PARTIES OU VOLUMES
de chaux éteinte.
de Mble.
Mortier de chaux grasse
1 — — ronlenant 0,05 de silice et d’aliiminp.
— conicnant 0,10 id
— — contenaut 0,20 id
C’est une forte erreur de croire que le même dosage convient aux mortiers de chaux hydraulique et de chaux grasse ; la quantité de sable qui entre dans le mortier doit diminuer de toute la quantité qui est déjà en combinaison avec la chaux; cette régie, toute rationnelle du reste, est reconnue par les ouvriers eux -mômes, qui l’expriment en disant des chaux hydrauliques, qu’elles portent leur sable.
Quant au sable lui -même, il est supposé parfaitement grenu, ne formant pas boule quand il est humide, ne salissant pas la main dans le même état , criant quand on le fait rouler entre les doigts, et essentiellement pourvu de parties siliceuses.
Il est évident que dans la confection du mortier le sable joue un rôle mécanique et un rôle chimique : le rôle chimique
ABCQITECTÜBE RURALE.
est la formation de silicates a^ec la chaux; le râle mécanique est la division môme des particules de chaux, qui a pour effet d'ahord de les mettre en contact avec de plus grandes surfaces susceptibles do combinaison; en second lieu, de former un réseau , tel que celui du sable qu’on emploie à dégraisser les poteries grossières, et qui les empêche de se fendre par la dessiccation ou la cuisson.
Il est évident aussi que plus les chaux contiendront en elles-mêmes les substances propres à la formation des silicates , c’est-à-dire plus elles seront hydrauliques, plus la composition chimique du sable, réduit à son rôle mécanique, deviendra indifférente; aussi voit-on, dans les pays où la chaux communément employée est très hydraulique , employer, en guise de sable, de la terre, de la poussière calcaire, etc., sans que la qualité du mortier en paraisse bien fâcheusement altérée. Le propriétaire qui se propose de bâtir doit donc apporter d’autant plus d’attention au choix du sable destiné à faire le mortier, que les chaux à sa disposition seront moins hydrauliques. Indépendamment des caractères physiques généraux que nous avons signalés plus haut, et qui sont toujours mentionnés dans les devis des gens de l’art, l’analyse lui apprendra la composition du sable, et surtout si la silice se trouve dans un état propre à la formation du mortier par la facilité avec laquelle elle entrera en combinaison avec la chaux mise en contact; celte épreuve se fera en agitant le sable avec de l’eau de chaux, et examinant si la chaux est fixée en totalité ou en partie.
Moyennant ces précautions, on pourra obtenir d’excellent mortier avec la chaux grasse elle- même; mais nous convenons qu’elles sont minutieuses, et qu’il vaut infiniment mieux s’appuyer avec certitude sur une chaux hydraulique, de qualité reconnue, et dont le mortier fasse prise, malgré la négligence trop habituelle des entrepreneurs, soit dans 1e choix du sable, soit dans la confection des mélanges.
DES MATÉRIAUX
Quand la chaux est grasse, et quand lo sable est de qualité inférieure, il faut nécessairement donner au mortier ce qui lui manque pour faire prise, c'est-à-dire lui fournir la silice dans l’état propre à entrer en combinaison; c’est le but qu’on atteint en remplaçant le sable en tout ou en partie par des pouzzolanes naturelles (sables volcaniques), ou par des pouzzolanes artificielles (grauwaekes cuites, vase cuite, argiles cuites et réduites par l'écrasement à la consistance du sable). Pour les fondations de maisons, les fosses d’aisance , les conduits de latrines, les conduits d’eau, les égouts, les bassins, etc. , et toutes les parties de bâtisse en contact habituel avec l’humidité, on ne doit pas hésiter à employer ce moyen de suppléer à l’inertie du mortier. La proportion de pouzzolane qui entre dans le mortier doit varier en raison de son énergie éprouvée , et, dans tous les cas, elle doit, jointe au sable, représenter en volume deux fuis celui de la chaux éteinte employée.
