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de sa végétation. On est loin de connaître ce point extrême; peut-être même ne le connatt-on pas exactement pour une seule plante, car il ne sufGt pas pour cela de connaître sa limite topographique. Elle peut s’y arrêter autant par la ' dilTiculté de fructifier et de se propager, autant par la décur- tation constante de ses scions que par une température assez froide pour pénétrer jusqu’à la moelle de l’arbre et à ses racines et pour produire leur désorganisation. On sait seulement qu’un grand nombre de végétaux périssent entièrement désorganisés dans toutes leurs parties quand ils ont éprouvé un * degré de froid relatif à leur nature; mais admettrons-nous que dans tous les cas le mûrier blanc périra comme dans l'Ain ' en 1838, quand il éprouvera une température de — 25°; que celuidesPbilippinesnerésisterajamaisàcellede — 15°qui l’emporte ordinairement auprès de Paris ; pour arriver à cette conclusion absolue, il faudrait pouvoir affirmer que dans aucun '
cas ces arbres n’ont résisté à une température plus basse, ce qui est loin d'être démontré.
Ainsi, aptitude propre de chaque espèce de végétal pour supporter un certain degré d’abaissement de température; aptitude décroissante de chaque partie du végétal à mesure qu’elle est plus imprégnée de $ève, plus aqueuse, moins ligneuse, moins volumineuse; le bourgeon supportant un moindre degré de froid que le scion, le scion que le rameau, le rameau que la branche, la branche que le tronc, et enfin le tronc que les racines, car au volume de celles-ci il faut ajou-^ ter celui de la terre qui les recouvre, et qu'il faut que le froid pénètre avant de les atteindre C’est cette dernière raison qui explique pourquoi on empaille les arbres sensibles au froid pour retarder l’atteinte qu’ils peuvent en recevoir.
Il ne suffirait donc pas de connaître l’abaissement extrême de température que peut supporter chaque arbre pour expliquer sa mort, il faudrait encore connaître la durée do cette tempé-
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rature extrême, l'n moment sultit pour détruire le boiirgecni • baigné de rosée, il faut plus lougtcmiis pour le rameau; le tronc ne périt qu'après une longue succession de froids; la racine résiste presque toujours.
Mais ce qui rend plus difficile la détermination de ce degré extrême, c’est que nous voyons les ravages du froid dé- ■ pendre souvent beaucoup plus des circonstances du dégel que de l’intensité même du froid et de l’état des cultures.
^ • Les gélées les plus fortes paraîtraient être de peu d’effet sur un grand nombre d’arbres et de plantes, si elles étaient suivies d’un dégel lent et graduel. C’est ainsi que, quand les hommes surpris par les grands froids ont un membre gelé, la gangrène ’ se manifeste sur-le-champ si on approche ce membre du feu; tandis qu’il ne reste aucune trace du mal si, frotté d’abord avec de la neige, ou trempé dans l’eau à la température de la glace fondante, puis successivement amené par des frictions à une température plus élevée, le membre n’arrive que par degrés au point de chaleur qui lui est naturel. Celte même expérience peut se faire sur des végétaux ; ainsi une racine do navet gelé exposée subitement au soleil se décompose aussitôt, tandis qu’en la plongeant dans un vase plein d’eau à zéro, elle se dégèle et conserve toutes ses qualités. Flaugergues ayant placé en janvier des plantes de blé dans un vase plein d’eau, elles y furent exposées à plusieurs alternatives de gelée et de dégel ; repiquées dans la terre le 2 mars, elles reprirent bien et donnèrent des épis longs et bien nourris'. Les végétaux éprouvent dans le nord, et malgré leur manteau de neige qui quelquefois est léger, des températures au moinsaussifroidesque celles de nos grands hivers du midi, et cependant on n’y signale jamais, pour les plantes de la culture ordinaire, les résultats ' désastreux des luFcrs. Cela provient uniquement de ce que les dégels y sont plus humides et plus graduels; tandis qu’en avan- (1) Journal de phijsifjHe, 17so, t. XV, p. 486. ^
