‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 44 sur 105 · Rome · texte numérisé non relu

Rome

Nous •avons cité (tomo page 143) un passagt* d’un mémoire (le M . Boussingault, où il atlirme que sous la zone équinoxiale, pendant l’année entière, tous les jours et peut-être é tous les instants, il se fait dans l’atmosphère une série continuelle du décharges électriques. On conçoit que dans cette zone l’évaporation des différents réservoirs d’eau fournit un courant, ascendant de vapeurs qui emportent avec elles des doses difl'érentes d’électricité, c) constituent un défaut habituel d'é(|uilihre électrique dans l’atmosphère. C’est ce qui se passe aussi dans I9 zone tempérée pendant la saison chaude. A partir du comniencepient de mai, nous trouvons à peine un jour dans notre Europe occidentale qui ne soit signalé par des coups de tonnerre et des éclairs qui annoncent ce défaut d’équilibre électrique entre les diverses masses de vapeurs. C’est un échange continuel d’électricité entre les nuages, et entre ceuxci et la terre. Les répulsions et les attractions de ces inpsses doivent avoir une grande influence sur l’état de l’atmosphère, et la rendre tout autre qu’elle ne serait si elle n’était soumise qu’^ l’action do la pesanteur, du calorique et do l’humidité. , Il n’est pas moins curieux d’observer la marche que suivent ces orages dans leur formation. Si nous examinons le tableau ci-dessus , nous trouverons que les signes électriques se manifestept plusieurs jours de suite dans des lieux isolés et éloignés les uns des autres -, que leur sphère d’activité s’étend, et qu’enflm il arrive un moment ou elle embrasse presque toute l’£u-

DE l;'ÉI.FXTRICITK ATMOSP1II^:R10PK. ^27

rope. Plus. tard, les signes électriques sP localisent do nouveau, jusqu’à une uouvelle invasion -générale, qui dans la saison chaude a lieu environ tous les^ à 8 jours. C’est à ini de ces grands spectacles qu’assistait Kaemtz sur le Faulhnrn, le 13 août 1833; ce jour-là l’orage envahit toute l’Allemagne, au nord des Alpes, et s’étendit jusqu’à Paris; le lendemain, la Lombardie y participa ; le midi de la France resta clair et sans apparence électrique, ainsi que l’Italie au sud des Apennins.

Dans le tableau que nous avons donné plus haut, on a vu que certains noms de lieux revenaient plus souvent que d'autres, et qu’ainsi, dans leur formation et leur extension, les orages affectaient de préférence certaines directions, soit que les vents supérieurs qui transportent les nuées aient plus de facilité à les suivre, soit que la disposition des montagnes les y attire ; voici le nombre moyen de jours où se sont manifestées des nuées à réactions électriques, éclairs ou tonnerres, dans différents lieux ;

IJI Rodicllc. Sl,0 l’.-iris 19,0 Sl-Golhard 18,0 Milan. ..91,0 Stockholm.. 9,r>

Hiddclbourg 91,5 Bruxelles. . 10,1 Genève. .. l‘J,0 l’adour. 41,9 Pëlcrsbourg 19,4

Cuxh.aven. .11,5 Cicngeii. . .91,9 Dijon .... 15,0 Itorae. . 49,4 Al/] 10,0

liambourf;. . 10,7 Maiilieim. . 30.8 Orange. . . 12,0 Janina. . 4S,0'Moscnu. . . . 99,4 Copenhague 9,0 l.unebourg. 90,9 Marseille. , o/t Kasan o,o

Bergen. ... 5,8 Gottingue . 15,0 Norlschiiifk. 5.1

SoudinOr. . . 5,9 Slutlgarl .. 30,0 ” Irkuuk, . . . 8,5

Spitzberg . . 7,7 CarUruhe. . 95,0

Augsbourg. 99,5 *

Muiiidi 99,7

Peistenberg 95,0

Tegernsée . 95,3 • •

liatisiroiine. 16,9 *

Erfurl, 14,1 •

Berlin;. . . . 17,5 Sagan .... 99,5 Prague . . . 17,7

• Bude. .... 98,0 •

Nous voyons dans ce tableau les côtes occidentales présenter un nombre d’orages qui parait décroître avec la latitude , sauf les influences locales; dans la seconde colonne qui contient l’Europe centrale, le maximum des orages a lieu dans la vallée" de Danube et à Sagan qui est à la tôte de celle de l’Oder ; c’est cette partie de l’Europe, qui est déjà signalée comme la plus nébuleuse, qui est aussi la plus orageuse, et cela doit être, puis-

MKTKOROI.Or.IE ACRIOOI.E.

que Kl présence des^huages est une condition de Ja formation d’un orage ; c’est vers le sud est de l’Europe que la fréquence des orages augmente d’une njanière bien marquée; l’adoue, Rome cl Janina ont une quantité d’orages double de celle du reste de l’Europe; au contraire, dans le nord-est, si l'on en excepte Moscou, les orages sont peu nombreux.

Nous avons indiqué (t. p. 142) l’immense inlluencedcs orages pour préparer, au sein de l’atmosphère, les composés

d’azoté qui rendent à la terre la fécondité qu’elle a perdue. On

ne peut apprécier cet elTct par la fréquence seule des orages; il faudrait aussi constater la quantité do pluie tombée pendant leur durée, et les produits azotés qu’elles fournissent. Ces résultats compliqueraient, mais rendraient bien intéressante la tâche des météorologistes. Ils doivent se dire constamment que la science est au berceau et qu’elle est appelée par la suite à résoudre les * questions les plus'dilTiciles de la physique du globe et de l’économie rurale. C’est é eux que nous faisons appel ; ils seront énimemment utiles é notre agriculture, s’ils veulent bien rechercher à l’avenir la quantité d’azote que renferment les eaux des pluies orageuses. Il sulïîra d’aeiduler l’eau de pluie avec l'acide sulfurique, et d’évaporer; l’on aura un résidu que l’on "dosera par les moyens indiqués (t. 1“^, p. 49). Si l’on ne veut pas faire plusieurs opérations, il sullira de tenir en réserve l’eau après l’avoir acidulée, et de réunir à la fin de la saison toutes les eaux de pluie, pour analyser leur résidu en une seule fois. Si ces expériences étaient tentées sur un grand nombre de points, on connaîtrait bientôt la répartition de la dose de fertilité que les orages produisent.

Les orages éclatent peu en hiver; on commence â en voir quelques-uns en mars, à Rome, à Padoue, à La Rochelle; en^ avril, ils s’étendent vers le centre de l’Allemagne; en mai, ils pénètrent vers Stockholm ot Pétersbourg; ils finissent en août à Pétersbourg, en septembre au centre do l’Allemagne, en octobre sur les côtes de l’Océan, en décembre en Italie.

MÊTÉÜUOLUGiË AURICOLË.

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