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306 TIT. m. — ^ADMIN. PARTIG. DES ARMÉES ACTIVES.
dont Tassistance n'est jamais invoquée vainement en pareilles circonstances. Il requiert aussi des matelas , des couvertures, des draps de lit, pour les blessés et les malades le plus en danger*
Il est fort essentiel que Tambulance soit pourvue d'infirmiers et de moyens de transport, en nombre as* sez abondant pour que les soldats ne puissent trouver dans le soin de porter, soutenir ou accompagner les blessés jusqu'au dépôt, un prétexte de s'éloigner de9 rangs même momentanément.
Les voitures réunies à la suite du dépôt d^ambulance doivent être, autant que faire se peut, garnies de paille, de cerceaux et de bâches. C'est.par voie de réquisition sur les lieux mêmes, et dans le parc de voitures auxiliaires formé à la suite de. chaque division, que l'on se procure ordinairement ces moyens de transport. On doit être d'ailleurs très--attentif à utiliser, toutes les fois que l'occasion et la possibilité s'en présentent, les voitures du train des équipages militaires et autres qu*îl y aurait lieu de faire marcher à vide dans la direction de la ligne d'évacuation, pour aller charger des vivres ou des effets militaires quelconques. Et, enfin, les circonstances d'ime bataille peuvent acquérir une telle gravité, que toutes les voitures à la suite des quartiers généraux et des troupes doivent être momentanément déchargées, pour servir à l'enlèvement et à l'évacuation des blessés : nous en avons vu de fréquents exemples.
Au surplus, le nombre des voitures et autres moyens de transport à rassembler auprès des ambulances dans
CHAP. y. — SERVICE DES HOPITAUX. 307
les jours de combat, doit toujours être considérable, car ils sont employés, non-seulement à aller recueillir sur le champ de bataille tous les hommes épars que leurs blessures empêchent de marcher, mais encore à transporter la plupart de ceux qui ont été pansés, soit jusqu'à l'hôpital le plus prochain, soit, dans le cas d'une trop forte distance, jusqu'à un gîte intermédiaire désigné pour les recevoir.
Dans tous les cas, les avis et ordres relatifs aux évacuations, aux moyens de loger, de nourrir et de soigner les hommes, au renouvellement des voitures et des escortes, doivent être donnés avec précision et en temps opportun. Les sous-intendants militaires ne sauraient y apporter trop de sollicitude. Après une route fatigante et douloureuse, le soldat éprouve de très- pressants besoins. Il lui faut un abri, du repos, de la nourriture et des soins ; il faut que ses premiers pansements, souvent faits avec une grai^de précipitation, puissent être rectifiés ou renouvelés. Son moral est très-prompt à s'affecter, mais il se relève et se soutient par le témoignage d'un vif intérêt et d'affectueux égards.
L'instruction du 16 ventôse an m, que nous avons déjà citée et qui fait loi sur la matière, veut que le commissaire des guerres (aujourd'hui le sous-intendant militaire) chargé de la police de l'ambulance soit à la tête de toutes ces opérations, les anime par sa présence et son zèle, et les dirige par son intelligence. C'est à lui de lever toutes les difficultés, et de suppléer par des réquisitions à tout ce qui manquerait pour le plus grand
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soulagement des blessés, et pour leur prompte évacuation sur les établissements hospitaliers de la ligne.
Pour accélérer les premiers secours à donner aux blessés pendant la chaleur de l'action, les corps se servent de leurs officiers de santé et des cantines dambu^ lance régimentaire (1) que des chevaux de peloton ou des mulets de bdt portent à leur suite. Ces espèces d'ambulances à cheval (2) pouvant se transporter plus rapidement et plus sûrement que les caissons légers sur tous
(1) Au moment d'entrer en campagne, les corps de troupe doirent être pourvus de cantines d'infirmeries régimentaires, à raison d'une paire par imtaillon d'infanterie, ou par deux escadrons de cavalerie. Les cantines sont portées à dos de mulet ou sur des voitures, et renferment les médicaments, objets de pansement, objets de pharmacie et de chirurgie les plus indispensables, répartis entre trois boites, ainsi que l'indique la nomenclature annexée à l'instruction du 26 février 1859.
Les mulets nécessaires au transport des cantines d'infirmeries régimentaires sont fournis aux corps, à titre gratuit, mais temporaire, par les soins de la remonte générale.
n est pourvu, par les corps, à l'achat des bats et des cantines, au moyen d'une première mise qui leur est allouée à cet effet.
Cette première mise est Tixéib à 130 fr. pour chaque mulet.
Le paiement en est effectué, sur les fonds généraux de la solde, après que l'existence et le bon état des bâts et des cantines auront été constatés par un procès-verbal dressé par un fonctionnaire de l'intendance militaire.
Les b&ts et les cantines provenant des mulets rendus au service de la remonte, à la fin de la campagne sont remis à l'administration des domaines, pour être vendus au profit de l'État (Arrêté ministériel du 23 mars 1858, Journal militaire, p. 201 ; instruction du 21 mars 1859, Journal militaire, p. 7i ; décret du 21 janvier 1860, Journal militaire, p. 25; nomenclature du 26 février 1859, composition des cantines. Journal militaire, p. 513 et suiv.).