La bonne confection des mortiers a une grande importance ; d’après les principes que nous venons do poser, on comprend que cette bonne confection tient surtout à la perfection du mélange de la chaux et du sable; on reconnaît qu’un mortier est bien brassé quand, maniant le mortier de diverses manières avec le rabot, on ne met pas en évidence des grumeaux de chaux isolés qui se reconnaissent sur-le-champ à leur blancheur; pour arriver à cette perfection des mélanges, on peut employer soit le corroyage ou brassage à la main, soit les moulins à mortier. Dès qu’il s’agit d’une construction de quelque importance, on doit employer le second parti , qui offre à la fois une économie notable et la certitude d’un degré de perfection qu’on obtient rarement des gâcheurs. •
Dans l’un et l’autre cas , il est important de n’admettre que la proportion d’eau strictement nécessaire pour opérer le mélange ; une trop grande proportion d’eau a deux inconvénients ; d’abord , en délayant la chaux , elle diminue l’énergie de son ac-
ARClllTECrORE RURALE.
üon chimique sur le sable; en second lieu, les maçonneries trop humides sèchent lentement , les habitations restent longtemps malsaines, et la force des murs est notablement diminuée jusqu’à ce que le mortier se soit débarrassé par l’évaporation de la quantité d’eau surabondante.
Quand le mortier est corroyé à la main, on doit le faire sur une aire plane en planches; cette disposition, qui n’est pas coûteuse, facilite le jeu du rabot, permet à l’humidité surabondante de s’échapper, et empêche le mélange du sol avec le mortier. La chaux étant étendue avec le rabot sur l’aire, le sable doit être répandu à la pelle pendant que les deux manœuvres font aller vivement le rabot; de temps en temps le mélange est relevé sur les bords, à la pelle, et jeté au milieu de l’aire, et ce travail continue jusqu’à ce que la quantité do sable, soigneusement mesurée d’avance, d’après les règles que nous avons posées, soit entièrement répandue sur le tas; alors on examine si le rabot enfoncé dans le mortier, relevé à la pelle, met de la chaux en évidence. Si toute la chaux est mélangée, le mortier est propre à être employé ; sinon, on continue à corroyer jusqu’à perfection du mélange.
Les moulins à mortier les plus ordinaires consistent en une roue do champ dont l’essieu vient s’attacher à un axe vertical, auquel on imprime un mouvement de rotation au moyen d’un manège ; des racloirs mobiles avec l’axe ramènent le mélange sous la roue ; le sable mesuré d’avance est jeté peu à peu sous la roue, à la pelle; un seul homme et un cheval suflisent pour la fabrication de tout le mortier destiné à la construction la plus considérable que puisse comporter rarchitecturc rurale.
* § V. — Du béton.
Le béton est un mélange de gravier ou de pierres cassées, et do mortier hydraulique ; il est employé dans les fondations à l’eau ou à l’humidité, pour rempàteincnt des fondations dans
DES HAT1ÎRIAUX.
les terrains compressibles ; pour la construction des bassins, des citernes, et, malgré la grande extension donnée à son emploi, depuis les remarquables travaux de M. Vicat sur les cbaux hydrauliques, on peut allirmer hardiment qu’il est loin d’avoir atteint le développement auquel il arrivera un jour.
La proportion de gravier employée au mélange a varié avec les constructions, et elle a dii varier en effet avec la nature du gravier ou des pierres cassées employés ; le rapport du mortier et du gravier doit être tel que le mélange ne soit ni trop gras ni trop maigre, c’est-à-dire que les graviers soient empâtés sans excès ni vides : l’excès du gravier rend le béton coulant, facilite la séparation des deux éléments, et nuit ainsi à la solidité ; les vides empêchent l’agrégation ; on déterminera donc la proportion de mortier à employer, par la connaissance même des vides du gravier ou des pierres cassées, et qu’il est facile de déterminer ainsi : on remplit de gravier sec une caisse de ferblanc de grandeur déterminée , on pèse , on verse ensuite de l’eau dans la caisse remplie de gravier, jusqu’à ce qu’elle arase les bords ; la différence entre les deux poids, en grammes, détermine la somme des vides en centimètres cubes.
On verra ainsi que , dans les graviers purgés et les pierres cassées, les vides peuvent varier de 30 à 42 pour 100 du volume apparent. Les quantités de mortier employées au béton doivent varier de G5 à 77 pour 100 du volume du gravier employé; voici les proportions classées d’après les vides.
Vidcl.
Mortier en volume.
Gravier en roliime.
Comme vérification , le béton doit cuber, après confection, 35 pour 100 de plus que le gravier employé.
ARCHrUECniBE HDBALE.
