‹ Cours d'administration militaire (volume 2)Chapitre 50 sur 128 · DU MINISTRE · texte numérisé non relu

DU MINISTRE

En présence de la vive et habile direction imprimée au service de la remonte, des encouragements soutenus donnés à notre industrie chevaline et de ses remar» <]uables progrès, devions-nous continuer à admettre rhypothèse que les produits du pays en chevaux propres au service de la cavalerie et nos procédés de l'état de paix devenant insuffisants, le Ministre de la guerre pût se trouver dans l'obligation de chercher des ressources dans les pays étrangers, pour pourvoir à tous les besoins d'une guerre à entreprendre ?

Aujourd'hui, comme en 1847, lorsque nous écrivions ce chapitre, la question que nous nous posons de nouveau naissait dans notre pensée , de cette possibilité d'une guerre telle qu'il nous faudrait recourir à des moyens extraordinaires pour procurer à la cavalerie, à Tartillerie, aux équipages de Tadministration , le nombre considérable de chevaux qui leur seraient nécessaires.

Quels inconvénients, nous sommes-nous demandé, peut-il y avoir à reproduire ici d'anciennes prévisions, utiles, si elles doivent se réaliser, nulles en fait comme en droit, si elles ne doivent pas trouver leur application?

Pour nous, si chère que nous soit la paix, nous avons toujours cru à la possibilité d'événements qui là viendraient troubler, et la guerre dans laquelle nous sommes aujourd'hui engagés en Orient, ne justifie que trop nos prévisions.

Telles sont les considérations qui nous ont déterminé à ne pas retrancher ce chapitre (1).

(i) En 1340, lorsque, dans des prévisions de guerre que les événements furent bien près de justifier, la France dut demander immédiatement 25,000 chevaux à des États voisins, nous vîmes les hommes le plus haut placés dans la hiérarchie militaire et les plus compétents, signaler avec ardeur et tristesse notre pénurie en chevaux propret à la guerre.

Leurs écrits, inspirés par un patriotisme éclairé et empreints d'une parfaite connaissance de la matière, ont, nous le savons, donné lieu à de vives controverses; mais nous savons aussi qu'il est impossible de traiter, dans leur ensemble, des sujets d'un ordre aussi complexe, sans inquiéter de nombreux intérêts, et sans rencontrer sur son chemin des idées erronées que de vieilles racines protègent longtemps contre les plus justes attaques.

Quoi qu'il en soit, reconnaissons et répétons bien haut que ces hommes, en provoquant la discussion à laquelle nous faisons allusion ici, ont, par les salutaires avertissements qu'ils ont su y mettre en lumière, rendu un immense service au pays, car rien n'est plus dangereux pour une grande nation que de se faire illusion sur les éléments de sa force et de sa puissance.

Sans nous prononcer sur le plus ou moins d'opportunité de réunir les haras aux remontes, nous nous étions affligé de ne pas voir le concours de tous les ^orts et de toutes les volontés mis au service d'une cause commune, et nous pensions être dans le vrai en exprimant à l'appui de ce regret et du vœu qu'il renfermait , l'opinion que l'administration qui consomme ne devait pas rester étrangère à l'administration qui produit.

Ce vœu est heureusement exaucé aujourd'hui. Nous voyons, en effet, depuis 1852, figurer parmi les administrateurs des haras, des officiersgénéraux et supérieurs de cavalerie que recommandaient leurs connaissances spéciales dès longtemps éprouvées.

Telle était, au surplus, la pensée de l'Empereur, lorsque par son décret du ii juillet 1806 (Bulletin des lois, page a02, article 14), il affectait

Ce n'est toutefois , pensons-nous, que dans le cas extrême de l'organisation de grandes armées et de Tinsuffisance bien constatée de nos propres ressources en chevaux (en chevaux de selle surtout), que le Ministre

une partie des emplois de Tadministration des haras à des militaires ayant servi dans les troupes à cheval^ etc.

Voici, au reste, et sans acception de système, l'indication des écrits sur cette matière qui ont eu le privilège d'occuper plus généralement, à l'époque où nous nous sommes reporté, l'attention publique :

i^ De tùrganimtiùn et de l'état actuel de la camlerie, par le lieutenant général Préval, chez Ânselin, 1840 ; 2* De (a cavalerie et du casernement des troupes à ûhetal, par le

lieutenant général marquis Oudinot, chez Anselin, iS4l ; 3^ Des institutions hippiques et de Vélèee du cheval, par le comte

de Montendre {Journal des H aras , 1844); 4* De la cavalerie dans ses rapports avec la production des che-^

taux, par M. de Puibusque, 1840 ; 5» Des remontes de Varmée, par le lieutenant général marquis Ou-

dinot, chez Laguionie, 1842 ; 6<* Des rem(mtes de Varmée, par le capitaine d'état-major de 6aa-

jal, chez Dumaine, 1842 ; 7* Des remontes de la cavalerie française , par le colonel Saint-

Hypolite ; 8^ Des remontes de t armée et de ses rapports avec l'agriculture ,

par le marquis de Torcy, 184S ; 9<* Des remontes actuelles de la caivalerie, par M. d'Aldéguier,

