DU SERVICE DES SUBSISTANCES EN CAMPAGNE
NOTIONS PEÉLIIIINÀIABS.
Nous l'avons déjà dit, et c'est ici le lieu de le répéter, sans subsistances assurées, une armée ne peut rien entreprendre. Les plus habiles conceptions, le plus
(1) Ce chapitre correspond au titre III du livre IV, volume n. Voir an Journal militaire :
L'ordonnance royale du 25 décembre 1837^ déjà citée (articles 2S2 à 306);
Le tarif des relations (n*' 55) annexé à l'ordonnance royale du 5 décembre 4840;
Le règlement déjà cité du 1*' septembre 1827;
L'instruction déjà citée du 16 vent6se an m (article 3);
L'ordonnance royale déjà citée du 3 mai 1832 (titre XV);
L'instruction provisoire de février 1823, 1*' sem.,p. 115 ;
L'instruction du 1*' avril 1854, sur le mode de comptabilité à suivre aux armées actives, 1*' sem., p. 555.
Nous avons déjà eu occasion de rappeler que l'instruction du 16 vent6se an m est une véritable loi , bien et dûment demeurée en vigueur^ ainsi que le prouverait au besoin le rapport fait à la Cour des pairs, en 1826, par l'honorable comte Portalis.
Quant à rinstruction provisoire de 1823, calquée sur le règlement du 5 avril 1792, qui fui réimprimé en 1809 (voir Berriat, volume I", p. 245), elle renferme plusieurs dispositions que l'ordonnance du 3 mai 1832 n'a ni reproduites ni annulées, et qui, malgré quelques erreurs d'attributions dont le rapport précité a fait justice, peuvent être encore utilement appliquées, ou tout au moins consultées.
CHAP. II. — SERVICE DES SUBSISTANCES. i75
ardent courage, la plus sévère discipline : tout vient échouer contre cet obstacle.
C'est donc avec raison que le service des subsistances en campagne doit occuper le premier rang dans Tordre des pensées de l'administration, et que le soin d'y pourvoir constitue pour elle un devoir auquel tous les autres sont nécessairement subordonnés.
Dans l'intérieur de l'Empire, sur le pied de paix, l'administration ne doit en nature que le pain et les fourrages. En temps de guerre, elle doit de plus aux hommes ce que l'on appelle les vivres de campagne^ c'est-à-dire en sus du pain :
Le riz ou les légumes secs (pois^ haricots^ fèves, lentilles) donnés indifféremment les uns en place des autres ;
La viande fratche, ou^ à défaut, le bœuf salé ou le lard salé, qui lai peuvent être substitués (1) ;
Le sel.
Et éventuellement, mais beaucoup plus fréquemment qu'en temps de paix, les liquides^ ou soit :
Le vin ; L'eau-de-vie; Le vinaigre.
En règle générale, tout militaire à son drapeau ou à
(i) Nous avons dit ailleurs (volume II, p. 4) qfuelles sont les autres substitutions de denrées autorisées parle règlement; mais la diversité des produits dans les différents climats où la guerre peut être portée, rend ces indications fort incomplètes. Cest à l'intendant de l'armée d'y suppléer, selon les ressources des pays occupés, et les expériences de leur application.
son poste, en route isolément ou en détachement (1), et, dans les positions semblables ou analogues, tout agent, employé, sous-employé et ouvrier d'administration, attaché à une armée ou à l'un des services de cette armée et jouissant d'un traitement quelconque au compte de l'État, a droit à percevoir en nature, pour sa subsistance, le pain et les vivres de campagne, et pour la nourriture de ses chevaux, si son grade ou son emploi en comporte, les fourrages (2).
(1) n n'y a pour les militaires traités sur le pied de guerre, ni soldé de nmte, ni iùemnité de route; les vivres de campagne fournis en nature en tiennent lieu.
(2) Voici la composition et le poids des différentes espèces de rations $ur le piedde guerre :
Tivrei-^in.
BMtùg, Déeif.
Pain ordinaire 7 5
Pain au quart biscuité 7 5
Pain à demi-biscuité 7 5
Pain totalement biscuité 7 5
Biscuit 5 »
Tivreê de campagne»
Riz . 3
Légumes secs > 6
Sel » i,6
Viande fraîche 2 5
Bœuf salé 2 5
Lard salé 2 »
Sucre » 2,1
Café » i,6
Liquidée.
