A PARIS
fliilL
756, 7ia
La variation diurne du baromètre étant liée à la position du soleil , se trouve modiliée par différentes causes qui tantôt,
A CAIILSRCBE.
niilt.
pronostics M NAIBES.
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l'augmentent, tantiH l'affaiblissent, et quelquefois la changent (le signe, c’est-à-dire que la hauteur barométrique du matin est alors plus faible que celle du soir. Il était important de rechercher si le mouvement diurne de la lune n’influait pas sur ces modifications, si, en d’autres termes, il n’y avait pas chaque jour une marée haute et une marée basse du baromètre causée par la lune et plus ou moins masquée par la marée thermométrique solaire. C’était une des considérations qui devaient décider si la cause des mouvements barométriques observés était la même que celle des marées de l’Océan , c’est-à-dire l’attraction lunaire. Pour y parvenir, M. Arago ‘ a considéré qu’aux syzygies le maximum de hauteur barométrique dépendant de l’effet de la marée atmosphérique devait avoir lieu à midi, moment du passage de la lune par le méridien ou l’antiméridien. Cette hauteur croîtra continuellement de 9 heures du matin à midi ; aux quadratures, le minimum de hauteur barométrique devra être à 6 heures du matin et 6 heures du soir ; mais, comme on n’a que les observations de 9 heures, on trouvera au moins que le baromètre de 9 heures sera plus élevé que celui de midi ; si l’on prend donc la düTérence entre la hauteur barométrique aux quadratures et aux syzygies et que la lune imprime à l’atmosphère un mouvement semi-diurne, cette différence devra être plus forte aux quadratures qu’aux syzygies. Voici le résultat de cette opération :
Qoidraiarei. Syxygie*-
9 heures du matin 756,06 756,32
Midi 756,69 755,99
Différence. . . 0,37 0,33
M. Arago fait remarquer que ces deux nombres ne différent que de de millimètre; quantité évidemment au-dessous des erreurs d’observations
Nous avons tenté cette vérification par un autre procédé ;
(!) Annuaire (fe 1833, p. t76 et suiv.
M^rtoROLOGlE AGRICOLE.
nous avons cherché la hauteur du baromètre, à Paris, aux heures les plus voisines du lever, du coucher et du passage do la lune par le méridien, pendant les années de 1819 à 1838. Nous avons obtenu les chifTres suivants :
Lever de la lune . . 756,185
Coucher de la lune . 755,776
Demi-somme. 755,980 Passage au méridien. . 755,666
Différence entre la hauteur barométrique, la lune étant à l’horizon ou au méridien, 0,314.
La quantité de de millimètre cesse d’ètre au-dessous des erreurs d’observation. Il parait donc qu’il y a en effet une marée semi-diurne atmosphérique causée par l’action lunaire.
Si nous considérons maintenant l’influence des apsides sur les mouvements du baromètre, nous trouvons les résultats
suivants :
Joart.
inlll.
Jourt.
■nill.
Périgée
Apogée
Moyenne.
Moyenne.
En représentant par une courbe {fig. 17) ces différents résultats, nous voyons, à travers ses irrégularités, que cette courbe a son minimum d’élévation au périgée ; de là elle se relève par un mouvement brusque, et, au lieu de présenter sa partie la plus convexe à l’apogée, elle la manifeste à la distance moyenne, sans doute parce que le nombre des obser-
PttONOàTlCS LUNAIRES.
valions emplo}ées est encore trop petit; car d'ailleurs la moyenne des jours voisins de l’apogée est un peu plus forte que celle des jours voisins du périgée, et les hauteurs barométriques inférieures à la moyenne AB durant ces derniers jours descendent beaucoup moins au-dessous de cette moyenne.
miU. T694SJt> .7*6,9
Fig. 17.
Sà5677864Sl;i7*4l67
Section II. — *ic(ton de la lune sur les météores.
S I*'. — Hypothèses sur l’inilueuce de la lune sur le temps.
Quand on ne possédait pas encore de nombreuses observations, et que celles que l’on avait ne présentaient pas un degré d’exactitude suffisant, on fit en météorologie ce que l’on a fait dans toutes les sciences, on chercha à suppléer aux faits par des hypothèses. Nous ne savons pas trop de quelle nature était l’hypothèse qui fit prévoir à Démocrite d’Abdère une grande disette d'huile , et lui suggéra une bonne opération de commerce * ; mais depuis longtemps les personnes qui s’occupaient vaguement de météorologie croyaient que le retour de saisons sem- (I) Pline, lib.XVIlI.
