Cette suture n'est pas à con-
seiller : elle gène le retrait du viscère ; elle expose aux tiraillements et elle tend à fixer Tutérus dans une situation anormale. Bar nés a imaginé un procédé de suture fort ingénieux mais fti compliqué et si peu pratique que nous ne nous attarderons pas à le décrire.
OPERATION CESARIENNE VAGINALE.
Par extension, et par abus, on donne aussi le nom d opération césarienne vaginale à Tincision de la partie inférieure de Tutérus, pratiquée par le vagin.
Il convient de distinguer les cas où Ion ne fait qu'élargir l'orifice resté ouvert, ce qui constitue un simple débridement, — de ceux où Ion fraie une voie entièrement artificielle.
Le débridement peut devenir nécessaire :
I» Quand le col est calleux, fibro-cartilagineux ou squirrheux, ou simplement induré, comme dans certains cas rares de procidcncc de la matrice ;
j'» Quand, sans être malade, il résiste trop longtemps ;
!<" (^uand il importe de hâter sa dilatation, pour pouvoir cxirairc rciifaiu par le forceps ou par la version.
Nous avons déjà rencontré la plupart de ces indications.
Il est nécessaire de créer une route artificielle :
I'» (^uand l'orifice est réellement fermé, et que ses lèvres sont réunies entre elles, de manière à ne pouvoir être séparées tti piu le doigt ni par les instruments mousses ;
r' Peut et rc aussi, quand le col est resté dévié, tandis que Inno dos parois utérines s'est laissée pousser au-devant du fœtus lus^m'i^ Tanncau vulvairc.
(^imiquc l'incision et le débridement ne soient, en général, ni dlllhilos i\ pratiquer ni dangereux, il faut cependant se garder «I V t»M»niii sans nécessite. Nul doute que ces opérations n'aient li»^ U\\Wn m»n\ont lorsque des moyens plus simples auraient pu xnllito Pnni son assurer, il sutîii de passer en revue les ditfc- MUtis \luonstat\vvs pour lesquelles on les a conseillées : ainsi. \\\y\\n laNonn dit dv|,\, n^cmc dans les cas de cancer ou de f^y\\\u\\\\\ s» lune des (Mrois du col est restée saine, elle sup
DE l'opération Césarienne vaginale
porte tous les frais de la dilatation et , le plus souvent, livre au fœtus un passage suffisant.
Dans la plupart des autres cas, la résistance du col, quoique exagérée, cède peu à peu aux efforts naturels, aux évacuations sanguines, aux bains, aux injections, aux douches, aux onctions belladonées, à Témétique à doses nauséeuses, à une dilatation artificielle lente et prudente.
Quant à Tocclusion réelle du col, elle est fort rare et il ne faut y croire qu'après avoir constaté l'existence d'une cicatrice ou d'une fossette qui indique sa place. Très-souvent, si on n'atteint pas l'orifice utérin , c'est uniquement parce qu'il est dévié en arriére et en haut. Couchez la femme sur le dos , refoulez le fond de la matrice en arrière ; introduisez deux ou , au besoin, quatre doigts ; attendez quelque temps s'il est nécessaire et presque toujours, vous arriverez à l'ouverture du col.
Le travail commence chez la femme d'un médecin qui ne pratique pas les accouchements. Le mari touche et croit d'abord à une présentation de l'épaule , puis à l'absence du col qu'il cherche vainement : il est dans des inquiétudes mortelles ; il a mis sa maison sens dessus dessous.... et il n'y a d'anormal qu'un peu de déviation du col en arrière !
Nous avons dit déjà que dans ce cas , il suffit d'appliquer un bandage pour redresser l'utérus, ou mieux, de tenir la femme couchée sur le dos ; de lui recommander de ne pas pousser prématurément ; de relever le fond du viscère au moment des douleurs et, au besoin, d'accrocher la lèvre antérieure du col avec deux doigts pour le ramener doucement en avant.
L'occlusion du col, avons-nous dit aussi, est parfois due à une espèce de fausse membrane, ou à des filaments qui vont d'une lèvre à l'autre et semblent avoir la forme circulaire de l'orifice qu'ils circonscrivent et dont ils empêchent la dilatation. Une sonde de femme, ou même l'ongle, suffit pour déchirer ces filaments ou cette fausse membrane.
Supposons cependant qu'une opération soit nécessaire :
a) SIMPLE DÉBRIDEMENT. Au moyen de deux doigts de la main gauche , on introduit dans le col un bistouri boutonné , enveloppé d'un linge, jusqu'à environ 2 centimètres du bouton. On pourrait employer le bistouri de Pott, ou faire fabriquer un bistouri boutonné très-long dont la lame, tranchante dans l'étendue de deux centimètres seulement, serait masquée par une gaînc
mobile. Lorsque la lame a pénétré de quelques lignes dans le col, on en tourne le tranchant en dehors et on incise dans une étendue de 4 à 6 millimètres en appuyant avec l'index gauche sur le dos de la lame, pendant que la main droite agit en sens opposé sur le manche. On procède de la même manière, mais en changeant de main, sur le côté opposé du col. Les incisions I multiples sont préférables à une incision unique trop étendue.
Le bistouri est difficile à manier au fond du vagin et il vaut I mieux opérer avec de longs ciseaux mousses et légèrement courbes
sur le plat. On introduit deux doigts, l'un au-dessus, l'autre audessous de la lèvre du col et , sur ces doigts , les ciseaui dont on écarte les lames lorsqu'elles sont parvenues contre le I bord de l'orilice , de sorte que l'une d'elles pénétre dans le col
' et l'autre reste au-dessous. Lorsque survient une douleur, on
j incise en rapprochant brusquement les manches de l'instrument.
b) OUVERTURE FNTIÈREMENT ARTIFICIELLE. 11 faut la I pratiquer là où se trouvait forifice du col, ou tout aussi près que
I possible de ce point. Cette opération est plus délicate que le
, simple débridement , surtout dans son premier temps , car on
i pourrait blesser l'enfant et agir sur des parties de la femme au-
I très que celles qu'on veut attaquer. On porte d'abord l'index et
le médius gauches contre le point à inciser : le long de ces deux doigts , on introduit à plat un long bistouri convexe et pointu. On en dirige alors la lame en travers, on applique les doigts sur l'extrémité du dos de la lame, et l'on incise prudemment , couche par couche , jusqu'à ce que le défaut de résistance et l'issue du liquide amniotique indiquent que l'on a pénétre dans l'œuf. L'indicateur sert alors à introduire un bistouri boutonné dans la plaie, à laquelle on donne une étendue de 4 à 3 centimètres. On laisse à la nature le soin de lui donner toute la largeur nécessaire.
Après le débridement la femme perd à peine 2 à 3 onces de sang. Mais, même lorsqu'il faut faire toute l'ouverture par le bistouri, l'hémorrhagic qui suit l'incision n'est jamais inquiétante. Quelques injections froides ci. au besoin, le tamponnement suffiraient pour l'arrêter.
Dans un cas oa des Confrères croyaient l'opération césarienne nécessaire, mon père introduisit la main et, après avoir un peu i refoulé le 'crâne, il accrocha le col, qui était fortement dévié en
arrière , et peu à peu , sans violence , il parvint à le ramener à S.I place ■ .\ partir de ce moment le travail prit une marche régulière et il se termina spontanément.
DE L'EMBRYOTOMIE