DES HOPITAUX
SECTION PREMIÈRE
BBS VISrTBS ET DBS PIUBGRIPTIOIIS.
Les officiers de santé chargés du traitement des malades font chaque jour deux visites dans leurs divisions respectives :
, , . . ( à six heures, du !•' avril au 30 septembre ; L une. le maim , | ^ ^^^^ ^^^^^^^ ^^ ^„ ^^^^^ ^^ ^^ ^^^ .
(1) Voir an Journal militaire :
L'article 771 du règlement du 1*' avril lS3i ; La note ministérielle du 1*' octobre 1838, 2* sem., p. 164, qui mo^ difie cet article, el renvoie, pour ce qui concerne les feuilles des
TITRE IX. — SERVICE DES HOPITAUX MlUTAIRES. 533
L'autre, le soir, aux heures jugées couveuables par les oflSciers de santé en chef, et le plus souvent déterminées par chaque ofBcier de santé traitant, eu égard à l'état des malades confiés à ses soins (1).
Ils sont suivis dans leurs visites par des médecins aides-majors, par Tinfirmier-major de la division, et par les infirmiers ordinaires de garde.
Les pansements doivent toujours être faits avant la visite du matin; ils sont d'ailleurs renouvelés aussi, souvent que le médecin chef le prescrit.
Les prescriptions de médicaments et d*aliments sont« hors les cas accidentels, faites à la visite du matin pour toute la journée.
La prescription du régime alimentaire est toujours faite à haute voix, afin que chaque malade sache ce qui doit lui être donné.
Les prescriptions sont inscrites immédiatement, sous la dictée de Tofficier de santé qui fait la visite, sur deux cahiers de visite (2) tenus séparément par deux infir-
hommes de troupe, à l'article 479 de l'ordonnance du 25 décembre 1837, sur la solde ;
La décision ministérielle du 14 octobre 1839,2* sem., p. 312, pour ce qui concerne les militaires pensionnés traités dans les hôpitaux ;
L'instruction du 20 janvier 1858, Journal militaire, p. 43.
(1) Il suffit d'mi seul malade dont l'état ait quelque gravité, pour que l'officier de santé dans la division duquel il se trouve le visite à plusieurs reprises, en dehors des heures réglementaires de jour et de nuit.
A toutes les époques de notre carrière, nous avons été témoin de cet admirable zèle.
(2) Ces cahiers sont tenus aujourd'hui par des infrmiers (Voir l'instruction ministérielle du 3 janvier 1860 et le règlement du 31 octobre suivant déjà cités.
miers, lun pour les médicaments et l'autre pour les a/iments.
Ces cahiers sont mensuels, et cotés et paraphés par le sous-intendant militaire. A la fin de chaque mois, ils sont remisa l'officier comptable, qui les conserve, pour les représenter au besoin, jusqu'à l'apurement définitif des comptes de consommation (1).
Chaque cahier est divisé en deux parties, dont Tune sert A l'inscription des prescriptions pour les jours impairs, et l'autre pour les jours pairs, de manière que l'officier de santé qui fait la visite puisse avoir en main le cahier de la veille.
Les prescriptions sont écrites en langue française et avec certaines abréviations de convention, mais réglementées, dont l'emploi est rigoureusement prescrit, à l'exclusion de toutes autres.
Les cahiers de visite comprennent tous les malades d'une môme division traités par le môme officier de santé ; ces malades y sont désignés par leurs noms et par les numéros des lits qu'ils occupent.
Immédiatement après la visite, l'infirmier chargé de la tenue du cahier des prescriptions alimentaires établit un relevé de ces prescriptions, lequel, certifié et signé par l'officier de santé traitant, est remis à l'officier comptable au moins une heure avant la distribution.
L'infirmier-major chargé de la tenue du registre de»
(1 ) Les cahiers de visite sont, en beaucoup de cas, un puissant moyen de contrôle pour la vérificat'on des comptes de consommation, et les fonctionnaires de l'intendance militaire ne doivent pas le négliger.
TITRE IX. *-« BERVIGK DES HOPITAUX MUJT4I1UG6. 5SS
preêcriptwns pharmaceutiques établit un semblable Jfelevé, pour ce qui concerne cette spécialité, et le remet au pharmacien en chef, qui fait pourvoir à la préparation et à la distribution des médicaments*
Les médicaments qui servent au régime curatif se distinguent en médicaments internes et en médicaments externes. Des fioles de couleurs différentes sont affectées à ces deux sortes de médicaments. Il est expressément défendu d'en prescrire ni fournir d'autres que ceux dont l'usage est autorisé, dans les hôpitaux militaires, par le formulaire pharmaceutique (1).
