‹ Cours d'agricultureChapitre 127 sur 174 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

Reetaerebes des aliments eouTenablcs anx diverses plantes.

Les dilhcultés que nous avons rencontrées poqr résoudre la question générale se multiplient ici en raison du petit nombre

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AGROLOGIB.

d'analyses que nous possédons, et des circonstances bornées dans lesquelles elles ont été entreprises.

Nous pouvons rarement déterminer par une épreuve directe TeETet de tel ou tel engrais sur les plantes ; pour en bien juger, il faudrait pouvoir employer les substances alimentaires isolées les unes des autres ; or, comme les végétaux s'emparent d’une foule d’éléments, il faudrait pouvoir les éliminer les uns après les autres, et juger de l'elTet de leur privation sur la végétation. Admirable sujet d’étude qui s’olTre à ceux qui auront l'honorable ambition de contribuer à établir solidement les principes de la science agricole! Mais ces longues et dilTiciles expériences n’ont pas encore été tentées, et nos connaissances dans ce genre sont purement empiriques. Il ne faut pas cependant les dédaigner en attendant que nous puissions en avoir qui soient fondées sur une observation mieux dirigée, car c'est par elles seules que nous pouvons indiquer jusqu’à nouvel ordre le genre d’engrais qu’il faut préférer dans la culture des diiïérents végétaux. Ainsi nous savons dés à présent , d’une tnanière à peu près certaine, tellement les opinions des pr^li- ' ciens sont concordantes à cet égard, que le principe calcaire est utile dans la culture des graminées, les sulfates dans cplle des légumineuses et des crucifères, le carbone dans celle des pommes de terre, de la vigne; mais ces notions ne s’étendent qu'à un très petit nombre de végétaux. Les engrais dont on sc sert renferment un plus ou moins grand nombre des éléments do la végétation, et on n’a pu bien distinguer pour chaque espèce ceux qu’elle s’approprie de préférence, et ceux qu’elle laisse intacts, à là disposition des végétaux qui doivent lui succéder.

En attendant que les expériences directes que nous recommandons aient été faites, nous n’avons pour nous guider que l’analyse des plantes ; l’examen de la quantité d’azote, de carbone et de matériaux fixes qu’elles contiennent. Celte analyse

ALIMENTATION VECÉTALE. ’ 493

nous indique les matériaux quelles s’approprient. Mais ce ne - ■ sera qu’après avoir soumis les végétaux vivants à la contrer épreuve des effets des différents éléments nutritifs que nous parviendrons à établir la théorie de la nutrition végétale sur. . une base fixe; quand on sera arrivé aux résultats par les deux voies, par l’analyse qui retrouvera les matériaux dans la compo- ■ sition des plantes, par la synthèse qui leur offrira ces matériaux et s’assurera de leurs effets sur les fonctions de la vie, la science . . sera complète.

L’analyse elle-même, en nous présentant les éléments qui entrent dans les plantes, ne nous apprend pas distinctement ceux qui lui sont essentiels et ceux qui ne sont qu’adventifs, qui, dans d’autres circonstances du sol, pourraient ne pas ' exister sans nuire à la vigueur de la végétation. Pour qu’elle soit complètement instructive, il faut qu’elle soit faite sur des ' plantes venues sur des sols bien analysés eux-mèmes , manquant successivement des différentes substances , et sur un grand nombre des plantes venues simultanément sur le même sol. Des résultats aussi complets que ceux que nous venons <

d’indiquer nous manquent encore, mais les fragments que nous possédons peuvent nous conduire cependant à quelques conclu- • ' * sions. Nous ne nous servirons pas des analyses de M. Berthier, qui n’ont eu pour objet que les bois. Les analyses de Sprengel, que nousavions donnéesdans la première édition de ce volume, ne nous ont pas paru devoir être reproduites. Il est évident que ses procédés de combustion étaient imparfaits, puisque la quantité de cendre qu’il annonce est presque double de celle qu’ont obtenue ses successeurs. Nous nous contenterons dfe donner ici les analyses de M. Boussingauit et deux analyses . de Robert Kane. La science ne tardera pas à en recueillir un beaucoup plus grand nombre qui nous permettront de corn- • parer l'influence des climats et des terrains sur l’absorption de^ plantes. ; . . ; . , ' -,

PARTtB GOMBCSTIBI.E.' I CEROnES.

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Dk ‘ ’ '•d I:

ÀLlMENTATIOIfr VÉGÉtALE.

M. Lassaigne u trouvé que la luzerne cultivée à Alfort près ‘ • Paris donnait t), 5 p. IQO de cendres, et contenait par consé- .quent, parties combustibles, 9350 ; sels alcalins solubles, car- ; bonate, sulfate de potasse et chlorure de potassium, 1 SO; phos> pbate de chaux, 110; carbonate de chaux, 330; silice, 30 ; des traces de sulfate de chaux,.

En examinant le tableau précédent, on trouve : l*’ qu’il y a ■

^ plus de parties combustibles dans les semences et dans les tu- ' hercules farineux que dans l’ensemble des tiges en fleurs, dans . celles-ci plus que dans les tiges après la fructification (autrement appelées pailles) ; enfin que les feuilles et les racines en ont la plus petite quantité; 2° que les pailles renferment la plus grande quantité de carbone, ainsi que les semences ; les tiges et les feuilles, la moindre quantité ; 3** que l’azote est en plus forte proportion dans les semences, mais que certaines feuilles, certaines tiges, la paille de pois même, en renferment une quantité très considérable. Et quant aux matières fixes (les cendres), la potasse compose la plus grande partie de la masse ; en grande quantité dans les racines, elle est moins abondante dans les tiges et moins encore dans les semences . La chaux est en quantité très variable selon les espèces; on la trouve à son maximum dans le foin.de luzerne, de trèfle, et dans la tige de chanvre; à peine se faît..ellc remarquer dans la graine de froment et la pomme do terre ; les phosphates aflectionnent surtout les graines, et entre autres-celle de froment et celle de fève; la silice abonde ordinairement dans les tiges et dans les enveloppes des semences, comme on le voit pour celle d’avoine qui, d’ailleurs, est accom- ^pagnéc de tant d’organes appendiculaires (poils, arêtes, etc.).

Ces observations sufllront pour montrer que les plantes absorbent une certaine quantité de principes inorganiques qui . entrent dans leur composition et que le sol doit leur fournir.

,Saus doute la quantité que chacune d’elles s’assimile n’est pas une mesure des effets que sa privation absolue pourrait lui

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faire éprouver; ainsi nous voyons le froment démontrer par l’état de sa végétation la nécessité du principe calcaire; s’il' n’existe pas dans le sol, cette plante ne prend pas tout son développement; s’il lui est fourni, elle prospère et double sp • récolte, et cependant nous voyons qu’elle est une de celles qui s’approprie ce principe en moindre quantité. Nous sommes donc loin de prétendre que la masse des éléments divers contenus dans le sol soit la mesure de la réussite de différentes plantes, et que dans nombre de cas ils ne puissent se suppléer; nous disons seulement qu’il est utile qu’ils s’y trouvent en quantité suHisante pour être à portée des plantes et dan^ l’état ou elles peuvent les absorber, et que le succès des cultures sera d’autant plu$ assuré que les matériaux propres à leur organisation ne leur manqueront pas.

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