4lfi
MéTÉOROt.OtilE AGRICOLE.
Iilübles était lié à certaines périodes déterminées par les ré* volutions lunaires. Cotte s’attacha , avec une grande obstination, d’après le conseil de Grandjean-de-Foucby à rechercher si les mêmes températures et les mêmes résultats météoriques revenaient tous les 19 ans, période sur laquelle Lambert* et Lalande avaient déjà appelé l’attention, et après laquelle les phases de la lune coïncideut de nouveau aux mêmes jours solaires. Ses nombreuses recherches sont consignées dans ses mémoires sur la météorologie®, dans le Journal de Physique et dans les mémoires de la Société d’agriculture de la Seine; mais quelques rencontres remarquables sont mêlées à un si grand nombre de résultats contraires, qu’il est impossible d’attacher aucune confiance à une hypothèse condamnée d’ailleurs par le raisonnement, car le retour des phases aux mêmes jours n’entratne pas le retour des apsides dont nous avons plus haut signalé l’influence. Le même sort a frappé plusieurs autres périodes que l’on a tour à tour préconisées, et dont quelquesunes dépassent, par leur durée , le temps le plus éloigné pour lequel nous possédons des observations^.
Toaido, possesseur d’une longue série de faits recueillis à Padoue, fut le premier qui chercha à porter quelque méthode dans les recherches météorologiques. Son essai de météorologie, couronné en 1774 par l’académie de Montpellier, porta l’attention publique sur sa théorie des points lunaires; mais il sufOt de lire son ouvrage pour se convaincre de tout ce que ses calculs ont d'arbitraire. Il s’occupa, non d’un météore déterminé, mais des changements de temps; et cette ex|>ression est si vague, il est si vrai de dire que chaque jour, comparé au jour précédent, présente un changement de temps, que l’on ne voit pas où l’on pourrait s’arrêter pour arriver à des résultats
(1) Acta helvetica, t. II.
(2) T. I, p. 101 et suiv.
(3) Voir, dans rdnimaire du Bureau des longitudes pour 18.31, p. 196 et suiv., l’excellente dissertation de M. Arago.
MONOSriCS U XAIRKS.
exacts. M. Arago a si bien discuté ce travail*, que nous croyons inutile de nous y arrêter d’avantage.
Quand l’illustre secrétaire perpétuel de l’Académie publia celte notice, les cendres de Lamarck étaient à peine refroidies, et il ne voulut pas juger avec sévérité lestenfativcs que ce savant avait faites pour prouver que le caractère météorologique du temps se modiliait selon les déclinaisons de la lune, et donner ce qu’il appelait les constitutions lunaires. Lamarck admettait que, pendant les déclinaisons boréales, les vents étaient méridionaux, le temps pluvieux et le baromètre bas, et qu’au contraire les vents avaient plus de tendance à souffler du nord, le temps à être beau et le baromètre à s’élever, pendant les déclinaisons australes de la lune®. Il publia pendant jdusieurs années un annuaire météorologique, dans lequel il prédisait le temps de l’année suivante d’après son hypothèse; les échecs successifs qu’éprouvèrent ses prédictions ne tardèrent pas à le rendre plus circonspect, et, ne cessantde compliquer son premier principe de nouveaux éléments qu’il avait d’ahord négligés, il arriva enfin dans son dernier annuaire, celui pour l’an XIV de la république, à une complication telle, que la formule qui serait résultée de ses dernières idées n’était pas autre que celle des marées. Cotte avait eu la patience de vérifier, pendant un grand nombre d’années, l’hypothèse de Lamarck^, cl il y renonça à la vue du grand nombre de résultats négatifs auxquels elle le conduisait. Nous verrons plus loin ce qu’elle avait de vrai.
Après ces tentatives si arbitraires, on en vint enfin à des essais plus positifs, on ne rechercha plus seulement des faits trop généraux et trop vaguement définis , comme les changements de temps, mais on s’adressa à des faits bien définis, bien
(1) Annuaire du Bureau des longitudes pour 1833, p. 181.
2) Annuaires météorologiques.
(3) Journal de ghijsique, de 1800 à 1804.