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çaDt Térs le midi il se manifeste de ces dégels subits, détertninés par l’influence d’un beau soleil et qui frappent de sphaccie • toute la végétation qui n’avait éprouvé cependant qu’un degré de froid médiocre. C’est par la même raison que les gelées sont d’autant plus meurtrières qu’elles arrivent plus tard et que sans parler de celles qui surviennent quand la sève est déjà en mouvement, celles des mois de février et de mars, si souvent suivies de dégels rapides, même dans les pays du nord, sont plus funestes aux plantes que les gelées bien plus intenses de décembre et de janvier;
L’étude particulière que nous avons faite des circonstances de la mortalité des oliviers est aussi applicable à d'autres végétaux avec les modifications que comportent leur nature et leur situation en terre *. Ainsi en 1709, du 9 au 1 1 janvier on eut — 14®, 5 en Provence, le 12 le dégel arriva subitement, les feuilles des oliviers se flétrirent, le bois des branches sécha, l’écorce spbacelée se détacha du tronc. En 1789, les grands froids durèrent du 20 décembre 1788 au 8 janvier suivant, le thermomètre descendit à — 15®,65 à Orange ; le dégel eut lieu subitement par l’arrivée d’un vent de sud chaud qui remplaça le vent du nord, et l’on perdit la plus grande partie des oliviers.
Le 1 1 janvier 1820, nous eûmes à Orange un froid de — 13®, qui fut de —15° à Joyeuse placé aussi à la limite de la région des oliviers; les vents du sud-ouest ayant amené le 15 un changement dans la température et par un beau soleil, une grande mortalité frappa les oliviers de la Provence et d’autant plus qu’ils étaient en dehors de l’action du vent. Le même phénomène eut lieu en 1830; tandis qu’en 1745, 1748, 1766,
1 802, par une température de — 10®, le dégel accompagné d’un grand vent du nord, ne fut pas suivi de mortalité dans tous les lieux non abrités et qui se trouvaient dans le courant d’air. Cela s’explique facilement lorsqu'on sait que dans ces
(1) Mémoires iFagriciüture, t. II, p. 36$ et suiv.
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conditions le vent abaisse de 6 degrés au moins la température produite par la chaleur directe, et de beaucoup plus celle par la chaleur réfléchie des rayons du soleil, enlève l’humidité à mesure que la glace se fond et en augmentant la rapidité de l’évaporation produit du froid sur les organes des plantes.
De même en 1755, t768, 1811 urie gelée provoquée par une température de — 12°, 5 à — 10 ne' produisit aucun mauvais effet, parce que le dégel fut accompagné de pluie, et qu’il eut lien graduellement et à une basse température. Les seuls endroits frappés en 1811 furent ceux où la pluie manqua.
Quand la sève est en mouvement et que les organes des plantes sont abreuvés de sucs, des froids beaucoup moindres peuvent avoir des effets aussi funestes si les circonstances du dégel ne sont pas favorables, et dans cette saison avancée, comme nous l’avons dit, il est bien plus ordinaire de voir succéder un soleil brillant et chaud aux gelées nocturnes. C’est ainsi qu’en 1838 un grand nombre de vignes périrent dans le Lyonnais et même dans le Languedoc, après avoir supporté une gelée de seulement — 4 à 5 degrés ; tandis qne des oliviers transplantés dans l’automne de 1829 après avoir eu la tète coupée, et par conséquent privés de tout mouvement de sève, résistèrent parfaitement au froid.
Ainsi la cause principale du mal produit par le froid peut être attribuée à la rapidité du dégel, et si l’on examine l’état des organes frappés de mort, on trouve les cellules rompues, leurs débris nageant dans le liquide, et quelques jours après les fibres ligneuses et les tissus noircis et comme brûlés. Duhamel explique ce fait par l’accroissement de volume de l’eau qui passe à l’état de glace. Alors, dit-il, tous les organes qui la contiennent sont violement distendus ; si le dégel est subit, ces parties ne peuvent reprendre subitement leur premier état, do là vient l’altération de l’intérieur du végétal. Cette explication mécanique est loin de nous satisfaire; noos la chercherions
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