PREMIÈRE PARTIE
Formés <le débris des roches qui constituent la masse du globe, les terrains agricoles qui les recouvrent sont composés des mêmes matériaux ; qn peut I esy trouver tous. Mais de même ■que certaines de ces roches sont plus abondantes et se rencontrent plus fréquemment que d’autres, de même aussi elles ont fourni un plus grand contingent à la formation des terres arables. Ce n’est donc pas toujours par l’étude de I» roche qui .. supporte le terrain, que l’on peut juger de sa nature; le mouvc-^^ ment des eaux à la sutface a le plus souvent mélangé et confondu ses éléments avéc ceux d'autres roches éloignées ; d’autres fois encore la décomposition de la roche n’â pu avoir lieu que .par l’eSet de changements chimiques dans sa nature et par la disparition de plusieurs de ses éléments constitutifs. Une carte géologique ne serait donc qu'une carte agrologiqbe . imparfaite. C'est à l’écorce de la terre elle-même que nous devons nous adresser pour connaître sa composition;
On peut sans doute discerner déjà cette composition par le simple examen de la terre fait à la loupe ou au microscope, et • précédé d’une lévigation. On y distinguo alors la plupart des minéraux simples ou des débris de roche qui par leur mélange concourent à former la terre ; cet examen suffit dans bien des cas aux hommes habitués à voir et à juger les terrains, mais il ne leur indique qn’imparfaitement les proportions de leurs éléments constitutifs, et enfin plusieurs substances importantes
AGROLÔGre.
s'y trouvent en trop petites quantités ou dans un état de combinaison trop intime pour qu'on puisse en reconnaître la présence. On ne peutdonc parvenir à-se former une idée complète. . . d’une terre que par le moyen qu’emploient les minéralogistes j c’est-à-dire par l’analyse chimique.
Il y a peu de temps encore, l’on révoquait en doute l’importance agrologique attribuée à la composition minéralogique des terrains. On remarquait que, quelle que fût leur variété, la plupart des plantes y croissaient par la culture ; mais l’on ne faisait pas attention qu’elles n’y acquéraient leur pleine vigueur que par des moyens artificiels et coûteux. Ainsi, dans les terrains siliceux, e’était à l'aide do la marne et de la chaux que l’on obtenait de pleioies récoltes de froment ou de trèOe ; dans les terrains dépourvus de sulfate de chaux, on n’obtenait de bons résultats des légumineuses' qu’au moyen du plâtrage; il fallait aider par des cendres la pousse des prairies fauchées, dans les lieux où manquait la potasse ; dans les sols calcaires qui contiennent souvent des sels nitreux et fécondants, l’argile et l’oxyde de fer Cxaienf l’ammoniaque de l’atmosphère et procuraient ainsi un engrais naturel; si les engrais animaux suppléaient en partie à ces. substances, c’est qu’ils les contenaient toutes en dose plus ou moins convenable. Il n’était donc pas indifférent de connaître d’abord si la nature du terrain ne constituerait pas le cultivateur en frais par Fabsence de quel- . ques-unes de ces substances, ou si leur présence ne le dispenserait pas de ces frais.
L'importance do bonnes analyses est devenue encore plus évidente quand on a essayé de lier les propriétés physiques do sol à sa composition minérale, comme nous essaierons de le faire. Chaque nouveau progrès a rendu eette analyse plus indispensable, et les travaux des Saussure, des Berthier, des Sprengel, des Boussingault sur les cendres des plantes, en nous y faisant retrouver presque tous les éléments du sol, ont
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PARTIES C0N8TITCAMTBS DES TERRAINS- AGRICOtES. 39 uni par un lien indissolubte l’étude de ces étéments à celle des éléments végétaux, et doivent nous forcer à- rechercber ceux qui manquent aux plantes souffrantes, pour nous assurer' s’ils ne manquent pas aussi au aol et si l’on ne doit pas chercher à les lui procurer. Toute la théorie des engrais repose désormais sur cette double base ; c’est dire assez qu’on ne peut plus négliger aujourd'hui l’étude des parties constituantes' •des terrains agricoles.