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DU DÉPÔT CENTRAL DE L'ARTILLERIE ET DE SES DÉPENDANCES

Les questions de théorie et de pratique militaires , les recherches, les inventions sur le mérite et l'application desquelles le comité de l'artillerie est appelé à donner son avis, l'importance des expériences qu'il doit provoquer, suivre et juger au point de vue de la science, avaient fait sentir dès longtemps le besoin de l'entourer de tous les moyens propres à lui faciliter l'accomplissement d'une si grande tâche.

(1) Le décret impérial déjà cité du 6 janvier 1853 attribue aux établissements de l'artillerie le titre générique d'établissements impériaux.

Voir au Journal militaire , pour tous ces établissements : Pour la comptabilité en denier*, le règlement du 1er décembre 1838,

et la nomenclature qui y fait suite, 2esem., p. 5G0; Pour la comptabilité en matières, l'instruction du 7 septembre 1856, 2e sem., p. 363, modificative du règlement du 25 janvier 1845. Ces actes sont cités ici pour éviter la répétition à chacune des neuf sections de ce chapitre.

(2) A défaut de règlement spécial que nous puissions citer, si ce n'est celui du 14 juin 1821 , non inséré au Journal militaire, nous ferons remarquer que la plupart des actes qui régissent le dépôt central de l'artillerie se confondent avec ceux relatifs au comité de l'arme.

Tel fut bien évidemment le but de la création du dépôt central de l'artillerie.

Sans remonter trop haut, nous voyons un arrêté du comité de salut public, en date du 9 thermidor an m (27 juillet 1795), prescrire la disposition d'un local spacieux à Paris, pour placer et classer convenablement les modèles des diverses armes, montures et machines d'artillerie qui seront adoptés ou proposés par la suite; prescrire, en outre, l'affectation d'une pièce du même local pour conserver les procès-verbaux des épreuves faites ou à faire, et recueillir les ouvrages imprimés déjà publiés ou qui le seraient dans la suite, Concernant l'artillerie.

Là se trouve l'origine du musée , des archives et de la bibliothèque actuellement rassemblés place Saint-Thomas-tfAquin, avec les annexes qui sont venues successivement se grouper autour du dépôt central, et en ont fait un de nos plus utiles et plus admirables établissements militaires.

Ces annexes sont :

Le musée d'artillerie^ qui est distinct du musée des gros modèles;

Les ateliers de précision, de construction et des armes portatives ;

Le laboratoire de chimie;

Les cabinets de physique et de minéralogie ;

La salle de dessin.

Archives et dépôt des cartes , dessins et plans.

Quoique ces archives ne datent pas, comme on l'a vu plus haut, d'une époque antérieure à 1795 (an ni), elles

contiennent cependant un très-grand nombre de documents plus anciens. Quelques-uns remontent au XVIIe siècle. On compte parmi eux des écrits de Vauban, de nombreux mémoires inédits des deux Vallière, de Bèlidor, de Gribeauval, de Lombard, etc.

Depuis la formation du comité, on a rassemblé aux archives tous les procès-verbaux et rapports des expériences exécutées dans l'artillerie, tous les mémoires présentés par des officiers de l'arme ou par des étrangers. Il est permis de croire qu'aucune artillerie, en Europe, ne possède un moyen d'instruction aussi puissant.

Bibliothèque.

Elle comptait à peine 500 volumes en 1815; elle en compte présentement au delà de 11,000, choisis avec discernement, au double point de vue de l'instruction et des recherches continues que le service de larme comporte.

Musée d'artillerie.

Sous Louis XIV, le maréchal duc (f Humières , grandmaître de l'artillerie, ordonna de commencer, au magasin royal de la Bastille, une collection de modèles et d'armes anciennes. Ce premier essai de musée était encore bien incomplet, lorsqu'il fut entièrement détruit ou dispersé, en 1789, à la prise de la Bastille.