Vin i/4
Bière ou cidre i /2
EauHle-vie 1/16»
Vinaigre 1/20»
Le droit au pain et aux vivres de campagne s'étend :
1* Aux militaires détenus^ soit déposés dans les maisons d'arrêt qui ont pu être créées, soit conduits par la gendarmerie ;
2* Aux employés attachés aux états-majors et à l'intendance militaire, hors du territoire français seulement et au nombre fixé, savoir :
Par le chef de Tétat-major général , pour ceux des différents états-majors ; Par l'intendant de rarmée, pour ceux attachés en qua-
Fùurrages.
ATOin FOIN. FAILLI. OD OMOI.
kU. kfl. Ul. dfa.
Garabimers 7 4 460
Cuirassiers, gendarmes, état-major général, trainsx
du génie, des équipages miUtaires, du Tr^or, des j
postes, de l'imprimerie impériale, et transports f . a a <h\
auxiliaires ./
Artillerie, chevaux de selle et de trait (officiers eti
troupe) /
Cavalerie de ligne 6 4 380
Cavalerie légère \
Chevaux des ofiGiciers d'infanterie, du génie, def
santé et d'administration î ^ ^ ^ ^
Mulets, quelle que soit l'arme /
Voir, pour le nombre de rations de subsistances (vivres et fourrages) attribué à chaque grade ou emploi, le tarifa cité d'autre part, du 5 décembre 1840, et ne pas oublier que le généraf en chef peut modifier, non-seulement le nombre des rations, mais même leur taux, sur les propositions motivées de l'intendant de l'armée.
Les indications qui précèdent, pour ce qui concerne les hommeê, sont susceptibles de varier, selon les temps et les lieux. Elles ont été modifiées pour l'Algérie et pour les États-Romains ; elles viennent de Tètre sensiblement pour l'armée d'Orient. La tendance marquée du Gouvernement à améliorer la nourriture du soldat^ permet de supposer qu'elle se manifesterait encore à l'occasion d'une nouvelle guerre. (Note de i854.)
lité d'auxiliaires, aux intendants^ sous-intendants et adjoints ;
S^ Aux prisonniers de guerre et déserteurs étrangers ;
&• Aux habitants des pays occupés qui sont mis en réquisition, pour un certain temps, hors de leurs foyers, pour des services ou des travaux directs de l'administration, tels que les ouvriers des magasins et autres établissements militaires, les conducteurs des voitures ou animaux de |)àt réunis dans les parcs d'équipages auxiliaires, etc. Ces derniers ont droit aussi aux fourrages pour la nour« riture de leurs animaux requis (chevaux, mulets, ânes ou bœufs).
L'intendance militaire, dont le rôle, en temps de paix, consiste le plus habituellement à surveiller l'exécution des ordres donnés ou des traités souscrits par le Ministre de la guerre, et la gestion des comptables, est tout à coup investie, en temps de guerre, de la direction constante et immédiate du service des subsistances. Cette attribution lui devient entière et exclusive, du moment que les troupes sont entrées en campagne et ont franchi les frontières de l'Empire. Disposition du personnel, choix du .mode d'administration, initiative et passation des marchés, réquisitions, formation des approvisionnements, création des établissements manutentionnaires, répartition et emploi des équipages, organisation des convois, dispensation des ressources : tels sont, en peu de mots, les nombreux et importants devoirs que l'intendance militaire est appelée à remplir, en ce qui concerne le service des subsistances.
SECTION PREMIÈRE
DU PERSOKinSL DU SERVICE DilNS LES ARMÉES ACTITES.
Aux armées actives, le personnel du service des subsistances se distingue plus sensiblement que dans l'intérieur, en personnel sans troupe et en personnel de troupe.
Le personnel sans troupe consiste dans les officiers d'administration, principaux, comptables et adjudants, dont nous avons fait connaître Texistence et l'organisation (p. 90 du volume I"), et qui concourent, selon leur rang, à l'exécution du service en campagne.
Quant au personnel de troupe^ il consiste dans les détachements que fournissent le train des équipages militaires et les sections d'ouvriers d'administration, dont la force est augmentée dans la mesure des besoins à satisfaire.
Chaque section comprend des ouvriers d'état, tels que boulangers^ bouchers^ botteleurs^ charpentiers^ serruriers^ menuisiers et maçonsii).
Les officiers d'administration et les sections d'ouvriers sont répartis, suivant des règles et proportions spéciales à l'état de guerre, dans les quartiers généraux
(i) Voir plus bas (sect. m du présent chapitre, §| 3, et seci. i'« du chapitre iy) pour ce qui concerne la grande part que les équipages militaires prennent à rexécution du service des subsistances en campagne.
