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AGROLOCIE

dans le voisinage des grandes coiomunications, on s’en débarrasse facilement , et l’on n’encombre pas une partie de la surface du terrain, autrement on en construit des murs en pierre sèche pour abriter et garantir le champ. Les travaux d’épierrement se font en hiver, et l'on y emploie les femmes et les enfants. Ces champs, ainsi épierrés et mis à l’abri des vents parles abris que l’on construit , sont surtout propres à la eulture de l’olivier; et c’est depuis la diminution de cette culture que l’épierrement eSt devenu moins fréquent, et que ces terrains secâ . et peu profonds ont perdu de leur valeur. >

Quand le sous-sol est formé de rochers- friables , on y fait aussi des fouilles pour Iç briser et approfondir le sol, et on y plante des arbres et surtout des mûriers.

. - . CHAPITRE Vu.

Moyen* de movllfler In tenacltd dn «el.

On modifie la ténacité du sol en y mêlant des matières de . ' ténacité moindre ; ainsi, dans les terres argileuses on transporte des sables, des marnes, des terres calcaires, du gravier, des pierrailles, enfin on en brûle les argiles. Nous avons parlé I de ces moyens qui tendent k diminuer l’humidité du sol en *, même temps que sa ténacité, et nous n’avons rien à ajouter ici.

On augmente la ténacité du sol qni est trop inconsistant par ‘ ■

‘ le mélange de matériaux plus tenaces ; c’est alors la marne ou la terre calcaire que l’on emploie de préférence comme se di- • • visant mieux et se mêlant plus facilement avec le sable ; mais quand on peut faire arriver sur cés champs de sable l’eau char- , ' * gée de particules argileuses, le dépôt se mêle particule à particule avec le sable du champ, et en renouvelant souvent cetté’ immersion, on parvient à améliorer considérablement la terré.

DES AMENDEMENTS

Cet effet est produit k la longue par les irrigations faites avec les eaux qui paraissent les plus claires, mais qui ne laissent pas de retenir l’argile en suspension, et à plus forte raison quand Os peut amener des eaux troubles sur le terrain. Gela est souvent d’autant plus facile que ceux qui possèdent des eauxd’irrigatiou n’en font aucun usage en hiver, et qu’ils en cèdent volontiers l'osage pendant cette saison, qui est celle où elles contiennent le plus de limon. Quand l’irrigation se fait régulièrement et au moyen d’une rivière chargée de matières terreuses, elle devient, sous le nom de colmatage, une des opérations les plus importantes de l’agriculture, car non-seulement elle améliore, mais elle change complètement le sol que l’on veut modifier. On sait les succès obtenus par de tulles opérations en Toscane, où le val de Ckiana, jadis marécageux et mrertile, est devenu le théâtre de la plus belle agriculture. C’est par le moyen de terres transportées par les eaux que dans ce même pays on est parvenu à régulariser la pente des collines, à niveler le fond des vallées dans la province de Sienne, et que Tnaintenant on cherche à soustraire plusieurs parties dus marernmus aux influences délétères qui les dépeuplent. Dans le midi de la France, nous avons sous nos yeux des exemples frappants des succès de cette opération sur les bords de la rivière d’Ouveze, aux territoirés de Sablet et de Segurut (Vaucluse). En Provence, les terres arrosées par le canal de Craponne ont aussi été fertilisées par les dépôts, soit que les eaux d’irrigation les y aient transportés, soit que ces mêmes dépôts, auxquels on donne lé nom demta, aient été reçus dans des fosses creusées dans le voisipage du canal, d’où ils sont transportés sur les champs’.

Dans ces deux derniers cas, il ne s’agit pas d’un colmatage régulier, mais bien plutôt d’une alluvion pareille à celle que les grands fleuyes déposent lors de leurs débordements. Nous

(t) Voir le mémoire de M. de Belleval dans le t. XIV de la 2* série dÿs A«naies de l'agriculture française, p. iüi. ■ ■

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avons déjà essayé d'apprécier ces alluvions; c'est 'un moyen' trèseflicace, mais nécessairementun peu lent. L’exbaussement du terrain produit par les eaux du Nil n’est pas de plus de 0'>‘,13S par siècle Le Gange, qui entraîne aussi beaucoup de limon, puisqu'il forme la cinq cent vingt-huitième partie de sa masse n’exhausse pas plus rapidement ses vallées; paais c’est que, dans ces différents cas, les dépôts se font dans une eau en mouvement; le colmatage a lieu dans une eau en repos. Voici comment cette opération doit être conduite :

Il faut d’abord s’assurer que la rivière où l’on doit prendre les eaux peut arriver par son niveau sur Je terrain à colmater, et qu’on peut l’y maintenir à une assez grande hauteur ; car pour que l’opération s’accomplisse en un espace <le temps raisonnable, il faut opérer sur une grande masse de liquide. On doit ensuite déterminer avec précision le nombre moyen annuel des jours de crue trouble, et la durée de chaque crue, la quantité et la nature du limon contenu dans un mètre cube d’eau.