Les réquisitions d'armes faites pendant les premières campagnes de la Révolution produisirent un assez grand nombre d'armes anciennes et modernes qui furent mises de côté, comme ne pouvant plus être employées. M. Bègnier, attaché à la commission qui était

chargée de l'examen et du classement des armes obtenues par cette voie, eut l'heureuse idée de réunir dans un local séparé toutes les armes qu'on ne pouvait utiliser pour l'armée : ce fut le noyau du musée actuel. Le Ministre de la guerre Pétiet ordonna que ces objets fussent mis en ordre et rangés dans une des salles de l'ancien couvent des Capucins.

Le Comité de salut public, en instituant, par son arrêté du 9 thermidor an in, le comité de l'artillerie, créa en môme temps et mit sous sa direction le dépôt central de l'artillerie ; il ordonna de transporter la collection d'armes et de modèles dans le local où devaient se tenir les séances du comité. Cet ordre ne fut exécuté qu'en l'an iv(1796).

Un ancien secrétaire du général de Gribeauval , M. Rolland, avait sauvé quelques débris de la collection de la Bastille; ces objets furent réunis au musée.

Le Ministre de la guerre avait donné ordre aux directions d'artillerie de province, d'envoyer à Paris tout ce que les arsenaux contenaient d'armes propres à figurer dans un musée. L'exécution de cette mesure éprouva quelques difficultés à Strasbourg et à Sedan, qui possédaient de riches armures anciennes; mais en 1804, sur l'ordre du Premier Consul, la galerie de Sedan fut versée au dépôt central de Paris.

En 1797, le musée reçut du palais de Versailles une série de modèles de toutes les voitures d'artillerie du système Vallière, que le général Saint-Auban avait offerte à Louis XVI.

Les victoires de la République et de l'Empire ne

contribuèrent pas peu à enrichir le musée d'artillerie, et une bonne partie des objets qui s'y trouvent aujourd'hui sont des trophées de ces victoires.

Le musée d'artillerie contient plus de 6,000 armes ou modèles différents ; on y voit une collection d'armes à feu depuis l'origine de ces armes ; il offre , pour tous les officiers, et surtout pour les officiers d'artillerie, une source inépuisable d'instruction. On y a joint, depuis peu, la collection des armes à feu actuellement en usage chez les principales puissances de l'Europe,

Musée des gros modèles.

Le musée des gros modèles contient, outre l'artillerie actuellement en usage, celle du système de l'an xi et celle du système Gribeauval. On y trouve aussi des affûts et des caissons de plusieurs artilleries étrangères.

Ateliers de précision, de construction et des armes

portatives.

L'atelier de précision est spécialement chargé de la fabrication des étalons et instruments vérificateurs de toute espèce, en usage dans l'artillerie, et au moyen desquels on maintient la régularité et l'uniformité indispensables aux produits des nombreux établissements de l'arme répartis sur toute la surface du territoire.

L'atelier de précision emploie des ouvriers militaires et des ouvriers civils.

Indépendamment de cette fabrication, l'atelier de précision est chargé de la confection de tous les mo-

182 LIVRE PUÉLIMINAÏRE.

dèles, machines ou objets nécessaires pour éclairer l'opinion du comité, dans l'étude qu'il est appelé àfaire des nombreuses et incessantes questions concernant le service de l'artillerie.

C'est dans le même but qu'ont été établis près de lui les deux autres ateliers de construction des gros modèles et des modèles d'armes.

Laboratoire de chimie et cabinets de physique

et de minéralogie.

Ces établissements, outre qu'ils donnent aux officiers les moyens de se perfectionner dans l'étude des sciences naturelles, servent à faire les expériences nécessaires à la vérification de la pureté des métaux employés pour l'artillerie.

Un membre de l'Académie des sciences a été, par ordonnance royale du 10 août 1834, attaché au dépôt central ; il fait ou dirige les analyses ou expériences demandées, soit par le Ministre, soit par le comité, et rédige les instructions pour les analyses et les manipulations à faire dans les différents établissements de l'artillerie.

Le président du comité a la direction et la surveillance immédiate du dépôt central et de ses dépendances.

Tous les officiers chargés des différentes branches de service sont sous ses ordres.

Il est assisté par le secrétaire du comité (officier supérieur et le plus habituellement colone dans l'arme), qui dirige, sous son autorité, les travaux des dessinateurs, et surveille l'ensemble des services du dépôt.

