‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 90 sur 165 · DE LA SECTION DU TRONC · texte numérisé non relu

DE LA SECTION DU TRONC

2« Section du tronc:

Plus difficile encore à exécuter que la décollation, et indiquée dans des circonstances analogues, la section du tronc ne se pratique que lorsque le cou est inaccessible. Parmi les nombreux procédés auxquels on peut recourir, ceux de Davis et de R. Lee sont les plus usités.

Ils consistent à extirper le bras, puis à ouvrir le thorax et l'abdomen pour en extraire les viscères. Cela fait, Davis opère la section du rachis, pour extraire Textrémité pelvienne d'abord, puis l'extrémité céphalique, tandis que R. Lee se dispense de I cette section et applique sur la colonne vertébrale un crochet

/ mousse, au moyen duquel il produit l'évolution du tronc en

attirant le siège.

P. Dubois- procède quelquefois comme Davis (Journ. de ^^^' et de chir. prat., art. 2040); mais quelquefois aussi il porte sur le tronc un crochet mousse, puis à l'aide de ses longs ciseaux il divise à petits coups les parties molles et, lorsqu'il est arrivé à la colonne vertébrale, il l'attaque à son tour en ouvrant plus largement l'instrument.

Après avoir désarticulé le bras, après avoir ouvert et vidé le ventre, M. Golfier a vu la colonne vertébrale se briser sous les efforts naturels et l'enfant être rapidement expulsé par le pelvis (Journ, de méd. et de chir. prat., art. 33o). Dans un cas de ce genre Pluskal amputa le bras, ouvrit et 'vida la cavité ihoracique, puis y introduisit la main et parvint à repousser assez le haut du tronc pour permettre à l'extrémité pelvienne de descendre fEnçyclographie, t. 174, p. 247). Mais il est à remarquer que les efforts s'exerçant de bas en haut, c'est-à-dire en sens contraire des efforts de la nature, sont pleins de dangers. Malgré le succès qui Ta parfois couronnée, une semblable manœuvre ne nous paraît pas à conseiller. Nous ne conseillerions pas davantage d'imiter la conduite du docteur Bernier qui, ne parvenant pas à faire la version, arrache un bras, va chercher l'autre qu'il arrache également, puis applique un crochet aigu et extrait le tronc en brisant la colonne vertébrale, les clavicules et les côtes. (Journ, de méd, et de chir, prat,, art. 1262.)

La sercission n'est pas à recommander, la ficelle se casse presque toujours avant d'avoir traversé le tronc parce qu elle s'use

sur le rebord du spéculum, sur le corps d*une vertèbre, sur les côtes ou sur une omoplate.

Le broiement du tronc a quelquefois permis révolution spontanée. MM. Lauwers (i) et Van Huevel (2) ont Tun et l'autre pratiqué la section du tronc au moyen du forceps-scie. La section est rapide mais si, comme il arrive habituellement , le tronc se trouve dans le diamètre bis-iliaque, il sera toujours difficile, et souvent impossible , de placer les branches de Tinstrument , Tune en arrière et l'autre directement derrière les pubis, comme elles doivent Têtre pour bien embrasser le corps à scier. L'opération est rendue plus pratiquable par la modification que M. Tarnier a imprimée à l'instrument (V. FIG. i38 p. 257).

Lorsque le dos de l'enfant est en arrière on pourrait, avec beaucoup de précautions, se servir du crochet aigu de Celse.

Le moyen le plus simple de mener à bonne fin cette opération difficile consiste à passer, au moyen de la branche protectrice de notre transforateur, muni à cet effet d'un ressort analogue à celui de Bell oc, un fil sur le tronc, puis à substituer au fil une chaîne d'écraseur.

EN RÉSUMÉ : lorsque la version d'un fœtus mort est trop difficile ou trop dangereuse,, et que l'évolution spontanée ne s'opère pas, à quel parti faut-il recourir? Lorsque le cou est accessible, on le coupe ; lorsqu'il ne l'est pas il faut bien se résoudre à agir sur le tronc lui-même. Mais auparavant, nous croyons qu'on fera bien d'extirper le bras et de faire une nouvelle tentative de version. Cette amputation a quelques fois permis une version usqu'alors impossible.

Si la version échoue, on place un crochet mousse sur le tronc et l'on exerce des tractions. On continuera ces tractions si l'effet obtenu permet d'espérer l'abaissement du pelvis, c'est-àdire une évolution forcée analogue à l'évolution spontanée (3) :

(1) Annales de la Flandre Occidentale i855-56 p. 400.

(2) Presse médicale Belge i856 p. 183.

(3) Peu, Monteggia, d*Elstad, Douglass, R. Lee et Testelin ont conseillé ou suivi ce procédé (Chailly, 3* édition, p. 857); mais pour qu il réussisse, il faut généralement que le fœtus soit petit ou le bassin très-largc.

Le procédé de Pamart, bien que loué par Cazeaux (5* édition, p 900), nous paraît exiger les mêmes conditions. Dans le cas rapporté par ce praticien, Icn&nt devait en outre conser\xr une certaine mobilité, puisque le thorax remonta avec la tôte pendant que le pelvis s*abaissait.

Le procédé de Pamart consiste à enfoncer de vive force le crochet mousse sous les dusses côtes et à prendre sur la base du thorax un point d'appui pour les* tractions.

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