On ne trouvera pas sans doute partout le limon fertilisant du Nil, dont nous avons indiqué plus haut la composition, mais il suffira qu’un limon offre un mélange suffisant des principaux élémentsdes terres, demanièreà posséderù la fois une ténacité Aiédiocre et une suffisante hygroscopicité, pour qu’on puisse s’en promettre du succès. D’ailleurs, la nature des limons varie dans les diverses crues, selon les parties des bassins où les pluies sont le plus abondantes, et le mélange de ces diverses couches ajoute souvent aux qualités du terrain artificiel. Mais le plus sûr moyen de constater la valeur du colmatage est de faire évaporer l’eau filtrée et d’analyser les patties solubles qu'elle contient, car ce sont surtout ces parties solubles qui constituent l’aliment des plantes.

(1) Girard, Obsero. sur la vallée du Nil. Mém. de l’Académie des Sciences, 1819, t. II, p. 265.

(2) Observ. sur le Gange et VIndus, Bibl. univ., t. LV, p. i9- , .

DES AMEKDEHENtS.. i ’ 473

La fréquence des crues, leur durée et la quantité de matière qu’elles transportent, décideront de la possibilité de l'opération, car on ne devrait pas l’entreprendre avec des eaux trop claires, avec une rivière qui n’aurait qu’un petit nombre de crues peu durables, ce qui prolongerait indéCniment l’opération. Supposons une rivière qui ait par ans six crues d'une durée moyenne de quatre jours et portant en moy enne un millième de limon, comme le Rhône. Si l’on introduit l’eau à la . hauteur d’un métro, chaque introduction donnera un millimètre de limon seulement, et comme il faut 5 à 6 jours pour obtenir une limpidité approximative, quand le liquide est agité par le vent, on n’obtiendra que six millimètres de limon par an. .

• • Mais les rivières torrentielles entraînent une bien plus grande quantité de limon lors de leurs crues. Sur le canal Graponne alimenté par la Durance, on reçoit les eaux troubles dans des fosses appelées nays, et l’on y fait déposer les eaux. ' On y recueille 0'“,40 à 0'^,b0 do limon pendant l’été *.

Sur les rives de l’Ouvèze (arrondissement d’Orange), les dé- .pôts de la rivière sont d’environ 0'”, 16 par an. En variant les . éléments du calcul selon les données expérimentales, on aurait . un espace de temps différent pour compléter l’opération.

Il faut entourer le terrain ù colmater d’une levée en terre . qui dépasse un peu l’exhaussement que l'on veut lui donner. Si le terrain est incliné, il faut faire des digues transversales fré- . ■ quentes, pour ne pas donner aux eaux trop de hauteur. S'il cét très étendu, il faut l’enclore de. levées qui le divisent en plusieurs parties communiquant entre elles par des coupures, afin de rompre la vague causée par les vents, laquelle est d'autant . plus forte que la surface de l’eau est plus étendue, et empêche le dépôt de so faire promptement. ^

A la partie la plus basse du terrain, on ouvrira dans la levée uqc ou plusieurs ouvertures que l’on fermera par des pou«- (1) Annales d’agficuUure, 2® série, t. XIV, p. 201. . ,

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treUes placées borizontaicnient l’une sur l’autre,' quand on voudra retenir les eaux ; ces parties communiqueront avec le canal destiné à l’écoulement des eaux clarifiées, que l’on fera évacuer en enlevant successivement chaque poutrelle, de manière à ce que l’eau s’écoule par la surface et sans apporter d^ trouble dans le fond.

On fera entrer sur le terrain la plus grande masse d’eau possible pour bâter l’opération, deux mètres et plus » l’on peut et si les frais des levées ne dépassent pas le bénéGce d’une jouissance plus hâtive. L’expérience fqra connaître le temps qu’il faut pour que le limon se précipite, mais l’on n’attendra pas que l’eau ait déposé ses plus fines particules. Pour juger du point où il faut s’arrêter, on puise do l’eau près du fond avec un instrument qui s’ouvre et se ferme à volonté, on la place dans Un verre, on l’agite circulairement comme pour la lévigation ; s’il n’y a pas de dépôt sensible quand le mouvement circulaire de l’eau est arrêté, il est temps d’ouvrir l’écluse de décharge. Aussitôt que l’eau est écoulée, on ouvre les écluses d’entrée, et l’on recouvre de nouveau le terrain; et ainsi de suite, tant que l'eau de rivière reste trouble.