Il est ordonnateur secondaire du déparlement de la guerre pour les dépenses dites du matériel.

Un des employés du dépôt y remplit l'office à' agent comptable, à l'instar de ce qui se pratique pour les services gérés par économie •

Il y a au dépôt un conseil d'administration qui autorise et contrôle les dépenses intérieures, et en établit et certifie les comptes.

Ce conseil est composé :

Du secrétaire du comité, président;

Des trois officiers chargés de la direction des travaux des

ateliers; Du capitaine chargé des bâtiments.

Le sous-intendant militaire chargé de la police administrative de l'établissement assiste aux délibérations du conseil lorsqu'il le juge à propos.

SECTION IL

DBS ÉCOLES RÉGIMENTAIBES DE L'àRTTLLERIE (1).

Les écoles régimentaires de l'artillerie ont pour objet

l'instruction théorique si pratique des officiers, sous-officiers et c&nonniers.

(1) Voir au Journal militaire :

L'ordonnance royale du 29 mai 1835, 1er sem., supplément, p. 5 ; Le règlement approuvé par le Roi , même date et même volume, p.*7;

Ces écoles sont divisées en deux classes et établies dans les places de garnison habituelle des corps de troupe de l'arme, savoir :

Écoles de 1" classe.

Versailles, pour l'artillerie de la garde impériale ; Strasbourg, pour trois régiments d'artillerie de la ligne; Vincennes, \

Grenoble > ckacane Pour ^eax régiments d'artillerie de

m i ' I la ligne.

Toulouse, \ °

Rennes,

Ecoles de 2" classe.

Douai,

La Fère,

Besançon, I chacune pour un régiment d'artillerie de la

Auxonne, , ligne.

Valence,

Bourges,

Les écoles comprenant un des six premiers régi-

L'instruction ministérielle du 16 janvier 1836, 1er sem., p. 12 ; Le règlement ministériel du 27 juin 1836, 2e sem., p. 248 ; Le décret présidentiel du 16 juillet 1850, 2e sem., p. 27 ; Les programmes annexés audit décret.

Il est indispensable de se reporter à ces divers actes, pour les nombreux détails de l'enseignement donné dans les écoles régimentaires de l'artillerie.

Voir également au Journal militaire :

Le décret impérial du 15 janvier 1852, 1er sem., p. 30 ;

— du 9 janvier 1856, 1er sem., p. 3 ;

— du 17 octobre 1857, 2e sem., p. 515;

— du 17 novembre 1860, 2« sem., p. 367,

Ce dernier décret a supprimé l'école de Lyon, constitué en école définitive l'école de Valence, et rétabli l'école d' Auxonne.

ments d'artillerie reçoivent en même temps l'escadron du train d'artillerie correspondant (1).

Chaque école est sous les ordres du général de brigade commandant l'artillerie dans la division militaire où elle est située.

Elle a un état-major qui, indépendamment de l'officier général, comprend :

Un lieutenant-colonel (celui adjoint an général);

Un professeur de sciences appliquées à l'artillerie;

Un professeur de fortification, de dessin et de construction

de bâtiments; Deux gardes d'artillerie (un de première classe et un de

deuxième).

Il est, en outre, attaché à chaque école, le nombre d'officiers inférieurs nécessaires pour faire les cours théoriques dont les professeurs ne sont pas chargés.

Un capitaine de première classe, assisté de deux lieutenants en premier, est directeur du parc de l'école.

Un autre capitaine, aussi de première classe, mais pris dans le régiment de pontonniers, a la direction de la portion de l'équipage de pont nécessaire à l'instruction spéciale de ce corps, ainsi que du matériel d'artillerie affecté à cette instruction.

Le lieutenant-colonel adjoint au général commandant l'artillerie, dans la circonscription, remplit, indé-

(1) D'après le décret précité du 17 novembre 1860, un des cinq régiments d'artillerie à pied de la ligne doit être affecté, avec l'escadron du train d'artillerie correspondant, au service de l'Algérie. En raison de la répartition de ces corps entre les trois divisions de la colonie, il sera pris des dispositions particulières pour assurer leur instruction théorique et pratique.

pendamment de tout autre détail de surveillance dont il peut être chargé, les fonctions d'ordonnateur secondaire, en ce qui concerne les dépenses de l'école et leur justification. Il correspond directement avec le Ministre de la guerre pour cette partie de service seulement.