L'ancienne garde impériale avait trois compagnies d'ouvriers d'administration, qui rendirent de très-utiles services sous l'administration de M. le baron Dufour, commissaire ordonnateur en chef de cette garde, sur la proposition duquel l'Empereur les avait créées.
180 TIT. m. — ADMIN. PARTIC. DES ARMÉES ACTIVES.
d'armée et de corps d'armée, et dans les divisions actives, places et arrondissements de l'armée ou du ressort de l'armée.
Dans chaque armée, un directeur (1), choisi dans le
(1) L'intendant militaire de chaque armée a soua ses ordres immédiats, pour l'exécution du service des subsistances militaires et du chauffage, un chef de service ei de centralisation. Selon le Ihéâtre delà guerre, ou les circonstances, les attributions de ce dernier peuvent être réparties entre deux officiers d'administration, dont l'un reçoit alors le titre de chef de service et l'autre celui de chef de centralisation.
CHEF DE BERHCB.
Les fooclioDs da chvf de sert ice sont les suivantes :
4* Tenir le contrôle général des officiers d'administration des subsistances ; soumettre à l'intendant militaire de l'armée des propositions sur tout ce qui concerne le personnel du senrice (répartition, placement, missions, récompenses, etc., etc.);
2* Concourir à toutes opérations, de quelque nature qu'elles soient, relatives à la formation, k l'entretien des approvisionnements, aiusi qu'à Veiécu lion du service; rédiger, sur toutes les questions de subsistances et de cbauffage, des rapports propres à faciliter ou k améliorer la marche du service ;
3* Transmettre ou adresser aux ofGciers d'administration, aux fournisseurs ou entrepreneurs et aux chargés de transports, toutes inslruclions et demandes de renseignements qui ne sont pas de nature à nécessiter l'intervention des sous-intendants militaires^ correspon<lre avec le chef de centralisation;
4"* Remplir toute mission conGée par Pinteudanl de l'armée, en opérant sous l'autorité des sous-intendants roi ilaires qui se trouvent dans les localités, et directement lorsqu'aucun fonctionnaire du corps de l'intendance militaire n'y est présent;
&* Veiller 6 l'inscription quotidienne ei chronologique, sur les livres-journaux, de toutes recettes et dépenses en deniers, de toutes entrées et sorties en matières ; tenir la main au prompt et régulier établissement de toutes pièces élémentaires de comptabilité et des situations périodiques (denrées et effets mobiliers); dresser, par branche de service, des états généraux de situation pour l'intendant militaire de l'armée, et pour le Ministre lorsqu'il t a lieu ;
6« Enfin, établir, ou faire établir sous sa direction, la comptabilité de tout officier d'administration gestionnaire, décédé ou empêché pour une cause quelconque.
CUEF DE CENTRALISATION.
Les attributions, les devoirs et la responsabilité du chef de centralisation sont déterminés d'une manière générale par les décisions et instructions en vigueur ^*)^ auxquelles il y a lieu d'ajouter seulement ce qui suit :
{*) Dé6mu uilnis^térielie du 31 mars 4849, portant fixation des altnbutions des
cadre des officiers d'administration (deuxième section), est chargé, sous les ordres immédiats de l'intendant de Tarmée, de la conduite du service des subsistances. Il reçoit, pendant la durée de cet emploi temporaire, le titre de directeur en chef.
4* Le chef de eenlralisation participe ani mesures géoérales d'approTisionnemenU tontes les fois que rintendant militaire réclame sou concours;
2* Il établit, dans les premiers jours de chaque mois, pour le mois précédent :
Un releré détaillé de tous les achats qui ont été effectués par marché ou à commission ,
Un compte général, par débit et crédit, des cessions qui ont eu lieu entre Tadministration française et chaque administration étrangère ,
Un releré des distributions faites aux prisonniers de guerre ;
3' Il centralise, lorsque les instructions le prescrivent, par branche de service et dans des états généraux, les situations particulières qui sont produites (denrées et effets mobiliers] par les comptables de Tarmée ;
4* Il prépare les pièces nécessaires au recourrement de toutes les sommes dues au Trésor, soit pour trop perçus, soit pour valeur de rations livrées par les magasins de TEtat à charge de remboursement, soit enfin pour cessions de denrées et d*effels mobiliers ;
5** Il établit d*office, lorsque les circonstances Texigent impérieusement, au moyen des livres-journaux et des pièces élémentaires de comptabilité, les comptes en denier^, matières et mobilier, des comptables de colonnes ex péd il ionna ires; il totalise même, si besoin e.«t, les bons de distribution, au nom desdits comptables empêchés: il correspond avec le chef de service ;
6* 11 résume, dans des comptes d'ensemble, les résultats des comptes eu denrées et des situations d'effets mobiliers qui ont été produits par les comptables chargés de gestion ;
7* Enfin, s'il est placé sous les ordres d'un intendant militaire délégué spécialement par le Ministre, il tient le contrôle des officiers d'administration qui lui sont adjoints, et soumet des propositions sur tout ce qui concerne cette partie du personnel.