M. Bidolfi bâte l’opération, en démolissant à la bêche les* bords des ruisseaux sur le flanc des collines, et les jetant dans le courant qui se charge ainsi de matières terreuses.

Il y a une foule de situations où l’on ne peut disposer de l’eau en été pour l’irrigation, soit parce qu’alors les torrents . sont à sec, soit parce que l'eau est déjà la propriété d’autres individus, et où cependant il serait facile d’utiliser les cours d’eau pour le colmatage; des canaux creusés dans ce but, en donnant le moyen de régénérer les terres, auraient le plus ' haut degré d’utilité. Il arrive souvent aussi que les propriétés riveraines des terrains dégradés par leurs inondations. Couverts de graviers, pourraient être réparées par ces mêmes torrents dévastateurs. Au lieu d’épierrer les champs, pour en-

D€S AMENDEMENTS. '

1 terrer profondément les graviers dont ils sont couverts, il serait souvent moins pénible de les entourer d'une levée et d’y faire entrer les eaux troubles des crues qui recouvriraient les • débris laissés par les crues précédentes.

’ CHAPITRE VllI. '

■■•yeM de modifler la clsaleiir du «olell.

Un terrain est trop chaud, ou par l’intensité de sa colora- ' tion, ou parce que le sol n’est pas assez profond et qu’un soussol pierreux accumule et conserve la chaleur qui lui est transmise, ou parce qu’il est trop sec, ou parce que son exposition . et ses abris y concentrent les rayons solaires. On peut remé- ‘ dier à la. coloration excessive en y transportant de la marne grise, ce qui est d'autant plus à propos que le plus souvent ces terrains fortement colorés sont des terrains siliceux et ocreux, auxquels manque le principe calcaire, et que la marne retient bien plus l’humidité que la silice; toute autre terre blanche déposée en petite quantité à la surface du champ après les semis, même la glaise, produira, au reste, le même effet quant à la diminution de la chaleur de la terre.

Ou remédie au défaut de profondeur du sol par des labours profonds ou des minages; enfin, si l’on peut arroser la terre, on remédie directement à l’inconvénient que l'on redoute.

On peut aussi, au moyen de rideaux d’arbres, diminuer l’ac- , tion du soleil sur le sol ; mais s’il est peu profond, les racines , qui ne manquent pas de s'étendre sous sa surface détruisent les avantages que l'on prétendait tirer de l’ombre. ,

Le terrain est très froid parce qu’il est peu coloré, humide, ombragé, communiquant avec un réservoir d’eau trop voisin.

On peut alors colorer les terres blanches en les couvrant de sable ocreux ou d’une couche de schistes noirâtres, comme

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fffnt les habitants de Cliamouni pour provoquer la fonte de la neige; ces opérations doivent être renouvelées chaque année après les semailles, car on ne met ordinairement pour remplir ce but qu'une couche légère de ces matériaux.

Si le terrain est trop humide, on cherche à le dessécher par les moyens que nous avons indiqués plus haut. Enfîn, s'il est trop ombragé, on peut couper les baies et les arbres qui s'opposent à l'action du soleil. On ne peut d'ailleurs éviter les inconvénients provenant de rintcrpos.ition de murs ou de montagnes. '

Le moyen le plus usité, pour augmenter la chaleur du sol, c'est la construction d’abris qui repoussent les rayons du soleil et qui préservent les plantes des atteintes des vents froids; ces abris consistent en un rideau d’arbres en haies, ou en murs. Nous traiterons de leur construction dans le cours de culture. > ■.

On nous a parlé aussi d'üne vigne établie auprès de Sa- Verne, en Alsace, et où l’on a cherché à profiter de la chaleur solaire pour augmenter celle du terrain en été. Soit, en effet, la chaleur moyenne de la couche d’air -sur la surface du terrain exposé au soleil de 23°, et celle de l’intérieur de la terre à 1 mètre de profondeur de 18°. Si l’on fait affluer dans la' terre l’air échauffé, il y portera une chaleur plus considérable. On a donc construit en maçonnerie, et à 1 mètre do profondeur! des conduits espacés à 1 métré; lecourant d’air chaud parcourt tonte la couche inférieure du sol au-dessous des racines des plantes, et communique à la vigne l’influence d’un climat plus mé-> 'ridional que celui où elle est plantée. On dit avoir dépensé 14,000 fr. par hectare, et avoir établi ainsi 10 hectares de vignes en plants de Bordeaux. Nous n’avons pu avoir encore do détails plus positifs sur cette entreprise.

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