L'instruction se divise en instruction théorique et en instruction pratique.

Le cours annuel de l'instruction se partage, par semestre, en instruction à9 été et en instruction d'hiver.

V instruction (Tété commence, suivant les localités, du 1er avril au 1er mai, et celle d'hiver, du 1er octobre au 1er novembre.

Les instructions d'hiver et d'été se subdivisent en instruction d'école et en instruction de régiment.

V instruction décote comprend toutes les instructions théoriques et pratiques communes aux divers corps, qui exigent le concours des moyens particuliers de l'école, l'emploi de ses professeurs, de ses locaux, de son matériel, ainsi que celles des instructions pratiques auxquelles prennent part les troupes réunies des divers corps de l'arme.

h' instruction de régiment est celle qui a lieu dans l'intérieur des régiments et des divers corps de l'artillerie; elle est dirigée par les chefs de ces corps, qui en ont la responsabilité, avec les moyens qui sont à leur disposition, sous la surveillance générale du commandant de l'école, ainsi qu'il a été dit plus haut.

L'instruction spéciale des pontonniers ne permettant pas de leur faire suivre les mêmes instructions qu'aux

de l'ohganisation dk l'armée. 187

autres régiments d artillerie, le chef de ce corps la dirige d'après les bases indiquées, pour cette spécialité, dans les tableaux qui sont annexés à l'ordonnance et au règlement de 1835.

Il y a pour les capitaines d'artillerie, chaque année, dans le semestre d'hiver, six conférences employées à traiter et à discuter des projets d'organisation concernant les différents équipages et armements à organiser pour le service de campagne, et pour l'attaque et la défense des places.

Dans un bâtiment affecté à chaque école d'artillerie, sous le nom à' hôtel de V école, sont réunis les salles et établissements nécessaires pour l'instruction théorique des officiers et des sous -officiers, tels que salles de théorie et de dessin, bibliothèque, dépôts de cartes et plans, salles de machines, instruments et modèles, etc.

Chaque école est pourvue d'un cabinet de physique et d'un laboratoire de chimie.

Elle a à sa disposition un emplacement, nommé polygone, pour exercer les artilleurs aux manœuvres du canon et des autres armes à feu de grande portée, emplacement dont l'étendue est réglée de manière à fournir une ligne de tir d'environ 1,200 mètres, dans le sens de sa longueur, sur une largeur moyenne de au moins 600 mètres. Des batteries permanentes et mobiles y sont établies, et servent non-seulement à former les hommes à l'exercice du tir, mais à les dresser et habituer aux manœuvres de force, à la construction des fascinages et des batteries de campagne, etc.

L administration de chaque école et la comptabilité y

relative sont dirigées par un conseil d'administration composé comme il suit :

L'officier général commandant l'artillerie, président;

Les colonels des régiments d'artillerie, dans les écoles où il se trouve deux régiments, et dans les autres, le colonel et le lieutenant-colonel du régiment;

Le colonel du régiment de pontonniers, dans l'école où se trouve avec lui la partie principale du corps, et dans l'autre, le lieutenant-colonel ou le chef d'escadron détaché;

Le lieutenant-colonel adjoint au général commandant.

Les fonctions de secrétaire du conseil sont remplies par le garde de première classe.

Les fonctionnaires du corps de l'intendance remplissent près des conseils d'administration des écoles d'artillerie, les fonctions qui leur sont attribuées par les règlements relatifs à l'administration intérieure des corps de troupe.

Ils exercent sur la comptabilité, tant en deniers qu'en matières, desdites écoles, le même contrôle que sur les autres gestions qui se rapportent aux intérêts militaires de l'Etat.

Ils peuvent, en conséquence, se faire représenter tous les registres et documents relatifs aux opérations des conseils d'administration, en faire prendre des copies ou extraits sans déplacement, et consigner sur le registre des délibérations telles observations qu'ils jugent convenables.