(Décision ministérielle du 5 avril 1855; Journ. mf/f7.,'p. 349.)
rhcf:« de bureau de centralisation des subsistances militaires dans les divisions territoriales et aux armées actives;
Instruction du 22 juin 4852 sur la comptabilité en deniers du service des subsistances et du chauffage (»rt.42, 29, 34, 36, 37, 38 et 40).
Circulaires n** 4, 2 et 3, contenant des explirations et solutions tendante amener une complète uniformité dans l'application des règles administratives du service des subsistances militaires cl du chautfase;
Instruction du 4" avril 4854 sur le mo<le de comptabilité h suivre aux armi^cs actives (rhapitres 4, 5 et 6).
Le directeur en chef des subsistances réside au grand quartier général.
Il a pour attributions :
l"" De tenir le contrôle général des agents da service, et de proposer à l'intendant en chef leur répartition, placement, récompense ou punition ;
2^ De proposer et de soumettre à l'intendant de l'armée les achats ou les réquisitions^ la formation et l'emplacement des approvisionnements, la construction des fours de campagne, les mouvements de magasin à magasin, l'emploi ou la répartition des compagnies d'ouvriers et des équipages militaires, et généralement toutes les mesures d'exé. cution nécessaires, suivant les temps et les lieux ;
d*" De donner son avis consultatif sur celles des mesures que l'intendant de l'armée juge à propos de confier préalablement à son examen ;
4<^ De suivre et seconder l'exécution des mesures prises ;
5"" De centraliser toutes les écritures et tous les comptes du service, et d'en soumettre les résultats généraux, appuyés des pièces justificatives, à l'arrêté définitif de l'intendant de l'armée (1).
Le directeur en chef expédie les ordres et lettres de service à adresser aux divers agents du service, d'après les dispositions arrêtées ; mais ces lettres et ces ordres ne sont valables qu'après avoir été revêtus du vu et approuvé de l'intendant de l'armée.
Il donne en son nom, à ses subordonnés, tous les ordres de détails relatifs à l'exécution des biesures prescrites, et ceux qui ont pour objet de diriger, dans l'esprit des règlements ou des instructions publiés à l'ar-
(i) Voir au chapitre iv du titre II de ce volume, les modifications dont cette centralisation pourrait devenir l'objet.
mée, rétablissement des comptabilités, ainsi que d'en hâter la réunion entre ses mains.
Un officier comptable et quelques adjudants de première ou de deuxième classe sont mis spécialement à la disposition du directeur en chef, pour lassister dans tous les travaux de la direction et de la comptabilité générale du service.
Il est placé à chaque quartier général de corps d'armée un directeur principal des subsistances, choisi, comme le directeur en chef, parmi les officiers principaux ou comptables de première classe, pour exercer auprès de l'intendant de ce corps d'armée et sous ses ordres directs , des attributions analogues à celles du directeur en chef. Deux adjudants, dont l'un de première et l'autre de deuxième classe, sont placés auprès de lui, pour l'assister dans son travail.
Il est également placé un directeur principal des subsistances, dans chacun des grands arrondissements dont l'administration supérieure est confiée à un intendant militaire.
Quant aux divisions actives, le personnel en est composé dans le seul intérêt de la gestion manutentionnaire (1), c'est-à-dire de manière que chaque partie du service général y soit l'objet d'une gestion séparée.
(1) n y a là une anomalie qui nous a toujours frappé. —C'est surtout dans les divisions activeS) qu'un directeur des services réunis (vivres-pain, vivres de campagne et fourrages) devrait être placé, pour seconder l'impulsion donnée par le sous-intendant, et soulager ce fonctionnaire d'une
On attache , en conséquence , à chaque division active :
/Un officier d'admiDistration comptable ;
i^ j- j • (un pour les écritures: IDenx adjudants.) ^ , j. » u ni- • *i j^«» \ûn pour les distnbu-
Poor les vivres*pam et i dont i ..* ^
■M J { tions:
vivres de campagne^^-^^^^,^^ j^^.^^'
(la viande exceptée)X^^j^ boulangers pétrisseurs j
f Quatre ouvriers distributeurs (paiD, sel , \ légumes^ liquides).
