II. Vagin
Situé au-devant du rectum, en arrière de la vessie et du canal de l'urèthre, le vagin s'insère en haut au col de la matrice et s'ouvre en bas dans la fente vulvaire. C'est un conduit membraneux, aplati d'avant en arrière, légèrement concave sur sa face antérieure, et dont les parois, comme celles du bassin, sont de longueur fort inégale.
En haut, il va embrasser le col et forme avec lui une rainure. Mais cette ramure iitéro-vaginale est beaucoup plus profonde en arrière, où elle constitue le cul-de-sac postérieur, qu'en avant, où elle prend le nom de cul-de-sac antérieur.
En bas, nous l'avons dit déjà, le vagin est fermé par la membrane hymen ou bordé par les caroncules myrtiformes.
Extérieurement le conduit vulvo-utérin est en rapport : en avant avec le canal de l'urèthre qui est comme creusé dans sa paroi antérieure et avec le bas-fond de la vessie auquel il adhère par du tissu cellulaire serré et filamenteux ; en arriè?'e, il est d'abord séparé du rectum par un espace triangulaire dont la base est au périnée, puis il s'adosse et s'unit à l'intestin par du tissu cellulo-graisseux assez lâche, pour s'en détacher plus haut où le péritoine vient le tapisser et former la fossette recto-vaginale.
(1) Nous ne croyons pas devoir donner ici la description des follicules sébacés et mucipares de la vulve, ni celle de l'espèce de sac dartoïde découvert dans la grande lèvre par M. Broca. Ces notions, très-utiles au point de vue médical et chirurgical, ont beaucoup moins d'importance sous le rapport de l'accouchement. On peut les retrouver d'ailleurs dans les traités danatomie.
CANAL MUSCULO-MEMBRANEUX
Sur les cotés, le vagin donne attache en haut aux ligaments larges et correspond en bas au tissu cellulaire du basin et à des plexus veineux.
Intérieurement, les parois vaginales présentent sur leur ligne me'diane, et surtout vers le bas, une sorte de raphé plus ou moins saillant d'où partent des rides transversales.
Ce raphé et ces rides constituent ce qu'on appelle les colonnes du vagin. La colonne antérieure est beaucoup plus prononcée et s'étend beaucoup plus haut que la postérieure.
Elles s'assouplissent l'une et l'autre pendant la grossesse ; elles facilitent l'allongement et la dilatation du vagin ; elles tendent à s'effacer par le coït et surtout par les accouchements répétés. Celle de la paroi antérieure ne disparait cependant jamais complètement, du moins en bas.
Entre les rides ou les replis du vagin, il existe un grand nombre de follicules destinés à sécréter le mucus nécessaire à la lubréfaction et à l'assouplissement des parois du canal.
Le tissu propre du vagin est assez mince en haut et dans toute l'étendue de la paroi postérieure, mais dans la portion de la paroi antérieure correspondant à l'urèthre il s'épaissit et il forme en bas et sur les côtés un renflement considérable, comme bilobé. C'est le bulbe du vagin qui se trouve embrassé par le muscle constricteur. Il est érectile, spongieux, en communication avec le tissu caverneux du clitoris, et sa congestion jointe à l'action du muscle constricteur du vagin , rétrécit l'entrée de ce canal au moment du coït.
Deux lames fibreuses embrassent en outre ce tissu érectile et, chez la femme primipare, nous les avons quelquefois vues former une sorte d'anneau assez résistant pour retarder notablement le dégagement de la tête. Mais, comme les aponévroses du périnée, elles se laissent sans doute érailler, car nous n'avons jamais constaté cet obstacle que dans un premier accouchement.
En haut le tissu propre du vagin se continue avec celui de l'utérus, mais sa muqueuse se réfléchit sur le col, le recouvre en entier, puis se continue avec la muqueuse qui tapisse la cavité utérine.
Les artères vaginales viennent des hypogastriques et des utérines. Les veines, multipliées et plexiformes, se rendent aux hypogastriques; les vaisseaux lymphatiques, aux ganglions intrapelviens. Les nerfs émergent du plexus hypogastrique et du plexus sacré.
CANAL MUSCULO-MEMBRANEUX