Ils procèdent, en présence des commandants d'école ou des officiers par eux désignés, aux adjudications, assistent à la conclusion des marchés et en visent les expéditions, avec leurs observations, s'il y a lieu.

Ils vérifient tous inventaires, toutes pièces de dépense et de comptabilité, et y apposent leur visa (1), après s'être assurés de leur régularité.

Ce sont les commandants d'école qui demeurent seuls chargés de soumettre à l'approbation du Ministre les adjudications, les procès-verbaux, les états et autres pièces relatives au service, sauf ce qui concerne l'ordonnancement et la justification des dépenses, qui, comme il a été dit plus haut, font partie d'attributions directes pour le lieutenant-colonel adjoint, en sa qualité d'ordonnateur secondaire.

Le garde de première classe reçoit, par délégation du commandant de l'école , au fur et à mesure des besoins, les sommes nécessaires aux dépenses de l'établissement, et en devient personnellement responsable.

Ce même garde a l'attribution de dresser les inventaires et états de situation, les états de remises et consommations, pour ce qui concerne le matériel et le mobilier de l'hôtel de l'école.

Quant aux livres , plans , machines , instruments et objets quelconques d'art existant aux divers établissements d'instruction, le soin d'établir les pièces mentionnées en l'alinéa précédent appartient aux professeurs, conservateurs de ces établissements.

(1) VUa de revue, sur les inventaires; visa de contrôle, sur les autres pièces. Ces visa sont toujours datés.

SECTION ffl.

DB L'ftCOLB CENTRALE DB PYROTECHNIE MILITAIRE (1).

L'École centrale de pyrotechnie militaire est instituée dans le but de former des sujets qui puissent, après leur temps d'étude, porter dans les régiments d'artillerie, en qualité d'artificiers, la parfaite connaissance des procédés de l'art pyrotechnique, en ce qui

(1) En août 1813, création, à Toulouse, à'xme compagnie d'artificiers, chargée de former des artificiers habiles pour les régiments d'artillerie.

En juillet 1818, création d'une commission d'artifices, rattachée, en mai 1821, à l'École d'artillerie de Metz, où ses opérations commencèrent seulement à prendre quelque consistance.

En août 1821, modification, quant au recrutement, de l'organisation de la compagnie d'artificiers,

En mai 1824 (voir l'ordonnance du 19, Journal militaire, 1" sem., p. 303), dissolution de cette compagnie.

Création, par la môme ordonnance, de l'École centrale actuelle de pyrotechnie militaire.

Le seul acte essentiel intervenu depuis est le règlement ministériel du 18 septembre 1824 (Journal militaire, 2* sem., p. 231), qui, à quelques modifications près, est encore en vigueur.

Nous croyons toutefois utile de citer trois actes postérieurs, non insérés au Journal militaire, dont nous devons la connaissance à une communication officieuse :

1° Une décision ministérielle du 29 janvier 1839, modificative d'une autre décision antérieure, du 19 mars 1825, qui réglait le mode de présentation et d'avancement des élèves.

2° Une lettre ministérielle du 28 mars 1842, qui attache une batterie d'artillerie à l'École, pour les travaux relatifs aux fusées de guerre.

Cette batterie y joue un rôle fort important.

3° Un arrêté ministériel du 10 février 1849, sur le service et l'instruction de l'École. C'est lui qui modifie les articles 13, 14 et 15 du règlement du 18 septembre 1824, concernant le service et la discipline des élèves.

concerne la manipulation et la confection des artifices de guerre.

A l'avantage de former des artificiers habiles se trouve joint celui d'introduire partout, dans la pratique, des règles uniformes appuyées sur les meilleures doctrines.

L'École centrale de pyrotechnie militaire est établie à Metz, et fonctionne sous l'autorité du général de brigade commandant l'arme dans l'arrondissement.