'Un officier d'admiDistration comptable ;
iDeux adjudants, ( "° P«" 'f ^ ^^"»"f ' I , . ' ' j un pour les distnbu-
Pour les vivres-viande^ ( { tiens;
ITroisromainiers) r.x ,
Cinq bouchers j^ '*
.Deux toucheurs (2).
Un officier d'administration comptable |
n A' A t ) un pour les écritures; Pour les fourrages. . ,^*^eux^a«J«<ianis,f ^ p^^^ j^^ distribu-
) tiens;
Six ouvriers botteleurs et distributeurs.
Les officiers comptables reçoivent les denrées, de
foule de détails de surveillance que la multiplicité de ses devoirs lui rend trop fatigants, ou l'oblige même quelquefois à négliger ; pour activer la rentrée des réquisitions ; pour diriger et presser l'établissement des comptes, ou l'envoi des pièces destinées à les établir.
Ces directeurs divisionnaires seraient de la plus grande utilité, et compléteraient l'harmonie de l'organisation des divisions, qui, pour tous les autres services administratifs, sont pourvues de semblables chefs ; payeur ' divisionnaire, direclevr divisionnaire des postes, directeur divisionnaire des équipages, directeur divisionnaire de Vamhukince.
(1) On peut compter un romainier par brigade, et un boucher par 2,000 hommes.
(2) Un toucheur peut suffire à conduire trente bœufs.
quelque origine qu* elles proviennent, les conservent, manutentionnent, expédient et distribuent, à charge d'en justifier dans les formes et sous les règles habituelles ou spéciales déterminées pour l'armée à laquelle ils appartiennent. Ils exercent, sous les ordres immédiats des sous-intendants militaires chargés de la police de leur service, dans les quartiers généraux, divisions, places ou arrondissements. Ils ne doivent exécuter aucune disposition prescrite ou notifiée par le directeur en chef ou le directeur principal, sans avoir préalablement pris l'attache du sous-intendant militaire, qui peut la refuser, sauf à rendre compte à qui de droit des motifs du refus; ils ne doivent, enfin, délivrer aucune pièce ou état de situation, avant de l'avoir soumis à l'approbation ou au visa de ce même fonctionnaire.
Lorsqu'une brigade est destinée à opérer isolément, l'intendant du corps d'armée ou le sous-intendant de la division dont cette brigade est détachée, doit la pourvoir aussitôt d'un personnel analogue et proportionné, savoir : ^
D'un adjudant faisant fonctions de comptable;
Pour les vivres-pain etlD'un adjudant de deuxième classe, pour vivres de campagne/ les écritures et les distributions ; (la viande exceptée), jDe trois boulangers brigadiers;
De neuf boulangers pétrisseurs; ,De deux ouvriers de magasin.
D'un adjudant faisant fonctions de comp-
Pour les vivres-viande, j p. Jï'i^]„ja„t ^^ ^^^^^^^^ e,asse, pour
les écritures et les distributions ;
ID'un romainier ; De deux bouchers ; D'un toucheur.
Et, de plus, s'il s'agit d'une brigade de cavalerie :
'D*uD adjudant faisant fonctions de comptable;
Pour les fourrages. . .<'^'"" ^^J'^^anlde deuxième classe, pour
^ \ les écritures et les distributions ;
De trois ouvriers bolteleurs et distribu* teurs.
Le grand parc d'artillerie a un personnel composé comme pour une brigade de cavalerie.
Dans chaque place d'arrondissement qui comporte une garnison, et dans chaque lieu de passage habituel considéré comme un gîte d'étape, il est placé un personnel semblable à celui d'une division active. Ce personnel est réduit, pour les gîtes de moindre importance , aux proportions de celui d'une brigade de cavalerie.
Un personnel complet de division active est attaché au grand quartier général, pour le service particulier de rétat-major et des troupes qui s'y trouvent constamment ou accidentellement réunies. On ajoute à ce personnel un officier d'administration comptable, pour ôtre particulièrement chargé, sous le titre de garderparc^ de la garde et de la direction du parc de réserve des bestiaux sur pied. Un commis aux écritures, choisi parmi les adjudants de première ou de deuxième classe, et un nombre de touc/ietfrs proportionnés à la force de l'approvisionnement, sont mis à la disposition du garde-parc.
De semblables approvisionnements devant être formés et entretenus à la suite des quartiers généraux de corps d'armée, on y place aussi des gardes-parcs qui sont de même assistés par un commià, pour la tenue de leurs écritures, et par un certain nombre de toucheurs pour la garde et la conduite des bestiaux.