Pour fabriquer le béton, le mortier hydraulique fait, soit à la main, soit au moyen du moulin, est mis sur une aire en planches ; le gravier, arrosé avec une pomme d'arrosoir, est jeté sur le mortier, à la pelle, et les manœuvres ne cessent pas de corroyer fortement jusqu’à ee que la totalité du gravier soit nlèlée au mortier ; on opère aussi le mélange du gravier et du mortier par les moyens mécaniques, sur une aire circulaire, en se servant de rabots assujettis à un axe vertical mis en mouvement par un manège ; quand le béton est terminé , il doit paraître maigre, et juste do la consistance nécessaire pour se prendre en boule sous la pression de la main ; s’il paraissait trop gras, on ne devrait pas hésiter à ajouter du gravier.
S VI. — Du plâtre.
Le plâtre provient de la calcination du sulfate de chaux, communément appelé pierre à plâtre; on en chasse ainsi l'eau de combinaison ; on le réduit ensuite en poudre, et l’avidité qu'il a, dans cet état, pour l’eau avec laquelle on le gâche, le fait durcir et en constitue un véritable mortier.
La cuisson du plâtre se fait dans des fours, et le feu doit être conduit longtemps et avec précaution, de manière à éviter la vilriGcation de certaines parties et la conservation de l’eau de combinaison de certaines autres.
On reconnaît la qualité du plâtre à sa consistance ; quand il est gâché, il doit être onctueux et s'attacher à la main ; il faut l’employer presque immédiatement après la cuisson; autrement il reprend peu à peu son eau de combinaison en attirant la vapeur d’eau atmosphérique et perd complètement sa force; aussi, s’il doit éire soumis à des transports considérables, il convient de l’enfermer de manière à lui éviter le plus possible le contact de l’air extérieur.
La pierre à plâtre dure fait de meilleur plâtre que la pierre
Digilizedb;. Coogle
DES MATÉRIAUX
tendre, employée communément comme plus facile à cuire.
Quand on emploie le plùtrc, il faut éviter avec soin d’y mettre trop d’eau, en terme du métier, de le noyer : mais on doit le gâcher plus ou moins serré, suivant l’emploi ; ainsi, pour des carrelages, le plâtre, devant pénétrer dans des joints très serrés, doit être gâc]^é plus clair que lorsqu’il sert â poser des cloisons de briques ou à faire des encadrements de fenêtres; enfin, le plâtre employé doit être plus ou moins fin suivant les ouvrages; et dans certains cas, qui se rencontrent rarement pour les constructions rurales , on ne doit employer que du plâtre passé au tamis.
§ Vit. — Du pisé.
Quand il est impossible do se procurer économiquement des moellons ou des briques, on peut souvent les remplacer par la terre elle-même, qui, pilonnée dans des moules, acquiert, dans de certaines conditions, une solidité égale à celle des maçonneries ordinaires : toutes les terres ne sont pas également propres à cet emploi ; et si l’on rencontre d’excellent pisé dans les départements du Rhône, de l’Ain, et de l’Isère , il est malheureusement encore plus ordinaire d’en rencontrer de très mauvais, qui donne lieu, quand l’humidité est prolongée, à de fi\cheux accidents. La qualité du pisé tient à deux causes : la nature de la matière première, et la façon.
Les terres propres à piser sont, suivant Rondelet, celles qui ne sont ni trop grasses ni trop maigres, qui soutiennent un talus rapide ; la meilleure, suivant le même auteur, est la terre fraîche un peu graveleuse, oü argile sablonneuse. Cette définition de Rondelet contient, en effet, toutes les qualités d’une terre à piser ; pour la rendre plus nette et plus précise , nous entrerons dans quelques développements.
La meilleure règle est sans contredit l’examen de la terre
ARClinECTünK lU'RAI.E.
dans sa position naturelle, c’est-à-dire dans les coupes du terrain, dans les chemins creux, dans les ravins, dans les ddhiais anciens. Quand les terres se tiennent suivant des talus verticaux, sans se déliter et sans se dégrader, il est à peu prés certain qu’elles seront propres à piser ; elles seront d’autant meilleures, quand, satisfaisant à cette condition, clles^onticndront peu de graviers ou des graviers très fins. Ce point est très important, car, pour que le pisé soit bon, il faut qu’il soit pilonné sans addition d’eau, et qu’il fasse prise par l’humidité naturelle que la terre retient; et cela ne peut avoir lieu si, avant d’employer la terre, on est forcé d’en séparer le gravier.
Quand on soumet à la lévigation les terres propres à piser, on trouve qu’elles donnent trois lots, dont le premier, de bonne terre, esttrès considérable, et dont le second, de terre mêlée de gravier, l’est beaucoup moins ; le troisième lot, composé uniquement de gravier, est ênvironde 7 pour 100. Les proportions des trois lots sont les suivantes :
71 parties.
