‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 73 sur 105 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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Les cultures sont réparties sur la surface du globe selon certaines lois dont les unes sont inhérentes à la nature du climat et du sol ; celles-ci sont invariables. D’autres sont le produit des institutions humaines, des progrès de la civilisation, de la distribution de la population, et celles-ci peuvent changer de siècle en siècle. Mous reconnaissons, en effet, des limites : 1° météorologiques; économiques; 3° statistiques; 4** agricoles; nous allons en traiter successivement.

Section !'•. — Limites météorologiques des cultures.

Une limite météorologique est assignée à la culture d’une plante, à la possibilité de son existence et de sa production d’un côté de la limite et par son impossibilité par l’autre. Elle dépend de la rigueur des hivers, de la chaleur des étés, de l’état plus ou moins humide de la terre et de l’air. Ce sont les principales conditions, et elles sont dépendantes de beaucoup d’autres. Il y en a aussi qui sont spéciales à certaines plantes; ainsi, le houblon exige un pays dont les vents n’aient pas habituellement beaucoup de violence, ou un abri contre ces vents, à cause de l’élévation de la plante et de sa fragilité ; le chanvre ne produit qu’une filasse grossière quand ses tiges sont incessamment agitées par des vents impétueux ; les arbres ne croissent pas volontiers sur les bords d’une mer è plages sablonneuses, dont les particules entraînées par les vents froissent les jeunes bourgeons, etc.

Quant aux limites météorologiques générales, elles s’établi»-

MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE

sent : par la considération de la température de l’air en hi-

' ver ; par celle delà température du sol dans cette saison, et à défaut d’observations de cette nature qui manquent presque partout, on y suppléera, bien qu'imparfaitement, par la connaissance des neiges qui recouvrent habituellement le sol, et celle du nombre de jours de gelée que présente le pays et de l’épaisseur de la glace qui s’y forme ; 3” par la température des mois de végétation de la plante, et celle qu’éprouve le sol frappé par le soleil ; 4° par le rapport de la pluie tombée à l’évaporation, rapport qui indique le degré d’humidité de l’air et du sol. On supplée à cette dernière connaissance par la considération de l’état hygrométrique de l’air ; par celle de la fréquence et de la direction des vents; par le chiffre du groupement des pluies et des intervalles qui les séparent; par la quantité d’eau que conserve la terre dans les différentes saisons.

Outre ces caractères généraux, il en est d’autres accessoires qui pourront avoir une grande importance locale tels sont les vents et leur impétuosité, la fréquence des grêles et des orages, celle des gelées blanches printanières; l’irrégularité habituelle dans la marche des saisons : toutes ces causes peuvent introduire, pour certaines cultures, des chances qui en rendent les résultats nuis ou douteux.

C’est donc l’ensemble de toutes ces connaissances que nous exigeons pour définir et limiter parfaitement une région agricole. Nous sommes loin de les posséder pour toutes les contrées, même européennes. Les observations météorologiques ont été faites jusqu’à présent sans esprit d’ensemble et dans un but trop circonscrit. On se borne à déterminer la température moyenne de l’air, la marche du baromètre, ses périodes diurnes ou mensuelles, la direction, la variation, l’intensité des courants magnétiques; ce sont ces fragments de l'histoire météorologique des lieux qu’il nous faut souvent mettre en œuvre, en en tirant |tar induction les résultats qui s'y rattachent par des liens plus

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