‹ Cours d'agricultureChapitre 103 sur 174 · DÉTERÎ^. DE LA VALEÜR RELATIVE DES TERRAINS · texte numérisé non relu

DÉTERÎ^. DE LA VALEÜR RELATIVE DES TERRAINS

Ces calculs devront être modifiés sll y a un changement dans' le prix de l’eau, ou dans le genre de culture ; ainsi, dans la culture de la luzerne, par exemple, il sulTit d’une irrigation par mois ou à chaque coupe dans les terrains à 0,20 de sable j il en faudrait une tous les vingt jours à 0, 40 de sable ; une tous les 16 à 0,60, ou deux par coupe;' une tous les dix jours, pu 3 par coupe à 0,80. Nous ne posons donc ici que les bases approximatives de ce calcul. Il serait encore tout autre en changeant'de climat. L’évaporation est très forte dans le département de Vaucluse, où ont été faites les observations agricoles sur lesquelles ces bases sont établies. La chaleur,- mais . surtout les vents, y dessèchent rapidement la terre. Il faudrait donc de nouvelles formules pournii alitreclimat^ et dans celui . qui serait plus humide, la valeur des terrains sablonneux décroîtrait moins rapidement. - . ^

Section III. — Consommation dei engrais dans les terres orroséej.

Nous, avons dit que nous comptions pour peu de chose l’état de fertilité où se trouvent momentanément les terrains arro- ' spsi La rapide succession des cultures y crée des besoins qui ne peuvent être satisfaits que par des engrais abondants et réitérés, et si ceS cultures sont bien dirigées, leurs produits marchent d’un pas égal avec l’engrais, et laissent toujours Ic‘ terrain à peu près épuisé de principes azotés. Une irrigation' trop abondante, faite avec imprudence et par submersion, en- ’ traîne même une partie de l’engrais sans profit pour le champ. Les habiles irrigàteurs savent obvier à cet inconvénient; nos . paysans s’y laissent prendre trop souvent, ne croyant jamais saturer leur terrain d’assez d’eau. Mais une faute dans la pratique d’un bon procédé ne peut jamais infirmer en rien sonexcellencfe.' > • *

382 AGROLOGie.

Ce qui est vrai pour les terres arrosées en culture «nnuellp doit être modifié quand il s'agit des prairies. Celles-ci for^ ment, parles nombreuses racines qui composent leurs gazons, une espèce de tissu, dans lequel se dépose et se conserve un 'terreau riche en azote, qui, une fois parvenu à son maximum, reste dans un état à peu près stationnaire, jusqu’à ce que l’on défriche la prairie ; alors il profite aux cultures qui lui succèdent. Mais tant que le pré dure, cette portion d’engrais reste « latente, et l’on n’obtient de récolte de foin qu’à l’aide des quantités supplémentaires d’cngrais.qu’on y ajoute. Nous traiterons en détail de ce phénomène en parlant des prairies ; dans ce moment nous dirons seulement que le gazon d’une prairie en bon état de production retient environ l’équivalent de 250,000 kilogr. de fumier par hectare. C’est donc le ca-r pital qu’il faudra ajouter à la valeur de la terre, quand on % comparera un pré arrosé à un terrain arrosé et nu.; quand oh comparera deux prairies entre elles, on. pourra en faire abstraction.

Les terrains arrosés et les prés eux-mèmes, une fois pourvus ,t]e leur avance d’engrais, sont donc une matière propre à • transformer per|létuellemenf et rapidement l’engrais eii denrée, sans laisser chômer ce précieux capital . Ce n’est donc.pas sur l’azote que cpntient un tel terrain qui n’est pas en prairie qu’il faut le juger ; cette quantité pourrait être surabondante, sur un terrain inférieur dont on n’aurait pas exigé tous les produits, et après l’avoir épuisée on se trouverait en présence . de ses seuls défauts. ■

Mais si les terrains arrosés consommentrapidement les principes azotés de l’engrais, il n'en est pas de même des principes cliarbonneux ; ceux-ci se décomposent plus lentement, et quand on se sert de fumiers d’étable, de nouvelles doses de paille viennent s'ajoute^ sans cesse aux débris non encore consommés de la culture précédente. Aussi tons ces terrains bicn-

Uigitizf

BÉTERM. DE LA VALEUR RELATIVE DES TERUAISS. 383 tTRÎtés tendent-ils sans cesse à devenir plos légers et plus pra- "

• • près aux hortolages et aux cultures herbacées. Cet effet est . •

sensible dans tous les terrains anciennement soumis aux irri-, gâtions et à une bonne culture ; la proportion du terreau y . ■ augmente, à moins que les eattx qui les arrosent ne soient chargées de dépôts terreux qui rétablissent l’équilibre. Les- .

■ terres fortes profitent le plus de cet ameublissement, et leur

• • valeur s’accroît avec les années; un ancién jardin, une an-

cienne prairie dans des terrains de cette nature ont d’autant ' plus de prix qu’ils sont soumis depuis plus longtemps à cette riche culture. • . - •

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