Lorsque la gestion du service des vivres-viande se trouve ainsi partagée, le garde-parc est chargé de tout ce qui se rapporte aux bestiaux sur pied, depuis leur réception dans le parc jusqu'à la remise à l'agent comptable. Les attributions de celui-ci comprennent les abats, les distributions et toutes les opérations qui en sont la suite.
Il doit être tenu en réserve au grand quartier général de chaque armée, pour combler les vides, pourvoir les établissements successivement formés, et remplir les missions éventuelles ou temporaires, un personnel égal à celui de deux divisions actives.
Dans chaque quartier général de corps d'armée, le service est fait par les officiers et soldats d'administration de celle des divisions qui marche avec lui. On y entretient néanmoins, pour les besoins éventuels, une réserve de boulangers^ romainiers, bouchers^ toucheurs et botteleurs^ dans les proportions fixées pour une division active.
Enfin, l'administration doit avoir le soin d'attacher à chaque armée, un certain nomhveàe constructeurs ayant l'expérience spéciale de la construction des fours de campagne. Répartis entre le grand quartier général et les quartiers généraux de corps d'armée, et momenta-
188 TIT. m. — ADMIN. PARTIC. DES ARMÉES ACTIVES.
nément détachés dans les divisions, ces employés dressent, à défaut des officiers du génie, les devis des constructions et des réparations des fours, magasins et autres établissements, et font exécuter les travaux, sous les ordres des intendants et sous-intendants militaires; ils sont chargés de Tachât des matériaux néces* saires, et comptables des effets et ustensiles mis à leur disposition pour l'exécution des travaux qu'ils entreprennent (1).
(1) Ces cùnêtructeurseiêouS'ConsiructeurSf qni faisaient autrefois partie du personnel du service, n'ont pas conservé nommément place dans l'organisation actuelle ; mais il entrait dans notre plan de rappeler leur existence, non-seulement parce qu'ils existèrent et rendirent de fort bons services, mais encore parce que nous sommes convaincu qu'une grande guerre venant à éclater et le cadre étant insuffisant pour y pourvoir, on ne pourrait se dispenser d'en créer de nouveaux.
Quoi qu'il en soit, l'administration mérite cette justice, qu'elle n'a pas perdu de vue l'importance des fours de campagne. Depuis plusieurs années, et principalement depuis 1842, les ouvriers d'administration ont été exercés avec suite et intelligence à la construction de ces fours. Une école, organisée ad hoc à Auxerre, a déjà obtenu d'intéressants résultats, et aujourd'hui, et conformément au décret impérial du 4 juillet 1S53, une des sept compagnies d'ouvriers d'administration (aujourd'hui section d'ouvriers d'art), exclusivement composée d'ouvriers d'art, poursuit ces mêmes exercices.
Les épreuves ont porté et se continuent sur diverses espèces de fours :
Fours en rondins,
Fours elliptiques en moellon pisé (de 226 rations) ;
Autres fours elliptiques en piséy nommés monolithes, parce que la
voûte ou la calotte est d'une seule pièce (de 226 et de 420 rations); Autres fours elliptiques en briques séehées au soleil (de 306 rations) ; Fours à voûte cylindrique, également en briques séehées au soleil
(de 306 rations) ; Fours monolithes en torchis (de 100 à 120 rations); Fours en tôle (de 100 et 200 rations).
Nul doute que les ouvriers d'administration, longtemps exercés à de semblables travaux, n'y acquièrent une expérience et des habitudes qui trou-
Il y a un chef et des sous-chefs aux constructions. Le constructeur en cAé/* réside au grand quartier géne-
veront leur très-utile application à l'armée. Mais suffiraient-ils à la tâche ? suffiraient-ils, si la France devait mettre sur pied plusieurs armées k la fois? Nous ne le pensons pas, et nous sommes ainsi ramené à ropinion ci-dessus émise, qu'il faudrait en revenir aux anciens constructeurs.
Nous avons pris connaissance des divers rapports auxquels ont donné lieu l'enseignement professé et appliqué, à Auxerre, aux ouvriers d'administration, les essais renouvelés depuis plusieurs années, la mise en service des fours en tôle au corps d'opérations de la Moselle en 1844, et les résultats satisfaisants qui y ont été obtenus.