(9) On trouve le germe de cette organisation dans l'instruction du 16 vendémiaire an m, art. 7, p. 748 du Journal mt/ttotre.
les points où il y a des secours à porter, pourvoient aux pansements les plus urgents et les plus exposés.
Dans les actions générales, l'intendant général de l'armée, après avoir pris les ordres du général en chef, s'empare de la direction de toutes les ambulances, réunit les dépôts et les réserves, y fait déployer toutes les ressources en personnel et en matériel, et préside luimême à tous les mouvements, prêtant à tous ceux qui prennent part à tant de soins divers l'appui de son autorité et le secours de ses lumières et de son expérience.
C'est dans de pareilles conjonctures que les officiers de santé en chef sont appelés à rendre ces courageux et utiles services qui placèrent si haut les Percy et les Larrey dans Testime de l'armée (1). Là, sous les yeux de leurs chefs, guidés par leurs conseils, animés par leur exemple, les officiers de santé et d'administration rivalisent de soins et de zèle pour le plus grand soulagement des blessés, et parviennent à les mettre en état de supporter l'évacuation à pied ou sur des voitures, souvent même à les soustraire à l'ennemi auquel un retour de fortune ou un succès décisif aurait pu les livrer.
(i) En reportant nos pensées et nos souvenirs sur des services qu'environnent tant de périls, et qn'ont signalés de si beaux dévouements, nous ne pouvions, en iS29, nous empêcher de déplorer le préjugé, l'oubli ou Terreur qui privait les officiers de santé militaire du droit d'aspirer à la décoration de la croix de Saint-Louis. Nul doute que le jour où cet ordre reprendrait vie, une pareille injustice ne fût réparée. (Note de iS29, répétée en 1847 et reproduite en 1854, quoiqu'elle ne soit plus susceptible d'aucun résultat.)
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SECTION IV
DBS HÔPITAUX TBKPOmAIUS (i).
Les hôpitaux temporaires sont, ainsi que nous l'avons déjà dit, des établissements créés momentanément, pendant la guerre, sur les flancs ou les derrières de l'armée, soit en pays ennemi, soit môme dans Tintérieur de l'Empire.
Ces établissements sont formés :
Les unSy soas le nom d'Iiùpitatix de ligne; Les autres, sous le nom d'hôpitaux spéciaux.
Les hôpitaux de ligne sont des hôpitaux placés et échelonnés à différentes distances, perpendiculairement à la base des opérations militaires, pour recevoir immédiatement et successivement les évacuations qui proviennent des ambulances ou des établissements intermédiaires déjà créés, comme aussi pour recevoir directement les malades des garnisons et cantonnements environnants. Il y a des hôpitaux de première ligne, de deuxième ligne, de troisième ligne, etc., etc. L'enchaînement de ces hôpitaux constitue ce que l'on nomme une ligne et évacuation.
(i ) Voir le règlement précité du 1 •' avril iS3i , pour tous les détails du serrice intérieur, qui, dans les hôpitaux temporaires, doit s'exécuter, à très-peu de chose près, suivant les mêmes règles que dans les hôpitaux permanents.
Consulter le chapitre m de l'instruction de l'intendant de l'armée d'Italie, du 28 février i860.
Les hôpitaux spéciaux, destinés exclusivement au traitement d'un seul genre de maladie, sont plus particalièrement créés pour les galeux et pour les vénériens (1) : distinction qui a pour objet d'éviter le danger de leur communication, non^eulement avec les autres malades, mais encore entre eux-mêmes. Ces derniers établissements sont ordinairement placés à la plus grande proximité, et toujours en dehors des lignes d'évacuation.
Il faut, en campagne, beaucoup d'hôpitaux et point de grands hôpitaux. Le nombre en est nécessairement subordonné à la force de l'armée, au caractère particulier du climat, au plus ou moins de malignité des
(1) La précaution de faire traiter les galeux et les vénériens dans des hôpitaux spéciaux, et séparément les uns des autres» est expressément r»* commandée par l'instruction du 16 ventôse an m, art. 7. Lorsque trop d'obstacles s'y opposent, l'administration doit au moins faire en sorte qu'ils soient placés dans des corps de bâtiment séparés, et veiller, pardessus toutes choses, à ce qu'ils soient empêchés de toute communication avec le reste des malades. (Notes de 1829 et de 1847.)
Nous n'ignorons pas que de nouveaux procédés, aussi simples qu'effi^ caces, permettent de guérir les galeux en vingt-quatre heures, dans les infirmeries régimentaires ; mais nous regardons comme impossible qu'ils puissent être appliqués en campagne. (Note de 1854.)
