‹ Cours d'agricultureChapitre 106 sur 174 · DÉTEBM. DE LA VALEUR RELATIVE DES TERRAINS · texte numérisé non relu

DÉTEBM. DE LA VALEUR RELATIVE DES TERRAINS

sent que oes proportions doivent voricr selon les climats et les situations, et avant nous les cultivateurs ont su destiner leurs terres aux plantes auxquelles elles sont propres. Ainsi les terres sèches propres au froment auront une valeur plus considérable que celles qui ne portent que du seigle, dans la proportion de la valeur nette des récoltes de ces champs.

Mais ce n’est pas seulement sur les céréales que se feront sentir les ellèts d’un prompt dessèchement ; les fourrages printaniers seront seuls possibles sur les terres de cette nature, et. on ne pourra en espérer de secondes coupes ; les récoltesrra-. cines elles-mêmes y souffriront beaucoup ; si le terrain a du fond, c’est donc principalement par le moyen des arbres et des arbustes que ces terrains peuvent être mis en valeur. Les mé- , diocres récoltes de vin que donnent les terrains sablonneux et secs font assez connaître combien la vigne elle-même, un des plus robustes végétaux, souffre de cette privation d’humidité.

Section III. — Composition des terres relativement aux engrais.

En combinant son système d'agrométrie, Tbaër ne tarda pas à s’apercevoir d’une circonstance qui dérangeait tous ses calculs. Une année de jachère accompagnée de ses cultures ordinaires rétablissait la fertilité de la terre dans une certaine proportion. « L’épuisement causé par une récolte de grains se répare entre autres, dit-il (§ 256), par une jachère morte d’été avec les cultures convenables, laquelle non-seulement nettoie le terrain, mais encore lui procure de véritables sucs nutritifs, tant en soumettant successivement ses différentes parties au contact des éléments fertilisants des gaz de l’atmosphère qu’en favorisant la putréfaction des plantes et des racines enterrées par les labours... Au reste, sans' aucun doute, la jachère absorbe et attire des sucs fertilisants de l’atmosphère, et la quan

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lité de particules nutritives ainsi absorbées est d’autant plus grande que le sol est dans un état plus prospère... Si le terrain a 40° do fécondité, la jachère en ajoute lO; si cette fécondité est poussée à ô0°, l'augmentation est de 11; si elle arrive à 60°, l'augmentation est de 12; et ainsi de suite. »

Nous avons vu, dans la première partie, que, pour lesterr rcs qui contenaient des carbonates, cet effet était dû i la transformation de ces carbonates insolubles eu bicarbonates ,

solubles et en nitrates ; pour celles qui contenaient de l’argile, du fer et du terreau, cela tenait à l’absorption des gaz ammoniacaux et à leur cotiservation. Ainsi, dans la plupart des cas, ■ •

. û'est de l’azote qui se produit au profit de la végétation fuj ture. Cette production peut être comptée pour peu de chose . dans les terres arrosées, et nous en avons dit les raisons; mais’ dhns les terres sèches, traitées d’une manière plus économique, elle doit être prise en considération. . •

Que devons-nous entendre par les 40, 50, 60° de fécondité.

• de Thaër? c’est la fécondité acquise qui produit S**, 40; 5'',30;

*T'',50 de froment, et qui est représentée par 4,000; 5,000 ;

6,000 kilogr. do fumier selon Thaër; mais selon nous, par 5,317; 8,289 et 1,1730 kil. de fumi.er normal de MM. Bous- ' singault et Payen, et dont une partie seulement est consommée par la première récolte. C'est donc cette quantité d!engrais qui, selon Thaër, serait acquise par la jachère aux terres • dans différents états, et en raison inverse de la silice que contient la terre, mais aussi en raison directe de la chaleur humide du climat et du calme de l’air. . >

La propriété d’absorher l’azote de l’atmosphère résulte donc d’éléments très complexes et qui ne peuvent être réduits en chiffres, au moins dans l’état actuel de la science. On ne peut entrevoir ici que des moyens d’approximation.

