‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 32 sur 105 · CARLSRUHE · texte numérisé non relu

CARLSRUHE

IKreelioii moyeiin*.

Direction iBnjrennt.

Direelion moyenne.

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Direction moyenne

A Milan , les directions des vents se correspondent dans les mois équidistants du solstice, janvier et décembre, mars et octobre, avril et septembre ; vers les deux solstices , les directions sont opposées et forment les extrêmes. Les directions des vents parcourent environ la moitié de l'horizon (200 degrés) ;

DE l’air BN M0ü\'EMENT; des vents.

6.1 oppartionnent .nu r.nilran occidental. 1.35 à l’oriental; en mars et en octobre, quand la terre est à sa moyenne distance, la direction des vents est également moyenne. A Paris, la première moitié de l'année est plus au nord que la dernière; à Milan, les deux extrémités de l’année sont plus au nord que le milieu; à Carlsrube, la première moitié incline plus vers le sud-est, I a seconde vers le sud. Chacune de ces circonstances a son explication dans la situation relative des réfrigérants des lieux et indique leur puissance relative dans les différentes saisons.

De même que l'on a remarqué un changement régulier dans la direction de l’aiguille aimantée, de même aussi on a cru reconnaître un changement dans la direction moyenne des vents. Cette observation serait importante; on pourrait y découvrir de certaines périodes dans les saisons, dépendant du déplacement des points où se trouvent les maximums de froid et de chaud, dont les conséquences seraient très intéressantes à prévoir. Il en résulterait aussi , dans la pratique , que tôt ou tard les bâliments et les clôtures les mieux abritées ,par rapport aux vents, finiraient par lui donner prise.

A Milan, M. Césaris, ayant divisé en plusieurs périodes les années d’observations de son observatoire qui ont commencé en 1763, a trouvé que la direction moyenne des vents avait été ;

De 17fi3 à 1792 81,10

Ainsi cette direction a marché continuellement de l’est au nord d’environ 1 degré par année moyenne.

M. Schow a trouvé qu’à Copenhague la direction moyenne avait tourné de l’ouest au sud, de 1765 à 1800.

En analysant les résultats de Cotte, nous trouvons que la direction moyenne des vents était, à Paris,

De 1763 à 1772.

HÉTÉOROLOGIB AGRICOLE.

Ainsi, jusqu’à ia fin du siècle dernier, la direction des vents a marché de l’ouest au nord, et les observations de M. Bouvard, insérées dans le Vil' volume des Mémoires de V Académie des Sciences, nous donnent 248°, 21'; de 1803 à 1817, lu direction des vents aurait rétrogradé du nord à l’obest.

Ces résultats font comprendre l’utilité dont peuvent être des observations réduites même à leur plus simple expression. L'n recueil où l’on aurait seulement noté la direction des vents pendant une longue suite d’années , serait déjà un monument très précieux pour indiquer les changements qui peuvent être survenus dans le climatd’un pays et dans l’ensembledes climats du globe.

' Section Y. — Des effets des vents sur la végétation.

Les vents agissent comme force physique, par leur vitesse multipliée par leur masse ; comme corps ayant une température propre et transportant une certaine dose d’humidité, et prenant ou donnant aux corps qu’ils rencontrent, pour se mettre en équilibre avec eux , ou de la chaleur ou de l’humidité.

Les vents modérés sont utiles à la végétation en agitant les plantes; les mouvements qu’ils leur impriment, 'l’espèce d’exercice qu’ils leur procurent , fortifient leurs libres et paraissent agir favorablement sur eux. La fécondation des germes parait plus complète pour les plantes qui ne sont pas entièrement abritées. On pourrait l’attribuer à ce que le vent favorise la dispersion du pollen. Une observation tendrait à nous faire croire qu’ils tendent aussi à enraciner plus fortement les plantes. Dans un même champ, nous avons remarqué que les racines des plantes de froment qui étaient couvertes par des abris, étaient moins nombreuses ou moins fortes que celles qui recevaient le vent ; c’est surtout

DE l’air en mouvement; des vents. - 19,1 dans la direction de laquelle il vient que les racines s'étaient le plus étendues. Mais quand les vents sont forts et violents dans un pays, ils impriment aux branches une flexion qui finit par devenir habituelle. Toute la tète de l’arbre se trouve portée dans la direction opposée au vent, les rameaux s'allongent dans cette direction, ils sont retroussés dans la direction opposée; enfin les racines aussi sont beaucoup plus fortes, plus étendues dans la direction du vent, afin de retenir en arrière, comme par des ancres, la masse de l’arbre portée en avant. On a remarqué, lors des ouragans, que les arbres des régions très venteuses résistaient à leurs efforts, tandis que dans les régions habituellement calmes, où ils sont moins fortement enracinés, ils étaient souvent renversés. Cela arrive surtout quand les vents surviennent après les pluies et que la terre est fort humide.

