CHAPITRE VI
Valeur comparée des icrrea selon leur degré d'iiumldllé.
Pour arriver à une comparaison complète de la valeur des terres selon leur degré d'humidité, il faudrait avoir recueilli Une longue suite d’observations indiquant pourun assez grand nombre de terrains les rapports de cette humidité et de leurs produits. '
Ces valeurs varieraient encore selon que l’on comparerait entre eux les résultats obtenus de récoltes hivernales, estivales et annuelles. Ainsi une terre, fraîche au printemps et sèche en été,' pourra être très favorable aux récoltes céréales, et au contraire^ lès autres végétaux qui prolongent leur viejusqu’ert automne y souffriront de la sécheresse de l’été et y donneront des produits inférieurs. Il y a une belle et longue étude à faire pour obtenÎT dos résultats exacts applicables aux diverses circonstances; plu- ■sieurs vies y suffiraient à pcinc^ M. Chevandier, jeune savant, 'qui dirige avec habileté l’exploitation de belles forêts dans les Vosges, et qui le premier a mis en pratique l’irrigation des ar- ’bres sur une grande échelle, vient de nous donner un premier essai de ce que le zèle et le talent peuvent tenter Exami-
(1) Recherches de l'influence 4e l'ean sur la véyétation des [oritsi •1«14. On en trouve un exiraîldansles Comptes rendus, t; XlX,p. ICO.
DÊTEHM. DE LA VALEDE EELATIVE DES TERBAWS. 403
pant la production du bois do sapin sur des terrains fangeux, ' secs, ou arrosés par les eaux de pluie qui s’écoulent des pentes que l’on avait disposées pour les conduire dans les massifs, ou enfin arrosés par rinfiltralion des ruisseaux, il a trouvé les
résultats suivants
produit anntirl
. Açc mofcn
Cil hoi* par arbre.
des sapins.
• . * àilofh.
•lie.
Terrains fangeux.
Terrains socs. . ,
. Terrains arrosés
par
les eaux
. de la pluie . . .
Terrains arrosés
par
les eaux
courantes. . . .
En comparant les récoltes de blé dans les terrains arrosés et les terrains secs nous avons trouvé que les premiers produisaient lOkilog. de blé pour 100 kilog. de fumier, et les seconds 3'‘,4 de blé pour la même quantité d’engrais. Les produits des premiers sont donc à ceux des seconds comme 1 : 0,34; mais les produits en bois des sapins dans les terrains arrosés et secs sont comme 11,57 : 3,43, ou comme 1 : 0,29. Qui ne voit apparaître dans la concordance de ces deux nombres une expression très approchée delà valeur comparée des , terres dans ces deux situations? C’est aussi dans la même proportion de 1 à un tiers que l’on trouve les produits des prairies sèches et arrosées traités do la même manière sous le rapport des engrais. Tous les végétaux ne profitent pas au mémedegré du bénéfice de l’eau, tous n’évaporent pas dans la même proportion ; mais ces faits rapprochés doivent faire entrevoir qu'il ne serait pas impossible d’arriver à des résultats très intéresr sants, si des observateurs exacts venaient à s’en occuper. En attendant, nous admettons éntreles terrains frais et les terrains
(1) A7 fr. le stère de 300 kilogr., comme le compte M. Chevandier.
(2) Mémoire sur les erujrais. Soc. centr. d’agriculture, 1842; et plus loin, 9* partie, chap. XI de ce volume.
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secs de même nature le rapport de 1 à 0,3? que nous donnent
les comparaisons que nous venons de faire.