IV. Enfin dans les vices extrêmes (moins de 66 millim
CÉPHALOTBIBE
14 cas
33 cas
'Trn
Morts :
,S.,.p.oo
AcciJents pucrpêmui
tli.uchc» luirruales
ins ni.');li)^ S oNcn'. de sciage «lu crine relatives à des b > miUimËirvs. Ktics donnent :
•.vuchM nortnaict .
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Ces chiffres ont une signification sur laquelle il me paraît inutile d^insister. En comparant les résultats de la transforation avec ceux du sciage et surtout avec ceux du broiement du crâne, mon père avait lé droit d'éprouver une légitime satisfaction : diminuer par une méthode nouvelle les mauvaises chances d'une opération grave et souvent indiquée, est certes rendre un service important à l'humanité !
A ceux qui trouveraient que nos statistiques ne s'appuient pas sur un chiffre suffisamment imposant dobservations, nous dirons que pour faire de bonne statistique, il vaut peut-être mieux encore peser les faits que les compter. Du reste, confiants dans la valeur du procédé, nous attendrons patiemment que le temps nous apporte le grand nombre de faits qu'on demande. Dans la première édition de cet ouvrage, ne croyant pas être tombés sur ce que les chirurgiens appellent une série heureuse, nous croyions aussi pouvoir promettre que notre statistique ne se gâterait pas en s'élargissant. Depuis lors le nombre de nos opérations a plus que doublé et le chiffre de la mortalité qui était de 1 5 est descendu à 1 1 p. 0/0.
Il est une remarque que nous croyons devoir faire ici. Si l'on compare le céphalotribc et le forceps-scie sous le rapport des résultats qu'ils ont fournis dans les cas de vices moyens et de vices extrêmes du bassin, on voit qu'ai/ point de vue de la mortalité^ le forceps-scie présente sur le céphalotribe un avantage de i5,5 p. 0/0, tandis qu'au point de vue des accidents puerpéraux, son infériorité est de 10,89 p. 0/0 (i).
Cette différence est si extraordinaire qu'on se sent porté à croire que les accidents inflammatoires consécutifs à la cép.halotripsie n'ont pas toujours été signalés (2).
L'ont-ils toujours été avec l'exactitude désirable à la suite de l'emploi du forceps-scie? Il est permis d'en douter. En effet, sur les 34 observations de M. Agudio, abstraction faite des 7 cas mortels, il est fait mention :
de métrite, ...... 7 fois,
de métrite avec phlegmatia alba dolens, 2 fois,
(1) Et encore navons-nous pas porté au passif du forceps-scie, 4 cas d'accès de fièvre guéris par le sulfate de quinine.
(2) Ce reproche ne s'adresse en aucune façon à M. Lauth qui a fait le travail le plus consciencieux et qui a noté un certain nombre daccidents tellement légers que nous avons cru devoir ne pas en tenir compte.
de métrite avec escarres, . . . . i fob,
de métro-péritonite, .3 fois,
d'escarres vulvaires, ,2 fois,
de phlcgmatia alba dolens, 1 fois; ce qui donne 16 cas d*accidents puerpéraux sur 34 ou 47,1 5 p. 0/0, tandis que dans notre relevé général nous ne trouvons que 26,o5 p. 0/0, moyenne qui serait bien moins élevée encore si ce relevé ne comprenait pas les faits de M. Agudio.
Il semblerait donc que les accidents inflammatoires consécutifs à la section du crâne n'ont pas toujours été annotés avec le même soin en Belgique qu'en Italie (i).
Si ces soupçons sont fondés, nous sommes en droit de conclure qu'au point de vue des accidents puerpéraux non mortels, les avantages de la transforation sur le broiement et sur la section du crâne, sont plus considérables encore que ceux par nous indiqués dans notre tableau sommaire.
Les statistiques que nous avons présentées, donnent-elles la mesure exacte de la gravité respective des trois méthodes dont nous nous sommes le plus spécialement occupés? Non, car elles comprennent des cas où l'état de la femme était déjà désespéré lorsque le céphalotribe, le forceps-scie ou le transforateur ont été employés. Il faudrait sans doute écarter les faits de ce genre ; mais alors se présentent à leur tour, ceux dans lesquels la position de la femme, sans être désespérée, est cependant plus ou moins grave; ceux dans lesquels des tentatives d'extraction, au moyen du forceps, par exemple, ont déjà produit des contusions plus ou moins profondes ; puis ceux dans lesquels.