Dans les pays où l’on a conservé la jachère et où l’on cultive un grand nombre de terres sans engrais, on trouve une

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de ces données qui consiste à prendre la moyenne de plusieurs récoltes successives, à en retrancher la semence et à calculer la quantité d'engrais que représente le produit moyen.

Dans la vallée du Rhône, les terres sèches qui renferment 70 d'argile ou de terreau doux produisent sans engr^s 1 1 hectolitres de froment par hectare; défalquant i hectolitres pour semences, il reste 9 hectolitres qui sont produits par / raccroissement de fertilité provenant de la jachère et valant, au prix moyen de 20 fr., la somme de 180 fr. Ces neuf heçto-. litres résultent d'une addition d’engrais versée par l’almo-''sphère équivalant à 33'‘,84 d’azote, et qui, au prix des fumiers sur les marchés (1 fr. 66 c. le kilogr. d’azote),, van lent 54 fr.' 17c.*.

Dans les terrains presque entièrement composés de sable . quartzeux, on obtient encore tous les deux ans un produit de 6 hectolitres de seigle, ou 4 hectolitres, déduction faite de la .* scmencej et valant 48 fr., résultant de 15^,04 d’azote qpi Valent 24 fr. 97c. Il semblerait donc que l’accroissement de fertilité, ou, pour mieux dire, l’engrais atmosphérique retenu parla terreau profit des plantes est en raison inverse de la quantité de silice libre ou de sable que renferme là terre, que la différence de valeur des produits de 70 à 10 parties d’argile est . de 132 fr. tous les deux ans, ce qui nous donne par chaque

(1) Ces 33k, 84 d’azote fournis à la jachère par l’atmosphère, et qui no sont probablement que la partie assimilée d’une quantité plus grande, dont une autre partie s’est évaporée sans profit pour les plantes, représentent 41k, 27 d’ammoniaque qui, répartis sur les 750 mètres cubes d’eau qui tombent annuellement à Orange sur un hectare, donnent 0k,055 d’ammoniaque par mètre cube, et un kilogramme de vapeur d’eau saturant de vapeur 1,427 mètres cubes d’air; ce serait ■ donc de gramme d’ammoniaque que renfermerait ciiaque mètre cube d’air. Liebigen porte, par supposition, la quantité à lit*

gramme par de mètre cube (lüO centimètres cube) {Chimia agricole, 2*’ édit.,' p. 82 ), ou dcigramme par mètre cube; c’est près-, que le double do la quantité absorbée par la végétation, mais ce peut bien être très près de la quantité réelle.

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ccnlicme de ces matières ajoutées une diminution de rente de 1 fr. 90 c., en supposant que cette réduction suive une proportion arithmétique. Nous ne donnons ces résultats que comme des aperçus que l’expérience devra rectifier.

\ Au-dessus de 70 d’argile, le sol doit bien retenir une plus forte partie d’azote, mais les obstacles mécaniques augmente- . ront au point de réduire la récolte au lieu de l’augmenter. 11 ' faut, à partir de ce point, opérer par réduction au lieu de le faire par addition.

La partie calcaire du sol n’est pas absolument incapable de . recevoir de l’atmosphère des éléments azotés, surtout de l’acide nitrique, qui forme avec elle du nitrate de chaux; mais c’est toujours en petite quantité , et quant à l’ammoniaque, elle la laisse évaporer- presque avec la même facilité que le quartz. Aussi les terrains purement calcaires ne sont-ils pas,

. sans engrais, beaucoup plus fertiles que les sols quartzeux. C’est ce que l’on voit dans les plaines de la Champagne, et cé que les terrains paludiens de Vaucluse manifestaient aussi Watit qu’on ne les eût traités par des fumures abondantes pour en obtenir de riches récoltes de garance.

Section IV. — Facilité et difficulté det travaux. .

Mais si les terres peu consistantes ont tant de désavantages, elles ont aussi une large compensatiçn dans la facilité des travaux qui s’y exécutent.

