‹ Cours d'accouchements professé à l’Université catholique de LouvainChapitre 75 sur 114 · PELVIS · texte numérisé non relu

PELVIS

a) S'avancant par le pieds.

I. PRÉSENTATION. Le pied ne peut se confondre qu'avec la main. Mais :

1° Les pieds se présentent généralement ensemble et à peu près au même niveau ; ce qui n'est guère possible pour les mains.

2° Le pied s'articule à angle droit avec la jambe ; la main continue à peu près la direction de l'avant-bras.

3° Les orteils sont courts , droits, tous parallèles, tous terminés sur une même ligne droite ; — les doigts sont plus longs, recourbés ou fléchis et le pouce leur fait opposition.

4° Un caractère différentiel plus important, d'après nous, et que nous n'avons trouvé signalé par aucun auteur, c'est que la paume de la main , sous la pression du doigt , s'excave en petite cupule, tandis que la plante du pied présente un coussinet convexe. Or, dans la profondeur des organes maternels, il nous

DIAGNOSTIC DES PRÉSENTATIONS

parait plus facile de constater, la différence qui existe entre une paume de main et une plante de pied, que de saisir les nuances de longueur, de parallélisme, etc.... qui distinguent les doigts des orteils.

Le talon pourrait, à la rigueur, être pris pour un coude ; mais le voisinage des orteils, celui de l'autre pied, indépendemment des caractères distinctifs des deux parties, dissiperont bientôt l'erreur. Dans le doute, l'examen du ventre fera éviter toute confusion entre les membres inférieurs et les membres supérieurs.

II. POSITION. La direction des orteils et celle des talons nous apprennent de quel côté se trouve le ventre, de quel côté le dos.

Remai^qiie. Dans certains cas on n'arrive à toucher qu'Un seul pied. Est-ce le droit ou le gauche? Qu'on suppose sa pointe tournée directement en avant : si le gros orteil est à gauche, par rapport à la femme, c'est le pied droit, et vice-versa.

b) S'avançant par les genoux.

I. PRÉSENTATION. L'enfant présente rarement les genoux : ils sont plus gros, plus ronds que les coudes, et ils se présentent ensemble ; les coudes jamais.

II. POSITION. La direction des tibias indique celle du sacrum.

c) S'avançant par les fesses,

I. PRÉSENTATION. Au début, une seule tesse, l'antérieure, est accessible. Elle est généralement assez élevée et la poche des eaux a de la tendance à s'allonger en boyau.

On sent une tumeur molle et charnue, sur laquelle on peut rencontrer un point osseux , l'ischion , ou , quand la région est très-inclinée latéralement, le grand trochanter ou une épine iliaque antérieure, ou même le pli de l'aîne.

Quelquefois la présentation est déviée de manière qu'on tombe plutôt sur le sacrum que sur les fesses. On touche alors une surface plus large, plus dure et qu'il est difficile de reconnaître, avec certitude, jusqu'à ce que la déviation soit corrigée et jusqu'à ce qu'on atteigne le coccyx et l'anus.

DIAGNOSTIC DES PRÉSENTATIONS

Le diagnostic peut être d'autant plus difficile que la poche est plus proéminente ; or , il importe beaucoup de la respecter car, si Ton n'a pas fait l'examen du ventre, on ne sait pas encore si c'est l'épaule ou la fesse que l'on rencontre.

Lorsque le siège s'engage davantage , les deux fesses deviennent accessibles et on les reconnaît, non-seulement à leurs caractères propres, mais surtout à la rainure qui les sépare, à la petite saillie, légèrement mobile, du coccyx, et à la présence de l'anus et des organes génitaux. Le signe vraiment caractéristique de la région, cest l'anus, dont le degré de resserrement ou de relâchement fournit en outre des présomptions sur l'état de vie ou de mort du fœtus.

A une période plus ou moins avancée du travail, du méconium, en paquets noirs, s'échappe des organes. Son expulsion peut être le résultat, purement mécanique, de la compression de l'abdomen de l'enfant et elle est par conséquent moins inquiétante que lorsqu'elle se produit dans toute autre présentation.

Erreurs possibles. Manoury fait le diagnostic d'une présentation du siège et c'est l'épaule qui se présente : il a pris le pli de l'aisselle pour celui des fesses. {Ann. de la Flandre occ. 1855-56).

Jugeant d'après une première impression, Velpeau prit un instant, la vulve d'une petite fille pour la bouche et" le col de l'utérus, pour la langue. Un praticien , expérimenté cependant , nous a avoué avoir un jour porté le doigt dans l'anus de l'enfant et l'avoir pris pour le col de la matrice encore mal préparé.

Une sage femme reconnaît une présentation du sacrum , et exprime des inquiétudes pour la vie du fœtus : on lui adjoint, comme consultant, Alp. Leroy qui affirme, sans hésiter, qu'il s'agit d'une présentation du sommet. Lorsque les fesses furent dégagées : « c'est singulier, dit la malicieuse matrone, cet enfant a la tête faite comme les autres ont le derrière ! »

Un autre jour Leroy annonce à ses élèves une présentation de la face.... il a le doigt dans la bouche, dit-il,... et son doigt revient souillé de méconium !

Pour éviter de semblables méprises, il faut toucher avec soin et, si le doute, persiste, recourir à l'examen du ventre, pour le dissiper.

II. POSITION. Elle est indiquée par la situation respective de l'anus, du coccyx et des organes génitaux, s'il s'agit d'une pe-

DIAGNOSTIC DES PRÉSENTATIONS

tite fille. Nous disons : s'il s'agit d'une petite fille, car le scrotum descendu entre les fesses se dévie parfois à un point qui pourrait induire en erreur.

d) Pelvis s' avançant en masse.

I. PRÉSENTATION. On trouve réunis les caractères de la présentation des pieds et de celle des fesses.

II. POSITION. La direction des- orteils, la situation des pieds par rapport aux fesses, montrent de quel côté se trouve le ventre, de quel côté, le dos.

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