Les marins apprécient la vitesse du vent d’après les sensations qu’ils éprouvent, et leur ont donné différentes épithètes qui expriment cette vitesse ; ainsi ils nomment vent frais celui qui parcourt 10 mètres par seconde; grand frais si sa vitesse s’élève à 15 mètres ; très grand frais à 20 mètres ; c’est une iemfite de 25 à 30 mètres, et un ouragan si elle est de 35 à 45 mètres. Des vents qui ont cette impétuosité renversent les murs et les maisons peu solides. Dans la vallée du Rhéne, qui est le lit d’un grand fleuve aérien coulant avec beaucoup de vitesse, les arbres résistent à des vents de 35 mètres; tandis que nous avons vu, en traversant le département de l’Yonnt*, des rangées d’arbres couchées à terre, après des pluies, par un vent qui ne devait pas avoir plus de 20 mètres de vitesse.

Cette propriété qu’ont les vents de fortifier les fibres des plantes par le mouvement habituel qu’elles leur impriment, est défavorable dans certains cas. Ainsi le chanvre cultivé dans la vallée du Rhône a une filasse très grossière, tandis qu’aux 'u. i.a

Mlh-ÉOROlOGie AGItlCOLG.

abris des A<pes, dans la plaine de Grenoble et dans la vallée de Graisivaudan, elle est beaucoup plus line.

Les plantes à tige molle ne peuvent pas être cultivées non plus dans les pays exposés au vent, ou ne peuvent l’étre qu’à des abris naturels ou artificiels ; ainsi les pois, |>ar exemple, exigent une position calme pour prospérer ; on peut en dire autant des végétaux dont les graines se répandent facilement ; le pavot, le sésame redoutent aussi les expositions venteuses.

Les grands vents qui ne parviennent pas à déraciner les végétaux qui ont cru sous leur influence, peuvent cependant causer de grands dommages aux récoltes qu’on en attend ; ainsi, quand ils surviennent lors du premier développement des feuilles et lorsqu’elles sont encore tendres, ils les coupent, les arrachent, arrêtent la végétation, et si le produit de l’arbre se fonde sur la récolte des feuilles, comme c’est le cas pour le mûrier, ils le diminuent sensiblement. Il y a aussi certaines positions où la constance seule de certains vents, en mettant même à part leur violence, peut nuire à la végétation, c’est quand des dunes , des terrains sablonneux se trouvent sous le vent des arbres; les grains de sable entraînés par les vents liment peu à peu l’épiderme des feuilles et des branches, et détruisent ainsi les parties exposées à leur action. Aussi, dans les lieux soumis à cette influence, ce n’est qu’au moyen d'abris artificiels que l’on peut parvenir à préserver les arbres, et le rideau le plus exposé au vent est toujours plus ou moins dégarni. Enfin le transport de ces sables sur les terrains cultivés les stérilise, et y établit un nouveau foyer de dévastation pour les terrains situés plus avant. La marche des dunes de Bordeaux a depuis longtemps fixé l’attention du gouvernement*.

Les vents sont aussi une grande cause de la dissémination des semences ailées des plantes. La culture la plus soigneuse a peine à se garantir de la multiplication des chardons, quand (i) Kotr t. L P- et suiv.

DE l’air BN mouvement ; DES VENTS. 195

tous ne concourent pas à la fois à leur destruction. 11 est aussi d’autres graines qui, après certains orages, garnissent spontanément les champs et qui sont apportées par les vents.

À son point de départ, l’air ayant une température acquise la transporte avec lui quand il se met en mouvement, et ce n'est que peu à peu qu'il en change en traversant des pays qui ont une température différente , en se mettant en équilibre de température avec eux. Dans la vallée du Rhône, le vent du nord abaisse la température normale de 7 degrés environ ; après quelques jours de temps calme et clair pendant lesquels la température s’est élevée, s'il survient au printemps un pareil abaissement de chaleur, toute la végétation se trouve souvent compromise, même quand il n'y a pas eu de gelée et que les organes des plantes ont conservé leur vitalité il se produit un effet très remarquable, leur développement est arrêté, et ils restent rabougris. Nos cultivateurs expriment cet état en disant que les plantes se sont enrhumées. Les bourgeons qui poussent plus tard prennent bien toute leur croissance, mais jamais les feuilles et les rameaux qui ont subi cet arrêt de végétation ne se remettent complètement. Cet accident est surtout funeste aux prairies naturelles et artiGcielles et aux feuilles du mûrier. Quant aux prairies, ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de presser leur coupe pour gagner du temps au profit des coupes suivantes; et pour les mûriers, il faut attendre le développement de nouveaux bourgeons, retarder l’époque de l'éclosion des vers à soie, et sacrifier même ceux qui sont nouvellement éclos, afin que la nouvelle feuille puisse se développer avant l'époque de la grande consommation.

Les vents secs hâtent d'autant plus la dessiccation de la terre qu’ils sont plus rapides. Après quelques jours de leur règne, le sol se durcit, et cet état prolongé au printemps nuit beau-

JUîtÉOROlOGIE AORICOLK.

coup à la croissance des plsnles. Le blé reste bas el ne tallo pas; les prairies fournissent peu de foin, s’il ne survient un temps chaud qui permette de les arroser ; car si le vent foc est en môme temps froid, l'irrigation leur profilerait peu. Les vents humides et chauds sont généralement favorables aux plantes et surtout aux fourrages. Cependant on remarque que sous leur influence la fécondation se fait mal, que la fructification est imparfaite et la maturité retardée.

Les vents secs et chauds causent une évaporation très rapide, l’impression qu’ils font éprouver est encore plus forte, si, comme le simoun d’Arabie, iis transportent avec eux du sable échauffé par le soleil ardent du midi.

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