AVANT-PROPOS, XIII
qu'on était alors dans une sphère d'activité, et comme étourdi des incessantes merveilles dont on était l'acteur ou le témoin, on vivait au jour le jour, on s'instruisait à cheval.
Aujourd'hui, l'activité des corps est passée dans les esprits ; on veut tout savoir, on veut savoir pourquoi et comment les choses vont et se font plutôt de telle manière que de telle autre; et un professeur qui ne pourrait satisfaire à cette curiosité de ses élèves, n'obtiendrait d'eux que peu d'attention et de crédit.
Ajoutons que la forme du Gouvernement qui nous régit, en consacrant le principe de la publicité et de la responsabilité des actes administratifs , a créé , pour tous les fonctionnaires, le besoin de connaître les droits et la limite des attributions de chacun : toutes choses absentes ou difficiles à saisir dans la législation actuelle.
Sans doute, quelques administrateurs militaires acquirent une grande illustration, et parvinrent aux premiers emplois, aux premières dignités de l'État; mais les Malus, les Pétiet, les Daru, les Daure (1), les Ar-
(1) M. le comte Daure, ancien ordonnateur en chef et intendant général d'armée, conseiller d'État, directeur général de l'administration de la guerre après la révolution de 1830, et pendant plusieurs années, a succombé le 8 janvier 1846, à une longue et douloureuse maladie.
L'armée a perdu en lui un de ses plus habiles administrateurs, et les nombreux amis de tous les rangs, de toutes les opinions, qui l'ont accom-