L'opinion qui nous en est restée peut se résumer comme il suit :
1* Les fours en rondins , en pisé et en torchis, lorsque le système aura reçu quelques perfectionnements et d'autres dimensions, pourraient être quelquefois employés avec avantage dans les armées actives ;
2^ Ces mêmes four« trouveraient une plus utile et plus sûre application dans les grands rassemblements, tels que camps de manœuvres et d'observation ;
3® Les fours en tôle, surtout s'ils sont tous amenés à la contenance de 200 rations, seraient évidemment préférables pour le service de ces mêmes rassemblements (les essais qui en ont été faits en Algérie paraissent n'avoir point réussi) ;
4® Les libérations, qui nous enlèvent chaque année les soldats les plus anciens, et conséquemment ceux dont l'instruction se trouve achevée, ne permettraient jamais aux compagnies d'ouvriers d'administration, leur effectif ou leur nombre fftt-il augmenté, de pourvoir suffisamment en hommes expérimentés , soit dans la construction des fours, soit dans la fabrication du pain, aux besoins d'une armée active qui serait tant soit peu considérable, et à fortiori aux besoins de plusieurs armées simultanément organisées sur le pied de guerre ;
5® Il y aurait conséquemment nécessité de revenir aux anciens errements ;
6® Quel que soit le plus ou moins de valeur de ces réflexions, l'administration de la guerre mérite d'être louée de sa sollicitude, et encouragée dans les efforts qui lui restent à faire pour arriver à la solution du difficile problème qu'elle s'est posé.
(Note de 1854).
ral, à la disposition de Tintendant de Tarmée. Il a la haute main sur tous les travaux ordonnés, et remplit toutes les missions que ce fonctionnaire juge à propos de lui confier, notamment quand il s'agit d'organiser un service complet de manutentions sur toute une ligne d'opérations.
Des sous-constmcteurs sont attachés à chaque corps d'armée, en nombre suffisant pour le service des divisions.
Des maçons et des charpentiers, pris dans les sections d'ouvriers d'administration sont mis à la disposition des constructeurs, avec le nombre nécessaire de manoeuvres^ que l'on requiert sur les lieux au fur et à mesure des besoins, lorsqu'on ne peut y suppléer par des soldats de corvée temporairement empruntés aux corps de troupe : ce qui est fort préférable.
SECTION II
DES fiTÀBLISSEMEIfTS (i).
Lorsqu'une armée est en marche, surtout en pays ennemi, on a rarement l'avantage de trouver des établissements tout faits ; il est assez ordinaire que l'ennemi détruise les siens à mesure qu'il se retire, et le plus sage est de n'y jamais compter.
(1) Voir, volume P' de ce Cours, p. 97, et volume II, p. 16 à 22, la composition et les dépendances nécessaires des difilérents établissements, dans l'état de paix, pour s'en rapprocher le plus possible en temps de guerre.
On y supplée, en ce qui concerne le service du pain, par des fours de campagne dont Tintendant ou les intendants de corps d armée ordonnent la construction et déterminent remplacement, eu égard à la situation et aux mouvements de l'armée, ainsi quaux distances que les équipages peuvent parcourir .
Dans nos anciennes guerres, les fours de campagne furent le plus généralement de la contenance de cinq cents rations, l'expérience ayant démontré qulls rendaient le travail de la fabrication plus facile et plus prompt. Les dimensions, tenues exprès plus grandes que pour les fours des manutentions sédentaires, étaient les suivantes :
Longueur 4 mètres 85 centimètres.
Largeur 3 90
|. , (sa largeur. ...» 65
' ( sa hauteur. . • • b 32
Hauteur de la chapelle. ...» 60
Pente de l'àtre » 16
Pour établir un pareil four et le mettre en état de fonctionner, on employait huit maçons^ douze mancmvres^ quatre charpentiers ou menuisiers^ et trente-six heures de temps ^ dont dix-huit pour la constructiofi et autant pour la cuite. Aujourd'hui, la puissance de l'organisation militaire donnée aux ouvriers d'administration, l'expérience que ces ouvriers acquièrent à la faveur des travaux auxquels ils sont assidûment exercés, les perfectionnements qui s'introduisent de jour en jour dans tous les procédés, et enfin les plus décisifs succès qu'il . est légitimement permis d'espérer des essais tentés
et continués à l'école d'Auxerre (voir la note d'autre part, page 188) : tout autorise à croire que le temps nécessaire pour la construction et la mise en service d'un four de campagne serait abrégé de plus de moitié. Quoi qu'il en soit, nous pensons que Ton devra s'éloigner le moins possible des dimensions voulues pour obtenir des fours de quatre à cinq cents rations.