Pendant la guerre d'Orient, indépendamment des hôpitaux organisés à Gonstantinople pour recevoir les évacuations de malades et de blessés, il fut créé des hôpitaux temporaires à Avignon, à Marseille, à Toulon et à Montpellier. Les malades et blessés évacués sur ces hôpitaux provisoires purent y être traités avec tous les soins conrenables, malgré les diflicultés occasiomées dans le service médical de nos villes du Midi par les deux épidémies cholériques de 1854 et 1855. A mesure que les malades étaient reconnus en état de supporter un nouveau transport, ils étaient dirigés sur les hôpitaux militaires de l'intérieur. (Extrait du Rapport présenté à l'Empereur tur les opéraiimt de la campagne éf Orient par le maréchal Vaillant.)
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maladies régnantes, et, enfin, à l'abondance des malades.
Quoi qu'il en soit, d'après les données générales d'une longue expérience, on évalue au dixième (1) de l'effectif d'une armée active le nombre des malades qui iront aux hôpitaux et des convalescents qui en sortiront pour rejoindre leurs drapeaux. Ainsi, dans une armée de cent mille hommes, évaluant à deux mille le nombre des convalescents et à mille celui des hommes traités dans les ambulances mêmes ou sous la tente (2), on compte sur la nécessité de créer des hôpitaux pour sept mille malades. Pour nous, faisant une large part aux circonstances extraordinaires et imprévues et considérant qu'il y aura toujours sur différents points un certain nombre de lits non occupés, nous pensons que l'administration de l'armée devra prudemment élever ses ressources et ses établissements jusqu'à huit et même neuf mille places.
Un hôpital de quatre à cinq cents malades est, à notre avis, le plus grand établissement que l'on doive former en campagne, et les localités autres que les grandes villes se prêtent rarement à de pareils établissements. Au delà de cette limite, le service est lent et pénible.
(i) Lonqfue nous occupions la Hollande, le nombre de nos nudades y montait ordinairement du huUièmehXL septième de l'effectif. En Zélande, pays encore plus humide et plus malsain, il s'éleva jusqu'au tiers.
(2) Dans beaucoup de circonstances, quelques tentes furent mises à la disposition des régiments pour y établir une infirmerie : précaution dont il importe de ne pas perdre la tradition, et dont l'opportunité doit être appréciée par l'intendant de l'armée.
les distributions sont tardives, les aliments froids, les causes d'insalubrité plus nombreuses et plus intenses; Taîr étant plus vicié, les maladies* contractent plus promptement un caractère contagieux; enfin, dans le cas de mouvements rétrogrades et brusques, qu'il est toujours sage de prévoir à la guerre, l'évacuation des malades devient exposée à plus de difficultés et de chances périlleuses.
Les hôpitaux temporaires sont créés et supprimés par l'intendant de l'armée, qui prend préalablement l'avis des officiers de santé en chef et de l'agent en chef du service, ou, suivant les circonstances et en cas d'un trop grand éloignement, l'avis des intendants des corps d'armée ou des sous-intendants et des officiers de santé et d'administration employés auprès d'eux. Il doit prendre avant tout l'attache du général en chef.
Les hôpitaux temporaires ne sont pas susceptibles des mêmes perfectionnements que les hôpitaux permanents; mais on se rapproche pour eux, autant qu'il est possible, des proportions et des règles établies.
L'ouverture de tout hôpital temporaire doit être constatée par un procès-verbal que dresse le sous-intendant militaire chargé de présider à sa formation. Cet acte, destiné à donner une date précise et certaine à Texistence de l'établissement, doit, entre autres circonstances utiles, rapporter :
1® La date de l'ordre de création, et le nom et la qualité da fonclionDaire qai Ta donné ou transmis;
2® Le lieiiy l'objet spécial ou général, le nom ou le noroéro
de la ligne d'évacualioD, et la capacité de rétablissement^ 3® La composition du personnel de santé et d'administration,
et particulièrement le nom des officiers de santé en chef
et de l'officier comptable 5 H*^ L'origine du mobilier et sa consistaBce, et^ s'il y a ea
plusieurs sources^ les espèces et quantités provenues de
chacune d'elles 5 h^ La date du jour où TétablissemeRt a été ouvert, et où la
gestion a conséquemment commencé.
On procède d^une manière analogue à l'époque de la clôture de l'hôpital, et le procès-verbal (1) rapporte alors :
r La date précise de l'ordre de suppression, et le nom et la qualité du fonctionnaire qui l'a donné ou transmis ;
t^ La date précise et effective de la clôture ;
3* Le nombre de malades qui existaient à ce jour, et le lieu sur lequel ils ont été dirigés, ainsi que leurs effets et leurs armes^
4® La destination donnée au personnel, et, le cas échéant, le licenciement des officiers de santé requis ;
5* La situation de la caisse et des différents objets matériels, d'après l'arrêté des registres de Tofficier d'administration comptable et du pharmacien comptable, et la destination donnée tant aux deniers qu'aux matières;
6^ L'envoi fait à qui de droit des pièces de comptabilité et des archives de l'établissement.
§ I". — Du personnel de santé et (T administration dans
les hôpitaux temporaires.
En thèse générale, on doit se rapprocher le plus pcs-
(!) Article H20 du règlement du i*' avril i83(.
sible des proportions réglementaires ^ qui accordent, conformément au tableau suivant (1) :
att