‹ Cours d'agricultureChapitre 11 sur 174 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Analyae. den ternes»

‘Section l**. — Choix des échantillons de terre a analyser.

On a fait uAe autre objection contre la prétention d’analyser une terre arable. Selon la critique, la surface.d’un champ présente à chaque pas une composition différente ; on aura donc l’analyse du centimètre cube que l'on met dans sa capsule, on n’aura pas celle do centimètre voisin. Un champ n’eSt pas un minéral cristallisé ayant son individualité propre, attestant son unité de composition par sa forme géométrique ; c’est ün mélange confus, fait au hasard par des agents comme l’eau, par exemple, qui transporte les matériaux avec on vitesse plus ou moins grande, luttant Ici contre un obstacle, entraînée plus loin par une pente, laissant déposer avec inégalité les éléments qu’elle tient en suspension, et n’abandonnant que par l’évaporation ceux qu’elle tient en dissolution. Bien n’est plus vrai que cette critique, mais elle n’est vraie que si l’on voulait atteindre un degré d’exactitude absolue. Elle s’applique aussi à l’analyse des roches, et cependant on a trouvé utile de connaître la composition des feldspaths, des mieas, des granits-

40 , AGBOLOGIB. . . • • .

eux-mëmes. Est-ce à dire, pour cela, que le fragment détaché * à droite d’une masse de ces substances soit identiquement le même que celui qui est détaché à gauche? Nullement. On a voulu seulement avoir une idée moyenne de la composition de ces roches, sans prétendre arriver à ce degré de certKude qui n’existe pas.

, Il en est de mèipe des terrains agricoles, avec cétte düTé^ rence cependant que cette composition moyenne s’écartera da^ntage encore des extrêmes, dans les différentes parties des terrains. Après avoir ainsi réduit à sa juste valeur le degré de vérité que nous demandons é l’analyse, après être convenus qu’il sera d'autant moins grand que nous voudrons en appliquer les résultats à un plus vaste espace, nous comprendrons cependant que , s’il existe quelquefois des différences assez considérables dans les rapports de quantité des différentes substances, surtout dans les terrains en pente, cependant l’analysé indique encore leur présence, leur degré de subordination, et * que ces différences ne sont pas de nature à influer gravement sur les qualités agricoles du sol, sans quoi l'œil seul aurait . averti du point topographique qui limitait l’espace de terrain auquel l’analyse pouvait s’appliquer.

Ces prémisses posées, on procédera au choix des échantillons.

. On remarquera d’abord que le terrain est formé de plusieurs couches superposées qui ont toutes leur importance agricole :

, 1*^ la couche supérieure, celle qui est atteinte par les labours^ qui reçoit l’impression de l’atmosphère, et dans laquelle se passent les phénomènes de la végétation j la seconde couche, simple continuation de la couche supérieure, mais qui, u'étant pas entamée par les labours, reste plus copipacte et reçoit moins facilement les eaux chargées de sels solubles et les impressions de l'atmosphère ; 3** une douvélle couche plus . profonde et d’une composition minérale différente. Noqs trai- . teroos plus au long dans une autre partie de cette division

PÀBTIES COMSTITOJLirrBS DES TEBBAUfS AGBICOlW. 41 ■ importante. Mais, pour avoir une connaissance complète du . . « ' soi, il est nécessaire de soumettre ces trok couches à une anSlyse di^incte.

Quand on voyage et qu’on recueille des terres pour s’en former une idée générale et non dans un but de science ou d'utilité définie, il Suffit de prendre des échantillons de quelques grammes des terres que l'on rencontre; mais quand on* ' ■ veut connaître complètement un sol, il faut suivre les régies suivantes : ^ '

1° Les deux premiers échantillons, surtout celui de k couche arable, doivent être d’environ un kilogramme, pris dans toute la profondeur de eette couche; le troisième, du même poids, sera pris à la' surface do la couche profonde. •

2° On évitera autant que phssiblp de prendre le premier échantillon dans.une partie de terre fratcheQicnt fumée.

3” Les échantillons, séchés autant que possible à l’air, seront ‘ enveloppés de plusieurs doubles de papier fort et bien ficelés, avec Icprs étiquettes, à moins qu’on n’en veuille faire usage * * immédiatement.- ■ • •

4*> Si l’on ne se propose pas d’examiner un terrain spécial, . mais que l’on veuille étudier les terrains en général, on chok sira dans chaque pays les sois les mieux caractérisés, ceux qui ' forment un groupe naturel, reconnu pour tel dans la contrée,, et dont les propriétés sont le plus généralement admises. A - ' moins de quelque singularité remarquable, on rejettera ceux qui se présentent par petites masses et dont les propriétés agricoles pourraient être douteuses. On recherchera aussi de préférence les terres dont nous possédons des descriptions agronomiques, celles qui sont le siège de cultures modèles, et par . conséquent dont toutes les qualités deviennent la matière d'observations nombreuses et de publications.

ô” A chaque échantillon correspondra une note répondant le mieux possible aux indications suivantes : 1° le pays la

Digiiizec by Coogle

Page 1