AVERTISSEMENT. XXXIX
de nous, anciens administrateurs des armées, ne sera d'âge ni de force h. faire campagne.
Il est aisé de voir que je faisais là allusion à la grande guerre ', et qu'en rappelant cette réflexion, devenue aujourd'hui plus opportune et plus vraie, je lui conserve la môme intention ; car ce ne serait pas moi, qui ai parcouru l'Algérie dans toutes les parties déjà fort considérables que nous y occupions vers la fin de 1842, et vu de près les difficultés, les fatigues et les périls de cette guerre, ce ne serait pas moi, dis-je, qui méconnaîtrais l'intelligence, la force et le courage qu'elle exige de ceux appelés à y prendre une part active comme combattants ou comme administrateurs. Mais enfin, le théâtre n'est pas disposé de façon que l'administration militaire puisse y suivre les errements, y déployer les connaissances et les talents d'un certain ordre dont elle offrit tant d'exemples dans les guerres d'Italie et d'Allemagne, et qu'il lui faudrait rechercher, si la paix qui fait la prospérité de notre époque et la gloire de notre sage et habile, monarque, venait à être troublée. Cette situation exceptionnelle de l'Algérie, les Malus , les Dennièe, les Daure vécussent-ils encore, n'en corrigeraient pas le caractère tout spécial au point de vue qui m'occupe.
Qu'on ne se méprenne pas sur le sens et le but de ces paroles. Elles laissent intact le mérite des administrateurs expérimentés, dévoués et courageux, qui, soit à la tête de l'administration, soit à la suite des colonnes d'expédition, rendent chaque jour de si importants ser-