2® lot 22
.3® lot 7
Total. ... 100
Sous le rapport de la composition chimique, nous connaissons très peu de terres propres à piser qui contiennent un dosage considérable de carbonate de chaux ; elles rentrent pre.sque toutes dans la classe de celles appelées communément glaises , c’est-à-dire composées essentiellement d’argile et do silice en excès.
D’après la discussion à laquelle nous venons de nous livrer, on voit que la classe des terres propres à faire le pisé est toutà-fait distincte de celle des terres propres à faire des briques, puisque les terres à briques rentrent dans la classe des marnes, et comportent nécessairement un dosage de carbonate de chaux considérable; ainsi la nature a pourvu, en quelque sorte, de
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matériaux de constnirtion bons et économiques toute la surface de la terre ; il ne s’agit que de les choisir avec discernement; là où la pierre-moellon de bonne qualité manque, on trouve la terre à briques, ou la terre à piser; et ces trois classes de matériaux fournisscnl des maisons solides, à l’abri des alternatives brusques de température et de l’action du feu.
Gointeraux recommande , pour reconnaître la qualité d’une terre , de la piser dans un vase et de renverser le vase au bout d’un certain temps ; si la terre reste compacte, en conservant la forme du vase, elle est , selon lui , propre à piser ; cette expérience est en effet très concluante, quand une fois on a constaté les caractères généraux que nous avons exposés plus haut.
Quand les terres ne font pas bien prise, parce qu’elles sont trop maigres, on doit renoncerà les employer seules, et on n’aurait jamais une construction solide eu leur faisant faire prise par une addition d’eau; car celte eau disparaissant par l’évaporation, les murs ne présenteront qu’une faible résistance à l’écrasement, et on sera exposé à de nombreux accidents : dans ce cas, on doit arroser la terre avec un lait de chaux, en ayant soin que la masse soit également et parfaitement pénétrée ; on obtient ainsi d’excellente maçonnerie , surtout si la chaux est de bonne qualité.
Enfin , la terre elle-même est employée avec les pierres en guise de mortier. La terre employée de cette manière, ne pouvant pas être soumise à la compression du pisoir, doit seulement être douée d’une assez forte ténacité, et être employée en couches aussi minces que possible; enfin, les murs faits de cette manière doivent être recouverts d’un enduit au mortier.
Quel que soit le soin avec lequel on exécute ces constructions, dans lesquelles la terre entre, soit comme élément principal, soit comme mortier, on ne doit jamais les appliquer qu’aux parties des édifices situées au-dessus du sol, et qui ne II. 33
ARCHITECTCRB RDKALE.
sont jamais exposées soit à séjourner dans l'eau, soit à une humidité constante; ainsi on peut s’imposer pour règle de ne les établir que sur un socle en maçonnerie hydraulique, ou tout au moins en maçonnerie ordinaire, élevé de 1 mètre au-dessus du tcrraiu naturel.
§ VIII. - Bois.
Les bois sont employés à la construction des planchers et des combles, et quelquefois aussi à celle des murs. Quand ils sont affectés à ce dernier usage, équarris et assemblés d’une manière régulière , la construction porte le nom de pans de bois , et les remplissages se font soit en maçonnerie ordinaire, soit plus ordinairement, et pour moins charger, en maçonnerie de briques ou de plâtras et gravats, comme on le fait souvent à Paris. Quand les bois sont employés bruts, la construction porte le nom de colombage, et les intervalles sont remplis soit en torchis, soit en pisé ; dans ce dernier cas, la construction même ne comportant pas une grande durée, et le principal but étant l’économie, on emploie les bois que fournit la localité , en les choisissant sains, et sans trop se préoccuper do leur qualité.
La construction à pans de bois, au contraire, s’applique à des édifices de toute sorte ; le choix des bois est extrêmement essentiel; il est très imprudent d’employer le sapin à ce genre de construction : l’humidité , le contact de la maçonnerie le détruisent rapidement ; le chêne doit être choisi , â l’exclusion des autres bois. Si les procédés do conservation des bois , présentés par M. Boucherie, étaient assez consacrés par l’expérience pour offrir une garantie suffisante, le cercle des essences à employer serait très étendu; mais, dans l’état actuel de nos connaissances, la méthode do M. Boucherie offre trop d’incertitude et trop peu d’économie pour les bois de la dimension de
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ceux employés aux constructions, pour qu’on puisse lu conseiller.