1842; 10<* Consid&ations sur les institutions hippiques, par le duc de

Gramont, 1843; 11® Lettre du lieutenant général marquis Oudinot à M. le duc de

Gramont, 1843; 12® Opinion d'un propriétaire sur la question chevaline, par

M. Duval Saint-Maurice, 1843 ; 13® Résumé de la question des haras et des remontes, par le comte

Joseph de Turenne, chez Dumaine, 1844; 14® Traité complet de ^él^du cheval, par EphremHoufl, officier

supérieur des haras, chezTostain, à Avranches ; IK^ De la remonte et des haras, par l'intendant militaire baron Demiiiée (voir le Spectateur militaire, 1847).

de la guerre devrait songer à s'en procurer par la voie de l'entreprise, en permettant l'introduction des chevaux étrangers.

Alors, et suivant l'importance et l'urgence plus ou moins grandes des besoins à satisfaire, les conditions d'âge, de sexe, d'origine, de taille et de prix, recevraient des modifications nécessairement laissées à l'appréciation du Ministre.

Alors encore , non-seulement de pareilles mesures , dans de telles circonstances, ne comporteraient pas l'emploi d'adjudications publiques; mais, sous peine d'échouer, l'administration aurait pour devoir d'entourer ses dispositions , les premières tout au moins, du plus profond mystère.

D'après notre expérience, et faute de règles écrites sur lesquelles nous puissions nous appuyer, les stipulations les plus essentielles à insérer dans les marchés dont il est ici question, seraient les suivantes :

lo Détermination du nombre total de chevaux à fournir ;

*2^ Subdivision de ce nombre par arme et par service ;

Z^ Mention expresse si les chevaux pourront ou devront être tirés de l'étranger, et, dans celte hypothèse, fixation du nombre dont l'extraction sera permise ;

k^ Désignation de ceux des pays étrangers (Hanovre^ Meckr lembourg, Angleterre^ Suisse, etc.) d'où l'extraction pourra ou devra être faite ;

5^ Age, taille, conditions de conformation, de qualités, etc.;

6° Tolérances accordées, sous ces divers rapports, ou considération de qualités supérieures ;

T Proportions dans lesquelles les juments seront admises;

%^ Prix, par arme ou service, distinctement pour les ebe» vaux de selle et pour les chevaux de traii;

9^ Lieox ou points de livraison *,

272 LIVRE IV. — ADMINISTRAT. PARTÏC. DES SERVICES.

iO^ Époques et importance des livraisons;

11* Règles d'admission et de rejet;

12* Institution et composition de commissions de réception ;

13* Conditions de justification et de paiement des fournitures;

14* Cautionnement et cautions à fournir;

15* Retenues, imputations, marclv^s d'urgence à subir par les fournisseurs, en cas d'inexécution totale ou partielle de leurs engagements;

16* Cas et conditions de la résiliation des marchés;

17* Cas où le cautionnement serait acquis au Trésor.

TITRE Vn.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Le service du logement embrasse en fait, sinon en droit(i), tout ce quia rapport au logement des hommes,

(1) La législation, telle qu'elle est actuellement écrite et appliquée, ne reconnaît pas de êerviee de logement proprement dit. Loin de là, elle considère isolément le catemement et le couchage des troupes , bien que ces deux services aient réciproquement et indispensablement besoin l'un de l'autre pour jouer leur rôle, c'est-à-dîre pour loger.

Par une bizarrerie inexplicable , la législation avait rattacbé au service des lits militaires le logement cbez i'babitant, qui n'avait et ne pouvait avoir de rapport avec lui. Cette anomalie a beureusement disparu. (Voir au Journal militaire le règlement du 20 juillet iS24, 2* sem., p. 77, et celui du 29 octobre 1841 qui l'a remplacé, en ce qui concerne les lits militaires, auxquels le chapitre ii du présent titre est consacré.)

des chevaux et du matériel appartenant au département de la guerre.

Il y a pour l'armée, diverses sortes de logements :

Logement dans les bâtiments militaires, (sar le pied de paix en Logement chez Thabitant, ( France;

Logement sons la tente, (™F,** P'«f 4* "»«««'-

Logement dans des baraques, ) "«"jent, éventuelle-

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Logement sous la tente, ^^"" î^ P*^* ^^ S*^^™'

Logement dans des baraques, ) ^^^^°, '^« circonstan-

Logement au bivouac, \ fes de la guerre et

Logement chez Thabitant,

les ressources des pays occupés.

De même que le service des subsistances, à titre de service général, admet des services particuliers nommés service des vivres, service des fourrages, service des approvisionnements de siège, le service du logement en admet deux fort distincts, savoir :

Le service du casernement, qui procure le logement dans les

bâtiments militaires; Le service des lits militaires, qui procure le couchage dans ' ces mêmes bâtiments.

Le logement sous la tente reçoit l'assistance des services des subsistances et du campement.

Il en est de même pour le logement dans les baraques ou au bivouac.

Le logement chez r habitant forme à lui seul une spécialité commune, sous des conditions différentes toutefois, à l'état de paix et à l'état de guerre, soit à l'intérieur, soit dans les pays ennemis qui seraient le théâtre des opérations militaires.

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