Son personnel se compose :

D'un colonel, directeur;

D'un chef d'escadron, sous-directeur;

D'un capitaine en premier ;

De deux ou trois autres officiers, selon les besoins du service;

D'un garde de deuxième classe;

De quatre maîtres artificiers ;

D'un chef artificier ;

D'une batterie d'artillerie, dite batterie de fuséens, qui est détachée de l'un des régiments d'artillerie désigné par le Ministre de la guerre.

Cette batterie doit toujours être complète en officiers, dont un des lieutenants au moins ayant l'aptitude nécessaire pour bien diriger un peloton d'instruction. L'effectif en est maintenu à quarante-deux canonniersconducteurs (dix-huit de première classe et vingt- quatre de deuxième classe) et à soixante-deux chevaux de trait, chaque sous-verge étant pourvu du harnachement d'un cheval porteur, afin de pouvoir servir de cheval de selle.

Les élèves à admettre sont choisis parmi les mare-

chaux des logis, brigadiers ou candidats inscrits pour ce dernier grade au tableau d'avancement du corps.

Un conseil d 'instruction, formé des officiers de l'étatmajor de l'École de pyrotechnie, présidé par le général commandant l'artillerie, rédige les cours théoriques, arrête les programmes, et dirige les recherches, épreuves et expériences que comporte le perfectionnement des diverses branches de la pyrotechnie militaire.

L'instruction spéciale donnée aux élèves, sous la direction du directeur de l'École, se compose : d'un cours théorique et pratique de pyrotechnie, qui comprend, pour ceux maintenus une troisième année, quelques notions de physique et de chimie ; de cours accessoires professés par les officiers de l'École, sur la grammaire, l'arithmétique, la géométrie, le tracé et la construction des batteries, les fonctions de comptabilité d'un garde de parc dans une batterie détachée.

Les élèves séjournent habituellement deux ans h l'École.

Ceux qui annoncent les meilleures dispositions, et dont les progrès ont été les plus remarquables, peuvent être autorisés par le Ministre, dans le but d'en faire des instructeurs, à suivre, pendant une troisième année, les cours de l'École.

Quant aux élèves qui, à l'expiration de la première année, n'ont fait preuve d'aucune aptitude ou dont la conduite a donné lieu à un juste mécontentement, ils sont renvoyés à leurs corps, pour y achever leur temps de service.

L'instruction pratique consiste en manipulations d'ar-

tifice. Les élèves sont successivement exercés à la confectiorf de toutes les espèces d'artifices de guerre. Ils sont employés au chargement des fusées de guerre (1) et des fusées de projectiles creux.

Les élèves prennent part d'ailleurs , dans des moments réservés, à certains travaux du polygone, notamment pendant la durée des écoles de tir, mais sans participer au service des régiments.

Les travaux sont distribués et conduits de façon qu'un élève, à sa seconde année d'étude, travaille avec un des nouveaux admis, et le dirige dans l'exécution des manipulations.

La batterie d'artillerie, ou soit la batterie de fuséens, a pour mission spéciale de suivre tous les travaux relatifs aux fusées de guerre, dont l'étude et le perfectionnement sont du plus haut intérêt, sous le double rapport du mode de tir et du matériel à approprier à cette arme nouvelle.

Tous les ans, avant l'époque de l'inspection générale, les élèves sont examinés ; des notes sont fournies sur chacun d'eux, et il en résulte un tableau de classement, avec désignation de ceux jugés susceptibles d'avancement, qui est soumis à l'inspecteur général.

(I) Les fusées de guerre sont l'objet d'un enseignement tout spécial. Cet enseignement a reçu un très-remarquable développement depuis l'importation en France d'un procédé de fabrication dont le département de la guerre a acheté l'invention. Le marché fut conclu, le 11 mai 1827, sous le ministère de M. le marquis de Clermont-Tonnerre.

Il y a d'autres examens, également en fin d'année, et en présence du général commandant l'artillerie, qui ont pour objet de reconnaître la capacité des élèves comme artificiers. Ces examens portent uniquement sur les cours suivis dans l'intérieur de l'École*

L'École centrale de pyrotechnie militaire est administrée suivant le mode adopté pour les arsenaux et directions d'artillerie. Le colonel chargé de la direction de cette École remplit les fonctions d'ordonnateur secondaire.

SECTION IV

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