‹ Cours d'agricultureChapitre 125 sur 174 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Allnuensa néccMalren A Sons les végêtanx.

On a souvent tenté des expériences pour déterminer les • ‘ .substances essentielles à la végétation, celles au moyen desquelles le végétal pourrait vivre et s’accroître, quoique privé de touteslesautres. On ad’abord constaté que la viedesplantes , . ne pouvait s'entretenir dans un air dépouillé d’oxygène. :

Si, au moyen de la chaux vive, on prive d’acide carbonique un air pourvu d’oxygène, et que l’on absorbe, par le même moyen, celui qui est dégagé par la plante, elle n’y vit que ’ ' , quelques jours sous l’action de la lumière; et si on plonge ses racines dans de l’eau distillée, sans qu’elle puisse recevoir de l’acirfe carbonique du sol, elle se flétrit, vide ses sucs extractifs dans les parties qui se développent et ne tarde pas à périr.

Digilized by Googif

• AGROLOGtB.

Ainsi la végétation exige impériousemcht de l’oxygène et de l’acide carbonique.

Mais dans une atmosphère $èche et avec ces deux gaz , les plantes ne sauraient vivre non plus; l’eau est donc aussi un élément indispensable ; outre qu’elle est le dissolvant de l’acide carbonique puisé dans le sol par les racines, elle semble le principal moteur du végétal par l’évaporation qu’elle subit, dans les feuilles, et enfin un de ses éléments, l’hydrogène, se retrouve uni au carbone dans le ligneux, ainsi que dans une foule de produits végétaux, et cë n’est guère que'par J’eaù décomposée qu’il est fourni aux plantes. ■

Quant à l’acide carbonique, celui qui est absorbé par les feuilles, suQisant pour l’entretien de la vie, ne parait pas suffire pour le développement normal des plantes, car celles dont les racines plongent dans l’eau distillée prennent très peu \ie développement. Duhamel a élevé pendant trois ans des marronniers dans l’eau distillée, et il a constaté que leur vie était languissante et manquait d’aliments nécessaires*. L’expéticnce suivante mettra ce fait hors de doute, et montrera l’im-" portance que l’on doit attacher au carbone qui, contenu dans le sol, est passé à l’état d’acide carbonique.

• Nous avons pris deux caisses : nous avons rempli l’une de sable siliceux, après l’avoir calciné pour détruire toutes leS' substances organiques qu’il pouvait encore renfermer; la seconde a été remplie de terreau. Nous avons semé six grains . de pois dans chacune d’elles; on a arrosé avec la même eau. Les plantes ont été faibles dans les deux caisses, mais beaucoup plus dans celle qui ne renfermait que de la silice. Quand les plantes ont été en fleurs, nous les avons arrachées, desséchées, et nous avons soumis successivement à trois analyses deux grammes de la matière sèche pulvérisée de chaque caisse;

fl) Mém. de l’Acad. des Sciences, 1748; De Saussure, Rechercha suz ta vc(félation, p. 215. ", '

• Digmzea by Gt'flgle

ALlMpXTATION VÉGÉTALE.

La moyenne des trois opérations a donné, pour les plantes cultivées dans la silice, 0,46 du poids en carbone; dans celles cultivées dans le terreau, 0,57. La. végétation ayant eu lieu dons la même atmosphère, la nutrition par les racines a seule pu donner une si grande diiTérence de carbone aux plantes cultivées dans le terreau et celles cultivées dans la silice.

Dans toutes les expériences que l’on a faites pour constater les aliments nécessaires de la végétation, et qui avaient toutes pour but de les faire agir un à un en éliminant successivement tous les autres, il est un élément qui est toujours resté en présence du végétal soumis à l’expérience , c’est l'azote. Il se trouve dans l’air ambiant, dans celui qui est dissous dans l’eau absorbée par les racines; l’eau distillée elle-même contient de l’ammoniaque après quelques jours de distillation. On ne pouvait donc pas affirmer d’une manière absolue que la végétation aurait lieu sans le concours de l’azote. .Mais quand ensuite on a retrouvé ce gaz dans la composition de tous les végétaux, quand on a constaté qu’il s’y trouve en proportion de leur vigueur, enGn quand on n’a pu douter que la présence des éléments azotés dans les terrains ne fût un des principes (Tuno végétation développée et complète, il a bien fallu admettre que l’azote était au nombre des substances alimentaires les plus importantes pour la vie végétale.

Ainsi l’oxygène, l’eau, l’acide carbonique et l’azote sont les éléments primaires et indispensables de la végétation, mis en action par deux agents impondérables également essentiels, la chaleur et la lumière, et sans doute aussi par l’électricité.

Les analyses des végétaux démontrent la justesse de ces déductions. Au milieu d’une foule de substances toutes variables selon les espèces, les climats, les terrains, elles nous montrent constamment les substances gazeuses que nous avons indiquées comme étant indispensables à la vie végétale, dans des • projiortions déterminées qui annoncent assez qu' elles sont la

• ACROLOGlEi ••

base de l’organisation des végétaux. On y trouve des matières hydro-carbonées dans lesquelles le carbone et l’eau entrent comme composants; ce sont : l** les iécules, les gommes, les sucres, la manne, le ligneux, les acides ulmique, gallique, acétique, etc.; 2° des matières sur-oxygénées qui présentent à l’analyse le carbone, l’eau ou ses éléments, et l’oxygène excédant : ce sont les acides citrique, quinique, malique, oxalique, tartarique et le tannin; 3® des matières sur-bydrogénées, ou entrent le carbone, l’eau ou ses éléments, et de l’hydrogène excédant, comme l’acide bcnxoïque, la mannite, la glycérine, les résines et les huiles essentielles; 4® des matières azotées qui présentent le carbone, l’eau ou ses éléments, et l’azoteexcédant, savoir : les acides aspartique, hydrocyanique, indigotique, et une foule do substances neutres ou alcalines dont le nombre augmente chaque jour, et parmi lesquelles le gluten est la’plus remarquable à cause de ses propriétés nutritives.

Ainsi l’analyse chimique est parfaitement d'accord avec l’expérience et l’induction pour démontrer que les matériaut dont nous venons de parler sont les bases véritables de l’alimentation végétale, et qu’ils ne peuvent être suppléés pour produire des végétaux complets dans leur développement.

Page 1