NEUVIEME PARTIE
ALIMENTAT.ION VÉGÉTALE '( moaAU, ameudehfsTs stiuitlmits ).
Nous venons de traiter des moycns'dc modifier les proprié-' ,'tés physiques des terrains de manière à les rendre plus propres . •à la végétation; désormais les plantes y trouveront un milieu «leuhle, et pourtant ayant un degré de consistance suflisant pour donner un appui convenable à leurs racines, une matrice ' favorablement disposée pour recevoir et transmettre les in- ■ fluences atmosphériques, et rhumidité nécessaire pour fournir à l'évaporation de la plante, premier mobile de la végétation.
Si dans un pareil sbl réduit aux matières minérales les plus fixes, les moins solubles, les plantes peuvent vivre en puisant ‘ dans l’atmosphère les matériaux qui leur sont indispensables, ée qui n’est pas douteux, il est certain aussi qu’elles ne vivraient pas d’une vie complète et sufiisamment développée •pour répondre à l’attente des cultivateurs; ce n’est qu’à l’aide des substances solubles du sol qu’elles prennent leur développement normal, et si le sol n’en contient pas, ou n’en contient qu’une quantité insufllsante, l’art doit chercher à y suppléer, eh les lui fournissant. Ces substances supplémentaires, véritables aliments végétaux, et auxquelles on a donné le nom d’engrais et de stimulants, selon le point de vue sous lequel on les a considérées, doivent faire l’objet de nos études actuelles. Après avoir fourni aux plantes i^n domicile convenable, nous devons leur donner maintenant une nourriture suffisante. Semblables
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AGROLOGIE.
en céla aux animaux, cc sont leurs deux besoins les plus pressants; mais pour aflermir nos pas dans cette route, il ne sera pas inutile de récapituler brièvement les principes de physiolo- * gie qui font la base de notre doctrine.
Si nous rappelons à notre mémoire le mécanisme de la végétation, nous trouvons qoe l’eau mélangée de toutes les substances qu’elle tient en solution pénètre par endosmose dans . les vaisseaux des racines, s’élève ensuite par l’effet de la capil- . larité dans l’intérieur de la tige, où elle prend le nom de sêt>c; arrivée jusque dans les feuilles, elle éprouve une évaporation considérable qui rapprprbe les substances dissoutes; soüs l’ac- • lion de l’air lumineux, l’acide carbonique libre qu’elle con-* tient est décomposé, le carbone est fixé dans la plante, ef l’oxygène exhalé dans l’air; pendant la nuit, au contraire^ l’oxygéme de l’air est absorbé par les feuilles, combiné avec les éléments de la sève qui contient du carbone, et l’acide carbonique formé par cette combinaison décomposé de nouveau au . * retour de la lumière. Les matières solides apportées par la sève sont déposées, sclpn leur nature, autour des cellules végé*
, taies et des vaisseaux qu’elles épaississent et finissent même par oblitérer tout à fait', ou à la surface des feuilles, ou à certains points déterminés de l'organisation, et selon quelques-r ^ uns®,Æeux do ces matériaux superflus ou inutiles à la végétation sont rapportés par la sève descendante, et éliminés par les^ racines comme des excréments. .;
Nous ne suivrons pas la sève dans tout son cours pour y observer les transformations qu’y subissent ses éléments; les réactions successives qui créent du sucre, du mucilage, du gluten, de l’albumine, des acides, etc.; ces importantes études appartiennent à la physiologie végétale, et nous devons ici
(1) Mémoire de M. Payen sur la cellulose. ■ ■ ’’
(2) Plenclc physiologie. Macaire, Stem, de la Soc. de physique da
Geiieve. . . . - . .i ■ •
A UMfiXTÂTION VÉGÉTALE. 479 . ' • j
. bien limiter l’objet que nous avons en vue. Toutes Fes matièrps ^
'solubles étant absorbées par les végétaux (fait bien constaté ■ ,
par l’«xpériencG et surabondamment prouvé par les absorp- |
lions de véritables poisons qui ont lieu par les procédés de ' . . i
M. Boucherie, dans le but de durcir et de colorer les bois), ' I
quelles sont celles des substances solubles qui sont essentielles ' * '
■ . à la végétation, dont tous les végétaux en générai ne peuvent ' ‘ •
être privés sans en souffrir ; et, en second iieu, chaque espèce végétale ou quelques espèces végétales exigent-elles, pour vi- . . •
• vre et accomplir pleinement et facilement l’acte de la végéta- . .
tion, la présence de certains éléments particuliers qui ne sont • * .
pas nécessaires à d’autres espèces? En un mot, y a-t-il pour • • • , ' ‘
les végétaux une nourriture générale, et de plus, pour chacun d’eux, une nourriture spéciale? Telles sont les questions à résoudre avant de pousser plus loin l’examen de notre sujet.