‹ Cours d'accouchements professé à l’Université catholique de LouvainChapitre 109 sur 114 · GESTA · texte numérisé non relu

GESTA

Propreté. Les petits enfants exigent des soins de propreté incessants, car leur peau délicate s'irrite et s'enflamme très-aisément. Il convient de leur laver tous les jours tout le corps par régions successives, avec de l'eau dégourdie d'abord, puis avec de l'eau ayant séjourné quelque temps dans la chambre. Il convient aussi de mettre de temps à autre l'enfant dans un bien tiède, ne fûtce que pour l'y habituer ; car s'il a grandi sans s'habituer à l'eau, on se trouve privé, s'il devient malade, de la ressource précieuse qu'offrent les bains.

La région postérieure des oreilles, les plis du cou et des membres , doivent être lavés et bien séchés , matin et soir , et quelquefois même dans la journée ; car ils deviennent souvent le siège de rougeurs , d'érythèmes , de suintement et d'excoriation , surtout chez les enfants un peu lymphatiques et gras , et chez les blonds à peau fine.

La tête doit être mollement brossée tous les jours. Une couche légère de jaune d'œuf, d'huile fine ou de glycérine sert à dissoudre la crasse qui tend à s'y former , et qu'on enlève ensuite avec de l'eau légèrement savonneuse. Il faut désabuser les gens de la campagne qui pourraient encoje considérer cette calotte malpropre comme salutaire. Il est évident qu'il y a tout avantage à ce que le cuir chevelu puisse librement fonctionner comme le reste de la peau.

Il n'y a pas de région qui exige des soins plus constants que l'anus, les organes génitaux et leur voisinage. Ces parties doivent être bien lavées, bien essuyées et bien séchées, non seulement matin et soir, mais encore toutes les fois que l'enfant a uriné ou qu'il a eu une selle. Il doit alors aussi, chaque fois, être remis dans du ■ linge sec et propre. S'il est à l'air , on devra bien se borner d'abord à l'essuyer et à le mettre à sec ; mais en rentrant, la garde-couches aura soin de pratiquer la lotion. Ce que nous disons des langes est applicable à la literie qui doit également toujours être très-propre.

Les enfants, comme les fous gâteux, s'habituent vite à une certaine régularité des excrétions, pourvu qu'on leur donne une position favorable ou qu'on les mette sur le vase à temps et à heures à peu près fixes. S'ils sont sales, s'ils souillent longtemps leurs langes ou leur berceau, c'est généralement par la faute des personnes appelées à leur donner des soins.

GESTA. Il faut recommander à la nouvelle accouchée de ne pas tenir son enfant à côté d'elle, comme elle aime tant à le

HYGIÈNE DES NOUVEAU-NÉS : GESTA

faire aussi longtemps qu'elle garde le lit. Il faut lui recommander également de ne pas l'endormir au sein , mais de le remettre au berceau dès qu'il a suffisamment teté et qu'il fait mine de fermer les yeux.

Il importe de l'habituer de bonne heure à se laisser mettre tout éveillé dans sa couchette et à s'y endormir au milieu du bruit. Sans ces précautions, il finit bientôt par ne plus vouloir s'endormir qu'au sein ou après avoir été longtemps balancé soit dans les bras de la femme, soit dans son berceau. Plus on cède aux caprices d'un enfant et plus il devient difficile.

Nous avons dit déjà que dans les premiers jours, il pouvait être nécessaire de le réveiller pour le faire teter ; mais au bout de quelques^ semaines , il s'éveille spontanément quand le besoin d'aliments se fait sentir, et on peut le laisser dormir tout son saoul, d'autant plus que , pendant le jour du moins , son sommeil ne se prolonge presque jamais au-delà de trois heures.

Jusque vers deux ans, l'enfant fait encore un et souvent deux sommes dans la journée. Il est souvent pétulant et disposé à jouer vers le soir; mais les parents doivent se garder de l'exciter à ce moment car l'excitation peut empêcher ou troubler son sommeil de la nuit.

A mesure qu'il grandit, vers le 2^ ou le 3^ mois, on le débarrasse peu à peu de son maillot pour laisser plus de liberté aux membres et au tronc. Vers 8 à lo mois, on le laisse de temps en temps prendre ses- ébats sur un lit ; on le soutient sous les bras pendant qu'il remue les jambes et simule la marche.

Lorsqu'il est plus fort encore, vers un an, on le met sur un tapis où il se roule, rampe et culbute à plaisir : on place devant lui un tabouret ou une chaise qu'il accroche pour essayer ses forces et finir par se tenir debout tout seul. Cela vaut certainement mieux que de le mettre dans des paniers ou dans des chariots et même que de vouloir le faire marcher avec des lisières; car dans ces diverses positions, la poitrine est toujours plus ou moins gênée et les membres inférieurs doivent parfois supporter le poids du tronc plus que leurs forces ne le comportent.

Lorsque l'enfant commence à marcher on lui entoure la tête d'un bourrelet très-léger et perméable à l'air, pour le protéger quand il tombe ou se cogne aux meubles. Il faut en tout cas l'habituer de très-bonne heure à rester tête nue la nuit et le jour : l'enfance est prédisposée aux affections cérébrales et c'est à elle que s'appHque surtout le précepte de tenir la tête fraîche, les pieds chauds et le ventre libre.

NOUVEAU-NÉ SOUFFRANT

PERCEPTA. L'encéphale de l'enfant jouit d'une activité telle qu'il est inutile et même dangereux de le surexciter comme on le fait trop souvent. On rend par là l'enfant un peu plus vif, un peu plus pétulant, un peu plus précoce, mais aussi plus inégal de caractère, plus capricieux, plus nerveux et partant plus exposé aux méningites et aux convulsions, surtout s'il existe en lui quelque prédisposition native.

Il est à désirer que l'enfant soit confié à une bonne d'une gaîté douce , d'un caractère calme et égal , et entouré toujours comme d'une athmosphère de raison, car les impressions qu'il reçoit exercent une plus puissante influence encore sur l'avenir que sur le présent :

« Quo semel est imbuta recejis sei-vabit odorem Testa diii. »

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