Pour les'cbarpentes et planchers, la résistance, l’économie , la légèreté, la durée même, avec certaines précautions que nous indiquerons plus loin, s’unissent pour faire préférer le sapin aux autres bois ; on trouvera cependant, dans des circonstances particulières , de l’économie à employer le peuplier d'Italie, qui offre une grande force de résistance, et qui, choisi avec soin, a encore assez de durée.
Les essences résineuses, autres que le sapin , telles que le mélèze, le cyprès, l’épicéa, sont d’un prix trop élevé pour pouvoir être appliquées aux constructions rurales. Le peuplier blanc est un mauvais bois de construction ; le châtaignier est un bon bois, mais il ne pourrait pas être exploité économiquement. Le choix des bois qu’on emploie aux constructions est très essentiel, puisque c’est de ce choix que dépend la durée. Le bois employé doit en général être parfaitement sec; le centre de la pièce doit avoir une plus forte densité que la circonférence ; cette circonstance prouve que l’arbre qui l’a fourni a été abattu en pleine vigueur, et est la plus sûre garantie que le bois n’est pas menacé de la pourriture sèche , ce qui est la maladie la plus difGcile à pronostiquer.
Toutes les autres maladies des bois sont faciles à reconnaître, parce qu’elles sont apparentes ; ainsi , on doit rejeter les bois présentant des nœuds vicieux, des chancres, des roulures, des fentes , des piqûres et le double aubier. Les nœuds sont vicieux quand ils no sont pas adhérents , et forment ainsi dan^ les fibres une solution de continuité qui diminue la résistance des pièces ; les chancres se reconnaissent à la coloration particulière du bois et à son ramollissement ; la roulure est la non-adhérence des couches concentriques, c’est un des défauts les plus graves et qui diminue le plus la force des pièces ; on le reconnaît aisément en faisant scier une tranche mince de la
ARCHITECTüHG RIKALG.
ôlf)
pièce ; les fentes ne sont un défaut que quand elles traversent les pièces et diminuent ainsi leur résistance ; le double aubier est un défaut très grave , qui se reconnaît aisément et au peu de dureté du bois, et è l’étendue de la coloration particulière à l’aubier. Les piqûres sc distinguent au premier coup d’œil, et on ne doit, sous aucun prétexte, employer des bois déjà attaqués par les insectes. Le chêne, en particulier, ne doit être admis qu’avec défiance quand il est rouge ; cette couleur indique que l’arbre vivant se couronnait , ce qui est un mauvais indice pour la durée et la qualité du bois.
§ IX. — Des fers.
Les fers se distinguent en fers fondus ou fontes, et fers proprement dits. Les deux espèces principales de fontes sont la fonte douce et la fonte aigre; la fonte douce, fortement carbonée , a le grain gris et égal ; elle est assez facile à travailler. La fonte aigre est ordinairement d’une teinte plus claire ; elle coule mieux et est plus propre au moulage.
Les variétés de fer sont très nombreuses , et nous les distinguerons suivant leur emploi. Les* fers qui doivent être soumis à des efforts de traction , tels que ceux qu’on emploie pour tirants , boulons, etc. , doivent être à la fois doux et nerveux ; on les reconnaît à leur malléabilité, à leur constitution fibreuse, à leur couleur, qui est grise. Les fers qui sont destinés à supporter des charges considérables doivent se rapprocher, par leur constitution, de l'acier; la cassure doit être grise, et le grain petit , un peu nerveux ; ils doivent offrir de la résistance à la flexion, c’est-à-dire une certaine élasticité.
Les fers dont le grain est gros et cristallin, et la couleur blanchâtre , doivent être rejetés.
§ X. — Du torchis.
Nous avons passé en revue les divers genres de matériaux
UES MATÉRIAUX
propres à fournir des constructions solides et saines 5 mais nous sommes loin d’avoir épuisé l’examen des systèmes que certaines circonstances particulières ou la misère ont fait adopter; tel est le torchis , qui consiste en un mélange de terre grasse et de paille hachée , et souvent de bouze de vache , avec lequel on remplit les cases laissées vides, par un système de charpente en bois brut, ou avec lequel on enduit des palissades : c’est un très mauvais système de construction, qui ne résiste que grâces â l’enduit dont on le recouvre ; encore , malgré cette précaution, les matières organiques qu’il contient entrent en décomposition et les murs se détruisent. Nous n’insisterons pas davantage sur des combinaisons que l’art réprouve, et nous examinerons l’emploi des différents matériaux que nous avons décrits.