Le régime alimentaire se compose (2) :
Valimenis ordinairBS ; De potages; D'aliments légers.
Les aliments ordinaires sont le pain, la viande^ le vin et les légumes verts ou secs, suivant la saison.
Les potages sont le rîx, le vermicelle, les pâtes féculentes, les bouillies de fleur de farine, les panades.
(i) Voir au Journal militaire la circulaire ministérielle du 11 septembre iS39, 2* sem., p. 2i0, relative au nouveau formulaire, mis ft exécution à partir du !«' janvier 1840.
Ce formulaire, dont une nouvelle édition a été publiée en i857, se trouve dans tous les hôpitaux militaires et dans tous les corps de troupe, auxquels il a été adressé alors.
Il est suivi d'une instruction du conseil de santé sur la tenue des cahiers de visite, (â) Voir au Journal militaire :
La note ministérielle du 7 août 1843, 2' sem., p. 173, et les états y annexés, concernant le régime alimentaire des malades, qui en a reçu diverses améliorations ; La note complémentaire du 26 juillet 1844, 2" semestre., p. 143.
536 LIVRE IV. — ^AOMmiSTRAT. PARTIG. DES SERVICES.
Les aliments légers consistent en œufs, pruneaux, raisin frais, pommes cuites, lait simple (1).
Ces divers aliments sont les mêmes pour les officiers et pour les hommes de troupe ; cependant, il peut être prescrit aux officiers des aliments particuliers, tels que de la volaille, du poisson, des légumes plus fins et du vin de qualité supérieure.
L'usage du poisson ^ comme aliment léger, est étendu aux sous-officiers et soldats dans les hôpitaux où, en raison des ressources locales, le Ministre autorise cette mesure.
Le pain, la viande et le vin sont prescrits pour chaque malade et pour chaque repas :
Par por/ion;
Par trois quarts de portion;
Par demi-portion;
Par un quart de portion.
Le pain peut encore n'être prescrit que par un huitième de portion.
Les légumes, les potages et les aliments légers sont prescrits par portion et par demi-portion. Il en est de même pour les aliments particuliers aux officiers.
On distingue, dans les hôpitaux militaires, trois régimes alimentaires :
Le régime gras; Le régime maigre; La diète.
Le régime gras comprend les malades qui reçoivent,
(1 ) On commence à y joindre le chocolat, les confitures, les biscuits, etc.
avec du pain et autres aliments ordinaires ou légers, du bouillon ou un potage gras.
Le régime maigre comprend les malades auxquels il est prescrit, avec du pain, des légumes et des aliments légers, un bouillon maigre, une panade ou une soupe maigre.
Le régime de la diète comprend les malades qui ne reçoivent que des soupes ou bouillons, soit au gras, soit au maigre, du lait, des pommes cuites ou des pruneaux, à r exclusion de toute portion de pain.
Le vin est prescrit séparément, en dehors de tout autre aliment, quel que soit le régime.
 moins d'une circonstance extraordinaire dont il doit être rendu compte au sous-intendant militaire, les officiers de santé ne peuvent prescrire à un malade la portion entière d'aliments ordinaires (pain, viande et vin) pendant plus de trois jours (1),
SECTION U
DBS PRfiCÀUTIONS PRBSC&rTBS POUR B*A88URBR DE L'EXACTITUDE ET DE LÀ BONinS QUÀLITfi DES FOURIIITURSS.
Parmi les précautions ordonnées pour s'assurer de l'exactitude des fournitures et de la bonne nourriture des malades, il faut remarquer celles relatives à la viande.
Les pesées sont faites en présence d'un sous-officier
(1) La question des régimes est fort débattue, et les indications que nous venons de donner ne sont probablement pas le dernier mot de l'administration.
538 LIVRE IV.— ADMfNISTIIAT. PÂRTIC. DES SERVICES.
de planton. Aussitôt que la pesée est terminée , la viande est renfermée dans l'emplacement à oe destiné, dont la clef est remise à ce sous-officier.
On met à la marmite, pour chacune des deux distributions, deux cent cinquante grammes de viande et un litre deaù par homme^ non compris les malades au régime maigre ou à la diète sans bouillon ni potage gras. Cette opération a lieu aussi en présence du planton.
Les marmites sont fermées à cadenas. Les clefs en sont remises au sousK)fficier de planton^ dès que le bouillon a été écume, lui présent, et qu'on y a mis le sel et les légumes.
