CHAPITRE IV
Dea terre* sèctae* en -été et bamlde* en blrer.
Quand le sol manque de profondeur, et surtout quand il reçoit les écoulements des terrains supérieurs , il se forme, en hiver., sur le sous-sol imperméable, une espèce de marais souterrain, et le sol entier devient bourbeux, ou aumoins humitie. C'est une disposition très.fâcheuse, en ce qu’elle doit faire re^noncer à toute production d'hiver, et borne le cercle des cultures à celle des plantes qui peuvent croître et mûrir à partir de l’époque, quelquefois très avancée, où le terrain est sufli.samment desséché, et jusqu’à celle où il est trop sec.
Les blés semés en automne dans ces terres jaunissent, leur racine se pourrit en partie, et ne pousse an printemps (^ue
'AGROLOGIE.
quelques fibrilles échappées à cette macération ; la terre se soulève par la gelée, et en été toute humidité manque aux plantes ; les arbres y viennent mal, faute de profondeur. Ces ■ terres ne peuvent donc donner quelque espoir de récolte d’hiver qu’au moyen de billons relevés qui accumulent le sol sur certaines lignes, y maintiennent les racines des plantes au-dessus du niveau de l’humidité excessive, et facilitent l’écoulement des eaux. Malgré ces précautions, le nombre des années pluvieuses où l’humidité de l’hiver surmonte ces obstacles, combiné avec* celui des années où la sécheresse de l’été est précoce, est assez grand pour rendre une telle culture très chanceuse.
Nous ne reproduirons pas ici ce qui a été si bien dit par M> Mathieu de Dombasle* sur les labours en billons en géné- . ral dans le cas particulier qui nous occupe, celui des terres sécbes en été et humides en hiver, on voit qu’il y a double chance d’insuccès, «et qu'elles ne peuvent jouir ni des avan^ tages spéciaux des terres humides, ni de ceux des terres sèches; que dès qu’elles ont le défaut bien constaté de retenir en hi- . ver 0,23 d’eau à 0“,30 de profondeur, et d’en avoir moins de • 0,10 en été, les plantes y souffrent également, quelle que soit ‘ la composition du sol, et celle-ci n’entre plus dans la question que pour le plus ou moins de facilité des travaux qui doivent se faire dans la saison sèche.
Pour évaluer ces terres, il importe de constater d'abord si leurs fâcheuses qualités tiënnent à des obstacles tellement insurmontables qu’il ne soit pas possible de les vaincre. Car il est quelquefois moins difficile qu’il ne le semble d’arroser ces terres en été, et de les dessécher en hiver. Nous avons vu les affaires les plus lucratives résulter d’achats de terrains pareils que l'on transformait ensuite en excellents sols. Si de telles ressources ne sont pas possibles, nous croyons que l’on obtiendra la valeur approximative en faisant le calcul comme pour (1) .tiinalM e/« üocjfîe, t. III, p. 121 etsuiv.
' DÉTESSK. DE LA VALEDB BELATIVE DES TEBBALVS. 401 les terres sèches, et en diminuant ta valeur de moitié, rclali- ■ .
vement aux terres sèches de même nature. Ainsi, dans l'exem* pie cité dans l’article précédent, si la terre n*’ 1, sèche, vaut •
3,000 fr.y elle ne vaudra plus que 1^500 fr. étant aussi hu- v '
midc en hiver, et la terre n<* 2 ne vaudra plus que 485' fr. Si, .
au lieu d’ètre seulement humide, le terrain était inondé en ' '
hiver, la valeur se réduirait encore, puisque la culture démit . '' '
SC borner .aux légumes de printemps, et que même au moyen ' ... de billons on ne. pourrait plus y cultiver des céréales.