‹ Cours d'administration militaire (volume 3)Chapitre 97 sur 100 · CHAP. II. — APMIN. DES TERRITOIRES MILITAIRES · texte numérisé non relu

CHAP. II. — APMIN. DES TERRITOIRES MILITAIRES

Quoi qu'il en soit, et à considérer dans leur généralité les territoires militaires au point de vue spécial des indigènes, c'est aux bureaux arabes qu'il appartient d'en constater la situation politique et commerciale, et de fournir tous les éléments du compte qui en doit être rendu au Gouvernement.

En conséquence, et de mois en mois, chaque bureau arabe est tenu de dresser, pour sa circonscription, et d'envoyer par la voie hiérarchique au général divisionnaire, un rapport indiquant :

1* Les événements survenus depuis le mois précédent ; 2® Les nouvelles répandues dans les marchés;

substantiels et les plus Instructif» qui aient traité de nos rapports de gouvernement avec les indigènes^ et que nous nous étions empressé de citer dans notre édition de 1847.

Nous voulons parler de VÉlude sur Vinsurreclion du Dahra (1845- 1846), publiée dans le temps par M. Charles Richard, alors capitaine du génie et chef du bureau des affaires arabes d'Orléansville.

Doué d'un esprit juste et éclairé, placé sur un théâtre qui ouvrait un vâst 3 champ à ses observations, Tauteur a tout vu et beaucoup fait dans Tépisode qu'il raconte, et, sans sortir de son sujet, il a touché, par tous les côtés importants, aux difficultés de notre situation en Algérie.

Peut être est-il permis de se demander si Tinsurrectioa du Dahra, événemeut très-significatif sans doute, n'a pas entraîné M. le capitaine Richard à en trop généraliser et presser les déductions.

Quoi qu'il en soit, son écrit doit être lu et médité par tout homme qui a la mission ou le goût de s'occuper de l'Algérie. Il renferme des observations, des aperçus et des indications marqués d'un tel cachet de vérité ou de conviction et de gravité tout à la fois, qu'on ne saurait se défendre d'en tenir un grand compte, môme encore aujourd'hui, si considérables et heureux que soient les changements survenus dans notre situation en Algérie, pendant les huit ann<ies qui nous séparent de l'insurrection du Dahra.

L'ouvrage de M. Richard se recommande d'ailleurs par un style concis et pur, et par une érudition d'autant plus attachante qu'elle n'affecte aucune prétention. (Note de 1854.)

858 TITftE SPÉCIAL ET FINAL. -^ ADMIN. EN ALGÉRIE.

8® L'état des esprits ; /i* La conduite des chefs indigènes ; b° Les jugements rendus; 6<> Les déplacements de tribus; 7« Les hostilités de population à population ; S^ L'état des récoltes ; 90 Le prix des denrées ; 10"* Les impôts payés ou non payés^ etc.

Indépendamment de ces rapports mensuels, il en est établi et fourni toutes les fois que surviennent des événements qui méritent d'être immédiatement portés à la connaissance de l'autorité militaire supérieure.

Tous ces rapports, centralisés et contrôlés à la direction divisionnaire des affaires arabes, sont mis sous les yeux du général commandant la division, et servent à rétablissement de son propre rapport, qu'il adresse, avec tous les documents utiles, au gouverneur général, chargé lui-même d'instruire le Ministre de la guerre de tous les faits qu'il convient de lui faire connaître.

Les rapports dont il s'agit ici sont naturellement distincts et indépendants de ceux que les généraux divisionnaires doivent recevoir et établir, comme chefs de l'administration, pour les divers services civils qui fonctionnent dans telle ou telle partie des territoires militaires de leurs divisions respectives.

Page 1