Non-seulement quatre ou cinq petits fours à construire exigent plus d'ouvriers et plus de temps qu'un de cinq cents rations, mais ils augmentent considérablement le nombre des pétrins, brancards, baquets, pelles et autres ustensiles nécessaires, et ajoutent ainsi aux difficultés déjà et toujours si grandes du service des vivres, pendant le cours des opérations militaires.
Les fours de campagne offrent, pour le service des armées actives, une ressource d'autant plus précieuse qu'elle est applicable à toutes les circonstances, à tous les lieux. Leur construction rapide, et peu coûteuse alors que l'on doit en payer le prix permet à l'administration de les multiplier au gré de ses besoins, sur les lignes d'opérations (que l'on doit supposer toujours libres et protégées)» auprès des approvisionnements et au centre même des grandes consommations (1).
Il en est quelquefois construit pour le service particulier d'une division ; le plus souvent, on les agglomère
(1) La dépense de la construction de deux fonrs de 500 rations l'on, est évaluée à 1 ,000 francs (voir au Journal militaire, 2« sem. , 1 827, p. 356). En pays ennemi, où la plupart des matériaux seraient obtenus par voie de i^uisition, elle serait presque nulle.
au nombre de sept, huit ou dix, pour en former des manutentions centrales (1), qui, selon les distances et d'après les assignations réglées par l'intendant du corps d'armée, versent sur les divisions les produits journaliers de leur fabrication.
Quant aux autres établissements, les localités, quelles qu'elles soient, suffisent toujours aux besoins de leur exploitation de passage. Dans les cas de cantonnements ou d'occupation prolongée, on est assez souvent forcé de recourir à des constructions, pour remédier à l'insuffisance ou aux imperfections des ressources locales.
SECTION m.
DE l'exécution.
En résumant tout ce qui a été dit précédemment, nous voyons dominer plusieurs moyens essentiels qui se combinent et se lient incessamment pour faire vivre les armées en campagne.
Ce sont (2) :
1* Les approvisionnements, formés dans la pensée de sup-
(1) Qaarante-huit manutentions, comprenant plas de quatre cent cinquante fours, avaient été élevées en 1812, depuis Thom jusqu'à Moscou^ avec une promptitude et une perfection admirables.
(â) Nous ne nommons pas ici les achats au nombre des moyens essentiels qui concourent à assurer la subsistance d'une armée en campagney parce qu'ils semblent ne devoir être qu'une exception rare à la guerre^ et aussi parce que nous rejetons jusqu'à la supposition d'un service fait par entreprise en pays ennemi.
Il n'est pas non plus probable qu'après les remarquables exemples de
194 TIT« IIK — ÂDMIN. PARTIG. DES ARMÉES ACTIVES.
pléer au défaut des choses que n'offrent pas immédiatement les lieux sur lesquels on opère ;
2* Les réquiHtions, par lesquelles on exploite^ pour ainsi dire, au jour le jour, les ressources locales dans le rayon assez borné du territoire actuellement occupé;
3® Les denrées prises sur V ennemi;
i9 Les moyens de transport^ qui sont nécessaires, dans toutes les combinaisons et dans tous les modes d'administration, pour faire arriyer jusqu'au soldat les ressources, plus ou moins éloignées de son bivouac, que Ton a préparées pour lui.
Les approvisionnements peuvent être considérés, à beaucoup d^égards, comme un service à part, comme un service de précaution.
Aidés par eux, quelquefois même par eux seuls, mais plus souvent privés de leurs secours, les autres moyens constituent un service d'un caractère tout différent, que nous nommons service actifs pour faire comprendre d'un seul mot le rôle essentiel et continu qu'il joue dans le système général de l'exécution, de cette exécu* tion effective, matérielle, qui est l'objet, et le but final de tous les mouvements, de tous les soins de l'administration.
l'Espagne et de la Grèce, les guerres de politique généreuse prennent assez de faveur en Europe, pour mériter une législation nouvelle qui leur soit appropriée.
Quoi qu'il arrive, et soit que des achats aient lieu pour former des approvisionnements, soit que l'on y ait recours pour assurer quelques services, voire même tous les services d'une armée, il nous sufiSt de renvoyer au volume I*' de ce Cours, livre III, chapitre n.
GHÂP. IK -^ SERYICE DES SUBSISTANCES. 195
§ I". — Des approvisionnements (1), ou soit du service
de précaution.
Cinq choses importantes sont à considérer dans les approvisionnements :
i« Leur composition ;
2* Leur force $
3« Leur formatioD en temps opportun ;
4* Le choix des emplacements ;
50 Les moyens d'exécution.