(0 Parmi les observations de M. Van Hucvel rapportées par .M. Marinus {Encyclographie des sciences méd. t. 232), il en est plusieurs qui se terminent par cette simple phrase guérison prompte^ ou convalescence complète et sortie au 10 ou au 11" jour, et comme il n^est pas fiait mention de maladie, nous avons considéré ces faits comme suivis d'un succès complet et ils sont inscrits comme tels dans notre tableau. De ce nombre sont nos obs. 23, 24, 23, 26, 27, 28 (Encyc, t. 232, pp.. 278, 274). Or, ces six mêmes observations sont publiées, avec plus de détails, dans une brochure de M. A. Feigneaux (Bruxelles 1849^ et là nous voyons que, de ces six femmes, cinq ont éprouvé des accidents puerpéraux qui ont réclamé un traitement antiphlo gistique plus ou moins énergique : sangsues, saignées du bras, cataplasmes, injections etc. , que la sixième a été menacée de tîèvre puerpérale et qu elle a souffert de douleurs sciatiqucs pendant quelque temps encore après son transport à domicile.
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en labsence de toute manœuvre, la durée du travail ou des complications diverses ont grandement diminué les chances de succès ; enfin, toutes choses égales en apparence, les praticiens savent que certains organismes résistent à tout, tandis que d'autres cèdent au moindre choc. On ne rencontre peut-être jamais deux cas absolument identiques, de sorte que si Ton voulait tenir compte de toutes les nuances, il n'y aurait plus de statistique possible. Nous avons donc dû prendre les faits tels qu'ils se présentaient dans leur ensemble et les classer d'après ce qu'ils avaient de commun : le degré d'étroitesse du canal pelvien. Appliquant aux divers procédés d'embryotomie la même mesure, nous . croyons avoir démontré rigoureusement que la transforation est supérieure au broiement et à la section du crâne. Si pour Tune et pour l'autre opération, on voulait éliminer les cas où la mort de la femme ne peut pas, en bonne justice, être mise sur le compte de l'instrument, nous consentirions très-volontiers à cette manière d'envisager la question, car elle serait tout à l'avantage de notre procédé. Elle nous permettrait de démontrer que la transforation n'aurait vraisemblablement aucun cas de mort à enregistrer si elle avait toujours pu être pratiquée avant que la durée excessive du travail ou des manœuvres eussent rendu le succès improbable, si non impossible. On m'accordera sans peine que moins les organes maternels ont été violentés, froissés et meurtris par l'opération et plus la femme a de chances de faire des couches heureuses. Or :
Puisque parmi les femmes atteintes d'un vice moyen du bassin 52 sur 100 ont des couches normales après le broiement, 48 après le sciage, et 77 après la transforation ;
Puisque sur 100 malheureuses dont l'étroitesse pelvienne est extrême (moins de 66 millimètres) 48 après la section et By seulement après le broiement ont des couches normales, tandis qu'après la transforation nous en comptons 66 ;
N'est-il pas démontré jusqu'à l'évidence que la transforation est la plus humaine et la plus inoffensive des méthodes ?
Une nouvelle méthode doit nécessairement rencontrer la critique sur son chemin. Nous ne croyons pas que la transforation puisse devenir dans la suite, l'objet d'une attaque plus complète et plus minutieuse que celle dont M. Hyernaux l'assaille dans son livre : il va jusqu'à la rendre complice des accidents que le chloroforme pourrait produire ! Mon père , dans son mémoire a répondu à tous les griefs que lui reproche son
honorable Collègue de Bruxelles, et nous renvoyons avec confiance à cette défense, que nous ne pouvons pas reproduire ici, ceux de nos lecteurs qui connaissent Taggression.
Il est cependant deux objections que Ton nous a faites bien souvent, et que nous croyons utile de réfuter brièvement, les voici :
irc Objection. L'instrument fermé mesure 72 millimètres; comment dès lors peut-il extraire une tête d'un bassin qui n'aurait, par exemple, que 40 millimètres?
