DES CIRCONSCRIPTIONS MILITAIRES
Les troupes de ligne stationnées sur le territoire de l'empire sont réparties en six grands commandements ou corps d 'armée comprenant, chacun plusieurs divisions territoriales ou actives.
Il y a vingt-deux divisions territoriales et quatre-vingt-
(1) Voir Y Annuaire militaire.
Un arrêté du 28 avril 1848 (Journal militaire, 1er sem., p. 237) avait réduit le nombre des divisions militaires à dix-sept , et celui des subdivisions à quarante-trois. A partir de 1852, les divisions ont été reportées au chiffre de vingt et un, qui était celui de 1847, non compris les trois de l'Algérie.
Par suite de l'annexion de la Savoie et de l'arrondissement de Nice à la France, une vingt-deuxième division a été créée. (Décret du 9 avril 18G0, Journal militaire, 1er sem., p. 053.)
Voir au Journal militaire, pour ce qui concerne les grands commandements :
Le décret du 27 janvier 1858, 1er sem., p. 18, qui crée cinq grands
commandements pour l'intérieur ; L'instruction du 9 février 1858, 1er sem., p. 40 ; Le décret du 31 août 1858, 2f sem.. p. 299, qui institue un commandement supérieur des forces militaires de terre et de mer en Algérie. Ce décret vient d'être rapporté implicitement par celui du 2i novembre 1860, qui rétablit le gouvernement général de l'Algérie, supprimé en 1858.
Une décision impériale du 17 août 1859 , non insérée au Journal mïli taire, a modifié le nombre et la composition des grands commandements, en créant un sixième commandement pour l'intérieur.
huit subdivisions : d'où il suit que chaque division embrasse plusieurs départements, et que chaque subdivision n'en comprend qu'un, celui de la Seine devant être compté dans la distribution générale pour mémoire, attendu qu'il se confond avec le commandement de la place de Paris.
L'Algérie, placée sous les ordres supérieurs d'un maréchal de France ayant le titre de gouverneur général, comprend trois divisions territoriales qui correspondent aux trois provinces d'Alger , d'Oran et de Constantine, dont elles portent respectivement le nom.
En principe, chaque corps d'armée est commandé par un maréchal de France.
Chaque division territoriale est commandée par un général de division et administrée par un intendant militaire.
Les commandants des premier et quatrième corps d'armée exercent directement le commandement de la division territoriale dans laquelle leur quartier général se trouve établi (1).
Chaque subdivision territoriale est commandée par un général de brigade.
Il y a, par commandement de corps d'armée, un étatmajor général composé :
(1) Ces divisions sont, la 1ro (Paris) et la 8e (Lyon).
de l'organisation de l'armée. 287
D'an maréchal de France, commandant ;
De ses aides de camp j
D'un général de brigade, chef d' état-major général;
D'un colonel ou lieutenant-colonel du corps d'état-major,
sous-chef d'état-major général ; De plusieurs officiers du même corps.
Il y a, par division militaire, un état-major dont le chef, choisi dans le corps d'état-major et dans le grade de colonel ou de lieutenant-colonel, est assisté par un nombre d'officiers inférieurs de ce même corps, proportionné à l'importance du service, et par un secrétaire-archiviste.
L'état-major d'une division se compose :
Du général de division, commandant ; Du général de brigade commandant la subdivision du cheflieu; Des aides de camp de ces officiers généraux; Du chef d'état-major et des officiers placés sous ses ordres.
L'intendant militaire divisionnaire fait partie de l'étatmajor de la division.
Il y a au chef-lieu de chaque département, et dans chacune des places de guerre et autres qui le comportent par la force de leur garnison et le nombre de leurs établissements militaires, un ou plusieurs sous-intendants ou adjoints à l'intendance militaire qui exercent, sous l'autorité immédiate de l'intendant divisionnaire, la direction des services administratifs et le contrôle de l'administration intérieure des corps de troupe, ainsi que des dépenses et consommations des établissements situés dans leur arrondissement.
On donne le nom de place à toute ville, fortifiée ou non, dans laquelle des troupes et des établissements militaires sont entretenus.
Les troupes stationnées dans une place en forment ce que Ton appelle la garnison.
Nous avons indiqué dans les titres précédents les circonscriptions particulières de l'artillerie, du génie et de la gendarmerie, qui ne s'accordent que peu ou point avec notre grand système de divisions militaires, au grand détriment, croyons-nous, de l'ensemble et de l'unité du service général de l'armée (i).
(i) Dans notre deuxième édition, celle de 1847, nous exprimions le vœu que tous les services de la guerre fussent amenés à une seule et même circonscription, qui serait tout naturellement celle des divisions militaires. Ce vœu était peut-être trop absolu, et nous reconnaissons de bonne foi qu'il pouvait rencontrer de sérieux obstacles à sa complète réalisation.
Quoi qu'il en soit, le ministère de 4a guerre a fait un grand pas dans la voie que nous indiquions, par la création de commandements supérieurs de l'artillerie, combinés avec l'organisation des divisions militaires. L'ordre donné aux directeurs des fortifications de ne plus correspondre, pour ce qui concerne le personnel placé sous leurs ordres, que par l'intermédiaire des généraux commandant les divisions et les subdivisions territoriales, est aussi, ce nous semble, un progrès digne d'attention. (Note de 1K34.)