I. Vulve
1 PÉNIL. On peut considérer comme appartenant à la vulve le mont de Vénus ou le pénil, c'est-à-dire l'éminence située au-dedevant des pubis et formée par du tissu cellulo-graisseux, plus ou moins abondant selon les sujets. On a dit que la peau dont le pénil est recouvert , et qui se trouve garnie de poils à la puberté, contribuait à l'ampliation de la vulve lors du passage de l'enfant ; mais c'est une erreur.
2 Les GRANDES LÈVRES sont deux replis saillants, d'une structure serrée mais trè^-élastique ; elles partent du pénil et se dirigent en bas et en arriére, pour aboutir au périnée.
Elles se composent de deux feuillets, l'un externe ou cutané, recouvert de poils chez la femme nubile, l'autre interne ou muqiieiix, lisse, rosé, et doué d'une grande sensibilité.
Les grandes lèvres, fermes et épaisses en avant chez les filles vierges, deviennent plus flasques et plus grosses en arrière chez les femmes qui usent du coit et surtout chez celles qui ont eu des enfants.
Leurs artères proviennent des honteuses et de l'obturatrice. Leurs veines vont la plupart se jeter dans l'iliaque interne. Elles présentent parfois des dilatations variqueuses très-prononcées chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfants et elles peuvent se déchirer à l'occasion d'une violence externe ou pendant l'accouchement.
Les vaisseaux lymphatiques sont en communication avec les ganglions inguinaux.
Les nerfs émanent des branches du honteux interne et de l'une des branches inguinales du plexus lombaire.
Si l'on écarte les grandes lèvres en arrière , on voit se tendre deux replis semi-lunaires, l'un externe, en partie cutané, qui est la commissure postérieure de la vulve , l'autre plus profond et muqueux , qui est la fourchette. Ces deux replis sont séparés
ipS CANAL MUSCULO-MEMBRANEUX
par une dépression, appele'e fossette naviculawe. Il est rare que la fourchette ne se de'chire pas dans le premier accouchement.
3. Les PETITES LÈVRES sont aussi deux replis membraneux mais totalement recouverts par la muqueuse. Plus petites , plus minces , plus sensibles que les grandes lèvres , elles sont comple'tement recouvertes par celles-ci chez les vierges, mais elles les débordent, et se présentent sous l'aspect de deux petites crêtes plus ou moins flétries , bleuâtres , grisâtres et quelquefois noirâtres, chez les femmes qui ont eu plusieurs enfants.
En haut, elles convergent vers le clitoris auquel elles fournissent une sorte de capuchon ou de prépuce; en bas et en arriére elles se perdent dans le feuillet muqueux des grandes lèvres.
Chez les pluripares, les petites lèvres ne font aucun obstacle à l'accouchement , mais chez les primipares à vulve étroite , la tête du fœtus les distend quelquefois au point de les déchirer. Nous avons vu deux fois cette déchirure s'opérer sous nos yeux.
4. Le CLITORIS est une verge en miniature. Il se présente sous la forme d'un petit mamelon encapuchonné par les petites lèvres , situé à 1 3 millimètres au-dessous de la commissure supérieure de la vulve. 11 se rattache par deux racines, longues de 27 milimètres, aux branches ischio-pubiennes. Constitué par du tissu spongieux, il est érectile; la muqueuse qui le recouvre, reçoit du nerf honteux interne des filets nerveux auxquels il doit son extrême sensibilité. Ses artères lui viennent de la honteuse interne et ses veines se rendent dans le plexus urétro-vésical.
Le clitoris ne peut Jamais gêner l'accouchement et De Lamotte se moque avec raison, des craintes manifestées par Peu, à cet égard.
5. MÉAT URINAIRE ET URÈTHRE. A environ 2 centimètres en arrière du clitoris, et séparée de lui par le vestibule, se trouve une petite ouverture qui est l'entrée de l'urèthre ou le méat iirinaire. Les bords en sont peu saillants et il faut une certaine habitude pour les reconnaître au toucher seul; mais la pulpe du doigt étant portée à l'entrée du vagin, si on la ramène doucement en avant, on distingue plus aisément l'espèce de tubercule qui se trouve au bas de la colonne vaginale antérieure et qui constitue un excellent point de repère , car c'est immédiatement au-devant de lui que se trouve le méat urinaire.
Uiirèthre, est long de 21/2 à 3 centimètres et large de 6 à 7 millimètres. 11 est presque droit, mais sa direction peut varier selon la situation et l'état de la vessie.
CANAL MUSCULO-MEMBRANEUX
Sa paroi antérieure est lâchement unie aux pubis par du tissu cellulaire; la postérieure, en bas du moins, est comme creusée dans la paroi vaginale antérieure.
6. HYMEN. Le vagin est fermé chez la femme vierge par membrane mince qu'on appelle hymen. Cette cloison, susceptible de formes diverses , est incomplète et elle laisse en avant un pertuis pour l'écoulement des règles.
Elle se rompt généralement lors des premiers rapports sexuels et ses lambeaux se cicatrisent en laissant de petites éminences connues sous le nom de caroncules mj'7~tiformes (i).