Si Ton entend parler d'un bassin dont tous les diamètres seraient uniformément réduits à 40 millimètres, l'objection est fondée, car on n'a pas encore trouvé un instrument capable d'entraîner un enfant à travers une bague ou « un chameau à travers un trou d'aiguille. » Mais il n'existe peut-être pas d'angustie aussi absolue et, dans le bassin le plus vicié, à côté de diamètres plus étroits encore, on en rencontre presque toujours au moins un plus large où le transforateur trouve à s'insinuer et à faire son ivuvrc de démolition. C'est ainsi qu'une voie impraticable pour le céphalotrîbe ou le forceps-scie peut ne pas l'être pour le transforateur : nous avons extrait sans difficulté des têtes de Ixissins dont les espaces sacro-cotylo*îdiens étaient réduits à 48» à 35 cl même à 25 millimètres. (Voir nos obs. i5c et 7*).
i<^ Objection. Le crâne est habituellement fortement déjeté en avant ; Taxe du bassin est une ligne courbe ; et la tige du tcrclvUum est droite. La dcNiation de la tête, qui est une des princii^los sources do ditficulics pour le sciage et le broiement, contrarie beaucoup moins la transforation. En effet, introduit a^ninic le levier tlamand, parallèlement aux pubis, dont la face |xi$icriouro est Jmite^ et le manche étant reporté en arrière, la p^^iro de rinsirunicni peut toujours être amenée suffisamment en axant |x^ur i^actror dans la voûte du crâne — et si la Kisc nV$i (xis accessible d emblée, elle le devient bientôt par rartlù^^emenl cl reniza^îcmenl spontané de la route ou par de le4:CTes iractiv^:>s :>ur Irnsirurt-icni qui embroche la léte et peut n^^vlî^.vT ShI pvvsîîîon. Les tî^rures i3i et i33 montrent ce qui se jMsse dans la realiîe ci répondent à Tobiection.
DE LA TRANSFORATION
, . CONCLUSIONS. De l'étude comparée que nous venons de **^* nous croyons pouvoir tirer logiquement les conclusions '*^va„les :
25o DIFFICULTÉS PROVENANT DU CANAL A PARCOURIR
1° La transforatîon du crâne est toujours possible là où le broiement et la section le sont ;
2^ La transforation est encore praticable dans certains bassins où le broiement et la section ne le sont plus (bassins* asymétriques) ;
30 Les limites de son action étant plus étendues que celles de la céphalotripsie et de la section du crâne, la transforation recule la limite où l'opération césarienne se trouvait indiquée;
40 Elle peut se pratiquer plus tôt que le sciage et le broiement ;
5° Elle est plus facile à exécuter (i);
6® Elle est moins douloureuse et moins dangereuse pour la femme ;
70 Elle permet d'abandonner l'expulsion du fœtus aux efforts de la nature ou de procéder immédiatement à son extraction;
S^ Les résultats qu'elle a fournis jusqu'ici sont beaucoup plus heureux que ceux de la section et du broiement.
Nous désirons, parce que nous les croyons vraies, voir passer nos convictions dans l'esprit de nos confrères; de la conviction à l'essai, il n'y a qu'un pas. Nous les engageons à faire ce pas et à entrer avec confiance dans la voie nouvelle que nous leur indiquons.
Transforation par le procédé de M. Guy on.
En 1867, M. Guy on remporta le prix Barbier pour un nouveau procédé d'embryotomie qu'il expérimentait depuis la fin de décembre i865, et qu'il avait appliqué une première fois à l'Hôtel-Dieu (2), en décembre 1866.
M. Guy on est parti du même principe que mon père et, comme lui, c'est à détruire le sphénoïde, la résistance la plus sérieuse du crâne, qu'il vise surtout. Au moyen d'un premier trépan (FIG. 134 a) et d'un tire-fond, il enlève de la voûte du crâne une rondelle osseuse de 3o millimètres de diamètre, puis, introduisant le doigt dans la boîte crânienne, et suivant la tente du cervelet , il tâche de déterminer exactement la position du
(1) Nous ne voulons pas faire du prix de rinstrument un argument..., mais cnHn le forceps-scie coûte 180 à 190 francs non compris la pince à dents de loups (35 francs), et la scie de rechange (40 francs), sans lesquelles on ne peut s exposer à entreprendre l'opération : total 245 à 255 francs. Le nouveau modèle Mathieu coûte, seul, 25o frs. Les transforateurs construits par MM. Lindemaier et Claesen de Bruxelles et Mathieu (Paris) coûtent 60 à 70 firs.