- Nous verrons dans lajnécanique que le travail d’une bonne charrue se compose . 1° de l’effort nécessaire pour vaincre la résistance opposée par la ténacité de la terre ; cet effort est opéré par le soc et le contre, et c’est le plus considérable. Il diminue avec l'augmentation de l’humidité du sol dans un /apport que nous Savons à peu prés proportionnel à la ténacité clic-méme. Dans les terres qui sont dans l’état d’humidité

ckTER». DE La valeur relative dés terrains. 3Î)7 niOyeanc, où dans la pratique on commence à les travailler, la force nécessaire peut se calculer approximativement en multipliant la somme des centimètres de la largeur et de la profondeur du labour par la ténacité de la terre, si elle a été prise sur de la terre simplement coulée, ou par la moitié de la ténacité si elle a été prise sur un prisme corroyé de la ténacité de la terre. Le produit exprime en kilogrammes la force appliquée pour vaincre la résistance ; c'est donc un élément var^bledu calcul relatifé cette ténacité.

Mais on a de plus deux éléments que l’on peut considérer comme fixes pour la même charrue : 1® l’effort nécessaire pour. soulever et retourner le sol par le moyen de l’oreille, la différence de pesanteur de la terre n’étant pas assez considérable pour amener . de grandes modifications dans un calcul approximatif ; S® la force qui sert à vaincre la résistance o|iposée par les froUements des différentes surfaces. On peut l’estimer à environ 16 kilogrammes par cheval. '

Une terre de moyenne consistance, ayant 2 kilogr. de ténacité, exige une force de tirage d’environ 200 kilogr.; les rér sistances fixes emportent ^6 kilogr. enviroD, ou les 0,33 de la force totale. Les frais de culture pour la jachère d’une telle terre se portent à 65 fr. environ, dont le tiers est de 21 fr. 70 c. Si nous prenons cette somme pour celle qui représente l’effort fait pour vaincre la deuxième espèce de résistance, celle de 43 fr. 30 c. représente la première espèce et ce genre de terre comme unité. Nous pourrons arriver à des calculs assez exacts de la valeur relative des terres de différentes ténacités. Ainsi, pour celle de 2 kilogr.

21 fr. 70 c. 4- 43 fr. 30 c. X - = 65 fr.

(1) Ces ténacités ont été prises sur dos prismes corroyés, cc qui rend leur confection plus facile, Voir ce que nous avons dit sur la ténacité rçlative, dans l’un et l’autre cas,,p. i H et 110 de ce volume.

AGROLOGIE.

Pour celle de 3*^,5,

21 fr. 70 c. 4- 43 fr. 30 c. X ~ = 97 fr. 47 c.

Cette méthode empirique est basée tout entière, comme on le voit, sur le principe que la résistance est proportionnëlle à la ténacité dans les différents états où se trouvent les terres, et, en second lieu, sur la culture de la jachère. Si l’on en . excepte les terres mises en herbages, il est douteux que toute autre culture exige de moindres travaux.

Section V. — Dex terres sèches dans le midi.

Nous n’avons comparé jusqu’ici les terres sèches entre elles que sous le rapport des produits obtenus par les cultures her- ■ bacées; mais elles sont aussi susceptibles de porter des arbres qui changent les conditions de leurs évaluations ; à mesure que . l’on avance vers le midi, le nombre des arbres productifs ang-mente, et tandis qu’au nord on ne trouve plus que les arbres des forêts, au sud la vigne, le mûrier, l’olivier, et plus loin le dattier, s’accommodent des terrains sous certaines cob> ditions. L’olivier peut continuer à vivre dans des terrains peu profonds et très secs; mais, comme les autres arbres dent nous venons de parler, il ne donne de bonnes récoltes qu’autant qu’il trouve dans le fond du terrain l’humidité qui lui est né- * • cessaire. La vigne produit d’excellents vins, mais en très petite quantité dans des terrains très secs; elle ne produit enabonrdance que quand elle peut s’y enraciner profondément; il en est de même du mûrier, et le dattier ne donne de belles'récoltcs que dans les oasis oû coulent des eaux qui rafraîchissent le terrain.

• On peut donc dire en général que, quant aux arbres, la valeur des terres sèches est en proportion de la profondeur de leur solj toutes choses égales d’ailleurs, et q\ic, jusqu’à celle

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