Le médecin chef est tenu de déguster chaque jour les aliments, et d'inscrire son opinion sur un registre déposé à cet effet à la dépense.
Dans leurs fréquentes visites, les sous-intendants mi« litaires doivent se faire représenter, vérifier et viser ce registre, et tenir compte des annotations qui témoigneraient de quelque négligence dans la préparation des aliments.
SECTION III
DBS mSTRlBUTlOlfS DE MÉmcAnsnTS IT d'alimbkts.
La distribution des médicaments est faite, le cahier d(»s prescriptions pharmaceutiques à la main, par un aide-major ; elle a lieu deux fois par jour (1) :
Le matin, immédiatement après layisitc, et une heure avant
(1) En 1817, nous avions exprimé le vœu que TadministratioA ié It
la distribution des aliments^ pour les médicameiits à prendre dans la journée ;
Le soir, après la distribution des aliments^ pour les médicaments à prendre dans la soirée.
La distribution des aliments a lieu le matin à dix heures, et le soir à quatre heures.
Le sous-intendant militaire peut toutefois changer ces heures, en cas de nécessité, sur la demande motivée des officiers de santé en chef.
L^ordre des distributions doit être réglé de manière que chaque division de malades soit à son tour servie la première, et que chaque malade, dans sa division, soit aussi à son tour servi le premier.
Les distributions d'aliments s'annoncent à son de cloche, à deux reprises différentes, et à un quart d'heure d'intervalle l'une et l'autre : la première, par forme d'avertissement, et la seconde, pour prévenir que la distribution commence.
La distribution commence par le pain et le vin ; celle du bouillon et de la viande a lieu immédiatement après; les légumes et les aliments légers sont ensuite et en même temps distribués.
Le médecin aide-major qui, à la visite du matin, préside à la distribution, le cahier des prescriptions alimentaires à la main, a soin de supprimer ou de
guerre adoptât l'usage récemment introduit dans les hospices civils de Paris, de distingiwr par des fioles de couleurs différentes les médicaments inlernes et les médicaments exitrnts. On a vu plus haut la satisfaclioh donnée à ce vœu depuis plusieurs années.
diminuer les aliments aux malades à qui la fièvre ou d'autres accidents seraient survenus depuis la visite.
Ces réductions sont aussitôt annotées sur le cahier de visite, opérées sur le relevé journalier.
Les officiers de santé chefs assistent aussi souvent que possible, soit à la préparation des distributions, soit aux distributions elles-mêmes, pour s'assurer de la régularité de cette partie du service.
SECTION IV
DB Là salubrité ET DE LÀ PROPRETÉ.
Les lits doivent être espacés de manière à donner à chaque blessé ou fiévreux, au moins vingt mètres cubes d'air, et à chaque galeux, vénérien ou convalescent, dix-huit mètres cubes (1). Dans aucun cas, la distance ne peut être moindre de soixante-cinq centimètres entre chaque lit, et de deux mètres entre chaque rang de lits.
L'air est renouvelé dans les salles avant et après les visites et les pansements, ainsi qu'avant et après les repas. On emploie aussi, lorsque les officiers de santé en chef le jugent nécessaire, des fumigations et autres
(1) On se préoccupe depuis longtemps de la nécessité d'accorder un plus grand volume d'air par malade, et de le rendre plus commodément renouvelable qu'il ne Test, eu égard à l'assiette actuelle des locaux.
Déjà quelques établissements militaires recueillent les fruits de cette heureuse tendance, et tout fait espérer que l'administration de la guerre entrera de plus en plus largement dans cette voie.
procédés indiqués au formulaire, pour entretenir la salubrité dans les locaux.
Les salles sont balayées trois fois par jour. On les blanchit à Teau de chaux, au commencement du printemps et de l'automne.
Aucune précaution, aucun soin ne doivent être épargnés pour maintenir la salubrité et la propreté, tels que la sanification des fournitures de lit et de corps, l'ét^-* mage des objets en cuivre, le nettoiement des ustensiles à l'usage des malades, et le rechange fréquent du linge de corps et de lit, delà paille, des paillasses et des sacs à paille.
Les malades sont rasés au moins deux fois par se«* maine, en tant que leur état ne s'y oppose pas; les bar^ biers des corps stationnés dans la place sont chargés de ce soin, d'après un tour de service réglé par le commandant militaire.
Les salles sont chauffées pendant l'hiver ; elles sont éclairées la nuit par des lampes, en toute saison.