AGSOLOGIË
tout comparé et tout compensé. Ainsi fes grands probfémes
de l’agrologie se trouvent résolus pour eux. ^ *'
Mais ils ne le sont que d’une manière relative au cercle borné où s’est exercée leur observation. Les hommes qui veulent étudier la science agricole dans tonte sa généralité ont d’autres besoins. Las d’ôn empirisme repoussé par tous les arts et qui ne peut plus sulBre à l’agriculture, pensant que, si le hasard conduit quelquefois la routine à d’heureuses inventions, c’est . la science seule qui les perfectionne nt leur donne toüt leur développement , ils sentent qu’ils ne peuvent s’expliquer les phénomènes agricoles qu’eb se faisant une juste idée du milieu où ils se passent, qu’en ayant les moyens de comparer entre eux non-seulement les cultures et leurs résultats, mais encore les terrains divers où elles ont eu lieu; que tfntqueles agriculteurs n’auront pas une languè commune dans laquelle ils puissent traduire leurs perception^, chacun d’eux sera réduit à son expérience individuelle, et que les Arthur Voung, les Schwerz, les Lullin de Châteauvieux , les Bürger, voyageront avec moins de fruit, si leurs descriptions agricole ne sont pas ‘ rigoureusement comparables entré elles et ne peuvent pas s'appuyer sur la solide connai^nce des terrains qu’ils parcourent et dont ils décrivent les cultures.
Ainsi l’étude de l’agrologie est non -seulement utile à la pratique agricole , elle promet pour l’avenir de nouveaux progrès à la théorie. Mais, pour atteindre le but que 'nous nous proposons, ce n’est pas trop que d’employer tous les moyens d’investigation qui nous sont offerts par les progrès des scieùces.
L’agrologie n’est qu’un point de vue particulier de la miné- . . -ralogie. Elle doit d’abord mettre en usage les procédés de là science dont elle dérive. Comme elle, elle cherche à connaître ;
1» les parties constituantes du sol ; 2® leur mode d’agrégation,
* leurs mélanges; 3® les espèces minérales dont elles dérivent, et
Digilized by Gopgle
G€HËBAUTÉS.
|6 mode de désagrégation qni lés a réduites à l'état pulvérulent ; 4® elle ebercbera à distinguer ensuite les différentes formations terreuses qui se succèdent à la surface des roches fondamentales des terrains: c'est une petite géologie spéciale dont on a trop souvent fait abstraction dans la géologie géograpliique, et dont MM. Ëlie de Beaumont et Dufresnoy ont senti l’importance et indiqué souvent les résultats dans leur belle description de la carte géologique de la France. -
Après avoir étudié les terres en elles-mêmes, et aVoir lait ainsi un supplément indispensable aux connaissances minéralogiques et géologiques, considérées sous le point de vue agricole, l’agrologie sçntira le besoin de chercher dans les différents terrains qu’elle aura examinés et classés, les propriétés principales qui se rattachent à l’agriculture. Enfin, elle n’oubliera pas qu’elle est une science technologique, et que son but final est de chercher dans les notions diverses qu’elle aura rassemblées, les résultats économiques qui constituent son but d’utilité-, elle essaiera alors de les appliquer à l’appropriation et à l'appréciation des terrains.
Telle est l’idée que nous nous sommes faite de ce que doit étre.en ce moment on cours d’agrologie. Avant d'oser en tenter l’exécution, nous devons réclamer beaucoup d’indulgence. Malgré tout ce que l’on a écrit jusqu’à présent sur cette matière, la tâche est nouvelle autant qu’épineuse. Nous avons à proposer plus de problèmes que de solutions ; nous exposerons des doutes nombreux bien plus que des certitudes. Un pareil travail ne peut être encore, pour parler exactement, qu'un simple programme. -Quand nous tenterons de résoudre quelques difficultés, nous ne le ferons qu’en hésitant et en appelant tous les amis de la science à vérifier, à contrôler des .résultats qui auront pour principale utilité d’appeler la contradiction et le débat sur des points encore mal éclairés et négligés. Sous ce rapport, nous espérons faire une oeuvre utile. Quelques
3G . AGROLOGIB. ' '
années do retord auraient sans doute contribué à la perfectionner et à nous mettre à l’abri de reproches que nous sentons bien devoir souvent mériter ; mais nous avons pensé que ce désir de perfection, cette sollicitude de l’amour-propre devait céder à l’intérêt de la science elle-même, qui, dans ce moment, réclame surtout que l’attention soit appelée sur ses besoins et qu’une discussion sérieuse s’établisse sur ses principes. Nous avons cru devoir céder à ces hautes considérations.