(2) Journal de méd. et de chirurgie pratique, 1867 p. 2o3.
DE LA TRANSFORATION
sphéRo'ide. Le long du doigt laissé en place, il fait glisser la tige b armde d'un pas de vis et il l'implante solidement dans la selle turciqiie. , Cette tige sert alors de guide à un second trépan, c, et de tire-fond quand ce trépan, plus étroit que le premier, a détactié du sphénoïde une rondelle osseuse de 2 centimètres de diamètre.
M. Guyon broie ensuite ce qui reste du cerveau et attend le résultat de son opération. Si la nature ne parvient pas à expulser l'enfant, il vient à son secours au moyen d'un forceps à crémaillère, d, long, étroit et élastique qu'il a inventé et qui constitue une excellente pince à pression et à traction.
APPRÉCIATION. En expérimentant sa méthode, M. Guyon ne connaissait pas les travaux que mon père avait faits, dix ans avant lui, dans cène voie et, bien loin de vouloir lui reprocher une tentative d'annexion , nous nous félicitons d'une co'incidence d'idées dont nous sommes heureux, (i)
La trépanation est-elle supérieure au broiement et au sciage du crâne! En théorie cela ne nous paraît pas douteux. En i8S5, dans ses premiers essais de sphénotripsie , mon père se servait des trépans d'Assalini et de Leissing, mais il y renonça bientôt pour les raisons que je vais dire en menant en parallèle lîs instruments de M. Guyon et le transforatcur.
Il) Dans l'édilion de l'ouvrage de Nacgclé & Grenser qu'il a pu bl if, ^1- Aubcnas attribue à M. Guyon la palernité de la tranaforation et il P^K sous- silence les travaux de mon père qu'il devait connaître cependant FUitquc dans ïon article bibliographique il cite notre édition de 1869. Pour savoir pas a accuser la bonne foi de M. Aubenas nous admettrons qu'il lui «t wrivi Je citer un livre sans l'avoir lu.
1" L'appareil instrumental de M. Guy on est assez compliqué ; — le transforateur perce et protège tout à la fois et se transforme au besoin en pince à traction : ce n'est là cependant qu'un avantage secondaire.
2° Le transforateur, plus simple , est donc d'une application plus facile et plus rapide ; ajoutons que son action est plus efficace, car le trépan se borne à enlever une rondelle osseuse et à laisser un trou ; — la poire du transforateur, piinétrant à la façon d'un coin dans l'épaisseur des os de la base les fait éclater et, outre le trou, laisse des fêlures très-favorables à la réduction. S° Il peut être impossible dans un bassin très-vicié et où la tète reste trés-élevée, d'aller au détroit supérieur traverser du doigt toute la boîte crânienne pour faire, à cette hauteur, le diagnostic de la position du sphénoïde ; — le sondage du crâne au moyen du transforateur est facile (i).
4'* Dans certaines présentations de la face, la poire du transforateur pénétrera plus facilement dans les narines, dans la bouche ou dans l'orbite, que ne pourrait le faire la couronne d'un trépan.
b" Il est impossible de blesser la mère avec le transforateur ; tandis que toutes les fois que l'instrument de M. Guy on ne tombera pas perpendiculairement sur le sphénoïde et l'anaquera obliquement, c'est-à-dire dans la majorité des cas, l'os sera déjà traversé en un point a (FIG. i35l qu'il ne le sera pas encore dans un autre b, et, pendant qu'on fera fonctionner l'instrument pour compléter la section , sa partie déjà libre entamera les téguments et pourra blesser la matrice. Cet accident arrivera d'autant plus aisément que la tète est souvent fon mobile et que l'instrument n'est pas propre à la fixer.
Fip. i35.
(i) 1-* lige du tiirâbclluin lïtiint beaucoup plus mince que m poire, pcrmettnit aussi au doigt d'aller cunsiatcc directement la situation du ^héniu.li: ut J'y implanter rinatrumcni. Si l'ouverture de la voûte êlail trop Étroite pour le passage du doif^, il serait d'ailleurs tj<:ilL' de l'ëlargir par urtc incision ,)u'on dirigerait vcn le centre du bauin.