IV. Diastasie des os du crâne
Fig.
M. Didot, de Dinant , a proposé, en' i85o, une nouvelle méthode pour réduire le volume du crâne. Elle consiste à abaisser la face et à enfoncer dans les orbites, les narines ou la bouche, un instrument spécial, r.essemblant à celui dont se servent les gantiers, et destiné à faire éclater la base du crâne. Le céphalotribe écrase de dehors en dedans, le diatripteur démolit de dedans en dehors.
L'appareil instrumental de M. Didot se compose de deux pièces :
1° Le diatripteur formé de deux longs leviers d'acier, articulés l'un sur l'autre et dont les branches peuvent s'écarter dans une mesure réglée par une vis (FIG. 123). L'extrémité de l'une de ces branches est armée d'une forte lame de lancette qu'on peut taire darder à volonté.
2" Un doigtier métallique articulé, à sommet crochu, destiné à compléter la disjonction des os et à faire leur extraction.
M. Didot n'a essayé qu'une seule fois son instrument sur le vivant : il opérait dans un bassin de 67 millimètres, en présence d'une commission chargée d'apprécier la valeur du procédé {2). Après plusieurs tentatives infructueuses il dut renoncer à délivrer la femme, M. Simon appliqua alors le forceps-scie et termina rapidement l'accouchement.
Les causes de l'échec de M. Didot n'ont rien qui doive étonner : il n'est pas facile de substituer
(i)~Nous avons dit les modifications que les accoucheurs belges ont imprimées au céphalotribc ci nous n'y reviendrons pas.
(1) Voir bulletin de l'acad. royale de tnéd. de Belgique, 1851-5) t. XL n" 1.
DU SCIAGE DU CRANE 2o3
une présentation de la face à une présentation du sommet et cette mutation, quand elle est possible, suppose une mobilité de la tête qui rend la perforation et la disjonction des os malaisées à pratiquer.
Le diatripteur pourrait rendre cependant de bons services après rissue du tronc, si sa pointe était assez puissante pour traverser la base du crâne, ou pour se frayer un passage à travers le canal rachidien.